mercredi 14 mai 2014

Débat Magnette-De Wever: "Sur chaque thème, nous divergeons


Le Vif


Le fossé entre le PS et la N-VA est béant. Mardi soir, au cours du "débat national" organisé par RTL-TVi et VTM, les présidents des deux partis ont croisé le fer et mis en lumière tout ce qui les séparait.

Bart De Wever et Paul Magnette. © Image Globe


PAUL MAGNETTE: «TUER LA BELGIQUE, C’EST CE QUE VEUT MONSIEUR DE WEVER»

Le Soir

Le duel entre Paul Magnette et Bart De Wever a provoqué des étincelles. Compte rendu.



La confrontation de Bart De Wever, président de la N-VA, avec Paul Magnette, président du PS, ce mardi soir sur RTL-TVI, devait nécessairement provoquer des étincelles. Ce fut le cas. Surtout quand le communautaire s’est invité à la table. Une surprise tant la campagne était, à ce jour resté centrée sur les thèmes socio-économiques. Durant tout le débat, deux logiques se sont opposées : les « deux démocraties incompatibles » de Bart De Wever, face à la« nécessité de maintenir la solidarité entre personnes » de Paul Magnette.

LE NORD ET LE SUD

Les deux hommes n’ont pas du tout la même vision du pays. Bart De Wever : « Il n’y a pas seulement un fossé entre les deux partis, mais aussi entre ce que veut le Nord et ce que veut le Sud. La Wallonie s’apprête à voter plus à gauche que jamais. Pas la Flandre. Alors votez à gauche, mais laissez la Flandre faire ce qu’elle a envie. Je ne veux pas non plus que la Wallonie subisse le modèle N-VA si elle n’en a pas envie. »

Paul Magnette apprécie très peu cette opposition Nord-Sud à laquelle Bart De Wever fait référence. « Bart De Wever fait comme si le problème, ce n’était que le Nord et le Sud. C’est le drame de notre pays depuis longtemps. Monsieur De Wever, vous faites comme si vous aviez déjà gagné. Comme si, quand vous parliez, c’est toute la Flandre qui parlait. Je vous rappelle qu’il y a en Flandre des partis de gauche, qu’il y a un autre parti de droite, le VLD et un parti au centre, le CD&V. »

LA BELGIQUE

Bart De Wever a répété à plusieurs reprises que la Belgique était constituée de deux démocraties. « Dans les autres pays, quand il y a un fédéralisme, les gens parlent la même langue, lisent les mêmes journaux. Pas chez nous. » En réplique, Paul Magnette a gratifié l’audience d’une ôde à la Belgique. « Evidemment que nous sommes différents. C’est pour cela que nous sommes un pays formidable. Les Wallons n’aiment rien tant qu’aller passer un week-end à la mer, les Flamands n’aiment rien temps qu’aller se promener en Ardennes. On partage une série d’attachements au football, au cyclisme ou à la chanson et on est toujours parvenus à vivre ensemble. On est différents et on peut vivre ensemble, c’est la beauté et la grandeur de la Belgique. »

LES TRANSFERTS

Il y a deux ans, Bart De Wever a comparé les Wallons à des junkies. « Je m’excuse auprès de ceux qui ont pris cela pour une insulte. Mais j’ai parlé d’un point de vue économique : les transferts du Nord vers le Sud existent depuis longtemps et ne cessent pas. C’est comme une perfusion. » Il ajoute : « On paye les impôts les plus élevés du monde, la dette fait 100 % du Produit intérieur brut, et on demande au Flamand de continuer à financer cela. Et rien ne change, les transferts continuent. Votre amour de la Belgique, monsieurMagnette, c’est un amour pour les transferts financiers. Pour nous, les transferts sont acceptables si la région qui les reçoit progresse. »

Paul Magnette a, lui, coupé court à la discussion : « En tant que Wallon, qui a vécu à Bruxelles, je ne souhaite qu’une chose : qu’il n’y ait plus de transferts. » Il a tout de même ajouté : « Pendant 130 ans c’est la Wallonie qui a été la plus riche et 500.000 Flamands sont venus vivre et s’installer en Wallonie. Ils ont contribué à la prospérité collective et ensemble nous avons construit la Sécurité sociale. »

