mercredi 28 mai 2014

Bart De Wever nommé informateur par le Roi


BELGA



Le roi Philippe a chargé mardi le président de la N-VA Bart De Wever d'une mission d'information, a annoncé le Palais dans un communiqué.

"Sa Majesté le Roi a reçu en audience ce midi au Palais de Bruxelles M. Bart De Wever, Président de la N-VA, et l'a chargé d'une mission d'information visant à examiner les conditions dans lesquelles un gouvernement peut être formé rapidement", selon les termes de ce communiqué. "M. De Wever a accepté cette mission. Il fera rapport au Roi sur l'avancement de sa mission le mardi 3 juin", est-il précisé.

Grand vainqueur des élections du 25 mai, Bart De Wever se retrouve dès lors à la manoeuvre au fédéral pour une mission d'exploration. Il se retrouve informateur alors qu'il a entamé dans le même temps une série de contacts visant à mettre sur pied un gouvernement flamand. Il a commencé à recevoir les présidents de parti flamands à cette fin, en débutant par le CD&V. Les chrétiens-démocrates ont indiqué dès lundi qu'à leurs yeux, il faudrait constituer simultanément les gouvernements fédéral et régionaux.

Premier parti francophone, le PS a annoncé une initiative prochaine en vue de la formation des majorités wallonne et bruxelloise. Rappelant la nécessité d'avancer de concert au fédéral et dans les Régions, les socialistes soulignaient lundi le rôle du roi à la manoeuvre au lendemain des élections.

DE WEVER REPREND SES ENTRETIENS AVEC LES PRÉSIDENTS FLAMANDS

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a entamé mardi après-midi la fin de son premier tour de table des partis flamands qu'il consulte en vue de la formation d'un gouvernement en Région flamande. Après sa désignation à 13h comme informateur royal pour déblayer le terrain des négociations au niveau fédéral, il a reçu pour le niveau régional le président des Verts flamands Wouter Van Besien. A 15h45, c'était au président du Vlaams Belang, Gerolf Annemans, de répondre présent à son appel.

Devant les caméras et micros, le président de la N-VA a refusé de répondre aux questions relatives à la mission d'information que lui a confiée le roi Philippe, ce qu'a fait volontiers Wouter Van Besien: "Il est logique que le vainqueur des élections se voie attribuer cette initiative et la prenne".

En ce qui concerne son entretien avec Bart De Wever, le président de Groen a précisé qu'il avait mis un nombre de points que son parti juge importants sur la table, tels que l'élimination des listes d'attente dans le secteur des soins ou le bouclage du ring d'Anvers.

Il s'est dit conscient que sa formation ne constituait pas le premier choix de Bart De Wever, qui "avait déjà fait part de sa préférence pour le CD&V et l'Open Vld avant les élections".


 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DE WEVER S’AGITE, LE PS VA JOUER LA MONTRE


Bigre que tout cela va vite. Nous vivons l’histoire de la Belgique nouvelle sur les chapeaux de roues et quasiment en temps réel.

De Wever met les bouchées doubles pour constituer promptement un gouvernement flamand et dans le même temps, il doit faire rapport au roi quant à son tour de piste pour réunir une majorité au fédéral. Le palais lui met la pression maximale. Habile !

Il a une semaine pour réussir ou échouer, à convaincre le MR et le CDh de monter dans le bateau et, par ricochet également le CD&V. Vous me suivez ? Ce sera toutefois plus simple qu’en 2010 car il ne faut pas, cette fois-ci,  une majorité des 2/3 pour une réforme institutionnelle (et forcément constitutionnelle). Il n’y a que deux formules, la tripartite traditionnelle dont Bart ne veut à aucun prix et l’alliance bleu-orange-noir qui a forcément sa faveur. Mais tant qu’ils n’auront pas une garantie de leur double présence (au fédéral et au régional flamand) les chrétiens démocrates flamands ne se laisseront pas séduire. Cela risque de prendre du temps, beaucoup de temps.

Pourquoi cette double casquette ?

Pour qu’il annonce son échec au niveau fédéral et cède la main au PS ? Pour que Magnette ou Vande Lanotte prenne De Wever de revers pour conclure une alliance au fédéral sans le N-VA ?

