lundi 26 mai 2014

Européennes: Verhofstadt champion des voix de préférence en Flandre, Michel en Wallonie


La Libre AFP ET BELGA 



En Belgique , la N-VA obtient quatre sièges de députés européens (+3), selon des résultats presque complets. Le CD&V (3 sièges, soit un en moins par rapport à 2009), le PS (stable) et le MR (+1) enverront quant à eux chacun trois élus au Parlement de l'UE. L'Open Vld a 3 candidats élus, tandis que le Vlaams Belang (-1), la sp.a (-1), Groen (stable), Ecolo (-1) et le cdH (stable) obtiennent un siège.

La Lijst Dedecker perd son siège et disparaît du parlement européen comme des autres parlements belges.

Un siège reste à pourvoir, celui de la Communauté germanophone où le dépouillement est bloqué à la suite d'un problème informatique. Ce siège était occupé par les chrétiens démocrates du CSP.



 

GUY VERHOFSTADT CHAMPION DES VOIX DE PRÉFÉRENCE

La tête de liste de l'Open Vld aux européennes, Guy Verhofstadt, candidat de la famille libérale à la présidence de la Commission, est le champion des voix de préférence aux européennes dans le collège électoral néerlandophone belge, avec 474.444 voix, après un dépouillement de 87% des bureaux de vote. M. Verhofstadt devance la candidate CD&V Marianne Thyssen (327.845), le N-VA Johan Van Overtveld (239.217), la sp.a Kathleen Van Brempt (155.635) et le CD&V Steven Vanackere(144.451).

Côté francophone, Louis Michel est le vainqueur du scrutin, avec 113.594 voix de préférence. Il devance Marie Arena (66.805) et Frédérique Ries (64.134). Claude Rolin, tête de liste du cdH, obtient 38.505 voix, suivi par le PP Luc Trullemans (33.432) et le PS Marc Tarabella (32.290).

Gérard Deprez pointe à 28.429 voix, tandis que l'Ecolo Philippe Lamberts recueille 20.367 voix.

LE TRIOMPHE DU FRONT NATIONAL EN FRANCE, SYMBOLE DE LA POUSSÉE DES EXTRÊMES

Le triomphe dimanche du Front national en France, un véritable séisme politique, a illustré la forte poussée de l'extrême droite et des europhobes aux élections européennes, même si la droite conservatrice garde le plus grand nombre d'élus au Parlement. Les europhobes de l'Ukip britannique étaient eux aussi largement en tête avec un score historique de 29% sur deux tiers des régions. Son chef de file Nigel Farage a promis un "séisme".

EN FRANCE, profitant de l'impopularité record des socialistes au pouvoir, le Front national de Marine Le Pen est devenu le premier parti avec un score historique de 25,4%, selon des résultats quasi-définitifs. Il décrocherait 23 à 25 sièges sur les 74 accordés à la France, un des pays fondateurs de l'UE. Le FN devance largement l'opposition de droite UMP (20,8%), alors que le Parti socialiste subit une nouvelle déroute avec moins de 14% des suffrages. Mme Le Pen a immédiatement appelé le président François Hollande à "organiser des nouvelles élections". Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s'est dit "inquiet" de la victoire du FN. Interrogé pour savoir s'il s'agissait d'un "parti raciste", il a répondu: "Oui, et je pense que nous devrions être inquiets face à de tels développements dans le reste de l'Europe".

Selon une nouvelle projection communiquée dans la nuit de dimanche à lundi par le Parlement européen, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) restent en tête avec 212 sièges sur 751, contre 186 pour les socialistes. Les Libéraux obtiendraient 70 eurodéputés, suivis par les Verts (55). Les quatre partis pro-européens passent de 612 à 523 sièges. Quant aux différents partis europhobes, qui ne constituent pas un bloc homogène, ils compteraient au total plus de 140 députés.

EN ALLEMAGNE, qui envoie le plus fort contingent d'élus au Parlement européen (96), les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel sont arrivés en tête, d'après des sondages sortie des urnes. Mais le nouveau parti anti-euro AfD, qui plaide pour une dissolution de la monnaie unique, fera son entrée au Parlement avec un score d'environ 7%.

