dimanche 25 mai 2014

La Belgique, sous le choc, craint une réplique de l'affaire Merah


Le Figaro



Aux yeux des responsables politiques et religieux du pays, la nature antisémite de l'attaque qui a visé samedi le Musée juif de Bruxelles fait peu de doutes.

Sous le choc après l'attaque contre un musée juif qui a fait au moins trois morts au cœur de Bruxelles, la Belgique a rehaussé d'un cran son niveau d'alerte antiterroriste et mobilisé ses policiers samedi soir pour une protection rapprochée des synagogues et autres institutions liées à la communauté juive.

Le ou les tueurs qui ont ouvert le feu, peu avant seize heures, restaient en cavale dans la soirée. Une personne a été interpellée sans savoir si elle a un lien avec les faits. La section antiterrorisme de la police judiciaire fédérale est arrivée parmi les premières sur place. La crainte des autorités semble être une réplique de la série d'attentats perpétrés par le djihadiste Mohamed Merah, qui avait fait sept morts à Toulouse et à Montauban entre le 11 et le 19 mars 2012.

Rue des Minimes à Bruxelles, la mort a frappé au grand jour, en pleine affluence touristique, dans un quartier de cafés, de terrasses, de musées et de ministères, tout près de la Place Royale. Dimanche, comme les autres Européens, les Belges se rendront en masse vers les isoloirs et des professionnels de la sécurité redoutent déjà que leurs files d'attente offrent une cible facile. «Ce n'est pas la communauté juive uniquement qui est visée, c'est toute la démocratie belge», avertit Philippe Mankiewicz, ancien dirigeant du Comité de coordination des organisations juives de Belgique.

UN ATTENTAT TROUBLANT

La nature antisémite de l'attaque, rapidement évoquée par les responsables politiques et religieux, semble la plus plausible. Les coups de feu, en rafales espacées, ont été tirés à l'intérieur du musée, dont les riches collections sont la fierté des Juifs de Bruxelles. L'attaque semble aussi avoir été soigneusement préparée: Elle a duré quelques minutes au plus et visé un établissement peu protégé par la police, à la différence de la grande synagogue voisine. Selon plusieurs témoignages les auteurs étaient deux. L'un serait resté à proximité de la voiture, garée en double file. Son comparse, qui portait «un sac noir», se serait engouffré dans le hall d'entrée avant d'ouvrir le feu. D'autres témoins ont relevé la marque et l'immatriculation de la voiture, repartie en trombe.

«IL Y A EU UNE LIBÉRATION DE LA PAROLE ANTISÉMITE »

Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme.

L'attentat de la rue des Minimes est troublant, dans un double contexte: d'abord la montée d'un islam intégriste et militant au sein de la communauté musulmane, ensuite un antisémitisme ravivé dans les mouvances populistes et d'extrême-droite. «Cela devait arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite, estime Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme. C'est le résultat inévitable d'un climat qui distille la haine».

Côté musulman, les autorités s'inquiètent du départ et surtout du retour de quelques 200 ressortissants belges qui combattent dans les rangs djihadistes en Syrie. Plusieurs ministres de l'intérieur européens, dont le français BernardCazeneuve, étaient précisément à Bruxelles il y a deux semaines pour coordonner leurs politiques et leurs renseignements. Mercredi, c'est le tribunal correctionnel de la capitale qui a condamné à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison 19 Belges pour participation à une filière de recrutement à destination de la Syrie et de la Somalie.

Côté extrême-droite, c'est plutôt la virulence du discours qui inquiète. Au début mois, la ville d'Anderlecht, à la périphérie de la capitale, avait du interdire un soi-disant «Congrès antisémite» auquel était invité l'un des polémistes de la mouvance, le français Dieudonné, en compagnie de l'essayiste Alain Soral et de Kemi Seba, figure de l'organisation noire radicale Tribu Ka. La manifestation était organisée par un député belge d'extrême droite, Laurent Louis, connu pour ses tirades contre les Roms, les Juifs, les francs-maçons et les médias.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

25 MAI : JOURNÉE DE LA DEMOCRATIE

«CE N'EST PAS LA COMMUNAUTÉ JUIVE UNIQUEMENT QUI EST VISÉE, C'EST TOUTE LA DÉMOCRATIE BELGE»,


C’est sur fond de terreur et sous la menace des baïonnettes que vont se dérouler les élections présidentielles en Ukraine. "La manipulation des médias et des informations de guerre actuellement en cours doit cesser", a martelé MmeMijatovic, redoutant des "répercussions sérieuses sur les droits de l'Homme dans le pays", si la tendance n'est pas inversée.

