mercredi 21 mai 2014

Bart De Wever: "le plan A est de former un gouvernement sans le PS"


BELGA La Libre




IL ACCUSE LE PS DE "NÉGATIONNISME ÉCONOMIQUE".

La président de la N-VA Bart De Wever ne se fait aucune illusion sur la perspective de lier de nouvelles avancées institutionnelles à la formation du prochain gouvernement. Pour lui, c'est le socio-économique qui prévaudra et il importera donc de chercher à constituer une majorité simple à la Chambre.

"Après le 25 mai, je ne serai pas en premier lieu à la recherche de plus de 76 sièges", a-t-il affirmé lundi matin au cours de l'émission "De Ochtend" (VRT-radio). "Le plan A est de former un gouvernement sans le PS", a dit le leader de la N-VA. Celui-ci a souligné que les 498 pages du programme du Parti Socialiste ne laissent apparaître nulle part les mots "finances publiques". Il a également accusé le PS, "parti avec lequel le meilleur compromis n'est pas suffisant", de "négationnisme économique".

Le souvenir de Jean-Luc Dehaene, l'ex-Premier ministre démocrate chrétien, décédé brutalement jeudi, évoque pour lui "le temps où l'on osait encore prendre des décisions", telles que "trois sauts d'index", et le "Plan global".

La distinction entre le socio-économique et le communautaire est très superficielle en Belgique, a-t-iljugé par ailleurs.

Pour lui, le blocage se situe entre deux tendances dominantes distinctes implantée l'une entre la Flandre et l'autre en Wallonie. "Même le MR nage dans un océan de gauche", a-t-il dit.

Bart De Wever a enfin indiqué qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat à la tête de la N-VA l'an prochain.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ÇA DÉCANTE MÉCHAMMENT



Nous le savons depuis plus de six ans, l’objectif de Bart De Wever c’est « Laat Vlaanderen niet verst(r)ikken »: débarrasser la Flandre du nœud papillon et éviter qu’elle ne s’étouffe et surtout faire disparaître le gouvernement du même nom.  A l’évidence, il n’a pas changé d’avis, même avec 60kilos en moins.

 

Que ne l’avons-nous pas écrit : De Wever c’est la philosophie et la stratégie des Tea Parties américaines accommodées à la sauce flamande. Il veut sortir de l’autoroute Belgique (aftrit Vlaanderenet sortir ainsi, pense-il de la crise (uitrit crisis).



Pour réussir son plan A il doit trouver des partenaires. En Flandre pas de problème, mais en Wallonie ? Le CDh a déjà dit non, par ricochet le MR a dit non également, du bout des lèvres, d’où blocage. Faire revenir le MR sur sa parole ? Possible et le CDh ? c’est moins certain et Ecolo ? Ecolo ne montera pas au fédéral sans Groen, De Wever n’en veut pas…

Bart peut rêver éveillé.  Donc cela risque de bloquer sérieusement et, qui sait, provoquer de nouvelles élections dans une dizaine de mois ou plus, ou carrément une crise de régime, ce qui serait pour De Wever le cas de figure idéal, celui qui conduit au divorce belge.




 

LE MR JAMAIS AVEC LA N-VA ?

 

SPÉCULER SUR CE QUI SE PASSERA APRÈS LES SCRUTINS DU 25 MAI NA RIEN DUN EXERCICE INUTILE. Au même titre que les sondages, et avec les mêmes réserves, cela permet d’anticiper sur une diversité de possibles et, en fonction, d’éventuellement ajuster sa stratégie de campagne… et ses réflexions d’électeur. Ainsi, la progression annoncée du PTB-GO a manifestement gauchi la campagne du PS et modifié l’idée qu’on peut se faire d’un vote utile à gauche. Et la diabolisation, assez confortable du côté francophone, de la N-VA, a abouti à la déclaration fracassante de Didier Reynders au nom du MR que jamais celui-ci ne s’allierait avec le parti de Bart De Wever. C’est ce point que je voudrais discuter ici [1].