LE ROI

Bart De Wever souhaite d’abord former un gouvernement flamand, puis négocier au fédéral. Paul Magnette n’est pas d’accord. « Vous oubliez un petit détail : la Constitution dit que c’est le roi qui décide qui négocie et comment. Et vous n’êtes pas encore le roi de Belgique. Votre but en agissant comme ça, c’est de bloquer la formation d’un gouvernement fédéral parce que vous ne voulez pas de gouvernement fédéral. »

Bart De Wever : « Ce que j’ai dit, c’est que je voulais rapidement un gouvernement flamand. Mais en Belgique, pour avoir un gouvernement, il faut attendre le roi. C’est lui qui a le pouvoir politique. Et je vous félicite, Monsieur Magnette, de soutenir ce royalisme de l’ancien régime. »

LA SÉCURITÉ SOCIALE

Paul Magnette accuse Bart De Wever de vouloir mettre fin à la Sécurité sociale. « Je ne veux pas qu’on remette en cause la Sécurité sociale, qui est le cœur de solidarité entre personnes. C’est une solidarité entre personnes, et il faut arrêter d’en faire une question Nord-Sud. S’en prendre à la Sécurité sociale, c’est tuer la Belgique et c’est ce que veut Mr De Wever. » Paul Magnette ajoute : « Monsieur De Wever, vous avez dit au Nieuwsblad que vous vouliez scinder la Sécurité sociale. » De Wever : « C’est vrai. » Magnette : « Au moins c’est clair, Monsieur De Wever le confirme. »

 

PARTENAIRES

La N-VA trouvera-t-elle un partenaire pour former un gouvernement ? « C’est l’électeur qui décidera, répond Bart De Wever. Tout ce que je peux faire, c’est demander un mandat fort à ma communauté. Et il faudra en tenir compte de l’autre côté. Monsieur Magnette, je vous ai entendu dire : « Une majorité en Flandre, cela ne me regarde pas.» Le PS dit : « Cela ne me regarde pas, faisons un Di Rupo II, sans mandat de la Flandre, mais c’est elle qui recevra la facture. » Réponse de Paul Magnette : « Ma préférence va à un gouvernement qui ait une large légitimité partout dans le pays. »

 

CONFÉDÉRALISME

Paul Magnette a accusé Bart De Wever de cacher son but : le confédéralisme. « Vous dites depuis des mois, que vous avez mis le confédéralisme de côté, que vous n’allez pas paralyser le pays, mais vous dites aussi que le communautaire est le plus important pour vous. Vous tenez deux discours. On peut être inquiet que la Belgique soit paralysée, mais on se battra. Bart De Wever a clarifié ses intentions : « Pour nous, le socio-économique est une priorité, mais on ne laissera jamais tomber l’institutionnel. On ne scindera jamais le socio-économique et le communautaire car ils ne font qu’un. On veut faire un gouvernement socio-économique de préférence sans le PS, et on peut continuer à réfléchir et trouver des partenaires pour faire le confédéralisme. »

Paul Magnette : « C’est faire croire que tous les Flamands sont hostiles à la Belgique. C’est faux. De nombreux Flamands ne sont pas favorables à la fin de la Belgique. Mais Monsieur De Wever tente d’imposer ses vues. Monsieur De Wever, vous n’êtes pas encore l’empereur des Flandres. Il y a d’autres partis. » De Wever : « Le vrai séparatiste, c’est celui qui dit qu’il peut gouverner sans majorité en Flandre. »

Vérité

Pour clore le débat, les deux hommes forts ont été priés de répondre par oui ou non à des questions sensibles. C’est là qu’on apprend que Bart De Wever ne pense pas que la Belgique existera encore en 2030. « Pas dans une Europe forte. » Paul Magnette, lui, pense que le contexte pour former un gouvernement n’est pas meilleur maintenant qu’en 2010. Bart De Wever ne veut pas gouverner avec le PS « celui de ce soir, non. » Et Paul Magnette avec la N-VA ? « Si c’est pour discuter de la fin de la Belgique et de la scission de la Sécurité sociale, non. »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BDW : «  JE VEUX METTRE DE L’ORDRE  »

