samedi 31 mai 2014

"8 millions d'électeurs votent et à la fin c'est le PS qui gagne"


Eddy Eerdekens Le Vif

Source: Knack 

Une semaine après les élections, la presse flamande qualifie toujours la tâche de l’informateur Bart De Wever d’extrêmement difficile. Le PS complique encore le travail du président de la N-VA en commençant prématurément les négociations pour un gouvernement wallon.



Bart De Wever, Elio Di Rupo et Paul Magnette © Belga

Ce vendredi, le PS démarre des négociations pour former un gouvernement wallon et bruxellois. Le parti avait d’abord déclaré qu’il ne prendrait les premières initiatives que lundi. Le fait qu’il commence plus tôt indique qu’il désire également mettre la main sur le niveau fédéral. Les ténors du PS ont d’ores et déjà fait comprendre que les socialistes restent la plus grande famille du pays et qu’on ne peut l’ignorer, à aucun niveau.

DE MORGEN: "LE PS DAME LE PION À BART DE WEVER"

"Le PS dame le pion à Bart De Wever" écrit De Morgen. "Le PS marche sur les plates-bandes du président de la N-VA, Bart De Wever. Comme il a été désigné comme informateur, il voit se briser la logique confédérale pour former un gouvernement flamand le plus rapidement possible". "Le PS a toujours dit qu’il faut négocier à propos de tous les niveaux. Si les francophones peuvent former un front, il peut être utilisé comme levier au niveau fédéral".

HET LAATSTE NIEUWS: "8 MILLIONS D’ÉLECTEURS VOTENT ET À LA FIN C’EST LE PS QUI GAGNE"

Jan Seghers du journal Het Laatste Nieuws rappelle une déclaration de GaryLineker: "Le football est un jeu simple ; 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent". Selon Seghers, on peut également appliquer cette boutade à la politique belge. "8 millions d’électeurs votent et à la fin c’est le PS qui gagne".

"Après le Vlaams Belang, le PS est le plus grand perdant du 25 mai, ce qui n’empêche pas Di Rupo, Magnette et Onkelinx de tout faire depuis le 26 mai pour mettre en œuvre des coalitions avec le cdH et le MR à tous les niveaux, y compris le fédéral. Ce qui les sépare est moins important que ce qui les relie : leur aversion de la N-VA".

DE STANDAARD: "UN GOUVERNEMENT AUTOUR DU CD&V ET DU MR AVEC WOUTER BEKE COMME PREMIER MINISTRE"

"L’informateur Bart De Wever s’est attelé à une tâche sans issue" estime BartSturtewagen dans le journal De Standaard. "Sa tentative de centre droit n’avance pas d’un mètre". Sturtewagen prévoit plutôt un gouvernement autour de l’axe CD&V et MR évoqué par les présidents de ces partis dans son journal en janvier. Curieusement, plus personne n’en a parlé, ni pendant la campagne, ni après les élections.

D’après Sturtewagen, cela pourrait être une solution à laquelle les libéraux flamands pourraient adhérer. Dans ce scénario, Beke devient premier ministre et la N-VA peut prendre la direction du gouvernement flamand.

HET BELANG VAN LIMBURG: "IL SEMBLE QUE DI RUPO POURRA PLUS FACILEMENT ÉRIGER UN BLOC FRANCOPHONE CONTRE DE WEVER QUE L’INVERSE"

"Petit à petit, il devient clair que quoi qu’il en soit, le public d’une communauté ou d’une autre sera ignoré" écrit Indra Dewitte dans Het Belang van Limburg. "Car alors que la Flandre s’est prononcée pour une politique de centre droit, nos voisins du sud ont choisi un cap de gauche. La question se pose donc : est-il possible de contenter à la fois l’électeur wallon et flamand".

"En ce moment, il semble que Di Rupo pourra plus facilement ériger un bloc francophone contre De Wever que l’inverse. Si c’est le cas, l’été sera chaud".

GAZET VAN ANTWERPEN: "SI LE MR CONCLUT UNE COALITION AVEC LE PS POUR LE GOUVERNEMENT WALLON, LES PERSPECTIVES DE BART DE WEVER SERONT PARTICULIÈREMENT MAUVAISES".

Dans le Gazet van Antwerpen, Paul Geudens se demande comment le MR réagira à l’initiative du PS de former les gouvernements bruxellois et wallon. "Si les libéraux francophones concluent une coalition avec le PS pour le gouvernement wallon, les perspectives de Bart De Wever seront particulièrement mauvaises".

"En principe, des gouvernements symétriques ne sont pas nécessaires et la N-VA, le CD&V et l’Open VLD pourraient s’allier du côté flamand, mais c'est très peu probable".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE COUPLE DI RUPO-MAGNETTE JOUE AVEC LE FEU



Nous l’avons écrit d’emblée : tout porte à penser que le PS va s’imposer en Wallonie, à Bruxelles et par conséquent aussi au fédéral en y mettant la N-VA hors-jeu et sans doute aussi en Flandre.

Il vont gagner à l’usure, ils le savent et le million ou plus d’électeurs qui ont voté pour la N-VA, c’est-à-dire contre la dynamique papillon le sentent et parlent de « politieke spelletjes » et nous préparent une fronde sourde qui risque d’être brutale.

