vendredi 2 mai 2014

Le MR fait le gros dos face aux attaques du PS


FRÉDÉRIC CHARDON La Libre



Deux partis très différents ont fêté leur 1er mai de manière très… différente. À Baudour, près de Mons, le PS a flingué sans retenue la droite libérale, tournant en dérision des personnalités du MR. À Jodoigne, au contraire, les libéraux ont joué l’apaisement : le match PS-MR, c’est bien, oui, mais dans une certaine limite. Le MR semble désormais vouloir se sortir de la logique d’affrontement par polémique interposée avec son grand rival. Pas de missiles, pas de scuds, pas de phrases assassines, mais des discours polis et assez convenus.

Pourquoi une telle différence d’attitude entre le PS et le MR ? Les libéraux, tout d’abord, savent qu’ils auront besoin du PS au lendemain des élections s’ils veulent être présents à tous les niveaux de pouvoir. En effet, Didier Reynders a mis une exclusive cette semaine sur la N-VA comme partenaire de majorité fédérale. Décodage : constituer une coalition Orange bleue (MR-CDH-Open VLD-CD&V) avec, en plus, la N-VA pour obtenir une majorité solide est désormais mort-né. Sauf revirement spectaculaire du MR, cela veut dire que le PS va être incontournable. Les libéraux auront donc besoin du PS comme le PS aura besoin probablement du MR pour mettre sur pied le prochain exécutif fédéral.

LE MR EST DEMANDEUR

Mais, à la Région wallonne et à la Région bruxelloise, là, c’est différent. Les libéraux sont demandeurs, le rapport de force est en leur défaveur. En effet, on sort de majorités Olivier (PS-CDH-Ecolo) qu’il pourrait être aisé de reproduire en laissant le MR sur les bancs de l’opposition. Ce serait dans l’intérêt stratégique du PS, d’ailleurs : en prenant le MR au fédéral mais en le laissant agoniser dans les entités fédérées et en faisant l’inverse vis-à-vis d’Ecolo, les socialistes continueraient à diviser pour mieux régner.

Arithmétiquement, en Région wallonne, un Olivier devrait être possible. Ce ne sera pas forcément le cas à Bruxelles, où le MR pourrait bien être le premier parti au soir du 25 mai et le PS seulement deuxième. Toutefois, que le MR soit premier ou pas, le PS peut encore proposer, par exemple, auFDF de rejoindre une coalition de type Olivier qui rejetterait à nouveau pour 5 ans le MR dans les limbes politiques régionaux…

Autrement dit, le MR est contournable dans les Régions (et par ricochet à la Fédération Wallonie-Bruxelles). Et le QG du parti s’en rend bien compte. Le président Charles Michel et d’autres libéraux qui comptent ont appelé à la constitution de majorités symétriques entre le fédéral et les entités fédérées, espérant ainsi pouvoir revenir aux affaires dans les Régions grâce à la présence très probable du MR au fédéral.

LE PS PRÉFÈRE LA GAUCHE

Mais, on l’a vu, le PS pourra dire non. D’où le lissage du discours MR et le bombardement désormais unanime de la N-VA plutôt que du PS que les libéraux évitent désormais de trop crisper. C’est que la qualité des relations et la confiance entre les leaders politiques, ça joue énormément. Et, à ce petit jeu, le MR ne part pas gagnant aux yeux du PS. En effet, le PS a relativement confiance dans le top du CDH et d’Ecolo, malgré les querelles et les couacs qui ont agité le gouvernement wallon. Mais, vis-à-vis du MR, c’est clairement la méfiance. Entre libéraux et socialistes, il y a tout un passif, parfois très personnel. Et il pèse très lourd.

Ce n’est pas un secret : si le PS a la possibilité de se passer du MR au moins dans les entités fédérées, il le fera sans écraser une seule larme. Paul Magnette, le patron du Boulevard de l’Empereur, a plusieurs fois réclamé des majorités les plus progressistes possibles pour l’après-élections. D’où le ton plus posé du MR : il ne faut pas pourrir irrémédiablement le climat avec PS.

Du côté socialiste, par contre, c’est la curée : le MR peut être malmené, comparé à la N-VA, accusé de tous les crimes de la "droite libérale" qui opprime les travailleurs, peu importe. Le PS a tout à gagner à se refaire de la sorte une virginité pour faire rêver ses militants et tenter de désamorcer la bombe PTB qui pourrait exploser plus fort que prévu à sa gauche…


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE TEMPS DES OLIVIERS


« Si le PS a la possibilité de se passer du MR au moins dans les entités fédérées, il le fera sans écraser une seule larme. » Après le temps des cerises, voici venu celui des oliviers qui s’acclimatent bien du climat wallon et bruxellois.

Tout semble indiquer que, si les sondages se confirment, le MR sera renvoyé sur les bancs de l'opposition pour cinq ans. Le PS qui joue sur la peur "sociale" des gens se prépare à rempiler au fédéral et dans les régions, à moins d’un bouleversement dans les intentions de votes de l’électorat auquel personne ne s’attend parmi les analystes. Ce système de coalition est, selon un internaute « un véritable déni de démocratie... »

Cela mérite d’être médité.

MG



DI RUPO ÉVOQUE LE SPECTRE MARTENS-GOL QUE POURRAIENT RÉVEILLER N-VA ET LIBÉRAUX

Source: Belga
Le Vif

Elio Di Rupo a épinglé jeudi "les convergences des programmes des partis de droite" qu'il voit comme la principale menace de l'après 25 mai. Il craint un retour aux gouvernements Martens-Gol des années '80 qui furent synonymes de suppressions d'index, réduction du pouvoir d'achat et recul de la protection sociale.



Elio Di Rupo. © Image Globe

Devant ses troupes réunies à l'occasion de la Fête du 1er mai à Baudour, près de Mons, le président en titre du parti socialiste a égrené ce qui unit "les libéraux et la N-VA", soulignant leur appel au "détricotage des droits fondamentaux des travailleurs, à l'augmentation du temps de travail, la réduction des droits syndicaux" et aux privatisations.

Face aux menaces de la "droite antisociale", il convient plus que jamais que les socialistes soient dans le prochain gouvernement, a martelé Elio Di Rupo. Alors que de plus en plus d'électeurs semblent tentés par un vote PTB, le chef de file socialiste a appelé à ne pas diviser la gauche. "Dans les années '80, il y a eu deux communistes au Parlement, mais un gouvernement des droites sans les socialistes. Cela n'a pas empêché d'avoir un désastre pour les citoyens, avec trois suppressions d'index en trois ans." 
Elio Di Rupo a rappelé jeudi quelques-unes des propositions socialistes pour le prochain gouvernement et notamment une augmentation de 120 euros nets par mois pour 70% des travailleurs.

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