Chacun tirera ses conclusions après avoir vu le débat ou pris connaissance de cet excellent résumé. Nous ne ferons qu’un commentaire : Bart De Wever a réussi une chose, c’est de faire connaître clairement son point de vue au-delà de la frontière linguistique et cela tient de l’exploit pédagogique"Sur chaque thème crucial, nous divergeons", a résumé M. De Wever . « Voor De Wever is de inzet van de verkiezingen simpel: de keuze tussen het N-VA-model en het PS-model."Het ene is besparen, het andere is belasten. Het ene is een strikter migratiebeleid, het ander is meer open grenzen." .” Voor De Wever dreigt met de PS als 'leading force' niets minder dan de financiële afgrond. » 
"Met deze PS van vanavond kan ik niet regeren", besloot De WeverOok Paul Magnette wil niet in een regering "met een N-VA die een splitsing van de socialezekerheid en van het land wil." Magnette ziet met de N-VA  -een neo libérale partijeen sociaal bloedbad opduiken.

La pédagogie de Bart et de Paul est d’une efficacité redoutable : plus personne n’ignore en Wallonie que nous vivons dans deux démocraties, que la sécurité sociale sera scindée, que les transferts existent mais plus pour longtemps-  On aime la Belgique si on aime les transferts  »-, que le confédéralisme est un état de fait, et on devine que Di Rupo II a de bonnes chances de voir le jour même si cela doit prendre du temps, énormément de temps. Surtout que la NVA négociera rapidement un gouvernement flamand de centre droit et que, forcément, le niveau fédéral fera problème pendant des mois. Un internaute ironise : « Ils sont donc tous deux d'accord pour dire qu'ils ne sont d'accord sur rien. Au moins les choses sont claires. C'est un bon point de départ pour la constitution d'un gouvernement fédéral, disons en 2016. »

Crise de régime ? On n’en est pas là mais on ne perd rien pour attendre. Reynders I ? On n’en a pas vraiment parlé. Le Liégeois de Uccle est le grand perdant de ce débat.

MG


 

"RUMBLE IN THE JUNGLE" TUSSEN DE WEVER EN MAGNETTE

N-VA-voorzitter Bart De Wever en zijn PS-tegenpool Paul Magnette zijn voorde camera's van VTM en RTL-TVi opnieuw rechtstreeks in debat gegaan.Magnette kwam in een bijzonder vinnig en geregeld bits debat erg fors uit dehoek, maar ook De Wever schoot er niet naast. "Rumble in the jungle", zo vattede N-VA'er na afloop samenOok nu bleek vooral dat de kloof tussen degrootste partijen van het land erg groot blijft. "Met deze PS van vanavond kan ikniet regeren", besloot De WeverOok Paul Magnette wil niet in een regering"met een N-VA die een splitsing van de sociale zekerheid en van het land wil."


© belga.

De conclusie aan het eind was voor beide kopmannen snel gemaaktBeidevoorzitters waarschuwden net niet voor de apocalyps wanneer de andere partijhet na 25 mei voor het zeggen krijgtVoor De Wever dreigt met de PS als'leading force' niets minder dan de financiële afgrondMagnette ziet met N-VAdan weer een sociaal bloedbad opduiken

Als het even kanstappen de twee dus niet samen in één regering. De Weverheeft weliswaar het gsm-nummer van Magnette, maar hoopte dat na deverkiezingen niet nodig te hebben.

CLINCH
Ging het nu om werkfiscaliteitsociale zekerheidmigratie of justitietelkensopnieuw bleek het water zeer diepVoor De Wever is de inzet van deverkiezingen simpel: de keuze tussen het N-VA-model en het PS-model. "Hetene is besparen, het andere is belasten. Het ene is een strikter migratiebeleid, hetander is meer open grenzen."

"Zelfs met een gloeiende tang kan je hem niet laten zeggen hoe hij gaatbesparen", hekelde De Wever PS-voorzitter MagnetteWaarop Magnettewaarschuwde voor "het bloedbaddat dreigt met de indexsprong en de 9 miljarddie N-VA wil snijden in de sociale zekerheidDie zal volgens de partij vooral demiddenklasse en de meest kwetsbaren treffenVoor de PS is de enige uitweg uitde crisis dan ook het stimuleren van de koopkracht: "We moeten ons niet kapotbesparen."