Il ne s’agit pas de sauver le soldat De Wever qui a plus d’un tour dans son sac mais que tout ce stress fragilise, il s’agit de tenir compte de la colère de ces Flamands qui risquent de faire entendre leur voix par d’autres moyens que par le bulletin de vote. Le cynisme et le sarcasme du couple Di Rupo -Magnette génère en Flandre un climat de sourde hostilité. Pour s’en rendre compte il suffit de mesurer le ton hostile des lettres de lecteurs que résume assez bien celle de Ben Dreesen envoyée au Gazet van Antwerpen ''Dit land is een democratische schande in het hart van Europa. Ik ben benieuwd hoe CDV en VLD reageren want eigenlijk staat hun programma haaks op dat van de PS. Keer op keer beloven die partijen een rechts beleid en nooit is het er van gekomenDat is de reden dat ze nog maar een schim zijn van de partijen die ze voeger warenAls NVA wordt uitgesloten vind ik dat dit land moet splitsenHet is nu wel welletjes geweest. Men maakt zich druk over de democratie in China maar men zou zich beter eens bezig houden met dit ondemocratisch land.''

« Alors que la Flandre s’est prononcée pour une politique de centre droit, nos voisins du sud ont choisi un cap de gauche. La question se pose donc : est-il possible de contenter à la fois l’électeur wallon et flamand ».

"En ce moment, il semble que Di Rupo pourra plus facilement ériger un bloc francophone contre De Wever que l’inverse. Si c’est le cas, l’été sera chaud".

Soyons de bons comptes : De Wever a gagné les élections, Di Rupo va gagner les négociations-le fameux deuxième tour- et le peuple y perdra une fois de plus son latin ce qui est de nature à gonfler demain le parti des mécontents flamands et renforcer le camp de l’antipolitique, comme en France.

Quel que soit le chemin emprunté, ce qui est sûr c’est que nous allons droit au confédéralisme et au divorce belge qu’annonçait déjà Lucien Outers il y a près de cinquante ans.

MG


LA VOIX D'UN NÉERLANDOPHONE VAUT-ELLE VRAIMENT MOINS QUE CELLE D'UN FRANCOPHONE?

O.EGGERMONT LA LIBRE


 

Ce jeudi, le Vlaamse Volksbeweging (VVB) a entrepris une action devant le Parlement fédéral pour se plaindre du système de vote en vigueur en Belgique. Le président de l'association flamande proche de la N-VA déclarait jeudi à ''Het Laatste Nieuws'': ''Chaque personne a le droit à ce que sa voix ait le même poids que les autres. Mais ce n'est pas le cas en Belgique. Un rapide coup d'oeil aux résultats de ces jeunes élections me montrent que chaque voix n'a pas le même poids. Ainsi, la Flandre a délivré 63% des votes et a droit à seulement 57% des sièges à la Chambre''.

Cette disproportion, bien réelle, du poids du vote d'un côté à l'autre de la frontière linguistique peut interpeller si les chiffres sont pris de manière brute. Seulement, la situation est plus complexe que cela. ''Quand on regarde les résultats électoraux et quand on calcule le nombre de voix qui correspondent à un siège, on voit effectivement que pour la plupart des partis francophones, les sièges pour ces partis correspondent à moins de voix que pour les partis néerlandophones'' nous explique Dave Sinardet, professeur de sciences politiques à la VUB. Selon lui, cette asymétrie dans le poids des voix peut être expliqué, notamment par quatre éléments.

1. LE MODE DE CALCUL DU NOMBRE DE SIÈGE SE FAIT PAR HABITANTS.

''Quand on calcule le nombre de siège qu'il y aura dans la Chambre par circonscription, on ne se base pas sur le nombre d'électeurs dans celle-ci mais sur le nombre d'habitants'' continue M. Sinardet''Le problème c'est que notamment à Bruxelles, en Hainaut et à Liège, il y a un pourcentage beaucoup plus important d'habitants qui ne sont pas enregistrés pour voter, surtout parce qu'il y a plus de jeunes ainsi que d'étrangers non-naturalisés. Donc la différence entre la population et le nombre d'électeurs est plus grande dans les provinces wallonnes que dans les provinces flamandes. S'il y avait une évolution démographique et qu'il y avait soudainement plus de jeunes et d'étrangers en Flandre, alors ce seraient les sièges flamands qui deviendraient moins chers. D'ailleurs, au début du vingtième siècle la situation était effectivement inversée.''

2. IL Y A PLUS DE VOTE BLANC ET NON VALIDE EN WALLONIE

''Le nombre de gens qui votent blanc ou nul et surtout le nombre d'abstentionnistes est aussi plus grand en Wallonie qu'en Flandre'' pour le politologue. ''Ce sont à nouveau surtout Bruxelles, Liège etle Hainaut qui se démarquent. Ce qui est un élément supplémentaire qui contribue à avoir moins d'électeurs effectifs et, donc qu'un siège coûte moins d'électeurs''

3. IL Y A PLUS DE PETITS PARTIS EN WALLONIE

''En Wallonie, il y a plus de petits partis qui se présentent'' déclare Dave Sinardet''Ces petits partis ont un petit nombre de voix mais ces voix ne se traduisent pas en sièges s'ils n'arrivent pas à franchir le seuil électoral pour obtenir un siège. Ces voix, ce sont des voix perdues vu qu'elles ne sont pas comptabilisées en sièges. Donc, les sièges des partis qui en décrochent deviennent à nouveau moins chers. En Flandre, il y a d'ailleurs plus de partis qui obtiennent des sièges et donc moins de votes perdus.''

4. LA WALLONIE A DES CIRCONSCRIPTIONS PLUS PETITES

''Notamment celle du Luxembourg avec quatre sièges et Namur ou le Brabant wallon'' confirme M.Sinardet''Ce qui veut dire à nouveau qu'il y a un bon nombre de voix qui se perdent vu que le seuil électoral est beaucoup plus haut dans ces circonscriptions plus petites. Ce qui a pour conséquence que ces sièges pour les partis deviennent moins chers. Si le seuil électoral pour avoir un siège est autour des 15% comme pour le Luxembourg, toutes les voix qui vont vers des partis en-dessous de ce seuil se perdent.''

