mercredi 26 mars 2014

Van Wilders, Dewinter en Le Pen kunnen we enkel leren hoe we niet moeten omgaan met diversiteit


DM STANDPUNT



© Tim Dirven.


Blijkbaar moeten verwerpelijke ideeën ook op een verwerpelijke manieruitgesproken worden alvorens extreem rechtse kiezers ze doorhebben.

 

Willen jullie meer of minder Marokkanen in Nederland." "Minder?" "Dan gaanwe dat regelen." Met zijn aangebrande uitspraak op de avond van de lokaleverkiezingen heeft Geert Wilders heel veel duidelijk gemaaktDat bleekafgelopen weekend toen de bekende opiniepeiler Maurice de Hond deverliescijfers van Wilders' boutade bekendmaakte.

In enkele dagen tijd verloor Wilders vijf van zijn 27 zetels. 72 procent van deNederlanders vindt de uitspraken onaanvaardbaar en 46 procent is van meningdat Wilders strafrechtelijk vervolgd moet wordenBinnen Wilders' PVV zorgtde 'Marokkanenuitspraakvoor een aanzienlijke leegloop.

Bij Vlaams Belang deed zich de jongste jaren een soortgelijk verlies voor. Departij haalde in 2004 nog 24 procenttegenwoordig zijn Filip Dewinter en co. alblij als ze 10 procent halenDat tweeduizend aanhangers gisteren opaanmoediging van voorman Dewinter "minder, minder, minder" scandeerden, iseen schande, maar het zal de partij geen extra stemmen opleveren.

Opmerkelijk is wel dat de leegloop bij Vlaams Belang en zeker ook bij Wilders' PVV er zeer laat is gekomenBeide partijen stelden van het begin in hunprogramma dat de deuren voor migranten uit islamlanden dicht moesten en dateen terugkeer van vreemdelingen aangemoedigd moest wordenDezelfde ideeënstaan in de teksten van Marine Le Pen, die voorlopig wel nog in de gratie van het kiesubliek valtBlijkbaar moeten verwerpelijke ideeën ook op eenverwerpelijke manier uitgesproken worden alvorens extreem rechtse kiezersdoorhebben dat er echt wel een rode lijn wordt overschreden.

Maar de jongste Wilderssaga maakt nog een belangrijker punt duidelijkVolgensde peiling van Maurice de Hondt vindt een meerderheid van de Nederlanders datminister-president Mark Rutte niet goed reageerde op de commotie. Rutte zeidat hij "een vieze smaak kreeg" van Wilders' uitspraak en dat vinden de meesteNederlanders een veel te slappe reactie.

Nochtans is Ruttes houding geen unicumOok in België oordeelden veledemocratische politici jarenlang dat het beter was om niet frontaal in de aanvalte gaan tegen de aangebrande ideeën van het Vlaams Blok/BelangUiteraardwas er het cordon sanitaire, maar dat weerhield vele politici er niet van in hundagelijkse omgang en in partijprogramma's toenadering en inspiratie te zoekenbij extreem rechts.

Door die aanpak is enorm veel tijd verloren gegaan. De superdiversiteit is eenvan de belangrijkste thema's van onze samenleving en democratische politicinemen die topprioriteit het best zo snel mogelijk zonder taboes, met de juisteinformatie en respect voor iedereen, vast. Van Wilders, Dewinter en Le Penkunnen we enkel leren hoe het niet moet.

En scandant “minderminder”, Wilders a réussi a fâcher  


 

COMENTAIRE DE DIVERCITY

WILDERS, DEWINTER ET MARINE NOUS MONTRENT CE QU’IL NE FAUT FAIRE A AUCUN PRIX

« Encore faut-il que des idées abjectes soient exprimées de manière abjecte pour que ceux qui votent pour leurs défenseurs ouvrent enfin les yeux. » nous explique l’éditorialiste du Morgen.

C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui aux Pays-bas  où le répugnant député Wilders vient, en scandant “minderminder, de réussir à fâcher si bien ses propres partisans qu’il a perdu cinq députés PVV indignés sur 27 et à fâcher 46 procent de l’opinion qui trouve ses dernières clarations (minder Marokkanen) condamnables au pénal (« hij moet strafrechtelijk vervolgd worden »)


Le Vlaams Belang qui a repris à son compte le slogan de Wilders a, lui aussi,perdu pas mal d’électeurs  avec ses déclarations outrancières : il est passé de 24 % de l’électorat à moins de 10  

au profit de la N-VA.
La même chose pourrait arriver au parti de Marine Le Pen dont les nouveaux élus, fort de leur fraîche victoire pourraient soudain se lâcher verbalement et dépasser la ligne rouge (ce que Marine se garde toujours de faire, contrairement à son père au langage outrancier).

