mardi 15 avril 2014

De Wever: ‘Premier worden het ergste datje kan overkomen’




Foto: Photo News

‘In België is het allerergste wat je kan overkomen de verkiezingen winnen. Of nog ergeris premier worden.’ Dat heeft N-VA-voorzitter Bart De Wever gezegd tijdens een debatin Amsterdam over de toekomst van België en Europa. Dat meldt de VRT.

De Wever ging zondag op uitnodiging van de Nederlandse krant De Volkskrant in debat metEuroparlementariër Derk Jan Eppink (LDD) en economen Barbara Baarsma en Arnoud Boot over detoekomst van België en Europa. Helemaal op het einde van het debat kwamen ook de verkiezingen van 25 mei ter sprake.

De Wever herhaalde nogmaals dat hij hoopt een regering te kunnen vormen zonder de PS. ‘Als zij eenregering kunnen maken zonder Vlaamse meerderheid dan kan dat omgekeerd zeker, maar eerst moetde kiezer dat wel mogelijk maken’, aldus De Wever.

Nadien kreeg De Wever de vraag voorgeschoteld of hij ambities had om premier te wordenDatontlokte De Wever het antwoord dat verkiezingen winnen het allerergste is wat je in België kanoverkomen. ‘Of nog erger is premier worden. In de “Wetstraat 16” staat de 16 voor het percentage datje nog zult halen als je er buiten komt’, aldus De Wever, die verwees naar de verkiezingsresultaten van Open VLD en CD&V na het premierschap van Guy Verhofstadt en Yves Leterme.

Of het confederalisme voor N-VA een eindpunt is, liet De Wever in het midden‘Dat is afhankelijk van de verdere evoluties op het Europese niveau.’

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

De Wever herhaalde nogmaals dat hij hoopt een regering te kunnen vormen zonder de PS. ‘Als zij eenregering kunnen maken zonder Vlaamse meerderheid dan kan dat omgekeerd zeker, maar eerst moetde kiezer dat wel mogelijk maken’, aldus De Wever.

De Wever l’a répété, il souhaite former un gouvernement fédéral sans le PS. C’est possible mais avec une minorité en Wallonie puisque Di Rupo I n’a actuellement pas de majorité en Flandre.

« La pire chose qui puisse vous arriver en Belgique c’est de gagner les élections. » Non il y a pire encore : « décrocher le poste de premier ministre. » Bigre !

Il n’est donc pas interdit d’imaginer que le PS puisse  se ressourcer et faire une cure d’opposition. Reste à savoir si le MR sera capable de rallier une majorité en Wallonie comprenant le CDH (sans Milquet c’est possible) et les verts (mais il faudra alors que Bart s’accommode de Groen.)

Mais un gouvernement Bart I pourquoi faire ? Pour démontrer que la Belgique est devenue ingouvernable et qu’il faut donc qu’elle s’évapore ?

MG

 

Le bulldozer Bart De Wever provoque une guerre totale au centre droit


Le Vif Eddy Eerdekens


À 42 jours des élections, un certain nombre d’éditorialistes flamands constatent que la N-VA domine la campagne. "Le parti mène une guerre totale sur le front de centre droit. Tel un bulldozer, Bart De Wever a pulvérisé les libéraux ".



Bart De Wever et Liesbeth Homans © Belga

Bart Eeckhout se demande dans De Morgen si la N-VA ne risque pas de perdre sa position victorieuse en effrayant les électeurs avec ses propositions économiques détaillées. "Il semble que leur stratégie réponde à l’une des émotions dominantes : la peur. Bien plus que les calculs politiques, c’est le fait de saisir les émotions dominantes qui est décisif dans une campagne".

L’Open VLD a adopté un tout autre discours lors de son congrès électoral. "Les libéraux opposent un discours d’optimisme et d’esprit de réforme à la gestion politique de la peur. On peut qualifier cette stratégie de porteuse d’espoir, mais également de légèrement naïve."

"La précampagne est dominée par la N-VA et son président" constate Luc Van der Kelen dans le journal Het Laatste Nieuws. "Le parti a mené une guerre totale sur le front de centre droit. Il était plus rapide, alerte, créatif et agressif que ses adversaires. Cependant, cela ne garantit pas pour autant un excellent résultat le 25 mai".

Pour Van der Kelen, les autres partis ne doivent pas continuer à bloquer une réforme de l’état plus poussée. "Une telle attitude donnerait vraiment le rôle de victime à la N-VA. Comparez-la au procès contre le Vlaams Blok en 2004. Le parti n’a jamais eu autant de succès".

Dans le journal Het Nieuwsblad, Liesbeth Van Impe revient sur le congrès de l’Open VLD. "Les libéraux s’étaient probablement imaginé différemment leur congrès électoral. La semaine dernière, Bart De Wever (N-VA) a pulvérisé le peu de figures de proue libérales qui tenait encore debout en critiquant la politique judiciaire d’Annemie Turtelboom et la politique de migration et d’asile de Maggie De Block. Et ensuite, il a refait marche arrière pour repasser une seconde fois en mode bulldozer sur les libéraux en lançant un programme socio-économique très attirant pour beaucoup d’électeurs libéraux".