C’est dans un climat lourd de menace que se tiendront en Belgique et particulièrement à Bruxelles les élections les plus dramatiques de l’après-guerre.  Le silence observé par les autorités judiciaire et politiques quant au profil socio culturel du meurtrier laisse supposer le pire.

«Cela devait arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite, estime JoëlRubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme. C'est le résultat inévitable d'un climat qui distille la haine».

« Côté musulman, les autorités s'inquiètent du départ et surtout du retour de quelques 200 ressortissants belges qui combattent dans les rangs djihadistes en Syrie » une vingtaine seraient revenus en Belgique, le crâne brouillé et bourré de je ne sais quelles chimères. « Côté extrême-droite, c'est plutôt la virulence du discours qui inquiète. » Mais la violence des mots induit et libère celle des actes.

Chaque scrutin apporte son lot de surprises disait Wilfried Martens.

Celui-ci nous apporte davantage : une menace directe de la démocratie. Ons’étonnera également des silences du bourgmestre d’Anvers où vit une importante communauté juive.

La montée des périls ? La voici, en direct, et ce n’est qu’un avant-goût.

Il s’agit de voter en connaissance de cause et en toute lucidité singulièrement quand nous choisirons nos représentants au Parlement européen. Que ce 25 mai soit dans le cœur de chacun de nous la journée de la démocratie.

MG


« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » Friedrich Hölderlin 


UNE OPINION DE DANIEL SALVATORE SCHIFFER*.

Car, comme l'affirma d'emblée Hannah Arendt elle-même, dans le premier tome de ses magistrales Origines du totalitarisme, l'antisémitisme est avant tout, par-delà même son horreur sur le plan humain, une « insulte au bon sens »(1).

Analysant cette très problématique - et combien actuelle, hélas, au vu du drame d'aujourd'hui ! notionde « violence » inhérente aux divers fanatismes politico-religieux, un autre grand penseur juif, Emmanuel Levinas, l'un de mes maîtres en philosophie, prolongea, dissertant là sur l'essence du judaïsme, cette réflexion d'Arendt : « Rien n'est plus équivoque que le terme de vie spirituelle. Ne pourrait-on pas le préciser en en excluant tout rapport de violence ? » écrit Levinas (2) dans Difficile Liberté et, de manière plus ponctuelle, dans un article ayant pour emblématique titre Éthique et Esprit. Il y précise aussitôt, à bon escient : « Mais la violence ne se trouve pas seulement (…) dans un État totalitaire qui avilit ses citoyens, dans la conquête guerrière qui asservit les hommes. Est violentetoute action où l'on agit comme si le reste de l'univers n'était là que pour recevoir l'action. » Il conclut, non moins judicieusement et, surtout, non moins tragiquement : « Le violent ne sort pas de soi. Il prend, il possède. La possession nie l'existence indépendante. Avoir, c'est refuser l'être » Le

 

L'EUROPE : LES VALEURS DE L'HUMANISME ET LES VERTUS DE L'HÉROÏSME

Mais là où la portée symbolique de cette effroyable tragédie de Bruxelles se révèle la plus terrifiante, c'est qu'elle a eu lieu, plus précisément, à la veille même d'élections démocratiques cruciales tant pour l'avenir de la Belgique que de l'Europe. Pis : c'est là le pire acte antisémite que la Belgique ait connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale !

Attention : la bête immonde, celle qui se gave de la peste brune et se repaît du sang des martyrs, rôde à nouveau, tapi à l'ombre d'un extrémisme aussi sanglant qu'insensé, au cœur de l'Europe moderne et civilisée, éprise de tolérance et d'humanisme, le seul combat qui vaille en profondeur, les seules vertus qui méritent que l'on meurt pour elles, le seul vrai héroïsme en ces temps de nouvel obscurantisme.

Ainsi, à ces barbares d'un autre âge, n'avons-nous, hommes et femmes de bonne volonté, juifs et non-juifs de par le monde, qu'un seul mais inébranlable mot d'ordre, signe d'un indéfectible ralliement aux victimes de tout intégrisme, à leur faire valoir en guise d'ultime mais définitive réponse : aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes tous juifs !

Une opinion de Daniel Salvatore Schiffer*.Philosophe, auteur de La Philosophie d'Emmanuel Levinas – Métaphysique, esthétique, éthique (Presses Universitaires de France).

1 Hannah Arendt, Sur l'antisémitisme, in Les Origines du totalitarisme, Paris, Calmann-Lévy, coll « Points », Paris, 1973 et 1984, p. 23.

2 Emmanuel Levinas, Éthique et Esprit, in Difficile Liberté, Albin Michel, coll. « Biblio Essais », Paris, 1963 et 1976, p. 18.

 

 

LES UKRAINIENS S'APPRÊTENT À ÉLIRE LEUR PRÉSIDENT

Le Vif

Les autorités ukrainiennes se préparaient à une présidentielle dimanche perturbée par les séparatistes armés pro-russes dans l'Est, après une campagne marquée par des combats entre insurgés et soldats ukrainiens qui ont fait plus de 150 morts, faisant craindre une partition du pays.



© Reuters

Dans un appel aux Ukrainiens, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a appelé les électeurs à se rendre en masse aux urnes pour "défendre l'Ukraine". "Ce sera l'expression de la volonté des Ukrainiens de l'Ouest, de l'Est, du Nord et du Sud", a-t-il martelé. La veille, le président russe Vladimir Poutine, dont la gestion de la crise avec l'Ukraine dans la foulée du dossier syrien a consacré le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale, a esquissé un geste d'apaisement en annonçant qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" et travaillerait avec le chef de l'Etat élu. Ses propos ont été accueillis avec prudence par la Maison Blanche qui attend un "signe" plus tangible du Kremlin. Sur le "front de l'est", les affrontements ont connu une relative accalmie après deux jours de violents combats dans la région de Donetsk qui ont fait au moins 26 morts, dont 19 jeudi dans les rangs de l'armée ukrainienne. Celle-ci a essuyé ce jour-là ses pires pertes depuis le début de l'opération "antiterroriste" le 13 avril. La ville de Slaviansk, bastion des insurgés armés prorusses, a également connu des combats tôt samedi matin à la veille du scrutin, dont l'objectif est de mettre fin à six mois d'une crise politique qui a plongé ce pays au bord de la guerre civile et de la partition et a déclenché la pire crise diplomatique entre Russes et Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide. Dans la région de Donetsk, qui a proclamé sa souveraineté après un référendum d'indépendance, la présidentielle devrait être plus que compliquée entre peur des électeurs d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes ou tout simplement parce que les urnes et les bulletins de vote n'ont pas pu arriver jusqu'à tous les bureaux de vote. "Nous sommes prêts pour le vote mais l'élection ne pourra pas se dérouler ici", après la prise de contrôle de la commission électorale locale par les insurgés, a ainsi déclaré à l'AFP Tetiana, la responsable d'un bureau de vote de Makiïvka, à l'ouest de Donetsk, qui ne veut pas donner son nom par peur des représailles.