Les solutions à envisager sont alors nombreuses pour tenter de contrer cette incohérence électorale. Pour ce faire, il faudrait distribuer les sièges sur base du nombre d'électeurs, comptabiliser les votes blancs et nuls en leur attribuant des sièges ou encore augmenter la répression pour les abstentionnistes. Un changement des circonscriptions wallonnes avec une fusion entre certaines circonscriptions pourrait aussi être envisagé. Mais Dave Sinardet insiste sur un point trop peu souvent mis en avant par les mouvements nationalistes flamands: ''Ce système n'est pas, comme certains peuvent le croire, un système fait pour protéger les francophones, c'est simplement la conséquence d'éléments mis en place depuis longtemps et pas dans le but de favoriser les francophones. D'ailleurs, dans le passé ils ont déjà été dans l'intérêt des partis flamands.''

L'AMNÉSIE DES NATIONALISTES POUR BRUXELLES

Si la situation en Flandre donne du grain à moudre aux nationalistes, ils n'évoquent par contre jamais celle de Bruxelles. Dans la capitale, le collège néerlandophone a une représentation garantie de 17 parlementaires sur 89, bien plus que la proportion de néerlandophones à Bruxelles. Par là, la voix d'un électeur du collège néerlandophone pèse donc plus que celle de ses homologues francophones dans le choix des parlementaires. D'ailleurs, pour ces élections, un certain nombre de francophones ou de gens qui ne se reconnaissent pas dans la division linguistique ont fait le choix de voter pour des partis néerlandophones, ce qui n'est pas pour déplaire à Dave Sinardet''C'est une bonne évolution car comme ça, les électeurs montrent que le système où l'on doit choisir entre listes néerlandophones et francophones est absurde et plus en phase avec la réalité bruxelloise mixte, en fait en chargeant un peu, on peut appeler cela de l'apartheid électoral. En plus, au moins les néerlandophones qui sont élus ont une légitimité plus grande'' nous déclare-t-il. ''Quand on examine le top 10 des personnalités bruxelloises, on voit que Guy Vanhengel est à la neuvième place et ce n'est probablement pas seulement grâce à des voix purement néerlandophones.''

Pour lui, cette amnésie flamande lorsqu'on en vient à évoquer le cas de Bruxelles n'est pasétonnante:''C'est toujours comme ça, du côté nationaliste flamand on se plaint toujours des ''protections'' des francophones au niveau fédéral et on parle moins de celle des néerlandophones à Bruxelles. Inversement aussi, le FDF se plaint souvent de la protection à Bruxelles mais oublie que la parité au gouvernement fédéral, la procédure de sonnette d'alarme et la double majorité sont le miroir des protections bruxelloises des néerlandophones même si ces dernières vont un peu plus loin vu la représentation garantie des néerlandophones au parlement bruxellois.''

 

 

 

 

 

 

vendredi 30 mai 2014

Egypte: victoire écrasante sans surprise du maréchal Sissi



Des partisans du maréchal al-Sissi fêtent sa victoire à l'élection présidentielle égyptienne, le 28 mai 2014 au CaireAFP

L'ex-chef de l'armée et homme fort de l'Egypte, Abdel Fattah al-Sissi, était assuré jeudi d'obtenir une victoire écrasante à la présidentielle, avec 96,2% des suffrages dans près de 90% des bureaux de vote, selon la télévision d'Etat, un plébiscite sans surprise après qu'il eut éliminé toute opposition.

Le maréchal à la retraite Sissi dirige de facto le gouvernement intérimaire qu'il a mis en place il y a 11 mois juste après avoir destitué et fait emprisonner l'islamiste Mohamed Morsi, le premier président élu démocratiquement dans le plus peuplé des pays arabes.

Et il jouit d'un véritable culte de la personnalité depuis que ce gouvernement réprime dans le sang chaque manifestation des partisans de M. Morsi.

Son unique adversaire, le leader de la gauche Hamdeen Sabbahi, n'a recueilli que 3,8% des votes valides, selon ces chiffres non officiels mais collectés par les médias gouvernementaux dans 88,6% des bureaux de vote.



© AFP

Des partisans du maréchal al-Sissi fêtent sa victoire à l'élection présidentielle, le 28 mai 2014

La participation, dont le chiffre n'a pas encore été livré, est la seule inconnue et le seul enjeu de ce scrutin joué d'avance, M. Sissi ayant répété jusqu'à l'obsession des mois durant qu'il ne souhaitait prendre la tête de l'Egypte que s'il était assuré d'un adoubement populaire massif.


Il a dit au cours de sa campagne espérer recueillir les voix d'au moins 45 millions des près de 54 millions d'électeurs, ce qui paraît toutefois une gageure. Sa hantise est d'être élu avec une participation inférieure à celle du scrutin de juin 2012 qui avait propulsé le Frère musulmanMorsi à la magistrature suprême: 51,85%.

- UNE 'FARCE' -

Or, mardi soir, la commission électorale nommée par le gouvernement avait décidé à la surprise générale de prolonger de 24 heures le scrutin prévu initialement sur deux jours, s'inquiétant d'un taux de participation de seulement 37%. Invoquant la "chaleur" qui aurait dissuadé nombre d'électeurs de se rendre aux urnes, elle a déclenché les critiques et les sarcasmes des organisations de défense des droits de l'Homme, dénonçant une "farce" après avoir souligné l'absence de toute opposition, dont les représentants sont interdits, tués ou emprisonnés depuis la destitution de M. Morsi le 3 juillet 2013.




