mercredi 23 avril 2014

L’avenir belge se joue dans les régions


Béatrice Delvaux, Éditorialiste en chef  du soir

Une femme ou un homme providentiel pour diriger les Régions, wallonne et bruxelloise ? On n’aime pas l’expression, mais il est évident que la stature, l’envergure, la détermination mais aussi l’envie d’exercer le pouvoir à ce niveau de responsabilités sont aujourd’hui cruciales pour mener cette bataille régionale et la gagner. Avec la nécessité impérieuse, pour ce futur ministre-président, de disposer d’un poids électoral lourd, qui lui donne un réel pouvoir à l’intérieur de son parti, de sa coalition et face aux autres niveaux de pouvoir. Les germanophones et les Flamands l’ont compris depuis longtemps.

Pour cette élection, il serait criminel qu’il n’en aille pas ainsi. Les transferts de compétences qui viennent de s’opérer font de l’échelon régional une Rolls potentielle mais encore très complexe et délicate à faire « tourner » et vers laquelle les partis seraient inconscients d’envoyer des seconds couteaux ou des gens qui y vont à reculons.

A Bruxelles, comme en Wallonie, les défis demandent un « patron » avec du courage, une vision et un investissement total pour sa Région. Les Bruxellois ne pensent pas autrement lorsqu’ils plébiscitent Joëlle Milquet et Didier Reynders, persuadés qu’il faut des formats pour diriger leur destin. Ils ont surtout envie que ces deux-là s’engagent à plein temps pour relever leurs défis. Or dans les deux cas (et pour Reynders bien davantage que pour Milquet), il reste comme un doute, l’idée que le régional est une sorte de pis-aller : Milquet y est allée par défaut, Reynders en espérant ne pas devoir y rester. Le PS, lui, n’y a pas consacré de ténor.

Les défis ? Bruxelles a besoin d’un chef d’orchestre à même de coordonner les communes avec la Région, de forcer à la résolution des problématiques de l’enseignement et de la formation, du survol aérien, en cessant d’être otage de ce qui se discute ailleurs. La Wallonie doit accélérer son redressement, oser des simplifications de structures, privilégier l’efficacité. Les deux doivent prouver qu’elles peuvent gérer les nouvelles compétences, dénoncer les gabegies et les incohérences. L’avenir de la Belgique se joue depuis les Régions. « Ne gâchez pas les cinq ans à venir » : cela vaut pour les futurs patrons des entités régionales.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE CONFEDERALISME ? MAIS ON EST EN PLEIN DEDANS

Mais c’est bien sûr, comme toujours, Béatrice Delvaux lève le bon lièvre et fait la bonne analyse. Toutefois on ne saurait donner tort à l’internaute qui extrapole avec beaucoup d’à propos : « L'avenir belge se trouve dans les régions ? Oui. Mais arriver à un tel constat est aussi un aveu d'échec puisqu'il s'agit ni plus ni moins de valider la logique confédérale réclamée par les nationalistes flamands. C'est un peu comme si on déclarait que l'avenir de la France dépendait de la Bretagne, du Poitou-Charentes ou de la Provence. Il y aurait donc le bons Français et les moins bons, les plus républicains et ceux qui le sont moins. Ce serait surtout ouvrir une boîte de Pandore. En Belgique elle ouverte depuis longtemps. Après avoir établi une frontière dite « linguistique » dans les années 60, communautarisé, régionalisé à tout-va dans les années 70 et 80, désossé le fédéral, on prépare doucement le citoyen (en tout cas celui qui n'a pas très bien suivi les derniers soubresauts politico-médiatiques de ce non-pays) à l'idée que ce confédéralisme tant décrié hier n'est finalement pas si mauvais. »

C’est comme ça qu’on finira pour nous gagner au confédéralisme, par usure.

C’est également à l’usure que les socialistes voudraient avoir De Wever en l’envoyant cinq ans dans l’opposition. Ce n’est pas du tout gagné. Les sondages nous révèlent une chose, la constante du score de la N-VA et du PS. Le reste nous tombera dessus de surcroît.

 

 

 

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