mardi 29 avril 2014

Reynders: «Le MR ne veut pas gouverner avec la N-VA»


Le Soir

Le vice-Premier libéral refuse toute alliance avec les nationalistes flamands, au fédéral comme à Bruxelles.



Les adversaires de Didier Reynders l’ont souvent accusé de jouer un double jeu vis-à-vis de la N-VA. A moins d’un mois des élections, le ténor libéral a tenu à mettre les choses au point. Son parti ne veut pas gouverner avec les nationalistes flamands. Il s’affirme très clairement favorable à « une majorité sans la N-VA. Il n’est pas question de prendre dans la coalition un parti qui a un projet totalement destructeur pour la Région bruxelloise. Et pour moi, c’est la même démarche au fédéral : la N-VA a aussi un côté destructeur pour l’avenir de l’Etat (…) Si on est autour de la table, nous demanderons de privilégier une majorité sans la N-VA. Cela nécessite que l’un ou l’autre parti change d’attitude entre la campagne et le lendemain du scrutin. » Didier Reynders vise clairement le PS : « Pendant cette campagne, la meilleure agence de communication de la N-VA, c’est le Boulevard de l’Empereur ! (…) Et les seuls débats que le PS organise, c’est contre la N-VA. » Et de rajouter : « Le PS fait ça par pur calcul électoral. Mais il ferait mieux de discuter avec ses vrais interlocuteurs : le MR, les autres partis francophones, le PTB. »

Jusqu’ici, seul le FDF avait mis une exclusive contre le parti de Bart De Wever.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE COUP DE TRAFALGAR


« Les libéraux n’ont pas besoin de la N-VA pour faire des réformes socio-économiques. » Et voici que par une simple déclaration de Reynders, la campagne électorale prend un tournant majeur. Au palais on respire, il ne faudra en aucun cas proposer une mission d’exploration ou de formation au nationaliste Bart De Wever, au niveau fédéral. Le PS est assuré de ne pas être renvoyé pour cinq ans dans l’opposition. Quant au MR, il se donne –croit-il- un triple ticket pour régner avec les socialistes à Bruxelles, waà la région wallonne et au fédéral.

Il y a fort à parier que Reynders a assuré ses arrières avant de faire cette déclaration et qu’il a obtenu certaines garanties du côté du boulevard de l’Empereur faute de quoi, il risque de siéger cinq nouvelles années ans dans l’opposition à Bruxelles et en Wallonie, ce qui équivaudrait à un suicide lent.

La tête de liste CDh pour l’Europe, Claude Rollin, a déclaré à la RTBF qu’il ne peut pas s’imaginer que son parti entre dans un gouvernement avec la N-VA, non à cause du nationalisme, mais à cause du programme socio-économique. A l’évidence, Reynders rebondit sur cette déclaration et en a tiré les conséquences.Le cordon sanitaire anti N-VA serait complet si le CD&V devait émettre la même exclusive à l’égard de la N-VA au niveau de l’exécutif flamand. C’est beaucoup moins sûr, évidemment.

 

Mais attention, ce raisonnement se fonde sur un pari, celui que cinq ans d’opposition viendront à bout des velléités de la N-VA entraînant, ipso facto, le déclin de ce parti. Rien n’est moins sûr. La N-VA surfe, comme tous les partis de son acabit sur une vague de national-populisme qui risque de remporter 30% des voix aux élections européennes du 25 mai, partout en Europe. La droite extrême a le vent en poupe pour quelques années« Selon un nouveau sondage, VRT De Standaard, la N-VA décrocherait 32,2% au fédéral soit 4 points de mieux qu'aux élections de 2010.

Côté Parlement flamand, la N-VA est annoncée à 33%.

Le CD&V, de son côté, se tasse encore un peu, l'Open VLD et le sp.a redressent un peu la tête. Trois partis qui ensemble, côté fédéral, ne rassembleraient que 45,8% des voix. A noter aussi l'effondrement du Vlaams Belang, l'extrême-droite flamande qui tombe à 6,8%. »

La réaction de Bart De Wever ne s’est pas fait attendre « We maken in Vlaanderen 83 procent van de Belgische export; het zijn wij die de meeste rekeningen betalenHet lijkt me dan kras dat het oordeel van de Vlaamse kiezer aan de kant wordt geschoven."(…) "Het is duidelijk dat als de Franstaligen de kans krijgen een Di Rupo II te vormen zonder Vlaamse meerderheidze dat zwqzullen doen. Dat kan ik vanuit hun perspectief nog begrijpen. Maar dan zal het afhangen van de houding van de Vlaamse traditionele partijen als CD&V en Open Vld.

