lundi 14 avril 2014

L’entrepreneur ixellois qui veut faire "plier" Wathelet


RAPHAËL MEULDERS 

 


Il ne dort plus que trois heures par nuit. Pas tellement à cause du bruit des avions qui passent depuis peu "sous ses fenêtres", mais surtout pour consacrer plus de temps à "son" mouvement. Un mouvement, au nom évocateur, "Pas question !" qui a un objectif : supprimer le nouveau plan de survol de Bruxelles. En fait, Antoine Wilhelmi, un entrepreneur en nouvelles technologies, est à la tête d’une véritable petite entreprise à laquelle il se consacre désormais "à 100 %". Depuis plusieurs semaines, "Pas question !" mobilise plus de 10 000 personnes sur les réseaux sociaux, tandis que 250 volontaires ont déjà distribué près de 120 000 tracts dans les rues de Bruxelles. "Cela vous donne une idée de l’ampleur citoyenne qui s’élève", explique M. Wilhelmi. "L’engouement est extraordinaire. On vit un vrai petit ‘printemps bruxellois’, ose cet Ixellois de 44 ans. Nous sommes un mouvement citoyen porté par l’indignation."

Une indignation qui commence début février pour le Bruxellois. Le 6 du mois plus précisément, lorsque les premiers avions, décollant de l’aéroport de Bruxelles-National, passent, via de nouvelles routes au-dessus de la capitale. L’Ixellois découvre le plan de survol porté par le secrétaire d’Etat Melchior Wathelet (CDH). "Je n’avais jamais entendu parler de ce plan, mais je me suis très vite rendu compte que c’était une très mauvaise chose pour Bruxelles pour des raisons de sécurité, de santé publique et socioéconomique." Le juriste de formation décide donc de montrer son mécontentement en créant une page Facebook contre le "plan Wathelet". "Au début, nous n’étions que sept, mais à mon grand étonnement, cela a rapidement pris de l’ampleur. Nous avons des pilotes, des contrôleurs aériens, des scientifiques, des juristes qui nous ont rejoints. On est prêts à mettre toutes ces ressources humaines à disposition du gouvernement pour trouver des solutions à long terme au survol de Bruxelles."

"ON JOUE AVEC NOS VIES, AVEC L’AVENIR DE CETTE VILLE"

Car celui qui est devenu le porte-parole du mouvement en est convaincu : la solution "ultime" pour mettre fin aux nuisances à Bruxelles serait le déplacement de l’aéroport de Bruxelles-National. "Mais il faut rester pragmatique. Il existe d’autres solutions à moyen terme, comme celles d’envoyer les routes aériennes sur des zones moins densément peuplées, comme celle proche du ring. Il faudra négocier avec nos amis du Nord du pays." Autre voie envisagée par le mouvement : celle de reculer l’une des pistes de l’aéroport de 400 mètres ou envoyer les avions low-cost à Charleroi et le cargo à Liège"On ne peut pas favoriser en permanence l’aéroport qui est le plus mal situé et qui cause le plus de nuisances à un maximum de gens possible."

"Pas question !" a eu des positions assez dures envers Melchior Wathelet. La première rencontre avec le secrétaire d’Etat, qui a eu lieu ce jeudi, n’a pas vraiment convaincu M. Wilhelmi"M. Watheletveut maintenir le plan actuel en bricolant quelques demi-mesures qui servent surtout à gagner du temps avant les élections. Ce n’est pas cela que nous voulons. En maintenant ce plan, on joue avec notre vie, avec l’avenir de cette ville." L’Ixellois estime que le secrétaire d’Etat, "dans l’intérêt général", doit faire marche arrière en annulant le plan. "Après ce moratoire, il faudra directement entamer un débat politique pour trouver de vraies mesures à long terme."

"POUR LE CDH, JE SUIS UNE TAUPE MR"

"Pas question !" ne plait pas à tout le monde. Depuis son apparition, des tensions sont apparues avec plusieurs associations défendant les riverains survolés. D’aucuns accusent le mouvement de ne pasbien connaître les dossiers et de jouer uniquement la carte des communes nouvellement survolées. Plusieurs interlocuteurs de M. Wilhelmi se sont également plaints de son "comportementgrossier" (sic) lors des négociations. Le mouvement est présenté comme "radical""Nous, radicaux ? C’est une question de point de vue. Il y a beaucoup d’émotion dans ce dossier et c’est vrai que j’ignorais pas mal de problèmes rencontrés par les anciens survolés. Ils pensent être soulagés. Mais il ne faut pas se leurrer : la solution choisie est pire que la précédente."

Certains des détracteurs de l’entrepreneur, à la forte personnalité, le disent proche de partis "issus de la droite". "Pour le CDH, je suis une taupe du MR; pour le FDF, je suis celle d’un autre parti…" explique celui qui estime être un franc-tireur. Nos actions sont uniquement financées par des dons des membres du mouvement. Nous ne sommes pas comme d’autres associations, directement financées par des communes FDF. D’ailleurs nous avons porté notre propre recours, préparé par des juristes, contre le plan."

Le quadragénaire estime que son mouvement a un message plus large que le seul survol de la capitale. "Les Bruxellois en ont marre qu’une série de mesures importantes concernant leurs vies soient prises sans avoir voix au chapitre. C’est ahurissant de se dire que ce plan a été imposé sans concertation avec la Région bruxelloise et ses habitants." Raphaël Meulders

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NOUS SOMMES UN MOUVEMENT CITOYEN PORTÉ PAR L’INDIGNATION."

"Je n’avais jamais entendu parler de ce plan, mais je me suis très vite rendu compte que c’était une très mauvaise chose pour Bruxelles pour des raisons de sécurité, de santé publique et socioéconomique." 

Il faudra négocier avec nos amis du Nord du pays."

"Les Bruxellois en ont marre qu’une série de mesures importantes concernant leurs vies soient prises sans avoir voix au chapitre. C’est ahurissant de se dire que ce plan a été imposé sans concertation avec la Région bruxelloise et ses habitants." 

Peu importe la nature du conflit ou la personnalité des protagonistes de cette initiative, ce qui interpelle c’est la force de la démarche et la manière dont elle est organisée. Clairement, un groupe de citoyens prend la parole et sensibilise l’opinion publique.  C’est une première et à ce titre elle mérite d’être accueillie avec enthousiasme.

Intéressante la conclusion du message : Il faudra négocier avec nos amis du Nord du pays."

Ce n’est pas le bon Charles Picqué qui aurait pris ce type d’initiative.

MG

 

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