© AFP

Des partisans d'Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a chassé les islamistes du pouvoir, célèbrent sa victoire à la présidentielle au Caire le 28 mai 2014

Un membre de la commission a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi au journal gouvernemental Al-Ahram que plus de 25 millions d'électeurs "approximativement" s'étaient rendus aux urnes sur un peu moins de 54 millions d'inscrits, et que ce chiffre était susceptible d'augmenter, donc pas loin des 50%.

"Personne hors d'Egypte ou en Occident n'a jamais cru qu'il s'agissait d'une élection libre et juste", a estimé jeudi Shadi Hamid, chercheur au Saban Center américain.

Et les Frères musulmans, qui avaient appelé au boycott du scrutin, ont eu beau jeu d'évoquer mardi soir, en parlant des 37% de participation, une "gifle" donnée au pouvoir et un "certificat de décès du coup d'Etat" du 3 juillet.

Pour le politologue Gamal Abdel Gawad, M. Sissi n'avait "pas besoin de placer la barre de la participation si haut, car quand le résultat d'un scrutin ne fait aucun doute, il n'y a pas grand-chose à faire pour inciter les gens à se déplacer pour voter".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FIN DU PREINTEMPS ARABE DEBUT DE PERMAFROST EGYPTIEN


Ils ont chassé Moubarak, adoubé Morsi avant de la lapider et de plébisciter le maréchal Sissi.

C’est comme les trains: un totalitarisme, comme un convoi, peut en cacher un autre, un qu’on voit pas comme dirait l’autre.  

Et quand on jouit d’un régime démocratique et républicain, comme en France, on se jette dans les bras du totalitarisme Bleu Marine.

C’est à désespérer de la nature humaine. Les Français sont des veaux, les Egyptiens des moutons de panurge.

La démocratie est un exercice suprêmement difficile, la démocratie à la belge un casse-tête chinois.

MG

 

 

 

Le Roi reçoit "seul" les présidents de partis


Olivier Rogeau Le Vif

Chef de cabinet du roi, Frans Van Daele épaule Philippe dans son rôle de « facilitateur ». Direct et ambitieux, l’ex-diplomate étiqueté CD&V a permis à Philippe de réaliser jusqu’ici un parcours sans faute.



Frans Van Daele, Chef de cabinet du roi. © Belga Image

Le Palais a tenu à le faire savoir, sans pour autant publier de communiqué officiel : le Roi, qui a entamé promptement ses consultations politiques au lendemain du verdict des urnes, reçoit « seul » les présidents de partis.

Une façon de laisser entendre que Philippe s’est bien préparé à l’après-élections ? Qu’il n’a pas besoin d’un chaperon au moment d’assumer, pour la première fois, sa tâche de « facilitateur » ? Un politique répond : « Le chef de l’Etat ne fait que respecter la tradition du colloque singulier. Une tradition d’ailleurs quelque peu malmenée quand on voit les socialistes Elio Di Rupo et Paul Magnette débarquer en tandem chez le souverain ! »

Un proche du Palais prévient : « Certes, Philippe reçoit seul le monde politique. Mais soyons clairs : son chef de cabinet, Frans Van Daele, n’est pas loin. Il est derrière la porte ou dans le bureau d’à côté. Il n’est pas intellectuellement absent. » Le Roi semble néanmoins vouloir faire passer l’idée que les temps ont changé : il consulte au Palais deBruxelles, alors que son père recevait à Laeken. Il reçoit en tête-à-tête, alors que « le chef de cabinet d’Albert II, Jacques van Ypersele, était parfois présent lors des entretiens politiques du Roi », souligne-t-on au service de presse du Palais. C’était le cas, notamment, au cours des 541 jours de crise de 2010-2011 : à l’époque, il est arrivé qu’un négociateur demande la présence de van Yp’, le « vice-roi ».

Comme van Ypersele, Van Daele cultive la discrétion, voire le culte du secret. « Comment pourrait-il en être autrement, s’exclame un parlementaire : il a passé près de quatre décennies dans la diplomatie, puis s’est retrouvé au palais royal. Ce ne sont pas précisément des lieux de transparence ! » Très direct, Van Daele est souvent comparé à Jean-Luc Dehaene. « Ces deux poids lourds du CD&V se ressemblent, admet notre source, même si le diplomate est moins rugueux que l’ancien Premier ministre. En situation de crise, tous deux ont été de redoutables ‘‘démineurs’’. » Quand la Belgique a fâché les Etats-Unis pour cause de manque de soutien à la « guerre contre le terrorisme » après le 11-Septembre, c’est Van Daele qui a été chargé d’apaiser les tensions avec Washington. Quand l’Europe a tancé l’élève belge pour son mauvais bulletin budgétaire, c’est encore le diplomate et son réseau qui ont été appelés à la rescousse.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEHAENE VICE ROI ?


En somme le roi Philippe serait comme la poupée dans les mains du ventriloque Van Daele, ce clone de Dehaene, un super diplomate de signature CD&V. Comme c’est singulier et , somme toute, peu démocratique. On reproche à raison au PS de tricher en envoyant un binôme au colloque singulier. Tout ceci a quelque chose de grotesque même si les scénarios sont parfaitement huilés et que cela donne l’apparence d’une cohérence.  Tout  se passe comme si le CD&V était juge et parti, ce qui dans le cas de figure qui nous occupe-un CD&V incontournable autour duquel tout tourne- est insupportable. On ne s’étonnera pas que la N-VA ne tardera pas à dénoncer cetteidiosyncrasie, pour employer un euphémisme. Décidément ce deuxième tour d’élection « à la belge » est un tour manège, certains diront même un tour de dupes.