Autrement dit : la balle est dans le camp des Flamands (83% des exportations se font via la Flandre qui règle les factures) et tout dépendra de la volonté du VLD et du CD&V de monter dans un gouvernement fédéral (Di Rupo II) qui serait minoritaire en Flandre. «  Als de N-VA opnieuw uit een regering wordt wzgehouden’, is het dus de schuld van de Vlaamse partijen ».

 Un internaute commente : « Une chose est sûre: la mise au rancart - par principe - de la N-VA par tous les partis francophones creusera un peu plus le fossé communautaire, nous rapprochant plus vite d'une rupture future. Les partis francophones réunis viennent de déclarer que la Belgique bipolaire est ingérable. Cela ne peut qu'avancer la mise en place d'une confédération de facto. Les outils existent pour créer une Belgique à deux vitesses. Il manquait une poussée de fièvre, c'est fait. » Un autre : « Bizarre cette déclaration de guerre à la N-VA. Exorciser le premier parti de Flandre, qui est aussi le plus transparent sur ses intentions, revient à dire que les vieux partis doivent garder la main, quelques soient leurs contradictions entre eux. Le cordon sanitaire n'a plus fonctionné en France récemment, en sera-t-il de même en Belgique en mai? Aujourd'hui le MR dit in fine préférer le PS à la N-VA, pour faire simple. »

Une conclusion s’impose : nous sommes de facto dans une logique confédérale avec une Flandre indépendantiste et une Belgique résiduaire. Je ne suis pas persuadé que Wallobrux ait un quelconque avenir, les Bruxellois n’en voudront jamais. Nous allons donc vers une crise de régime qui nous vaudra une décennie d’instabilité et un appauvrissement de tous : Flamands et francophones. Nous entrons dans des turbulences dont on ignore où elles conduiront nos démocraties européennes.  La politique est partout largement discréditée ; le pouvoir on le sait est ailleurs : au niveau financier.

Le capitalisme dérégulé est venu à bout du communisme ; si on n’y prend garde, il viendra aussi à bout de l’Etat providence et qui sait peut-être même de la démocratie.

MG

 


LA N-VA N’EST PLUS MAÎTRE DU JEU

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef  Le Soir


C’est un coup énorme. Cela pourrait être le fait majeur de la campagne et l’élément qui va déterminer l’après-25 mai. Le « niet » de Didier Reynders à la N-VA complique formidablement la possibilité pour le parti nationaliste d’être dans un gouvernement fédéral ou bruxellois, quel que soit son score électoral.

Charles Michel avait déjà déclaré à quel point il était impensable pour lui de gouverner avec la N-VA, tant son programme était incompatible avec la philosophie du MR. Mais depuis des mois, le ver était dans le fruit libéral, avec l’ambiguïté de Didier Reynders quant à un possible futur avec De Wever. Le PS en faisait un argument de campagne – les fameux « mamours » de Didier à Bart –, mais il n’était pas seul à nourrir cette crainte, qui vivait en Flandre, singulièrement au CD&V, mais aussi à l’intérieur du MR.

Désormais, ce doute n’est plus possible. Et le MR réalise là deux coups magistraux. Un double coup tactique tout d’abord, en enlevant aux socialistes leur argument de « seul rempart » contre la N-VA, mais aussi à De Wever celui du « modèle N-VA vs modèle PS ». Dans son interview au « Soir », Reynders dénie en effet au leader nationaliste sa sincérité et son monopole libéral : « Les libéraux n’ont pas besoin de la N-VA pour faire des réformes socio-économiques. » Voilà une sortie qui évoque furieusement celle de Di Rupo en 2009 lorsqu’il avait déclaré à la RTBF que le PS n’entrerait dans aucun gouvernement avec le MR.

Le coup porte également sur le fond, car si Reynders et Michel font ce qu’ils disent, il n’y aura pas de possibilité pour la N-VA de former un gouvernement : aucun parti francophone ne répondra présent.

