jeudi 24 avril 2014

Grand Baromètre: au fédéral, la N-VA dépasse la famille socialiste


David Coppi 

Avec 33 sièges, le parti nationaliste fait mieux que le SP.A et le PS réunis (32 sièges). Voici les projections en sièges à la Chambre.


Jan Jambon à la Chambre



 

Le Grand Baromètre RTL Ipsos Le Soir a été réalisé du 8 au 15 avril 2014 par Ipsos. Il a été effectué auprès de 2640 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18 ans et plus à raison de 1050 en Wallonie, 1041 en Flandre et 549 dans les 19 communes de la Région Bruxelles-Capitale. Les interviews ont eu lieu via l’Ipsos On Line Panel. La marge d'erreur maximale, pour un pourcentage de 50% et un taux de confiance de 95% est de +/- 3,0 en Wallonie, +/- 3,0 en Flandre et de +/- 4,2 à Bruxelles.

Affiliations: ESOMAR, FEBELMAR.

L’ogre N-VA, toujours l’ogre N-VA ! Les projections en sièges à la Chambre réalisées par Ipsos reflètent évidemment les résultats enregistrés en termes d’intentions de vote. Logique. Et néanmoins spectaculaire.

Car, avec 33 sièges promis désormais, le parti nationaliste flamand dépasse cette fois la « famille » socialiste Nord-Sud, additionnant donc SP.A et PS : 32 sièges pour les rouges.

Une illustration supplémentaire de la poussée du parti de Bart De Wever. Du moins dans les sondages. On attend de voir. On tremble pour le 25 mai. Si la progression de la formation nationaliste devait prendre réellement de telles proportions (6 sièges de plus que sa représentation actuellement à la Chambre, sur la base des élections dejuin 2010…), alors tous les observateurs et les acteurs politiques projettent une nouvelle longue période de blocage au fédéral.

Les 541 jours de 2010-2011 à côté !…

Faut-il préciser, au passage, que dans cette configuration parlementaire dessinée par Ipsos, les partenaires flamands du gouvernement Papillon (CD&V, SP.A et VLD) ne disposent toujours pas de la majorité au sein du groupe linguistique flamand à la Chambre : 40 sièges sur les 87 qui seront dévolus aux partis du Nord après le 25 mai.

CAPITALISATION DIFFICILE

C’est moins que dans notre sondage de février, où ils avaient 42 élus au total. Ce qui indique bien combien les partis flamands de la majorité fédérale ont des difficultés, c’est le moins que l’on puisse dire, à « capitaliser » sur la législature accomplie.

Pour le reste, on retiendra les quatre sièges du PTB (c’était le cas déjà dans notre sondage de février), l’extrême gauche faisant ainsi bel et bien son entrée au parlement fédéral. Epinglons encore les deux strapontins arrachés par le Parti populaire de Mischaël Modrikamen, à l’autre bout de l’échiquier politique, à la droite de la droite.



Total ? Une Chambre limite ingérable. Où il sera très difficile de trouver de nouveaux et durables équilibres politiques après les élections du 25 mai.

On promet bien du plaisir aux prochains futurs informateurs-formateurs.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CHRONIQUE D’UN BLOCAGE ANNONCE

Certes, les sondages ne sont pas le scrutin. Ils expriment des intentions de vote, pas une décision de voter. Il n’empêche qu’ils sont d’une remarquable constance depuis plusieurs mois. S’il devait s’avérer que la N-VA soit effectivement devenue la plus importante famille politique du pays, cela signifierait ipso facto le début de la fin de cette même Belgique. Ce que ne dit pas ce sondage, c’est que tout se jouera à quelques % près. Et c’est là que j’ai un gros problème avec des articles comme celui-ci qui sont de nature à induire des comportementd’électeurs soit dans le sens d’un renforcement de la N-VA en Flandre, soit d’un renforcement du poids du PS en Wallonie. Ces deux effets cumulés nous conduisent droit à l’impasse. Ce qui est certain c’est que les négociations post électorales seront harassantes et mettront une pression inouïe sur les épaules d’un De Wever qui n’en a pas l’expérience et dont la santé n’est pas vraiment brillante. Et si la surprise de ce scrutin (chaque élection disait Martens engendre une surprise que personne n’avait anticipée) c’était cela : un effondrement de l’homme fort de la N-VA, colosse aux pieds d’argiles…

On ne voit pas ses lieutenants  Ben Weyts, Liesbeth Homans, Jan Jambon, Geert Bourgeois (tiens qu’est devenu Siegfried Braecke?) ramasser la bannière et repartir au combat sans le chef. La force de la N-VA, c’est son leader, cela risque d’être aussi sa plus grande faiblesse.

MG

 

 

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