MG

 

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La Russie appelle les Occidentaux à empêcher une «catastrophe» en Ukraine


La Russie appelle les Occidentaux à faire pression sur les autorités ukrainiennes pour arrêter l’escalade de la violence et le glissement du pays vers une «  catastrophe nationale  », a déclaré jeudi le ministère russe des Affaires étrangères.

«  L’opération armée que mènent les autorités ukrainiennes continue de faire des victimes  », a déclaré le ministère russe dans un communiqué, appelant Kiev à faire cesser la «  guerre fratricide  » avec les insurgés prorusses des régions de l’est du pays. «  Nous appelons de nouveau nos partenaires occidentaux à user de leur influence sur Kiev pour empêcher l’Ukraine de glisser vers une catastrophe nationale  », a-t-il ajouté.

La diplomatie russe a diffusé ce communiqué alors que se poursuit l’escalade de violence dans l’est de l’Ukraine, avec 12 militaires tués jeudi lorsque leur hélicoptère a été abattu par des insurgés séparatistes à Slaviansk. Des combats, et l’intervention de l’aviation lundi autour de l’aéroport de Donetsk, avaient fait une quarantaine de morts, essentiellement séparatistes.

La Russie appelle les Occidentaux à faire pression sur les autorités ukrainiennes pour arrêter l’escalade de la violence et le glissement du pays vers une «  catastrophe nationale », a déclaré jeudi le ministère russe des Affaires étrangères.

«  L’opération armée que mènent les autorités ukrainiennes continue de faire des victimes  », a déclaré le ministère russe dans un communiqué, appelant Kiev à faire cesser la «  guerre fratricide  » avec les insurgés prorusses des régions de l’est du pays. «  Nous appelons de nouveau nos partenaires occidentaux à user de leur influence sur Kiev pour empêcher l’Ukraine de glisser vers une catastrophe nationale  », a-t-il ajouté.

La diplomatie russe a diffusé ce communiqué alors que se poursuit l’escalade de violence dans l’est de l’Ukraine, avec 12 militaires tués jeudi lorsque leur hélicoptère a été abattu par des insurgés séparatistes à Slaviansk. Des combats, et l’intervention de l’aviation lundi autour de l’aéroport de Donetsk, avaient fait une quarantaine de morts, essentiellement séparatistes.

 

UKRAINE: LES SÉPARATISTES ABATTENT UN HÉLICOPTÈRE DE L’ARMÉE, 14 SOLDATS TUÉS

Afp


© MAXIM ZMEYEV/Reuters

Les séparatistes de l’est de l’Ukraine ont abattu un hélicoptère de l’armée ukrainienne près de leur fief de Slaviansk, tuant 14 soldats, a annoncé jeudi le président par intérim Olexandre Tourtchinov.

«  Je viens d’être informé que les terroristes ont abattu, près de Slaviansk, un hélicoptère qui transportait des militaires pour assurer la relève, à l’aide d’un lance-missile sol-air portatif russe  », a déclaré M. Tourtchinov devant le Parlement. «  14 soldats sont morts, dont le général (VolodymyrKoultchitski  », a-t-il ajouté.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS OU EST DONC PASSEE L’OSCE ?

Les 4 observateurs de l'OSCE disparus en Ukraine ont été « interpellés » pour ne pas dire mis aux arrêts.

« Nous allons mettre au clair qui ils sont, où ils allaient et pourquoi, et nous les relâcherons", a déclaré  le "maire" de Slaviansk, bastion pro-russe de l'est du pays.



Le maire autoproclamé de Slaviansk, bastion pro-russe de l'Est de l'Ukraine, le 21 avril dernier. (AFP) 


« Nous leur avions dit de ne pas se déplacer pendant quelque temps, mais il y aeu ces quatre délégués téméraires qui selon l'agence russe, pourraient en fait se livrer à une mission de renseignement. » C’est insensé comme accusation et franchement insultant pour ces messieurs. 

L'OSCE basée à Vienne a annoncé mardi qu'elle avait perdu le contact avec une équipe de quatre observateurs - un Danois, un Estonien, un Turc et un Suisse - qui auraient été arrêtés dans la soirée de lundi par des séparatistes pro-russes à un point de contrôle.

Sont-ils les seuls agents sur le territoire ukrainien, quel est exactement la nature de leur mission ?l’opinion publique n’en sait rien.

Le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Suisse Didier Burkhalter, a demandé mercredi leur "libération immédiate et sans condition", qualifiant leur détention présumée d'"acte de sabotage des efforts internationaux pour aider L’Ukraine à surmonter la crise".

Ce président semble inouï de passivité et d’inefficacité et chacun de trouver la chose normale et de ne point qu’inquiéter quand c’est lui qui détient la seule clef diplomatique qui ouvre sur la réussite du processus de paix.

Comment empêcher en effet que cette guerre civile ne déborde et n’enflamme tout l’est européen. Il n’en faut pas beaucoup plus pour déclencher une troisième guerre civile européenne. Le président de l'OSCE avait  indiqué, lundi 3 mars, sa volonté d'envoyer une mission en Ukraine pour enquêter sur les incidents ayant eu lieu dans le pays.  La chancelière allemande Angela Merkel a demandé de son côté "d'établir une mission d'enquête ainsi qu'un groupe de contact, éventuellement sous la direction de l'OSCE, pour entamer un dialogue politique" sur l'Ukraine - proposition approuvée par la Russie - ; les ambassadeurs des pays-membres de l'OSCE se retrouvèrent lors d'une séance exceptionnelle à Vienne pour préciser le contenu des deux "missions" de l'organisme : l'une d'observation, déjà en cours d'organisation, et l'autre de médiation, qui n'a pas encore été définie, ce qui nous semble carrément ahurissant.