"Selon la boutade, les élections ne reflètent pas qui a mené la meilleure politique, mais qui ressent mieux les désirs de l’électeur. Il ne reste plus qu’à l’Open VLD à espérer que les électeurs libéraux retiennent un peu de l’optimisme du congrès".

"Gwendolyn Rutten s’est vantée au congrès électoral de Gand que son parti soit le seul à ne pas vouloir de nouveaux impôts" écrit Paul Geudens dans le journal Gazet van Antwerpen. "Simultanément, elle a décoché une flèche à la N-VA qui veut diminuer certaines allocations sociales".

Geudens se demande pourquoi les libéraux, qui font partie du gouvernement Di Rupo, n’ont pas empêché les différentes augmentations d’impôts. Et également : "Comment les libéraux paieront-ils leur programme ? Il est grand temps qu’ils fournissent plus d’explications à ce sujet".

Les élections du 25 mai constituent une lutte de tous les partis contre la N-VA écrit Eric Donckier dansHet Belang van Limburg. "Logique, la N-VA est presque aussi grande que le CD&V, le sp.a, et l’Open VLD réunis. Si les trois partis traditionnels aspirent à un poids électoral semblable, ils doivent remporter les élections du 25 mai. Ce n’est possible qu’en retirant des voix à la N-VA et donc en tirant sur le parti".

D’après Donckier, la N-VA se montre vulnérable en mentionnant clairement dans son programme électoral où elle souhaite faire des économies. "C’est un risque. On saura le dimanche 25 mai si c’est une stratégie politique sage". 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEWEVER-POUJADE, MÊME COMBAT

"Le parti a mené une guerre totale sur le front de centre droit. Il était plus rapide, alerte, créatif et agressif que ses adversaires. Cependant, cela ne garantit pas pour autant un excellent résultat le 25 mai".

A moins d’un revirement de dernière minute au bénéfice des petites formations, les carottes sont cuites, la Flandre votera massivement pour BDW et son parti poujadiste qui a le vent en poupe. Ce vent, c’est précisément le PS qui le souffle dans son angoisse d’être lui-même émasculé par la gauche de la gauche. Le PS est aux abois et cela le rend agressif, il se raidit et il se radicalise. L’information capitale concerne les directives de vote que donnera la FGTB. Si la centrale syndicale décidait de soutenir le PTB et de lâcher le PS, le règne de Elio serait définitivement terminé.

 

Nationaliste flamand rabique, populiste charismatique, Bart De Wever se situe de plus en plus dans la droite ligne de ce qu’en France on a appelé le poujadisme.

Le poujadisme s'inscrit dans la tradition de rébellion fiscale, généralement des classes moyennes françaises, face aux prélèvements étatiques. A son apogée, l« mouvement Poujade » compt52 députés poujadistes dans l'hémicycle.

Le premier facteur à l'origine de la rapidité du développement du mouvement Poujade s'inscrit dans un cadre fiscal : depuis 1952, les petits commerçants sont en difficulté puisque la pression du fisc a considérablement augmenté. On retrouve  la thèse favorite de Bart De Wever. Poujade lui-même, comme De Wever du reste, n'est point étranger à cette rapide progression : le jeune leader sillonnait inlassablement les routes de France à bord de sa camionnette pour prêcher la bonne parole, tapant sans relâche aux portes pour distribuer prospectus du mouvement et tenir réunions informatives. Pierre Poujade anime meeting sur meeting, flattant les espoirs des uns avec des mesures fiscales qu'il veut égalitaires. De Wever ne fait pas autre chose.


 

 

Son succès est remarqué jusqu'aux États-Unis où le magazine Time consacre sa une au leader poujadiste. Mais Pierre Poujade, bien que satisfait, se rend compte que sans l'appui des autres partis de droite traditionnelle et les gaullistes du RPF, sa volonté de réforme restera vaine.

On retrouve ici un autre argument de De Wever. Le raz-de-marée n'avait pas été prévu. Qu'à cela ne tienne, le front républicain sera la solution. Jean-Marie Le Pen, lui, a été élu député du premier secteur de la Seine à l'âge de 27 ans, ce qui en fait le benjamin de l'Assemblée nationale.


Le retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958 brise net le courant poujadiste.

 

Le poujadisme est mort en feu de paille. Il aura symbolisé le cas typique de la réaction psychologique conservatrice face aux forces du changementQu’en sera-il de la Nieuwe Vlaamse arrogantie ?

Un forumeur commente : « Et dire que Messieurs DE WEVER et DI RUPO vont peut-être se trouver contraints de négocier ensemble, si l’électeur en décide ainsi. On risque d’être repartis pour des mois et des mois de discutailleries sans fin» Plus que 40 fois dormir et nous connaîtrons enfin la volonté de l’électeur. Le plus dur restera à faire : former le prochain gouvernement fédéral.

Reste à savoir comment Philippe auto proclamé De Taaie (« ik ben een taaie ») c’est-à-dire Flup le Coriace ou le Téméraire réagira face au nationaliste flamand indépendantiste et anti-royaliste avouéLes derniers épisodes du feuilleton monarchique ont laissé supposer combien il est déterminé à montrer qu’il est le roi. Certes, mais s’il n’y prend garde, il risque de ne bientôt plus être, au mieux,  que le roi des chrysanthèmes.

MG

 

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