ÉVIDEMMENT, CETTE DISCUSSION EST CONDITIONNÉE PAR UNE INCONNUE : la N-VA sera-t-elle oui ou non incontournable au niveau fédéral ? C’est une question politique plutôt que mathématique. Après le 25 mai, il sera peut-être toujours possible, comme aujourd’hui, de trouver une majorité parlementaire sans elle. Mais politiquement ? Le gouvernement Di Rupo est minoritaire du côté flamand, et cette minorisation a dopé la popularité de la N-VA en croisade contre le « modèle PS ». Si la N-VA remporte les élections, un gouvernement sans la N-VA sera encore beaucoup moins légitime que l’actuel devant l’opinion, même s’il est arithmétiquement possible. Seule une bonne tenue des partis traditionnels flamands, et donc un échec relatif de la N-VA contredisant la courbe des sondages, donnerait une chance à la reconduction de la formule actuelle. Bien sûr, cela n’a rien d’impossible. Mais je me place ici dans l’autre hypothèse : celle où la N-VA affirme son leadership électoral en Flandre. Elle aurait alors la main, au fédéral comme dans sa région.

DANS CETTE HYPOTHÈSE, LES PARTIS FLAMANDS DE LACTUELLE COALITION FÉDÉRALE AURONT DONC ÉTÉ DÉSAVOUÉS PAR LES ÉLECTEURS. Seront-ils disposés à recommencer l’expérience comme si de rien n’était ? La pression de l’opinion publique flamande, qui aura été ignorée, ne leur laissera alors aucun répit. Leur unité n’y résistera pas. D’autant plus qu’un ou deux de ces partis se retrouveront avec la N-VA dans le gouvernement flamand, et qu’entre celui-ci et le gouvernement fédéral, ce sera la guerre ouverte. Mais évidemment, si la N-VA ne veut pas, les autres partis devront bien s’y coller. Du point de vue du bon fonctionnement des institutions, un tel gouvernement de battus serait une catastrophe et ouvrirait la porte à un chaos institutionnel. La démonstration serait alors faite que la Belgique, ça ne peut plus fonctionner. CQFD.

ULTRANATIONALISTE ? NON : ULTRALIBÉRALE



Il faudra beaucoup de dénégations pour effacer l’évidence de ces convergences bleues

LA N-VA VEUT-ELLE CE CHAOS ? Ne nous trompons pas : la N-VA n’est pas un parti populiste comme il en existe un peu partout en Europe. Ces partis sont généralement anti-européens, tandis que la N-VA est européenne au carré. Logique : même si elle flatte l’égoïsme identitaire du « Flamand de base », ses véritables commanditaires se retrouvent dans les grandes organisations patronales flamandes, le Voka et l’Unizo. Celles-ci sont uniquement intéressées par le programme ultralibéral de la N-VA pour doper leur compétitivité dans une économie ouverte et elles comptent sur ce parti pour démanteler l’État social… fédéral, qu’il faut donc investir. C’est à partir du fédéral qu’on peut diminuer les « charges » sur le travail, alléger la fiscalité des entreprises, privatiser un cran plus loin les grands services publics ou toucher à l’indexation des salaires. Et ça doit pouvoir se faire en agissant en bon ordre, en plaçant ses hommes aux endroits stratégiques, car le chaos, ce n’est pas bon pour les affaires. C’est pourquoi je pense que le plan A de BDW, c’est de former un gouvernement fédéral sans le PS. D’ailleurs, comme disait encore Didier Reynders il n’y a pas si longtemps, un gouvernement fédéral sans le PS, ça vaut une réforme de l’État. Ce scénario fut ouvertement préconisé pendant l’été 2013 par Siegfried Bracke, de la N-VA, et Jean-Luc Crucke, du MR, avant de passer au second plan à cause des nécessités du racolage électoral.

SI LA N-VA SE MONTRE DISPOSÉÀ REMETTRE À PLUS TARD SES VELLÉITÉS CONFÉDÉRALISTES RADICALES (en reculant pour mieux sauter), le MR pourra crier victoire et son exclusive n’aurait plus de raison d’être, tant les programmes socio-économiques des deux formations sont proches. Évidemment,  le MR à lui tout seul n’assure pas une représentation suffisante du côté francophone. C’est l’autre inconnue : le corps électoral wallon et bruxellois penchera-t-il à gauche ou à droite (et, pour ma part, je ferai des additions) ? Mais, au moment de voter, les électeurs ne devront pas être dupes : l’engagement du MR répondra bien à l’adage popularisé naguère par Charles Pasqua : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

Henri Goldman (sur son excellent blog : Chronique généraliste de l’actualité politique, avec quelques accents : questions interculturelles, migrations, conflit israélo-palestinien, Bruxelles)



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA MESSE EST DITE  ET LE SERMON EST IRREFUTABLE

 

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