lundi 12 mai 2014

Bruxelles : un nouveau musée d'art moderne et contemporain en 2017


Le Vif

Source: Belga 

Un nouveau musée d'art moderne et contemporain ouvrira ses portes lors de l'année 2017 dans les bâtiments Citroën situés le long du canal, rapporte L'Echo jeudi. "Nous aurons notre MoMa, notre Guggenheim", se félicite le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale Rudi Vervoort dans les colonnes du quotidien.



© Image Globe

La Région bruxelloise a scellé un préaccord avec le constructeur automobile PSA-Peugeot Citroën afin d'installer ce nouveau musée dans les bâtiments du groupe situés place de l'Yser. Le futur musée couvrira une surface de 16.000 mètres carrés et devrait abriter des Picasso, Dali et autres Miro.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort explique que la zone du canal a été choisie afin de "réconcilier les deux côtés de Bruxelles". "C'est un symbole très fort qui montre que nous comptons effectivement développer la zone." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« DESSINE NOUS UN MUSÉE RUDI ET UN STADE TANT QUE TU Y ES »


Que n’a ton reproché à nos hommes politiques de ne pas faire rêver les Bruxellois.  Vervoort essaye enfin de nous faire rêver un peu et on le taxe pratiquement d’utopiste.

Il est vrai que son stade et son musée sont des projets pharaoniques, comme du reste le rêve éveillé de Reynders d’enfouir la petite ceinture sous terre dans une gaine de béton. Wordswords ,words dirait Hamlet, paroles, paroles chanterait Dalida. « Mais de quoi on parle? » se demande un internaute Il ne peut s'agir du musée des Beaux-Arts de Belgique qui ne dépend pas de la région bruxelloise, ni du Wiels qui est totalement privé! alors de quelles collections s'agit-il? La région bruxelloise n'en a aucune! Va-t-elle commencer à collectionner? On est en plein délire alors que Michel Draguet cherche un endroit pour exposer les très riches collections de Belgique, qu'il a expulsées du musée enterré de la place du musée! Par ailleurs ce serait une idée, pas tellement pour la Culture mais pour le tourisme, car c'est rentable! » 

« Du reste, il s'agit ici d'un musée d'artcontemporain, donc contenant des créations d'artistes actuels.» On nous dit que« Le futur musée devrait abriter des Picasso, Dali et autres Miro. » Tous ces gens sont morts depuis longtemps, modernes oui, mais contemporains ? Et puis ce ne sont vraiment pas des gens de chez nous quand nous sommes un pays de peintres bien plus que de littérateurs ou d’architectes. Mais ne boudons pas notre plaisir, le bâtiment Citroën est splendide et le lieu est stratégiquement bien choisi.

Ce qui est certain c’est que Vervoort, un nain dans les sondages, s’agite beaucoup en ce moment et « la surjoue » un peu, en revanche Laurette adopte profil bas, étrange n’est-il pas ?

MG

 

 

LE MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN, FABULEUX EMBLÈME

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef

Le gouvernement de la Région bruxelloise a décidé de doter la capitale belge d’un musée d’art contemporain, qui devrait voir le jour en 2017. Le bruit des avions et de la campagne ont occulté cette extrêmement bonne nouvelle : 1) L’art contemporain est un stimulant formidable de la créativité et de l’audace. Pour les jeunes Bruxellois, la proximité avec ce type d’art et l’immersion dans cet univers, repoussent les barrières et la ligne d’horizon. Ils décuplent les possibles. 2) La culture est un moteur très efficace de la croissance économique dans les villes/régions où on la déploie. Plus d’une grande cité en Europe en a fait l’expérience.

3) Un musée, lorsqu’il est bien accompagné, par des politiques d’urbanisme et de développement social, est bien plus qu’un lieu visité par les navetteurs culturels. C’est un nouveau centre de dynamique de vie pour un quartier, un pôle d’effervescence pour les habitants. C’est ce qui s’est produit avec la Tate Modern qui a désenclavé le quartier laissé pour compte de Londres, où elle a été installée. Le choix de placer le musée d’art contemporain bruxellois au Canal est ainsi tout sauf banal et anecdotique. C’est un choix crucial pour cet autre côté de Bruxelles laissé à lui-même, et que rallient rarement les habitants des communes du sud et du centre. Ce quartier dispose pourtant de tous les atouts : une voie d’eau, des friches industrielles, un mélange de lieux branchés et authentiquement bruxellois, etc. Mais depuis 15 ans, les projets s’y sont succédé sans jamais aboutir, laissant une sorte de chantier à l’abandon, parfois même de chancre, incarnation vivante des maux dits bruxellois : le manque d’argent, la division des acteurs et la paralysie.

L’annonce de la décision ne suffit évidemment pas. Il va falloir assumer et ne pas faire de ce musée le xième projet annoncé, mais jamais réalisé – un risque qui pèse sur le stade. Ce serait d’autant plus grave de rater la concrétisation de cet effet d’annonce que ce projet pourrait servir d’emblème de la politique à suivre pour la prochaine législature, pour la Région : concilier ambition et résolution de la fracture sociale.

Le musée permet de démontrer que l’opposition entre ces deux objectifs n’est pas une fatalité. Qu’il n’y a pas d’un côté des partis qui assureraient la défense des quartiers défavorisés et de l’autre, ceux qui porteraient les grands projets. C’est en visant les deux, en même temps, qu’ils pourront faire de Bruxelles, un centre de l’Europe attirant, dynamique, bien dans sa peau et sa diversité sociale et culturelle.

Le Musée d’art contemporain, porté depuis des mois par des artistes et des politiques flamands et francophones, peut être cette pépite très symbolique d’un « mouvement » bruxellois qui met l’audace au service du plus grand nombre. Ne boudons pas cette perspective.

 

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