vendredi 4 avril 2014

Le point de vue de l'autre

 

VU DE POLOGNE La Russie menace, l'Otan réagit

Le chef des forces de l'Otan en Europe va présenter un plan de renforcement militaire dans les pays de l'est du continent. La Pologne demande le déploiement de troupes sur son territoire, explique le quotidien conservateur Rzeczpospolita.

COURRIER INTERNATIONAL

| IWONA OSTAPKOWICZ


Des soldats russes embarquent dans leur char au cours de manoeuvres d'entraînement dans la région de Volgograd, dans le sud de la Russie - AFP/AndreyKronberg

Le ministre des Affaires étrangères polonais Radoslaw Sikorski demande à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) de déployer 10 000 soldats sur le territoire de la Pologne, suggérant qu'il pourrait s'agir de deux brigades d'infanterie mécanisée, précise Rzeczpospolita.

"Non seulement Vladimir Poutine n'a pas retiré ses troupes, massées à la frontière avec l'Ukraine, comme il l'avait promis à Angela Merkel le 1er avril, mais il les a mises en état d'alerte maximale", poursuit le quotidien de Varsovie.

Selon le général Philip Breedlove, le chef militaire de l'Otan en Europe, les plans russes envisagent plusieurs mouvements : dans le sud de l'Ukraine, jusqu'à Odessa et peut-être même jusqu'à la Transdniestrie, pour relier le Crimée à la Russie ; dans le nord, pour couper l'Ukraine orientale industrielle du reste du pays.

"La situation est tellement compliquée que non seulement les Etats-Unis mais aussi certains pays européens, jusqu'ici favorables au compromis avec la Russie, prennent en considération un renforcement militaire de la Pologne et des Etats baltes", note Rzeczpospolita.

La demande polonaise est bien reçue en Allemagne. Les Britanniques répondent favorablement, mais avec prudence. En France, François Hollande plaide pour un renforcement de la collaboration militaire avec la Pologne. "Il veut que les deux pays mettent en place les bases d'une politique de défense européenne", conclut le journal.


VU DES PAYS-BAS— L'OTAN EST NEUTRE POUR LES UNS, PROVOCATEUR POUR LES AUTRES

L’Ukraine devrait-elle devenir membre de l’Otan ? "Ce serait une sanction ultime, mais risquée", selon Trouw. Dans un éditorial, le quotidien néerlandais rappelle que le danger réside dans les perceptions complètement différentes de l’organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) qui existent en Occident et en Russie. 

"Au fond, il s’agit de la question de savoir ce que l’Otan représente. En Occident, on a tendance à affirmer qu'elle est un pacte collectif de sécurité, de nature paisible et ne visant personne en particulier. Mais, en Europe de l’Est, la perception est bien différente : l’Otan y est considérée indéniablement comme une alliance contre la Russie. C’est ainsi que la considère la Pologne, longtemps occupée par la Russie, qui est aujourd’hui contente d’être membre de l’Otan.


En revanche, certains pays occidentaux plaident pour une position plus compréhensive vis-à-vis de la Russie : ils estiment que l’adhésion à ce pacte antirusse d’anciens Etats satellites de Moscou – comme l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie – était une provocation. 

Mais ceux qui se montrent compréhensifs vis-à-vis de Poutine oublient que la Russie se sentait déjà encerclée à l’époque où tous ces pays étaient sous le joug de Moscou. La Russie se sent toujours isolée, mais ce sont ses propres faits et gestes qui provoquent cet isolement. L’adhésion de l’Ukraine à l’Otan pourrait être une réponse seulement en dernier recours. A présent, une meilleure option est de chercher le dialogue, avec le gouvernement de Poutine, mais surtout avec les Russes eux-mêmes."

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE POINT DE VUE DE L’AUTRE


Le point de vue est littéralement le lieu d’où j’observe l’autre et d’où l’autre m’observe.