J’ai beau scanner la presse allemande je n’arrive pas à mesurer les raisons de ce flou diplomatique extrêmement préoccupant.

MG

 

POURQUOI CONFIER CETTE MISSION À L'OSCE ?

PARCE QUE C'EST UNE ORGANISATION NON MILITAIRE

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu'il n'était "pas trop tard" pour trouver une solution politique à la crise en Ukraine, et qu'il n'y avait "pas d'option militaire". L'OSCE fait figure d'organisme le plus adapté pour ce genre d'intervention pacifique. Sa fonction n'est pas militaire, à l'inverse de l'Otan. L'organisme est au contraire spécialisé en médiation politique. L'apaisement des conflits est sa principale mission et ses champs d'intervention sont les questions politico-militaires, économiques et environnementales, humaines (droits de l'homme, droits des minorités, liberté de la presse...).

PARCE QU'ELLE A PRÉCISÉMENT ÉTÉ CRÉÉE POUR RAPPROCHER L'EST ET L'OUEST

Née au début des années 70, en période de détente, l'OSCE, anciennement CSCE (Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe), veut servir d'instance multilatérale de dialogue et de négociations entre l'Est et l'Ouest. C'est à l'organisation que l'on doit l'accord sur l'Acte final d'Helsinki, tentative d'amélioration des relations entre le bloc communiste et l'Occident, signé le 1er août 1975 par les Etats-Unis, l'Union soviétique, et 33 autres pays (majoritairement Européens). Post-guerre froide, la CSCE se réinvente avec de nouvelles institutions et des capacités opérationnelles permanentes. En 1994, changement de nom. La CSCE prend plus d'importance qu'une simple conférence et devient l'OSCE. 

A la différence de l'Otan, l'OSCE compte parmi ses signataires la Russie. Atout fondamental, selon la responsable de la communication, Natacha Rajakovic : 

Nous essayons toujours d'insister sur l'importance d'un dialogue inclusif, que ce soit en temps de crise ou pas.  Nous n'avons pas de moyens coercitifs, nous ne 'punissons' pas les pays en difficulté, mais nous essayons de faire en sorte que tout le monde se parle et trouve des moyens de coopérer."  

Le porte-parole d'Angela Merkel a souligné l'absence d'évaluation objective de la situation en Crimée.

PARCE QU'ELLE EST UNE GARANTIE D'OBJECTIVITÉ

Grâce aux observateurs de l'OSCE, la situation pourrait être analysée et ainsi mieux abordée. Il explique :  

Il y a beaucoup de rumeurs qui nous parviennent de Crimée mais ce qui nous manque, c'est une évaluation objective de la situation dans la péninsule."

L'OSCE n'en est pas à son coup d'essai. Depuis les années 90, elle a tenté de désamorcer plusieurs situations de crise, avec plus ou moins de succès. Alors que les conflits sécessionnistes font rage entre la Russie et des pays issus de l'éclatement de l'Union soviétique, l'Azebaïdjan, la Gérogie et la Moldavie, l'OSCE tente de faire tampon et d'apaiser les conflits en restaurant le dialogue. En août 2008,  un conflit ouvert éclate entre la Russie et la Géorgie. Grâce à la présidence Française de l'Union européenne (PFUE) et à la présidence en exercice finlandaise de l'OSCE, un accord de cessez-le-feu en six points est signé quelques jours plus tard. 

Là non plus, l'OSCE ne sera pas seule sur le terrain. Son président a demandé qu'un groupe de contact et de coordination, sur le terrain, soit crée pour les différentes organisations (ONU, OSCE, CE, OTAN). "Ce sera plus efficace. Il ne faut pas que chaque organisme mène sa barque de son côté", explique Natacha Rajakovic. Y aura-t-il donc une force unie sur place ? La chargée de communication de l'OSCE veut y croire : 

MÊME SI LA CRISE EST PARTICULIÈREMENT VIOLENTE, NOUS SOMMES FAMILIERS DE CE GENRE DE CONFLITS ET NOUS SAVONS LES RÉGLER. J'AI BON ESPOIR."

Barbara Krief - Le Nouvel Observateur

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PAS D’ACCORD

Plus le conflit s’enlise et moins Divercity croit en l’efficacité de l’OSCE dirigée par un président quasiment inexistant. Cela arrange Poutine et devrait exaspérer Merkel mais la chancelière reste de marbre. Comprenne qui voudra.

MG  

 

 

UKRAINE: 40 PERSONNES TUÉES DANS LES COMBATS À DONETSK

Vladimir Poutine a appelé à «l’arrêt immédiat de l’opération punitive de l’armée» en Ukraine.



Le président russe Vladimir Poutine a appelé mardi à «l’arrêt immédiat de l’opération punitive de l’armée» ukrainienne dans l’est du pays, en proie à d’intenses combats entre forces loyalistes et insurgés prorusses pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk. Quarante personnes, 38 combattants et deux civils, ont été tués lors des combats qui opposent depuis lundi l’armée ukrainienne aux insurgés prorusses pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk, dans l’Est séparatiste, a annoncé le maire de la ville.

Lors d’une conversation téléphonique avec le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi«Vladimir Poutine a souligné la nécessité d’arrêter immédiat l’opération punitive de l’armée dans les régions du Sud-Est et de mettre en oeuvre un dialogue pacifique entre Kiev et les représentants des régions» ukrainiennes, a indiqué le Kremlin dans un communiqué

 

 

Verhofstadt confronté à ses engagements


Béatrice Delvaux éditorialiste en chef (Le Soir)

La N-VA demande son intégration dans l’ADLE, soit le groupe libéral au Parlement européen. Cette nouvelle n’a en soi rien de surprenant. Ce qui par contre le serait grandement, est que ce groupe l’accepte. Notamment – et surtout vu de Belgique – parce qu’il est présidé par Guy Verhofstadt. A ce stade, les libéraux européens précisent simplement que rien n’est tranché et que la décision sera prise mi-juin. Des sources bien informées continuaient cependant mercredi et jeudi à affirmer que la chose était acquise.