EN AUTRICHE, le parti d'extrême droite FPÖ, qui espère constituer un groupe avec le FN, progresserait nettement et arriverait en troisième position, avec près de 20% des suffrages, en hausse de plus de cinq points par rapport à 2009.

AU DANEMARK, c'est le Parti populaire, formation anti-immigration, qui est arrivé en tête avec près de 27% des voix. Un petit parti europhobe polonais, le Congrès de la nouvelle droite (KNP), a obtenu 7,2% des voix et pourrait envoyer quatre députés au Parlement européen. En Hongrie, le scrutin a été largement dominé par le parti conservateur Fidesz du dirigeant Viktor Orban, mais l'extrême droite ultra nationaliste du Jobbik arrivait en deuxième position avec près de 15% et trois sièges.

La forte poussée de l'extrême droite en Europe se traduit aussi par l'entrée du parti néonazi grec Aube dorée au Parlement. Crédité de 9 à 10% des voix, il pourrait envoyer trois élus à Strasbourg. En Grèce, l'euroscepticisme se traduit aussi par l'arrivée en tête du parti de la gauche Syrizad'Alexis Tsipras, qui obtiendrait six sièges, contre cinq à Nouvelle démocratie (droite), le parti au pouvoir.

EN ESPAGNE, les deux grands partis traditionnels, le Parti populaire de droite, et le Parti socialiste, ont connu une débâcle au profit de petites formations comme Podemos, né de la mouvance des indignés, qui obtient cinq sièges.

MAIS EN ITALIE, le populiste Beppe Grillo a été largement devancé par le parti démocrate, la formation de centre gauche du chef du gouvernement Matteo Renzi. La gauche l'a aussi emporté en Roumanie et au Portugal.

La montée de l'extrême droite s'est faite sur fond de stabilisation de la participation à un faible niveau: 43,09% contre 43% en 2009, année où elle avait atteint son plus bas historique. Elle a même progressé dans plusieurs grands pays, notamment la France et l'Allemagne. Mais dans plusieurs pays d'Europe de l'Est en revanche, la participation, déjà très faible, a encore baissé.

QUI PRÉSIDERA LA COMMISSION? JUNCKER REVENDIQUE LA VICTOIRE

La bataille se profile déjà pour la présidence de la Commission européenne. Pour tenter de motiver les électeurs, les principaux partis ont présenté des candidats. Mais plusieurs dirigeants, à commencer par l'Allemande Angela Merkel et le Britannique David Cameron, refusent cette logique. Le candidat du PPE, Jean-Claude Juncker a "revendiqué" la présidence de l'exécutif européen. "Je suis pleinement habilité à devenir président de la Commission", a-t-il déclaré au Parlement. Le candidat socialiste, Martin Schulz, a remis en question les projections du Parlement européen, qu'il préside, jugeant qu'elles n'étaient "pas vraies".

Aucun parti ne dispose de la majorité, et la seule possible dans un Parlement plus fragmenté que jamais passera par une grande coalition entre droite et gauche modérées, un schéma éprouvé au Parlement. Cette situation pourrait inciter les dirigeants européens à tenter de trouver une autre personnalité acceptable par les députés. Ils se réuniront dès mardi soir à Bruxelles pour en discuter.

Dès la nuit de dimanche à lundi, le président de la Commission européenne sortante, José Manuel Barroso, accusée d'être en partie responsable de l'austérité, a appelé les forces pro-européennes, enparticulier les conservateurs, les socialistes et les libéraux, à se "rassembler" pour former une "majorité très solide et qui fonctionne".

 

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA BELGIQUE SE REVEILLE AVEC LA GUEULE DE BOISL’EUROPE AUSSI


« Les Français sont des veaux » (De Gaulle). Ils n’ont pas écouté Jacques Attali, ils ont voté, en masse, pour le FN « S’il vous plaît, ne votez pas pour le front national » avait supplié l’ancien conseiller de F. Mitterrand. Peine perdue !