Poutine et les pays membres de l’OTAN ne regardent pas les choses de la même manière. Au départ, la conférence sur la Sécurité et le Coopération était, au début des années septante,une demande soviétique visant le double démantèlement : celui des forces de l’OTAN –sous leadership américain- et celui des Forces du Pacte de Varsovie sous leadership soviétique. En 2014, le pacte de Varsovie a cessé d’exister et Varsovie a rejoint l’OTAN comme les pays baltes et la Hongrie. C’est dire si la Russie ressent cela comme au minimum une frustration, une humiliation, au maximum une menace et une agression. Vouloir inclure l’Ukraine dans les forces atlantiques serait ressenti comme un acte de franche hostilité. Ne pas le comprendre serait aberrant.

Il semble qu’on soit dans une phase d’attente et d’observation réciproque. La tournée gesticulatoire d’ Obama en Europe fut un show assez grotesque. Merkel et son ministre Steinmeier se taisent, Poutine également. Poutine est « sans doute le leader le plus pro Europe de l’histoire » selon le Spiegel. Mais il n’en a tiré que de faibles dividendes à cause de la maladresse américaine. Les impérialistes du Kremlin ont pris du poil de la bête. A l’évidence l’Europe s’est trompée de politique. Seuls les Allemands ont compris tout l’intérêt d’un rapprochement avec Moscou, suite normale de la brillante Ostpolitik.  Reste à voir comment ce dossier va évoluer.

La médiation allemande demeure le maître atout de l’occident.

MG



BERATER IN DER UKRAINE-KRISE: PUTINS EINFLÜSTERER

Von Benjamin BidderMoskau

Der Spiegel

Russlands Präsident Putin: Uneingeschränkter Herrscher imKreml

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AFP/ RIA Novosti

Russlands Präsident Putin: Uneingeschränkter Herrscher im Kreml

Die Zeit der Liberalen ist vorbeiIm Kreml bestimmenschrille Hardliner den Ton, Russlands Präsident hat einenengen Zirkel von Vertrauten um sich geschartWer sind dieMänner, auf die Putin auch in der Ukraine-Krise hört?

Ein mitleidiges Lächeln. Das erntetwer in Moskau nachErklärungen sucht für das, was man in der naiven Vorstellungdes Westens als "Kurs des Kremlbezeichnen würdeEs istdie freundlichste Weise zu sagenWie einfältig ihr Ausländerdoch seid!

Dann folgt - abhängig von der Geduld des Gesprächspartners -Lektion Nummer zwei. Der Kreml sei eben nicht das WeißeHaus und nicht das deutsche Kanzleramt: "Der Kreml hatviele Türme."

Gemeint istIm Kreml ringen zahlreiche Gruppen um Machtund Einfluss und den richtigen KursNur selten wird vonaußen klarwer langfristig die Oberhand behält und wer nureinen Etappensieg erringtDeshalb kann der Kreml an einemTag einen Oppositionspolitiker wie Alexej Nawalny inHandschellen legen lassennur um ihn am nächsten Tag freiund bei Wahlen antreten lassen.

 

Winston Churchill hat das einmal auf den Punkt gebrachtalser die Auseinandersetzungen verglich mit zwei Bulldoggen, die unter einem Teppich miteinander kämpfen: "Außenstehende hören nur das KnurrenWenn die Knochenherausfliegenist klarwer gewonnen hat."

 

In der Krim- und Ukraine-Krise sind die Knochenherausgeflogen, die Hardliner haben sich durchgesetztallenvoran Putins Wirtschaftsberater Sergej Glasew. Der hatteschon im Januar die Meinung vertretenPräsident WiktorJanukowitsch solle die Demonstrationen in Kiewzusammenschießen lassen.

