dimanche 20 avril 2014

Jean-Luc Dehaene: "Als we Europa niet versterken, zijn we verloren"


Yves Desmet en Roel Wauters 



© Jonas Lampens.


DM INTERVIEW Jean-Luc Dehaene neemt afscheid van de politiekmaar noglang niet van het levenNog geen twee maanden nadat zijn pancreas isverwijderdkijkt hij alweer vooruit. "Vanaf dag één heb ik gezegd: dit overleefik."

HET MOET TOCH EEN ENORME CONFRONTATIE MET DE EINDIGHEID VAN ONS BESTAAN ZIJN GEWEEST?
"Niet in de omstandigheden zoals ik ze heb meegemaakt. Ik heb me vanaf deeerste dag in de positie gezetik overleef dit hier. De dokters waren enormverwonderd van de snelheid waarmee ik vlak na de operatie wakker werd, hoeik recupereerdeenzovoorts. Het enige wat mij spijt, is dat ik die laatste week in het Europees Parlement in Straatsburg gemist heb. Ik had er nog twee rapportenop stapel liggen."

DIT IS GEEN AFSCHEIDSINTERVIEW?
"Ik was in ieder geval van plan om een aantal afrondende interviews te doen,omdat mijn politieke carrière erop zit. Als ik in staat ben om ze te doenga ik zeook doenheb ik altijd gezegd. Het heeft geen zin om ze nog af te werken involle kiescampagne of na de verkiezingen."

"Of ik daarna ga zwijgen? Vergelijk het met wat ik vanaf 1999 nog op nationaalvlak heb betekendDat is vrij beperktEnkel in uitzonderlijke omstandighedenben ik nog tussenbeide gekomen. Zo ga ik dat nu ook doen op Europees niveau."

WAT MOETEN WE ONTHOUDEN VAN UW POLITIEKE CARRIÈRE?
"Het is duidelijk dat ikeerst samen met Martens en daarna alleen, destaatshervormingen heb kunnen doorvoeren in 1980, '88 en '92. Tussen '92 en '98 heb ik België in de eurogroep geloodst. Daarna heb ik de kans gekregen ommee te bouwen aan wat de vooruitgang van Europa moet zijn.

"Mijn motto blijft nog altijd dat de instellingen moeten evolueren met demaatschappijZe mogen niet statisch zijn. We leven in een periode van grotemaatschappelijke verandering. De industriële maatschappij heeft zichomgevormd tot een mondiale informatiemaatschappijDaarvoor heb je groteeenheden nodig, maar tegelijk moet je ruimte laten voor autonomie van kleineregemeenschappen. In die zin is werken aan de Europese eenmaking en werkenaan de ombouw van België tot een federale staat voor mij op geen enkele maniercontradictorisch geweest."

Toch zie je bij de inzet van de Europese verkiezingen twee duidelijke tendensen.De ene wil evolueren naar een 'Verenigde Staten van Europa'. De andere,populistische en eurokritischestrekking zegt: hoe kleiner we zijn, hoe meeridentiteit, hoe beter we werken.

"Ik zie die tweespalt ookIk weet één ding: als we Europa niet versterkenzijnwe verloren in de global governance. Als we ons terugplooien op onze naties,laat staan onze regio'sdan hebben we misschien een mooie cocon gecreëerd, maar dan hebben we geen enkele invloed meer over de belangrijke mondialethema'sDenk aan klimaatenergievoedselvoorziening. Mee aan een oplossingwerken zit er dan niet meer in. Integendeel, we zullen moeten ondergaan wat deanderen beslissen. Anders eindigen we als het Bokrijk van de wereld. En dat ismijn grote vreesmijn ultieme nachtmerrieDe wereld zal naar de EU kijkenzoals wij nu naar Griekenland kijken.

"Het kan wel eens interessant zijn om die oude cultuur te bezoeken, maar voorde rest gaat er geen enkele kracht meer van uitEuropa moet weer een droomwordenzoals toen ik begon als politicus."

Het volledige interview met Jean-Luc Dehaene kan u lezen in de ZENO-bijlagevan de weekendkrant van De Morgenook digitaal beschikbaar.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CECI N’EST PAS UN TESTAMENT


Ceci n’est pas une interview testament. Il n’empêche que Jean Luc Dehaene,homme d’une grande intelligence s’y montre visionnaire en embouchant la trompette des donneurs d’alarme (c’est le nom que donne le coran aux prophètes des écritures, toutes les écritures) « La seule chose que j’espère est qu’après le 25 mai, les politiques ne gâcheront pas la chance des 5 ans qu’ils ont devant eux. Après les élections, il y a une opportunité et une période unique au niveau européen comme au niveau belge, pour s’attaquer aux problèmes. Tout le monde sait qu’on est confronté avec des défis à long terme, or le monde politique actuel – c’est une des différences avec la période où j’ai travaillé – est sous une énorme pression du court terme et de l’opinion publique en direct, via des médias sociaux, beaucoup plus efficaces que les lettres des lecteurs d’autrefois ou ce qu’on racontait au café du Commerce. (…).

Pour les européennes deux tendances se dessinent : les uns veulent évoluer vers des Etats-Unis d’Europe, quant aux populistes et autres eurosceptiques, il pensent que plus on réduit l’échelle, mieux on maîtrise les problèmes. » 

"Soyons clairs, si on ne renforce pas l’Europe, on est perdu dans la tourmente  de la diversité mondiale. Si on se racrapote sur notre quant à soi national ou gional, on se sera tissé un cocon douillet mais on aura perdu toute influence sur des questions aussi essentielles que le climat, l’alimentaire, l’énergie. On ne participera plus à l’élaboration des solutions mais on subira celles des autres, à notre détriment. On deviendra en finale le Bokrijk du mondeC’est de cela que j’ai le plus peur: que le monde nous regarde demain comme nous regardons la Grèce aujourd’hui.