La politique de cordon sanitaire à l’encontre du Vlaams Belang a porté ses fruits. WildersDewinter et Le Pen nous montrent précisément ce qu’il ne faut pas faire nous suggère l’éditorialiste du Morgen. Et de pointer sur ce qu’il convient au contraire de privilégier à savoir la « super diversité » qu’il faut aborder comme la priorité absolue, sans tabous dans le plus grand respect pour chacun :De superdiversiteit is een van de belangrijkste thema's van onze samenleving en democratische politici nemen die topprioriteit het best zo snel mogelijk zonder taboes, met de juiste informatie en respect voor iedereen,vast. »

Cela s’appelle promouvoir le dialogue interculturel. 


Laissons la conclusion au grand Jean Daniel :

« La vraie victoire du Front national, au premier tour, ce n’est pas d’avoir amassé un plus grand nombre de voix dans des municipalités inattendues. C’est de ne plus faire peur.

Marine Le Pen voulait dédiaboliser l’héritage de son père. Elle l’a fait. Le FN est devenu un parti comme les autres. Autrement dit, ce dimanche soir, le Front national est entré dans la légitimité républicaine.

Le pire serait que Marine Le Pen réussisse à transformer l’ennemi à abattre en adversaire à combattre. Il ne s’agit pas de provoquer la moindre violence contre le FN, mais de le laisser être lui-même, car l’indigence de son programme est porteuse de toutes les violences de l’échec. »

 

MG

 



NOTRE APPEL

Par Jean Daniel

Nouvel Obs


Le rassemblement des forces hostiles au Front national a une importance nouvelle : il s’agit de ne pas laisser la France s’empoisonner lentement.



Le Front national a réalisé une spectaculaire poussée, dimanche au premier tour des municipales. (AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD)

 

La vraie victoire du Front national, au premier tour, ce n’est pas d’avoir amassé un plus grand nombre de voix dans des municipalités inattendues. C’est de ne plus faire peur. Je ne sais pas quelles explosions de joie ou de détresse vont saluer les résultats de dimanche prochain. Mais je sais une chose : je ne me souviens pas qu’une victoire du FN ait été saluée avec un aussi grand calme. Marine Le Pen voulait dédiaboliser l’héritage de son père. Elle l’a fait. Elle voulait que ses partisans fussent considérés non comme les adhérents d’une secte, d’une chapelle ou d’un groupuscule; le FN est devenu un parti comme les autres. Autrement dit, ce dimanche soir, le Front national est entré dans la légitimité républicaine.

Ce n’est pas forcément une manifestation?"démocratique". Ce ne sont pas les élections ni le gouvernement qui font la démocratie. C’est l’affaire de la République.

Si le succès du FN se confirme au second tour, il aura plusieurs aspects : le premier, c’est que ce parti perdra cette fascination révolutionnaire que ses homologues détiennent encore en Europe centrale, quitte à ne plus être considérés comme "civilisés". Le second, c’est que tous les autres partis de droite seront contraints, un jour ou l’autre de gouverner avec lui. Ainsi Marine Le Pen aura-t-elle effacé toute la préhistoire fasciste, raciste et antisémite des milices de son père.

COMPAGNONS D’ARMES

C’est pourquoi le rassemblement des forces hostiles au Front national aura une importance complètement nouvelle. Il ne s’agit plus d’une bataille que l’on peut gagner ou perdre; il sagit de ne pas laisser la France sempoisonner lentement, dans une apparente pacification. Le pire serait que Marine Le Pen réussisse àtransformer l’ennemi à abattre en adversaire à combattre. Il ne s’agit pas de provoquer la moindre violence contre le FN, mais de le laisser être lui-même, car l’indigence de son programme est porteuse de toutes les violences de l’échec.

Pour que Le Pen ne soit pas élu contre Chirac, on a vu le peuple descendre dans la rue avec des attitudes révolutionnaires. Que ferait aujourd’hui l’ensemble de ce peuple, dont une partie a déjà déserté son camp et rejeté ceux qu’il avait défendus? Ce sont des hypothèses alarmantes, elles ne sont pourtant pas improbables, surtout depuis qu’on a persuadé les Français qu’ils étaient les plus malheureux de la terre.

Il est désormais frivole de se demander si François Hollande et son gouvernement ont compris tout cela trop tard. Mais on ne peut qu’applaudir Jean-Marc Ayrault lorsqu’il proclame que pas une seule voix républicaine ne doit renforcer le FN - même si cela implique une alliance avec nos adversaires. Quand un grand combat est engagé, on ne choisit plus ses partenaires, on les transforme en compagnons d’armes. C’est pourtant sur ce terrain, celui de la politique, que les mésententes, hélas, sont le plus à craindre.  

Jean Daniel - Le Nouvel Observateur

 

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