 

Ein anderes Sprachrohr ist derzeit Alexander Prochanow, 75,Spitzname "Nachtigall der Generalität". Prochanow warKriegsreporter, hat Dutzende Bücher veröffentlicht und gilt alsebenso gebildet wie zuvorkommendEr ist aber auchAnhänger von Josef Stalin. Seit Beginn des Maidan-Aufstandshat Prochanow gefordert, die Proteste mit Gewaltniederzuschlagensonst vernichte "die Welle der Revolution die russische Zivilisation". Seine Zeitung "Sawtra" ("DerMorgen") trommelt für einen Einmarsch in "Neurussland", sonennen die Redakteure die Ostukraine.

 

Die wahren Machtverhältnisse im Kreml sind heute soundurchsichtig wie zu Churchills ZeitenZwei grundlegendeEntwicklungen der vergangenen zwei Jahre sind dagegen klar:

 

Hardliner, die wie Prochanow vom Wiederaufstieg einesrussischen Imperiums träumenfinden mehr Gehör denn je imKreml.

Liberale und eher westlich gesinnte Kräfte haben massiv anEinfluss verloren.

Als Putin an die Macht kamschien er ein Gleichgewicht imKreml halten zu wollen zwischen Nationalisten und Liberalen.Aber seit 2012 ist diese Balance dahinDmitrij Medwedew, von 2008 bis 2012 Präsident, gilt als wichtigste Figur desliberalen Lagers. Als Putin vor zwei Jahren in den Kremlzurückkehrterotierte Medwedew auf den Posten desRegierungschefsSeitdem wurde sein Einfluss starkbeschnitten.

 

Heute ist das Tandem Putin-Medwedew zerbrochenandereFiguren haben an Einfluss gewonnen. "Politbüro 2.0", sonennt der Moskauer Politologe Jewgenij Mintschenko jeneGruppe von rund einem Dutzend engsten Vertrauten desrussischen PräsidentenEs ist eine Anlehnung an dassowjetische Politbüro, die Führungsriege der Kommunisten.

 

Damals freilich waren die Führungskader öffentlich bekannt.Putins Vertraute dagegen bilden kein formales Gremiumüberdie wahren Machtverhältnisse können auch Kreml-Beobachternur mutmaßen"Wem der Präsident wirklich vertraut, dasweiß nur Putin selbst", sagt Alexej MuchinDirektor desMoskauer Zentrums für politische Information.

 

Vertraute Putins agieren vom Kreml abgekoppelt

Muchin benutzt ein anderes Bild, um die Machtstrukturinnerhalb der russischen Führung zu charakterisieren: denOlymp, die Götterwelt der antiken Griechenlands. Putin habedie Kontrolle einzelner Politikbereicheaber auch vonwichtigen Staatsunternehmen in die Hände langjährigerVertrauter gelegtSie agieren weitgehend autonom vomKreml. So wird die riesige Eisenbahngesellschaft mit 1,3Millionen Mitarbeitern kontrolliert von Putins altemWeggefährten Wladimir Jakunin - dem "Gott der Eisenbahn" (Muchin) - und der staatliche Rohstoff-Gigant Rosneft von Igor Setschindem "Gott des Öls".

Einig sind sich Mintschenko und Muchin in der Einschätzung,dass Russlands Kurs in der Ukraine-Krise vor allem voneinem Mann vorgegeben wirddem Präsidenten selbst. DerKreml-Chef glaubedass er dem Westen oft genugentgegengekommen seiohne dafür eine Gegenleistung zubekommen"Putin ist wahrscheinlich der prowestlichsteFührer Russlands aller Zeiten", sagt Mintschenko. "Er ist aberzu der Überzeugung gelangtdass es sich nicht lohnt,prowestlich zu sein."

 

Mintschenko saß am 18. März im Georgssaal des KremlalsPutin die Krim als Teil Russlands aufnahm und mit Europa und den USA abrechneteDanach sprach er mit den Leuten, die normalerweise Putins Reden schreiben"Diesmal hattensie wenig zu tun", sagt Mintschenko. "Putin hat dieentscheidenden Passagen alle selbst verfasst."

 


 

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