Il s’adressait alors avec toute son énergie et sa force de conviction à celles et « à ceux, qui, ayant jusqu’ici voté à droite ou à gauche, pour des partis dits « de gouvernement », s’apprêtaient à voter Front National, pour l’un des 4 arguments suivants, répétés ad nauseam par les dirigeants et candidats de ce parti :

1/ «  Les socialistes et l’UMP, c’est la même chose, et ils ont échoué ». (…)

2/ « On a tout essayé et cela ne marche pas ». Non, on n’a pas tout essayé, justement. En particulier, bien des réformes absolument vitales restent à faire : celles des collectivités territoriales, de la réduction des dépenses publiques, la TVA dite « sociale », la réforme de la formation professionnelle et de l’alternance, une audacieuse politique de l’intégration, une avancée fédérale en Europe ; et tant d’autres bouleversements, que les partis de gouvernement n’osent faire. Et qui ne sont pas non plus proposés par le Front National.

3/ « Je ne suis pas raciste, mais la cause de tous nos malheurs, c’est l’immigration. Elle explique l’insécurité et le chômage ». D’abord, c’est oublier que la plupart de ceux dont ils parlent ont la nationalité française, parfois depuis plusieurs générations. Et que, sauf à revenir aux lois de Vichy, personne ne peut la leur retirer. Ensuite parce que beaucoup de ces gens-là font justement les travaux que personne d’autre n’accepte. Ensuite aussi parce que, sans une immigration massive, il deviendra vite impossible de financer les retraites. Enfin, parce que le problème, réel, de l’intégrisme religieux serait aggravé par une opposition frontale avec ceux qui s’y réfugient, faute d’un espoir dans la laïcité. Le problème n’est donc pas l’immigration mais l’insuffisance des moyens au service des quartiers et de l’insertion sociale, dans l’école et l’emploi.

4/ « L’euro est la cause de tous nos malheurs. Sans lui, il n’y aurait pas besoin de rigueur budgétaire et la croissance serait de retour ». C’est sûrement l’argument le plus absurde : si on revenait au franc, tous les comptes bancaires de chaque Français, tous les livrets d’épargne, seraient immédiatement renommés dans cette monnaie, qui serait sans attendre dévaluée face à l’euro. Voyant fondre la valeur de leurs dépôts, les épargnants demanderaient tout de suite à ouvrir un compte en euro, pour y remettre tous leurs avoirs, qui auraient déjà perdu une part de leur valeur. Le franc se dévaluerait alors plus encore. Le taux d’intérêt montera en flèche et les dettes ne pourront plus être finançables. L’abandon de l’euro c’est donc la certitude d’une dévalorisation massive du patrimoine des Français, même les plus modestes, plongeant le pays dans une dépression dont il ne se relèverait jamais. Il faut au contraire plus d’Europe, pour se protéger des excès de la mondialisation.

Votez donc n’importe quoi d’autre s’il vous plaît. Blanc même. Mais épargnez au pays la honte d’avoir tourné le dos à toutes les valeurs qui font sa grandeur. »(Jacques Attali)

Peine perdue, les Français ont voté FN en masse et sans vergogne et la France « lépennisée » est aujourd’hui la honte de l’Europe. Mais ilne sont pas les seuls  à avoir voté « populiste », loin s’en faut, si on en croit le Courrier International qui titre « le repli national ».

Restons optimistes :« Au total, la montée des forces anti-européennes "ne va pas changer la façon dont le Parlement travaille, avec un bloc pro-européen qui reste largement majoritaire. Mais il y aura des conséquences sur les scènes politiques nationales et sur la façon dont les dirigeants nationaux agiront au sein de l'UE", estime Jan Techau, directeur du groupe de réflexion Carnegie Europe.

 

Pour l’heure : « Aucun parti ne dispose de la majorité pour désigner le prochain « Président » européen, et la seule majorité possible dans un Parlement plus fragmenté que jamais passera par une grande coalition entre droite et gauche modérées, un schéma éprouvé au Parlement. Cette situation pourrait inciter les dirigeants européens à tenter de trouver une autre personnalité acceptable par les députés. »

Une petite lumière au fond du tunnel : on pourrait imaginer que cette nouvelle donne européenne donne des chances au candidat belge Guy Verhofstadt de jouer un rôle de premier plan en Europe. C’est ce que lui-même a souventaffirmé mais il est loin de faire l’unanimité et il irrite farouchement les Anglais, donc les Américains. Mais attendons pour voir.

DiverCity se réveille ce lundi matin avec une solide gueule de bois face à un paysage politique européen nauséeux et une situation belge à peu près inextricable. Il se pourrait bien que toute cette confusion annonce l’agonie de la démocratie telle que nous l’avons connue jusqu’ici.