Dans une école du centre de Donetsk, aucun signe d'urnes. "Nous accueillons d'habitude les élections, mais cette fois il semblerait qu'il n'y aura rien", regrette Olga, chargé de ce bureau de vote. Les séparatistes ont multiplié les actions pour empêcher la tenue du scrutin: plusieurs commissions électorales ont été prises d'assaut par des hommes armés et des responsables électoraux ont été kidnappés. Au total, 20 commissions locales électorales sur 34 dans les régions de Donetsk et de Lougansk sont contrôlées par les séparatistes et le scrutin ne devrait pas pouvoir s'y dérouler. "Nous aurons recours à la force" pour empêcher le déroulement du scrutin, a prévenu le leader auto-proclamé de la "République populaire de Donetsk", Denis Pouchiline. Dans le reste du pays, de la nationaliste Lviv à l'ouest, à Odessa, endeuillé par la mort de plus de 40 personnes, principalement prorusses, dans l'incendie d'un bâtiment, les électeurs devraient se rendre en masse aux urnes. Le favori du scrutin, le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko a assuré le service minimum tout au long de la campagne mais est crédité de plus de 44% des intentions de vote. Ses principaux rivaux, l'égérie de la révolution pro-occidentale en 2004 Ioulia Timochenko et le prorusse Serguiï Tiguipko, ont participé vendredi soir aux derniers débats télévisés, la première prônant un référendum sur une adhésion à l'Otan pour faire face à la "guerre non déclarée" russe et le deuxième une normalisationdes relations économiques avec la Russie. Le milliardaire qui promet de gérer l'Ukraine comme il gère sa très prospère entreprise de chocolats Roshen, n'est pas assuré d'être élu au premier tour et devra peut-être patienter jusqu'à un hypothétique second tour le 15 juin. Pour la présidentielle, au cours de laquelle 36 millions d'électeurs sont appelés à voter, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires. 


POUTINE: "UNE VÉRITABLE GUERRE CIVILE" EST EN COURS EN UKRAINE

AFP La Libre

 


Le président russe a également déclaré que le "modèle d'un monde unipolaire" avait "échoué"

Le président russe Vladimir Poutine a estimé vendredi que l'Ukraine était en proie à une "véritable guerre civile", à quelques heures de la présidentielle dans cette ex-république soviétique où s'affrontent forces régulières et insurgés prorusses dans l'Est. La crise en Ukraine "est née parce que (le président ukrainien Viktor) Ianoukovitch a repoussé l'accord d'association avec l'Union européenne. Un coup d'État a suivi, soutenu par nos amis américains, et au final, c'est le chaos et une véritable guerre civile", a déclaré M. Poutine lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).

Le président russe a également déclaré que le "modèle d'un monde unipolaire" avait "échoué", visant sans les nommer les Occidentaux après l'effondrement de l'URSS et la fin de la Guerre froide.

"Le modèle d'un monde unipolaire a échoué. Chacun le voit bien aujourd'hui, même ceux qui tentent d'agir à la manière habituelle, de garder le monopole, de dicter leurs règles du jeu en politique, dans le commerce, les finances, d'imposer des normes culturelles et comportementales", a-t-il indiqué.


UKRAINE : L'OSCE ALARMÉE PAR LA DÉTÉRIORATION RAPIDE DE LA LIBERTÉ DES MÉDIAS

Le Vif

La représentante de l'OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, s'est inquiétée vendredi de "la détérioration rapide des conditions de travail et du climat pour les médias" en Ukraine, lors de la présentation d'un rapport.



© Reuters

"Mon bureau a observé, surveillé et rapporté les événements qui se sont déroulés depuis novembre dernier, et je suis alarmée par la rapide détérioration des conditions de travail et du climat pour les médias", a dénoncé la Bosnienne dans un communiqué de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'OSCE, dont le siège se trouve à Vienne, a publié un rapport d'une quinzaine de pages sur plus de 300 cas de violences répertoriés du 28 novembre 2013 au 23 mai 2014 contre des membres de médias, dont des meurtres, des enlèvements, ou encore des actes d'intimidation contre les journalistes.

Dans de nombreux cas, notamment en Crimée et dans l'est de l'Ukraine, des chaines de télévision ukrainiennes ont été arrêtées et remplacées par des chaines publiques ayant pour origine la Russie, a-t-elle constaté.

"La manipulation des médias et des informations de guerre actuellement en cours doit cesser", a martelé Mme Mijatovic, redoutant des "répercussions sérieuses sur les droits de l'Homme dans le pays", si la tendance n'est pas inversée.


 

 

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