NEOLIBERAAL
De PS-voorzitter liet ook niet na om De Wever te kijk te zetten als eenneoliberaalEen verwijt dat die niet zomaar over zich heen liet gaan"De oudsteschoolverlater met een wachtuitkering is 63 jaarDat kan toch nietWe moetenbesparen. Er komt een tsunami op ons af en we hebben niet eens een parapluklaarliggen."

Toen Magnette N-VA verweet "tegen vreemdelingente zijnvroeg eenverontwaardigde De Wever om "een minimum aan respect voor de waarheid".Maar hij counterde ook meteen. "Uw parlementsleden beletten uitwijzingen op het vliegtuigdan moet u er niet van schrikken dat de Vlamingen niet van uw PSmoeten weten."

 

"ER ZIJN OOK ANDERE PARTIJEN"
De Wever trok ook zelf meermaals in de aanval. "Waar de PS het grootst is, is dewerkloosheid het hoogst", sneerde hij. Of nog: "De liefde van de PS voorBelgiëdat is de liefde voor de transfers." 

Een zogenaamde keuze tussen het PS-model en het N-VA-model, weesMagnette dan weer categoriek van de hand. N-VA is immers niet de enige partijboven de taalgrens"U bent nog niet de keizer van Vlaanderen, u moetaccepteren dat er ook andere Vlaamse partijen zijn", hekelde de PS'er.

WONDEN
Op de vraag of beide partijen nog met elkaar door een regeringsdeur kunnen,waren beide kopstukken het voor een keer wel eens: "Nee. Met deze PS vanvanavond kan ik niet regeren", klonk het bij De Wever. "Er is niets gebroken datnog niet gebroken was", besloot hij cynisch.

Stef Wauters van VTM Nieuws en Laurent Haulotte van RTL-TVI modereerdende clash der titanen aan beide kanten van de taalgrens.
Dat het hard tegen hard werd, was overigens al duidelijk toen de twee tenorenelkaar voor het debat ontmoettenZe negeerden elkaar compleet.

 


LA SCISSION, «VICTOIRE» DE MAGNETTE

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef 

L’acquis clé de ce duel extrêmement intéressant est la certitude donnée par Bart De Wever qu’il veut la scission de la Sécurité sociale et de la Belgique. Quand il répond «  non  » à «  Voulez-vous diviser le pays ?  »à la fin du débat, c’est après une longue hésitation et en étant pris en délit de mensonge. Il a ainsi fortement suggéré auparavant que le pays n’existera plus en 2030, que le socio-économique et le confédéralisme sont liés et qu’il veut l’autonomie totale de la Wallonie (au terme de 10 à 20 ans). C’est la « victoire » de Paul Magnette que d’avoir établi cette évidence pour les deux parties du pays en même temps (c’est évidemment l’autre vertu du débat), mettant un terme au brouillard créé par la N-VA depuis des mois sur ce point.

Est-ce suffisant pour entamer le score annoncé du parti nationaliste ? Pas certain du tout, car De Wever était excellent hier sur son cœur-de-cible – les Flamands qui travaillent et qui en ont marre de payer pour les autres – en les matraquant de chiffres efficaces : la Belgique est le pays qui paye le plus d’impôts et d’allocations de chômage, étouffé par la gestion étatique publique. Son «  On aime la Belgique si on aime les transferts  » était on ne peut plus clair.

Trop clair ? L’assurance froide et clinique de De Wever peut avoir créé une inquiétude sourde chez certains électeurs du nord du pays (pour ceux du sud, c’est garanti). Magnette a en tout cas tout fait pour susciter la peur du « régime N-VA » chez ceux qui en Flandre sont plus fragiles ou souhaitent la stabilité pour leurs affaires. Ou encore chez ceux qui ont constaté hier l’autoritarisme affiché par cet homme dans sa conception de l’exercice du pouvoir. «  Je préfère l’Empire au Royaume  » : on pouvait se dire hier que ce propos ne tenait pas de la boutade, après avoir entendu durant une heure le leader de la N-VA juger du droit des gens/régions à leurs allocations, à leurs transferts, à leurs indemnités, mais aussi organiser la formation des gouvernements, sans tenir compte de la Constitution. Son «  je veux mettre de l’ordre  » a pu rassurer autant qu’inquiéter. Pour une fois en tout cas, l’opinion publique flamande a pu entendre autre chose que la petite musique de la N-VA. C’était au minimum, indispensable.

 

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