jeudi 29 mai 2014

La presse flamande particulièrement sceptique sur les chances de De Wever


Eddy Eerdekens, le vif ; Source: Knack 

Les quotidiens flamands sont particulièrement critiques sur les chances de réussite de l’informateur Bart De Wever. Les commentateurs constatent que du côté francophone il y a peu d'enthousiasme à l’idée de travailler avec la N-VA . "C’est la démocratie à la belge. Qu’un tiers de la population ait choisi un unique parti est secondaire".



Bart De Wever arrive au Sénat pour négocier avec les présidents de parti francophones © Belga

DE MORGEN: "SI DE WEVER DÉSIRE GOUVERNER, IL DEVRA METTRE BEAUCOUP D’EAU DANS SON VIN"

"Bart De Wever est le premier à mériter une chance de former un gouvernement flamand et fédéral", écrit Yves Desmet dans De Morgen. "Mais cela ne marchera pas comme sur des roulettes. Ce n’est pas parce que vous êtes le plus grand que vous pouvez aussi rassembler une majorité derrière vous".

"Si De Wever est le plus grand, il n’est pas incontournable et s’il veut gouverner il devra mettre beaucoup d’eau dans son vin. Au point que dans ses propres rangs on entend déjà qu’il a manqué "une chance historique". Si ces militants étaient ivres de joie dimanche soir, on comprend de plus en plus pourquoi leur Grand Leader avait déjà l’air particulièrement soucieux".

HET LAATSTE NIEUWS: "SI LES FRANCOPHONES SONT HONNÊTES ET RÉPÈTENT QU’ILS NE VEULENT PAS GOUVERNER AVEC LA N-VA, ILS NOUS FERONT ÉCONOMISER BEAUCOUP DE TEMPS PRÉCIEUX ET D’APPARENCES TROMPEUSES".

Jan Segers, journaliste du quotidien Het Laatste Nieuws, ne donne pas beaucoup de chances de réussir à Bart De Wever. Sa tâche ne doit pas durer plus de trois heures, le temps nécessaire de recevoir les présidents de parti francophones Paul Magnette (PS), Charles Michel (MR) et BenoitLutgen (cdH). "S’ils sont honnêtes avec eux-mêmes et avec l’informateur, ils répéteront cet après-midi qu’ils ne veulent pas gouverner avec la N-VA" écrit Seghers. "Cette honnêteté ferait économiser beaucoup de temps précieux et d’apparences trompeuses à Bart De Wever, au roi Philippe et par conséquent à nous". "Du côté francophone, la N-VA de Bart De Wever ne trouvera pas departenaires" met en garde Michel. "Mais comme personne ne veut donner l’impression de ne pas laisser de chance à l’autre, le spectacle durera encore un petit moment" déclare Segers.

HET BELANG VAN LIMBURG: "EST-ON EN ROUTE VERS UN BAC À SABLE DANS LEQUEL LE PRÉSIDENT DE LA N-VA JOUERA QUELQUE TEMPS AVANT D’ÊTRE ENVOYÉ DÉFINITIVEMENT AU LIT ?"

"Bart De Wever peut-il réussir sa mission? Ou est-on en route vers un bac à sable dans lequel il jouera quelque temps avant d’être envoyé définitivement au lit ?" se demande Eric Donckier dans HetBelang van Limburg. "Comment Bart De Wever peut-il tenir compte des autres partis sans désavouer son programme et mettre toutes ses cartes sur la table ? Sans appui du CD&V c’est une tâche pratiquement impossible à réaliser".

GAZET VAN ANTWERPEN: "C’EST LA DÉMOCRATIE À LA BELGE. QU’UN TIERS DE LA POPULATION AIT CHOISI UN CERTAIN PARTI, EST SECONDAIRE".

Paul Geuddens, journaliste au Gazet van Antwerpen, estime que les présidents de parti francophones préfèrent envoyer Bart De Wever dans l’opposition. "Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) a même laissé échapper que le but est de ‘faire faire quelques tours à De Wever comme informateur’ avant de mettre un membre du PS aux commandes. Traduit librement : nous ferons échouer De Wever"." C’est la démocratie à la belge. Qu’un tiers de la population ait choisi un certain parti est secondaire. Un détail de l’histoire politique dont il ne faut pas tenir compte."

DE STANDAARD: "LE BUT DE VOIR DE WEVER ÉCHOUER EST CLAIR COMME DE L’EAU DE ROCHE"

Dans le journal De Standaard Bart Sturtewagen constate que la balle a été mise très rapidement dans le camp de Bart De Wever. "Le but de voir De Wever échouer est clair comme de l’eau de roche. Mais cela ne doit pas être sa préoccupation majeure". Le PS prend un long week-end avant de commencer les discussions pour la Wallonie et Bruxelles. "Cette pause permet au PS de préparer une mauvaise surprise à De Wever. Il doit absolument tenter de former un gouvernement de centre droit. Il faut qu’il fasse une offre aux chrétiens-démocrates au nord et au sud du pays qu’ils ne peuvent refuser".

HET NIEUWSBLAD: "CONDAMNÉS LES UNS AUX AUTRES"

"Comment se passerait cet entretien d’information entre Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS)" se demande Liesbeth Van Impe dans le journal Het Nieuwsblad. "S’il s’agissait vraiment de respecter la volonté de l’électeur dans les deux parties du pays, ils seraient condamnés les uns aux autres. Mais aujourd’hui, une coalition entre la N-VA et le PS semble la moins probable. Pour l’idéologue De Wever c’est la énième preuve que nous vivons dans deux démocraties. Mais pour l’informateur De Wever c’est un problème de taille". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES CAROTTES SONT CUITES

C’est la règle du second tour à la belge, le tour des présidents, le tour de Machiavel où tous les coups sont permis.

Les éditorialistes flamands sont unanimes, les socialistes feront échouer De Wever. " C’est cela la particratie à la belge. « Qu’un tiers de la population ait choisi un certain parti est secondaire. Un détail de l’histoire politique dont il ne faut pas tenir compte."

Les carottes sont cuites, sauf évidemment si De Wever « devait faire une offre aux chrétiens-démocrates au nord et au sud du pays qu’ils ne peuvent refuser".

Mais laquelle ? Voyons, réfléchissons avec témérité…Revendication communautaire zéro, pas touche à l’index et une déclaration gouvernementale proposant des réformes de structure de caractère essentiellement socio-économique, plus une ouverture à la Sarko : Reynders premier ministre, Milquet aux affaires étrangères, Koen Geens aux finances et Kris Peeters ministre Président de Flandre ?Tout ça et peut être d’avantage : la promesse de ne pas toucher à la sécu. Ce serait faire en somme de la N-VA le contraire de ce qu’elle veut être : un parti traditionnel comme les autres. Difficile de faire avaler pareilles couleuvres à sa base lépéniste.

Mais pour éviter cela, le PS sera ouvert à toutes les compromissions avec le MR à Bruxelles et en région Wallonne. Les libéraux vont être au supplice de Tantale.

Bruxelles vaut bien une messe se dira sans doute Reynders et même un mandat de premier ministre surtout si c’est pour devenir le patron de la Région bruxelloise. Les enchères vont monter, monter…C’est cela aussi la particratie à la belge.

MG

 

 

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