Nous observons en effet le triomphe d’une forme « d’antipolitique », le populisme résultant d’une révolte populaire contre ses élites  « progressistes », comme si les courants populistes voulaient opposer un « non » franc et massif à une certaine manière de pratiquer le jeu politique.

En Flandre, c’est de toute évidence le cas, en France également.

Mais il faut être d’une naïveté accablante pour imaginer qu’un Bart De Wever ou une Marine Le Pen qui jubilent aujourd’hui en nous promettant des lendemains qui chantent, pourront renverser l’inclinaison d’une pente vers le déclin qui conduit le vieux continent inexorablement à sa perte. « Non, on n’a pas tout essayé, justement. En particulier, bien des réformes absolument vitales restent à faire ». 

Lesquelles ? C’est à cela qu’il va falloir réfléchir dans les mois et les années qui viennent.

En attendant, un terroriste-ou plusieurs assassins nihilistes- cour(en)t librement dans les rues de Bruxelles et prépare(nt) méthodiquement, froidement, en silence, son(leur) prochain coup. Un nouveau Merah ? Ils sont des centaines à travers l’Europe, des milliers peut-être à vouloir la mort de notre système, de notre manière de vivre et de penser libre et que semblent nous envier nos voisins ukrainiens qui sont confrontés, quant à eux, à une tout autre forme de terrorisme, celui de l’Etat impérial.

Qu’il est difficile de demeurer serein face aux nuages qui s’accumulent sur  notre vieille et belle « civilisation ».

MG


LE REPLI NATIONAL

Les partis populistes de droite sont les grands vainqueurs de ces élections. Pourquoi un tel succès ?



DR

Pour la première fois de l’histoire de l’Union européenne, les populistes de droite semblent partis pour constituer une part notable des députés européens – jusqu’à un tiers, selon certains. Le fait est qu’ils sont désormais présents dans presque tous les Etats de l’UE. 

Leurs partis veulent limiter l’immigration, en particulier celle des réfugiés, des demandeurs d’asile et des musulmans, nourrissent de sérieuses réserves envers les professionnels de la politique et leurs institutions, et s’opposent aux alliances politiques dont les effets s’étendent au-delà du pays – ce qui ne les empêche pas de voir dans l’UE un bon moyen de faire passer leur programme. 

On qualifie souvent d’incohérence leur participation aux élections européennes, mais c’est un tort. En effet, la plupart des responsables et des élus européens sont patriotes : s’ils tentent leur chance au niveau européen, c’est parce qu’ils sont convaincus que les ressources de l’UE leur permettront de servir au mieux les intérêts de leur pays. 


(…)Il est impossible de définir ce qui entre dans le cadre du “vrai” peuple. Il faut donc décider qui a le droit d’en faire partie, quitte à recourir à des critères arbitraires. Les mouvements populistes affichent un dégoût de la démocratie, un rejet des processus complexes de l’égalité, un refus des compromis qui leur semblent aller contre leurs intérêts, des minorités, du droit d’asile ou même des étrangers pauvres. Comment ce dégoût est-il apparu ? Peut-être parce qu’avec la supranationalité il fallait un nouveau régionalisme pour compenser. Et très certainement parce que les citoyens d’un Etat démocratique attendent de celui-ci qu’il serve leurs intérêts. 

Et, quand ce n’est pas le cas, ou pas assez, ils recherchent un parasite à qui en fait porter la responsabilité. La Hongrie s’est payé des infrastructures modernes en s’endettant dans l’espoir d’attirer les investisseurs, mais ceux-ci se sont révélés exigeants et difficiles. Si la situation financière calamiteuse, la corruption endémique et le nationalisme latent favorisent le populisme de droite, c’est toujours par le biais des mêmes arguments : ils nous ont tous menti, ils nous ont volés – surtout l’ancien gouvernement –, ils ont vendu le pays – surtout aux étrangers. 

Le moyen que préconise le Fidesz pour rétablir la situation, et qui rencontre un grand succès auprès des électeurs, c’est la purification nationale : il faut nettoyer l’Etat et la société de tous les éléments qui n’ont pas pour priorité le bien de la nation. Il lui arrive même de s’en prendre aux investisseurs étrangers, à la grande horreur de l’UE et du Fonds monétaire international. (…)

 

 

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