vendredi 30 mai 2014

Egypte: victoire écrasante sans surprise du maréchal Sissi



Des partisans du maréchal al-Sissi fêtent sa victoire à l'élection présidentielle égyptienne, le 28 mai 2014 au CaireAFP

L'ex-chef de l'armée et homme fort de l'Egypte, Abdel Fattah al-Sissi, était assuré jeudi d'obtenir une victoire écrasante à la présidentielle, avec 96,2% des suffrages dans près de 90% des bureaux de vote, selon la télévision d'Etat, un plébiscite sans surprise après qu'il eut éliminé toute opposition.

Le maréchal à la retraite Sissi dirige de facto le gouvernement intérimaire qu'il a mis en place il y a 11 mois juste après avoir destitué et fait emprisonner l'islamiste Mohamed Morsi, le premier président élu démocratiquement dans le plus peuplé des pays arabes.

Et il jouit d'un véritable culte de la personnalité depuis que ce gouvernement réprime dans le sang chaque manifestation des partisans de M. Morsi.

Son unique adversaire, le leader de la gauche Hamdeen Sabbahi, n'a recueilli que 3,8% des votes valides, selon ces chiffres non officiels mais collectés par les médias gouvernementaux dans 88,6% des bureaux de vote.



© AFP

Des partisans du maréchal al-Sissi fêtent sa victoire à l'élection présidentielle, le 28 mai 2014

La participation, dont le chiffre n'a pas encore été livré, est la seule inconnue et le seul enjeu de ce scrutin joué d'avance, M. Sissi ayant répété jusqu'à l'obsession des mois durant qu'il ne souhaitait prendre la tête de l'Egypte que s'il était assuré d'un adoubement populaire massif.


Il a dit au cours de sa campagne espérer recueillir les voix d'au moins 45 millions des près de 54 millions d'électeurs, ce qui paraît toutefois une gageure. Sa hantise est d'être élu avec une participation inférieure à celle du scrutin de juin 2012 qui avait propulsé le Frère musulmanMorsi à la magistrature suprême: 51,85%.

- UNE 'FARCE' -

Or, mardi soir, la commission électorale nommée par le gouvernement avait décidé à la surprise générale de prolonger de 24 heures le scrutin prévu initialement sur deux jours, s'inquiétant d'un taux de participation de seulement 37%. Invoquant la "chaleur" qui aurait dissuadé nombre d'électeurs de se rendre aux urnes, elle a déclenché les critiques et les sarcasmes des organisations de défense des droits de l'Homme, dénonçant une "farce" après avoir souligné l'absence de toute opposition, dont les représentants sont interdits, tués ou emprisonnés depuis la destitution de M. Morsi le 3 juillet 2013.




© AFP

Des partisans d'Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a chassé les islamistes du pouvoir, célèbrent sa victoire à la présidentielle au Caire le 28 mai 2014

Un membre de la commission a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi au journal gouvernemental Al-Ahram que plus de 25 millions d'électeurs "approximativement" s'étaient rendus aux urnes sur un peu moins de 54 millions d'inscrits, et que ce chiffre était susceptible d'augmenter, donc pas loin des 50%.

"Personne hors d'Egypte ou en Occident n'a jamais cru qu'il s'agissait d'une élection libre et juste", a estimé jeudi Shadi Hamid, chercheur au Saban Center américain.

Et les Frères musulmans, qui avaient appelé au boycott du scrutin, ont eu beau jeu d'évoquer mardi soir, en parlant des 37% de participation, une "gifle" donnée au pouvoir et un "certificat de décès du coup d'Etat" du 3 juillet.

Pour le politologue Gamal Abdel Gawad, M. Sissi n'avait "pas besoin de placer la barre de la participation si haut, car quand le résultat d'un scrutin ne fait aucun doute, il n'y a pas grand-chose à faire pour inciter les gens à se déplacer pour voter".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FIN DU PREINTEMPS ARABE DEBUT DE PERMAFROST EGYPTIEN


Ils ont chassé Moubarak, adoubé Morsi avant de la lapider et de plébisciter le maréchal Sissi.

C’est comme les trains: un totalitarisme, comme un convoi, peut en cacher un autre, un qu’on voit pas comme dirait l’autre.  

Et quand on jouit d’un régime démocratique et républicain, comme en France, on se jette dans les bras du totalitarisme Bleu Marine.

C’est à désespérer de la nature humaine. Les Français sont des veaux, les Egyptiens des moutons de panurge.

La démocratie est un exercice suprêmement difficile, la démocratie à la belge un casse-tête chinois.

MG

 

 

 

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