Autre hypothèse : si on avait voulu mettre Bart De Wever sur les rotules on ne s’y serait pas pris autrement. Soumis à une pression médiatique et politique inouïe, le champion de la N-VA, visiblement très fatigué par une campagne harassante, risque de ne pas tenir psychiquement et physiquement un marathon de 541 jours…

Mais si le palais a tout intérêt à aller très vite et surtout à faire la démonstration que la formation d’un gouvernement fédéral est la clef de voûte du système, si Bart De Wever se doit de jouer sa carte maîtresse promptement, en revanche le PS, légèrement affaibli par le scrutin, sait qu’il a tout intérêt à jouer la montre pour rester le maître du jeu. D’autant plus que les rouges ont la main et à Bruxelles et en région wallonne.  Ils attendent que la situation se décante en Flandre avant de mettre leurs atouts sur la table. Et des atouts ils en ont, notamment pour maintenir, le cas échéant, le MR cinq ans de plus dans l’opposition, question de le mettre KO pour de bon. Certes le MR, de son côté,  rêve d’envoyer le PS dans l’opposition. En a-t-il les moyens arithmétiques ? C’est beaucoup moins sûr et il est tributaire de la bonne volonté du CDh traditionnellement scotché au PS. Un PS qui a annoncé haut et clair qu’il entendait privilégier les coalitions les plus sociales pour donner des gages à sa gauche et à la gauche de sa gauche. C’est dire si le PS sera disposé à faire de belles concessions au CDh afin de réussir, contre toute attente une éventuelle reconduction d’un Di Rupo II. Mais tout cela prendra du temps, énormément de temps.

Une tripartite classique n’est certes pas à exclure à tous les niveaux. Arithmétiquement c’est tout à fait possible. Politiquement ? C’est plus hasardeux. Mais si elle devait s’imposer comme l’ultime formule le CD&exigerait à l’évidence le poste de premier ministre et Koen Geens n’a pas caché son intérêt pour cette fonction. Wait and see. On est loin, très loin du but.

MG

 


ELKE DAG KENT ZIJN EIGEN LEED.


 Zondagavond tekende zich, behalve een indrukwekkende verkiezingsoverwinning, al een aartsmoeilijke dubbele formatieopdracht af voor N-VA-voorzitter Bart De Wever. Gisteren werden zijn vooruitzichten wat dat laatste betreft nog somberder. Op het Vlaamse niveau maakte zijn geprivilegieerde partner, CD&V, duidelijk dat hij niet bereid is een verbond aan te gaan om daarna samen de federale onderhandelingen aan te vatten. Het moet niet worden uitgesloten dat de christendemocraten De Wever een faire kans willen geven, maar veel geld zetten ze er voorlopig niet op in.

De Standaard

 


 

BART DE WEVER ENTAMERA SA MISSION D’INFORMATION PAR UN TOUR DES PRÉSIDENTS DE PARTI FRANCOPHONES, DÈS CE MERCREDI. Dans les locaux du Sénat, il rencontrera dès 10h, dans l’ordre, le PS, le MR, le CDH, Ecolo, le PTB et le PP.

DE WEVER À LA MANŒUVRE EN FLANDRE AUSSI

Ce mardi également, Bart De Wever a entamé les consultations avec les présidents de parti flamands afin de former le nouveau gouvernement au nord du pays. A leur arrivée au Parlement flamand où se déroulent ces entretiens, le président du CD&V, Wouter Beke, et la figure de proue du parti, le ministre-président sortant, Kris Peeters, ont à nouveau exclu qu’il faille attendre la constitution d’un gouvernement flamand avant d’élaborer celui au niveau fédéral.


De son côté, le président de la N-VA a évoqué lundi soir sur la VRT deux scénarios pour la formation des futurs gouvernements : « Ou bien un gouvernement avec la N-VA à tous les niveaux, ce que je souhaite et pour lequel je sais avec qui je dois parler. Ou bien le scénario dont je crois que le PS veut : la tripartite classique ». Bart De Wever a ajouté souhaiter un gouvernement « qui soit idéologiquement conforme ».

 

BART, LUTHER ET LA NITROGLYCÉRINE

Le Vif

Luc Delfosse 

Journaliste, éditorialiste et auteur de "Et ta mère" (ed. ONlit.net)

 

Un jour peut-être, longtemps, longtemps après que la NVA ait disparu, les historiens assureront que la campagne électorale de 2014, dans ce qui était encore la Belgique fédérale, avait été marquée par deux événements que l’on a peu ou mal "lus" dans le brouhaha général. Et certainement du côté francophone où la méthode Coué et les poses de Tartarin ont si souvent fait fonction de viatique politique.