Si cela devait être le cas, il y aurait de quoi dénaturer et délégitimer l’engagement européen de Guy Verhofstadt, tel qu’il l’a lui-même décrit et martelé depuis de nombreuses années, et de façon extrêmement visible durant sa récente campagne pour la présidence de la Commission européenne. Les visées séparatistes de la N-VA s’opposent en effet au fédéralisme prôné tel une bible par celui qui est devenu le gourou de l’intégration et de l’identité européennes.

Mais un autre point, quasiment plus fondamental, oppose ontologiquement le libéral humaniste à la N-VA : le nationalisme. Dans une interview de juillet 2012, Verhofstadt nous dévoilait ainsi de façon émouvante et forte, les motifs de sa conversion au combat pour l’humanisme et de sa lutte contre tout nationalisme : « Ce que les nationalistes essayent de faire, c’est de voir la nationalité par un angle ethnique, linguistique ou religieux. Mettre des catégories : nous et les autres. Ils ne voient l’humanité que par les yeux du groupe dans lequel ils vivent. (...) Etre flamand est un mauvais concept pour organiser la société, car l’identité est multiple. Moi, je me sens profondément européen. » Et d’ajouter : « Le Rwanda a été un déclic pour moi : ce n’est pas sur la notion de nation ou d’ethnie que vous allez créer une société pacifique. L’exemple est là. »

Que ce soit en Flandre ou dans la partie francophone du pays, l’ex-Premier ministre Open-VLD a toujours exprimé une critique virulente et définitive de la N-VA et de son leader Bart De Wever. Alors que certains lui faisaient remarquer que ses propos très crus étaient contre-productifs en Flandre, car ils renforçaient la victimisation du parti nationaliste, Verhofstadt avait répliqué qu’un homme politique était là pour dire sa vérité et qu’on n’arriverait pas à le faire taire, en l’intimidant. Ajoutons que dans la famille libérale, Karel De Gucht, l’autre Belge membre de ce groupe libéral, a écrit notamment un livre où plusieurs chapitres se faisaient définitivement assassins pour le nationalisme et ceux qui le prônent en Flandre.

Un dernier groupe d’individus s’estimeraient trahis si Verhofstadt acceptait cette entrée de la N-VA dans son groupe : les francophones qui ont voté en nombre pour lui lors de ce scrutin. Pensant de plus, comme nombre d’adeptes ailleurs dans le pays, que l’engagement de Verhofstadt et la construction de l’Europe telle qu’il leur avait vendu, étaient basés sur des principes non négociables, et non sur de l’opportunisme. A vérifier la semaine prochaine.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE

Nous laisserons décanter la dynamique des formations de majorité pour nous pencher sur des questions plus directement liées à l’interculturel, quoiqu’il n’y ait rien de plus interculturel que la problématique dite belgo-belge mais qui n’est rien d’autre qu’un positionnement francophones « versus » flamands. « Ce que les nationalistes essayent de faire, c’est de voir la nationalité par un angle ethnique, linguistique ou religieux. Mettre des catégories : nous et les autres. Ils ne voient l’humanité que par les yeux du groupe dans lequel ils vivent. (...) Etre flamand est un mauvais concept pour organiser la société, car l’identité est multiple. »

Cela c’est l’analyse de Verhofstadt et c’est aussi la nôtre. S’il devait accepter la N-VA dans le groupe parlementaire européen qu’il préside, dans le dessein de le gonfler, il serait de fait pris en flagrant délit de contradiction et perdrait ipso facto toute crédibilité auprès des 500.000 Belges qui lui ont accordé le 25 mai sa confiance.  

On aimerait qu’il se ressaisisse et vite,et que Gwendolyn Rutten et Charles Michel le rappellent à l’ordre.

MG

jeudi 29 mai 2014

La presse flamande particulièrement sceptique sur les chances de De Wever


Eddy Eerdekens, le vif ; Source: Knack 

Les quotidiens flamands sont particulièrement critiques sur les chances de réussite de l’informateur Bart De Wever. Les commentateurs constatent que du côté francophone il y a peu d'enthousiasme à l’idée de travailler avec la N-VA . "C’est la démocratie à la belge. Qu’un tiers de la population ait choisi un unique parti est secondaire".



Bart De Wever arrive au Sénat pour négocier avec les présidents de parti francophones © Belga

DE MORGEN: "SI DE WEVER DÉSIRE GOUVERNER, IL DEVRA METTRE BEAUCOUP D’EAU DANS SON VIN"

"Bart De Wever est le premier à mériter une chance de former un gouvernement flamand et fédéral", écrit Yves Desmet dans De Morgen. "Mais cela ne marchera pas comme sur des roulettes. Ce n’est pas parce que vous êtes le plus grand que vous pouvez aussi rassembler une majorité derrière vous".

"Si De Wever est le plus grand, il n’est pas incontournable et s’il veut gouverner il devra mettre beaucoup d’eau dans son vin. Au point que dans ses propres rangs on entend déjà qu’il a manqué "une chance historique". Si ces militants étaient ivres de joie dimanche soir, on comprend de plus en plus pourquoi leur Grand Leader avait déjà l’air particulièrement soucieux".