Beaucoup, au nord du pays, vont dénoncer un déni de démocratie. Plus de 30 % de la Flandre pourraient aller aux urnes en se disant que les francophones les empêchent de porter De Wever au pouvoir fédéral. Sauf qu’aujourd’hui, alors que les programmes sont connus, la N-VA n’a qu’à s’en prendre à elle-même. Quelle formation francophone peut accepter d’aller dans un gouvernement avec un parti qui veut détruire l’Etat fédéral et, comme le rappelle très justement Reynders, la réalité de Bruxelles ? Quel parti peut faire confiance à un président (et ses compagnons de route) qui ne dit jamais clairement qu’il renonce au séparatisme – noyé dans du socio-économique –, fait preuve de mépris et d’agressivité vis-à-vis des Bruxellois ou des Wallons ? Ce week-end, Kris Peeters lui-même ne disait pas autre chose.

Le « niet » de Reynders n’exclut pas la N-VA d’un gouvernement fédéral. Il l’oblige à n’y entrer qu’à la condition d’avoir conclu des compromis, renoncé au séparatisme et à la disparition de Bruxelles. A bon entendeur...

 

BART DE WEVER: "DE VLAAMSE KIEZER WORDT AFGEDREIGD"

Jill Casters – De Morgen Bron: VRT



© belga. Charles Michel en Bart De Wever.

Bart De Wever heeft in 'De Ochtend' op Radio 1 gereageerd op de uitspraak van MR-voorzitter Charles Michel, die geen regering wenst te vormen met de N-VA. "De Vlaamse kiezer wordt afgedreigd", reageerde De Wever. "'U mag stemmenvoor wie u wilwij doen toch verder met de PS.' Dat wordt gezegd in de hoopdat de kiezer het gewoon opgeeft en niet meer voor verandering stemt."


Men heeft gebruld tegen het federalisme en nu brult men tegen hetconfederalisme. Maar als de kiezer in Vlaanderen het wilkomt die veranderinger toch.

Bart De Wever


"We zijn een kleine familie, maar wel een groot gezin", zeiBart De Wever in 'DeOchtend'. "Mijn oproep aan de kiezer is dat hij de peilingen doet uitkomen wantanders staat het in de sterren geschreven wat er gaat gebeurenAl sinds 'LeuvenVlaamszeggenroepen en krijsen de Franstaligen 'neentegen verandering.Men heeft gebruld tegen het federalisme en nu brult men tegen hetconfederalisme. Maar de geschiedenis heeft geleerd dat die verandering er tochkomtals de Vlaamse kiezer dat wil."

MR IS LOGISCHE BONDGENOOT
Volgens De Wever steken de Franstalige liberalen hiermee de witte vlag uit voorde PS. Toch zou de MR op sociaal-economisch vlak volgens hem de meestlogische bondgenoot zijn"Maar Charles Michel neemt vandaag een tactischepositie in", klinkt het. "De vraag is of hij die positie op 26 mei kan aanhouden.Als de Vlaamse kiezer beslist dat hij een bestuur met de N-VA willijkt het mijraar dat een minderheid in dit land dat kan blokkerenWe maken in Vlaanderen83 procent van de Belgische export; het zijn wij die de meeste rekeningenbetalen. Het lijkt me dan kras dat het oordeel van de Vlaamse kiezer aan de kantwordt geschoven."

De Wever ziet in de uitspraken van Michel vooral een tactische zet om zichtegenover de PS te positionerenAan Franstalige kant lijken alle deuren voor de N-VA gesloten. "Het is duidelijk dat als de Franstaligen de kans krijgen een Di Rupo II te vormen zonder Vlaamse meerderheidze dat zullen doen. Dat kan ikvanuit hun perspectief nog begrijpen. Maar dan zal het afhangen van de houdingvan de Vlaamse traditionele partijen als CD&V en Open Vld."

DUIDELIJKE WENK
"Hopelijk krijgen zij van de kiezer de kans om de handen in elkaar te slaan met N-VA", aldus nog De Wever. "Waar ik me meer zorgen over maakis dat Kris Peeters en de CD&V duidelijk anti-N-VA-militanten geworden zijnTerwijl wijeigenlijk hetzelfde zeggen: we hebben het allebei over confederalisme en sparenin de plaats van belastenIn woorden geven ze ons gelijk, maar als het om DiRupo gaatspreken ze ons in daden tegen."

"Het is aan de Vlaamse kiezer om te beletten dat dat doorgaat en een duidelijkewenk te geven aan de traditionele partijen dat ze de handen in elkaar moetenslaan met de N-VA."

 

 

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