Bart De Wever © BELGA/Nicolas Maeterlinck

Le premier de ces moments capitaux, noteront-ils sans doute, remonte à… février. Sous les quolibets de ses ennemis, Bart De Wever avait alors comparé la mission de la NVA à celle de Martin Luther. Plutôt que de sourire de "l’illumination" du leader populiste, il aurait fallu s’en inquiéter. La référence au père du protestantisme en disait long comme un bras sur la vision quasiment christique que BDW donne depuis des années à sa mission de refondateur de la Flandre, fière et plus prospère encore car libérée du "boulet wallon". Mais encore sur la fascination qu’exerce toujours sur les foules un homme "différent" trempé dans l’acier de ses convictions.

Pour faire bonne mesure, on rappellera que Luther n’a pas quitté l’église catholique; il en a été excommunié. L’image inouïe lui permettait donc de jouer comme à l’accoutumée sur les deux tableaux: un homme fort, investi d’un mandat quasi surnaturel, haï forcément par les puissants en place. Sociologiquement parlant, cette attitude a l’impact du TNT.

L’autre épisode clé est, mais oui, la vidéo postée par De Wever sur les réseaux sociaux quatre jours avant le scrutin de ce 25 mai. Non tant parce qu’il s’adressait aux francophones qui en ont globalement conclu – cette aveugle sottise! – que le président de la NVA "perdait le contrôle de la campagne". Mais plutôt parce qu’il y déclarait tranquillement ceci: "Je veux avant tout régler les problèmes socio-économiques car les recettes du PS n’ont pas amélioré votre quotidien." Vous avez bien lu? "Avant tout"! Disant cela, BDW se posait un peu là en candidat Premier ministre. Il le confirmait d’ailleurs le soir même, sans chichis, sans manières, à la VRT. 

"Avant tout"! Disons, pour rester dans l’analogie religieuse, que la messe était dite. 

Voilà pourquoi il n’y a aucune illusion à se faire aujourd’hui: animé par le feu quasiment sacré qui semble brûler en lui, le nouveau héros du Nord fera tout pour aller jusqu’au bout de la mission que le Palais, bien malgré lui, devra immanquablement confier au vainqueur par KO des élections. Mais pour s’acoquiner avec qui? Oh! On a bien entendu, après mille et un reniements, qu’aucun des partis francophones n’était prêt à négocier à ce diable d’homme. Vraiment? Et que croyez-vous qu’il adviendra dans les jours prochains quand De Wever – comme Dehaene l’y avait mis au défi dans son testament politique – mettra évidemment (un peu) d’eau dans son vin pour composer pompeusement un "gouvernement de salut public"? S’il convainc le MR qui triomphe et piaffe de jeter les socialistes dans l’opposition, arguant non sans raison que leurs thèses socio-économique sont au fond sœurs jumelles ou presque des fondamentaux de la NVA? Et croyez-vous un seul instant que le CDH, malgré ses cris d’orfraies, n’acceptera pas de faire à un moment ou l’autre l’appoint?

Mais pourquoi l’intransigeant, le "messianique" De Wever ferait-il subitement des concessions? Pour la bonne et simple raison que le fédéral n’est évidemment pas son Graal mais une étape nécessaire vers autre chose: la Nation flamande. Le temps de lancer des réformes qui bouleversent le "gâchis" socialiste en Wallonie et vampe peu à peu les Bruxellois, en les amenant, à coups d’incitants et autres hochets de vermeil, dans le capiteux giron de la Flandre. Cela étant fait, à défaut d’être fantasmé, il ne lui restera plus qu’à regagner ses terres.

La question n’est donc pas, aujourd’hui: arrivera-t-il au bout de ses fantasmes? Mais: qui va craquer le premier de ce côté-ci de la frontière linguistique? 

Sauf à croire que l’apôtre puisse être contourné dans l’une de ces pirouettes cyniques dont raffolent les partis. Mais alors il faudra très sérieusement peser l’impact quasi sismique d’une telle manœuvre d’excommunication.

 

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