samedi 26 avril 2014

Siegfried Bracke: "On peut très bien être francophone et flamingant à la fois"


Simon Demeulemeester Vif

Source: Knack, De Standaard 

Dans un débat culturel organisé par le quotidien De Standaard entre Siegfried Bracke (N-VA) et Bert Anciaux (SP.A), Bracke a déclaré que la langue n’a rien à voir avec l’identité. "On peut être francophone et flamingant à la fois".



Siegfried Bracke © Belga

Siegfried Bracke s’est à nouveau fait remarquer en désavouant l'un des symboles typiques des nationalistes flamands. L’ancien journaliste de la VRT avait déjà traité le drapeau flamand de "chiffon" dans le magazine étudiant louvaniste Veto. Il avait aussi déclaré au Tijd que l’indépendance flamande "ne le faisait pas bander". Et il avait annoncé, sans en avoir discuté préalablement avec le parti, qu’il donnerait priorité au volet socio-économique.

CRITIQUÉ PAR LE MOUVEMENT FLAMAND

Le Mouvement flamand avait peu apprécié ces propos, tout comme il fustige la dernière déclaration de Bracke. Dans un débat l’opposant à Bert Anciaux (actuellement au sp.a mais ancien membre de laVolksunie), Bracke estime qu’assimiler la langue à "un élément intrinsèque de l’identité" est un anachronisme. "La langue n’a rien à voir avec l’identité. On peut très bien être francophone et flamingant en même temps".

Peter De Roover, président d’honneur du Mouvement flamand et candidat pour la N-VA, n’adhère pas aux propos de Bracke. Pour lui, la langue est "un élément important de l’identité". "Avec la N-VA, nous soulignons également l’importance d’une langue publique commune pour former une communauté avec lesdits nouveaux Flamands. La langue est un instrument politique".

Cependant, De Roover n’y voit pas de problème lié à la politique du parti: "Siegfried ne conteste pas l’importance de la langue comme élément fédérateur. C’est plutôt un désaccord philosophique. Maison peut dire effectivement que Siegfried ne se spécialise pas dans les propos qui font plaisir aux sympathisants flamands".

Pieter Bauwens, le rédacteur en chef du magazine flamingant en ligne Doorbraak, se montre plus virulent dans De Standaard : "Apparemment, Bracke veut désavouer nos symboles les uns après les autres. Je ne sais pas pourquoi". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SIEGFRIED LE DISSEDENT DE SERVICE

Un internaute commente : « Bien évidemment qu'on peut être francophone et flamingant à la fois ! Un exemple concret : Hendrik Vuye, enseigne en français à Namur, habite Beauvechain et figure sur les listes de la N-VA dans le Brabant flamand ! Qui dit mieux ? On peut toujours être tout et son contraire, sauf con et intelligent, c'est la seule exception à la règle. » « Il n'a pas tort. J'ai rencontré il y a quelque temps un Anversois francophone défendant toutes les thèses de la N-VA, en ce compris les salades sur le "Wallon paresseux et parasite ».

Siegfried Bracke, ancien journaliste vedette de la VRT est l’intellectuel de service de la N-VA, celui qu’on envoie débattre sur les terrains les plus difficiles. Il manie habilement le paradoxe et draine un public bien à lui du côté de la frange la moins radicale de l’électorat. Il semble cependant qu’il ait perdu pas mal de crédibilité au fil des mois.


LA N-VA STABLE AU-DESSUS DES 30%, SELON UN NOUVEAU SONDAGE

Le Vif

La N-VA est toujours pointée largement en tête et dépasse les trente pour cent pour l'ensemble des scrutins sauf pour les européennes, selon un sondage De Standaard VRT, publié vendredi soir. Le CD&V est le deuxième parti, mais au fédéral il reste sous la barre des 20%. Groen franchit la barre des 10% alors que le Vlaams Belangs'effondre, en-dessous des 7%.



© BELGA

La VRT et le Standaard ont sondé l'électeur flamand pour les trois scrutins. Il en ressort que 32,2% d'entre eux voteraient pour la N-VA au fédéral, soit 4% de plus qu'en 2010. Aux élections régionalesflamandes, la N-VA obtient 33,2% dans ce sondage. Il n'y a qu'aux européennes qu'elle reste en-deçà des 30% mais avec 27,3%, la progression est énorme par rapport à 2009 (9,88%).

Au CD&V, les résultats sont en dents de scie. Le parti obtient 16,4% aux fédérales, le pire résultat jamais obtenu dans un sondage et 1,2% de moins qu'en 2010. Aux élections régionales, le CD&V se retrouve en revanche au-dessus de la barre des 20%.

L'Open Vld obtient un résultat inverse. Il est crédité de 15,1% aux fédérales, le meilleur sondage jamais obtenu depuis les élections de 2010, mais seulement de 12,7% aux élections flamandes, soit 2,4% de moins qu'en 2009. Les libéraux flamands progressent bien aux européennes.

Le sp.a se porte bien. Il est au-dessus des 14% aux élections fédérales et flamandes. Son plus grand concurrent est Groen (10,5% aux fédérales et 9,1% aux élections flamandes). Le PvdA+ (PTB) se trouve juste en-dessous du seuil d'éligibilité de 5%, comme la Lijst Dedecker. Le Vlaams Belang se rapproche également de ce seuil. Il est crédité de 7%.

La secrétaire d'Etat aux Migrations Maggie De Block (Open Vld) est la personnalité la plus populaire, devant le ministre-président Kris Peeters et le président de la N-VA, Bart De Wever. 1.030 Flamands ont été sondés dans le cadre de cette enquête.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VERS UN ETAT N-VA

La Wallonie est souvent qualifiée d’Etat PS, comme on parlait autrefois d’Etat CVP pour qualifier la Flandre. La sécularisation a eu raison du « C » de CVP ou de CD&V au bénéfice de la Nieuwe Vlaamse Alliantie autrement dit la Volksunie new look. On parlera donc très bientôt de l’Etat N-VA.

On constatera la stabilité des résultats favorables au parti de Bart De Wever et surtout que le Belang« s’effondre ». Autrement dit, l’électorat de Dewinter se détache de lui pour voter utile, c’est à dire N-VA.  La surprise : le tabac que fait Maggie De Block. Les partis dits traditionnels ont tout intérêt à s’allier pour faire partout barrage à la N-VA et l’envoyer se déglinguer cinq ans dans l’opposition, stratégie de la dernière chance.

MG

 

 

 

 

 

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