 

Le slogan de De Wever « tout est de la faute du PS » était le même que celui de Dewinter du Vlaams Belangsimplement en remplaçant « étranger » par « PS ».


Tout ceci est dicté par ce gros bon sens qui a toujours caractérisé l’homme de Vilvorde. La Belgique a eu de la chance de bénéficier de l’expérience de ce fils de psychiatre pour soigner sa schizophrénie, mais il semble que depuis son départ et l’arrivée de De Wever, la maladie se soit considérablement aggravée.

Dehaene a étudié les sciences économiques à Louvain et le droit, en français à la faculté de Namur, ce qui l’armait intellectuellement et linguistiquement pour diriger ce pays complexe, pareil pour Martens ou Eyskens. Aujourd’hui nous sommes dirigés par un chimiste unilingue mais brillant communicateur, c’est-à-dire bonimenteur.

MG  

 

 

DEHAENE : « LE SLOGAN DE LA N-VA EST LE MÊME QUE CELUI DU VLAAMS BELANG. ILS ONT REMPLACÉ ÉTRANGER PAR PS »

Béatrice Delvaux

Récemment opéré d’un cancer, Jean-Luc Dehaene nous a accordé un long entretien. Son inquiétude ? Les élections du 25 mai.



     Sylvain Piraux


Jean-Luc Dehaene nous reçoit dans son salon. Il a perdu de l’énergie, du souffle mais pas ses convictions. Opéré d’une tumeur au pancreas récemment, il est en convalescence mais se veut très rassurant et optimiste : « J’ai subi une lourde opération dont je me suis bien remis. Dans ce genre de cancer, tout le monde dit que si l’intervention se fait à temps… J’ai vécu cela dans la famille. J’ai perdu ma sœur parce qu’on a découvert trop tard le même cancer, elle est partie en six mois. J’ai un oncle qu’on a opéré de la même chose en 1996, au même stade que moi, et il vit toujours, il voyage, il fait tout. Je reste donc optimiste , tous les jours cela va un peu mieux. Je n’ai pas du trop changer mes habitudes, la seule véritable contrainte c’est l’insuline que je dois prendre au bon moment. »

S’il donne une série d’interviews ce week end, c’est pour marquer la fin de sa deuxième carrière, européenne après avoir tiré un trait sur la politique belge en 1999.

EXTRAITS

Son souhait à travers cette dernière prise de parole « en fonction », est très clair : exhorter les hommes politiques, belges et européens à ne pas gâcher la période de 5 ans qui s’ouvre après les élections du 25 mai « La seule chose que j’espère est qu’après le 25 mai, ils ne gâcheront pas la chance des 5 ans qu’ils ont devant eux. Après les élections, il y a une chance et une période unique au niveau européen comme au niveau belge, pour attaquer les problèmes. Tout le monde sait qu’on est confronté avec des défis à long terme, or le monde politique actuel – c’est une des différences avec la période où j’ai travaillé – est sous une énorme pression du court terme et de l’opinion publique en direct, via des médias sociaux, beaucoup plus efficaces que les lettres des lecteurs d’autrefois ou ce qu’on racontait au café.

Tout cela fait qu’on a tendance à faire le nécessaire mais avec des mesures qui ont des résultats à court terme. Ceci n’est pas un reproche au gouvernement actuel qui n’a eu que deux ans pour remettre la Belgique sur rails sur le plan financier entre autres, avec des mesures dont on ne peut pas dire de la plupart qu’elles sont vraiment structurelles. »

LE PROGRAMME POUR LA BELGIQUE. « Ce dont nous avons vraimentbesoin , et cela vaut autant pour l’Europe que pour la Belgique, c’est de mettre d’abord en ordre notre budget dans la voie que nous impose l’Europe. (..) Il faudra aussi rétablir la compétitivité en réduisant les coûts du travail et il est inévitable que cela se fasse via un réaménagement de la fiscalité, - ce qui ne sera pas une mince affaire. Il faudra continuer la réforme des pensions mais surtout l’assurance maladie, via des mesures structurelles comme l’allongement de la carrière – je ne dis pas nécessairement l’âge de la pension - et la fin à un moment des prépensions. »

QUEL GOUVERNEMENT ? « J’espère que le résultat des élections permettra de former un gouvernement réduit, sans trop de partis, capable de composer une équipe soudée, qui puisse dans les 2,3 premières années prendre ces mesures, en espérant qu’elles auront déjà un rendement à la fin de la législature. »

LA RÉFORME DE L’ÉTAT. « Il ne faut pas de majorité de deux tiers puisqu’une des priorités de ce gouvernement sera d’opérationnaliser la sixième réforme de l’Etat. Mon expérience est qu’on sous estime ce changement de mécaniques à organiser. Or ici cela touche des institutions mais aussi des personnes – allocations familiales par exemple -, c’est beaucoup plus délicat : il faudra donc ne pas aller trop vite. »

LA N-VA. LA NÉCESSITÉ DE CHANGEMENT RADICAL, AVEC DES MESURES TRÈS PRÉCISES C’EST CE QUE PROCLAMENT LA N-VA ET DE WEVER ? «Pour moi, ce qui compte, c’est ce qu’on fait après les élections. Je verrai ce qui se fera. J’ai toujours dit que le slogan de De Wever « tout est de la faute du PS » était le même que celui de Dewinter du Vlaams Belang, en remplaçant « étranger » par « PS ». C’est donc un « oneliner » qui sonne bien et pour lequel on peut même utiliser certains exemples ou arguments mais qui ne tient pas la route quand on fait l’analyse de ce qui se passe. 

 

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