jeudi 3 avril 2014

L’experte: «Intégrer les devoirs dans le temps scolaire»


Le Soir



© D.R.

Delphine Chabbert est la directrice du service d’études et action politique à la Ligue des familles.

Pourquoi organiser cette Université de printemps maintenant ? À cause des élections ?

La question des rythmes scolaires est la plus parentale de l’école. La Ligue est légitime là-dessus et nous savons que nous sommes attendus sur cette thématique. Cette dernière existe depuis les années nonante ! En période électorale, c’est le bon moment pour en parler. À l’issue de la journée d’université, nous organisons une table ronde avec les représentants de tous les partis. Nous les inviterons à signer une charte par laquelle ils engageront leur parti à ouvrir la réflexion. L’objectif ultime est de faire aboutir la réforme à l’horizon 2019.

Cela doit être un chantier de la prochaine législature ?

Oui ! Cela fait vingt ans qu’on en parle, tous les experts sont d’accord pour dire que le rythme actuel ne correspond plus. La vie autour de l’école a totalement changé… mais pas les horaires de l’école ! À un moment, il faut arrêter les colloques et les études et passer à l’action. Il faut exploiter cette période électorale et obliger les politiques à mettre cette question à l’agenda.

Il est question de réorganiser les journées ?

Oui. Actuellement, un jour d’école n’est pas adapté au rythme de l’enfant, qu’il soit biologique ou cognitif. Et ce système n’est pas non plus en phase avec les vies des parents, puisqu’il a été élaboré à une époque où les femmes ne travaillaient pas ! Aller chercher son enfant à 3 h 15, ça peut être compliqué.

L’organisation de l’année est aussi visée.

Notre système de vacances date de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les spécialistes se rejoignent pour dire que le rythme idéal, c’est sept semaines de cours suivies de deux semaines de congé. Et en été, on pourrait se limiter à six ou sept semaines. Il y a un consensus assez large pour dire que neuf semaines de vacances en juillet et août, c’est beaucoup trop long ! À la base, on a créé ce système pour que les enfants puissent aider leurs parents sur les champs pendant la belle saison… On en est loin aujourd’hui ! Et cette réforme prend aussi en compte la situation des parents : personne n’a neuf semaines de congé ! Il faut donc trouver des solutions pour la garde des enfants, cela peut être compliqué et représenter un coût important. Vraiment, je pense qu’il faut, et je cite là Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant, faire entrer l’école au XXIe siècle. Le système actuel est le relégat d’un modèle daté !

Le projet est ambitieux mais rencontre des résistances…

Elles sont à la fois politiques, professionnelles, économiques et parentales. Le ministre de l’Éducation est toujours très exposé sur ce genre de questions, car toucher au rythme scolaire, cela revient à toucher au cœur du système scolaire… Et c’est toujours une source de grand conflit. Ensuite, les enseignants craignent qu’on touche à leur rythme de travail. Mais l’objectif de cette Université de printemps est justement de proposer un projet et d’entendre les remarques de chacun, pour arriver au meilleur consensus possible. Mais les mentalités commencent à évoluer, aussi bien du côté des profs que des tour-opérateurs, par exemple. Plusieurs entreprises actives dans le secteur du tourisme se sont montrées favorables au projet.

Les parents peuvent être réticents également ?

Oui. Notre vision consiste à internaliser totalement les devoirs dans le temps scolaire. L’enfant doit terminer vers 17 heures (nous sommes souples sur la détermination de l’heure), mais ses devoirs doivent être faits. Et avec les enseignants eux-mêmes, pas avec le personnel de l’extrascolaire. C’est important pour l’égalité des chances entre les enfants, la lutte contre l’échec scolaire, l’augmentation des performances. Mais certains parents craignent de moins voir leur enfant et de perdre leur rôle dans la scolarité de ce dernier.

Que répondez-vous à cela ?

Nous ne pensons pas déposséder les parents du suivi scolaire, au contraire. Nous pensons enlever une tension, le moment des devoirs occasionne souvent du stress. De cette manière, la position de parent sera même renforcée : il ne devra pas faire le professeur, sans en avoir forcément la patience ou les compétences.

Vous soutenez aussi que l’école est trop cloisonnée.

Tout à fait ! Avec cette réforme, on obligera les professeurs et le personnel extrascolaire à davantage travailler en collaboration. L’enseignement et l’extrascolaire sont aujourd’hui des compétences distinctes, deux temps très différents. Il faut redistribuer cela et aller vers davantage de travail commun. L’école a parfois des réticences àouvrir la porte à des « corps étrangers ». Luttons contre l’école forteresse ! Et surtout, remettons l’enfant au cœur du système.

ANN-CHARLOTTE BERSIPONT



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEVOIRS A L’ECOLE 

 



C’est folie que de terminer les classes primaires avant 16h.quand les parents viennent  cueillir leurs enfants vers 18 heures et que des garderie débiles sont mises en place avec des agents sans formation.

C’est folie que de donner 7 semaines de vacances aux petits quand il y a tant de choses à faire pour rattraper le retard scolaire au lieu de courir les rues.

Tout ce temps libéré doit être réinvesti en ateliers d’écriture, d’improvisation, de culture générale, d’informatique. Retenons bien ceci : Lycée Averroès 100% de réussite au bac. Pourquoi ? Grâce à un encadrement exemplaire. Faut pas être docteur en pédagogie pour le comprendre.

Le succès des Flamands à Bruxelles : la « brede school » ou école élargie. Elargie au parascolaire post curriculum qui regarde les activités sportives et de loisir comme autant de prétextes pour améliorer le néerlandais des allochtones ? Elémentaire mon cher Watson.

MG    

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