HET LAATSTE NIEUWS: "SI LES FRANCOPHONES SONT HONNÊTES ET RÉPÈTENT QU’ILS NE VEULENT PAS GOUVERNER AVEC LA N-VA, ILS NOUS FERONT ÉCONOMISER BEAUCOUP DE TEMPS PRÉCIEUX ET D’APPARENCES TROMPEUSES".

Jan Segers, journaliste du quotidien Het Laatste Nieuws, ne donne pas beaucoup de chances de réussir à Bart De Wever. Sa tâche ne doit pas durer plus de trois heures, le temps nécessaire de recevoir les présidents de parti francophones Paul Magnette (PS), Charles Michel (MR) et BenoitLutgen (cdH). "S’ils sont honnêtes avec eux-mêmes et avec l’informateur, ils répéteront cet après-midi qu’ils ne veulent pas gouverner avec la N-VA" écrit Seghers. "Cette honnêteté ferait économiser beaucoup de temps précieux et d’apparences trompeuses à Bart De Wever, au roi Philippe et par conséquent à nous". "Du côté francophone, la N-VA de Bart De Wever ne trouvera pas departenaires" met en garde Michel. "Mais comme personne ne veut donner l’impression de ne pas laisser de chance à l’autre, le spectacle durera encore un petit moment" déclare Segers.

HET BELANG VAN LIMBURG: "EST-ON EN ROUTE VERS UN BAC À SABLE DANS LEQUEL LE PRÉSIDENT DE LA N-VA JOUERA QUELQUE TEMPS AVANT D’ÊTRE ENVOYÉ DÉFINITIVEMENT AU LIT ?"

"Bart De Wever peut-il réussir sa mission? Ou est-on en route vers un bac à sable dans lequel il jouera quelque temps avant d’être envoyé définitivement au lit ?" se demande Eric Donckier dans HetBelang van Limburg. "Comment Bart De Wever peut-il tenir compte des autres partis sans désavouer son programme et mettre toutes ses cartes sur la table ? Sans appui du CD&V c’est une tâche pratiquement impossible à réaliser".

GAZET VAN ANTWERPEN: "C’EST LA DÉMOCRATIE À LA BELGE. QU’UN TIERS DE LA POPULATION AIT CHOISI UN CERTAIN PARTI, EST SECONDAIRE".

Paul Geuddens, journaliste au Gazet van Antwerpen, estime que les présidents de parti francophones préfèrent envoyer Bart De Wever dans l’opposition. "Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) a même laissé échapper que le but est de ‘faire faire quelques tours à De Wever comme informateur’ avant de mettre un membre du PS aux commandes. Traduit librement : nous ferons échouer De Wever"." C’est la démocratie à la belge. Qu’un tiers de la population ait choisi un certain parti est secondaire. Un détail de l’histoire politique dont il ne faut pas tenir compte."

DE STANDAARD: "LE BUT DE VOIR DE WEVER ÉCHOUER EST CLAIR COMME DE L’EAU DE ROCHE"

Dans le journal De Standaard Bart Sturtewagen constate que la balle a été mise très rapidement dans le camp de Bart De Wever. "Le but de voir De Wever échouer est clair comme de l’eau de roche. Mais cela ne doit pas être sa préoccupation majeure". Le PS prend un long week-end avant de commencer les discussions pour la Wallonie et Bruxelles. "Cette pause permet au PS de préparer une mauvaise surprise à De Wever. Il doit absolument tenter de former un gouvernement de centre droit. Il faut qu’il fasse une offre aux chrétiens-démocrates au nord et au sud du pays qu’ils ne peuvent refuser".

HET NIEUWSBLAD: "CONDAMNÉS LES UNS AUX AUTRES"

"Comment se passerait cet entretien d’information entre Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS)" se demande Liesbeth Van Impe dans le journal Het Nieuwsblad. "S’il s’agissait vraiment de respecter la volonté de l’électeur dans les deux parties du pays, ils seraient condamnés les uns aux autres. Mais aujourd’hui, une coalition entre la N-VA et le PS semble la moins probable. Pour l’idéologue De Wever c’est la énième preuve que nous vivons dans deux démocraties. Mais pour l’informateur De Wever c’est un problème de taille". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES CAROTTES SONT CUITES

C’est la règle du second tour à la belge, le tour des présidents, le tour de Machiavel où tous les coups sont permis.

Les éditorialistes flamands sont unanimes, les socialistes feront échouer De Wever. " C’est cela la particratie à la belge. « Qu’un tiers de la population ait choisi un certain parti est secondaire. Un détail de l’histoire politique dont il ne faut pas tenir compte."

Les carottes sont cuites, sauf évidemment si De Wever « devait faire une offre aux chrétiens-démocrates au nord et au sud du pays qu’ils ne peuvent refuser".

Mais laquelle ? Voyons, réfléchissons avec témérité…Revendication communautaire zéro, pas touche à l’index et une déclaration gouvernementale proposant des réformes de structure de caractère essentiellement socio-économique, plus une ouverture à la Sarko : Reynders premier ministre, Milquet aux affaires étrangères, Koen Geens aux finances et Kris Peeters ministre Président de Flandre ?Tout ça et peut être d’avantage : la promesse de ne pas toucher à la sécu. Ce serait faire en somme de la N-VA le contraire de ce qu’elle veut être : un parti traditionnel comme les autres. Difficile de faire avaler pareilles couleuvres à sa base lépéniste.

Mais pour éviter cela, le PS sera ouvert à toutes les compromissions avec le MR à Bruxelles et en région Wallonne. Les libéraux vont être au supplice de Tantale.

Bruxelles vaut bien une messe se dira sans doute Reynders et même un mandat de premier ministre surtout si c’est pour devenir le patron de la Région bruxelloise. Les enchères vont monter, monter…C’est cela aussi la particratie à la belge.

MG