mardi 20 mai 2014

Le pied de nez de Kris Peeters à Bart De Wever


D.V., C.D.P.
Le Soir

Le ministre-président flamand est en visite en Wallonie ce mardi. A Liège, il a loué la Wallonie, « meilleur voisin » de la Flandre.



1+1=3, une Wallonie plus forte, une Flandre plus forte, un pays plus fort ». Illustration : la nouvelle gare des Guillemins, comme symbole d’une Wallonie qui renaît. C’est le message qui orne la page de couverture de la farde distribuée aux journalistes par le service de presse du ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V), pour accompagner la mini-tournée qu’il effectue en Wallonie ce lundi.

Première étape : Liège, plus précisément Seraing et son Science Park, qui regroupe plusieurs centres de recherches et entreprises high-tech wallonnes. Dans ces lieux qui symbolisent la Wallonie qui retrouve du poil de la bête, Kris Peeters délivre son message : « La collaboration entre la Flandre et la Wallonie, c’est 1+1=3. Ce qui se fait ici permet de créer des emplois, de nous positionner sur le terrain international avec une industrie de pointe. Ce genre d’initiative est plus important à mes yeux que la limitation du chômage dans le temps », lance le ministre-président flamand dans les locaux de Sirris, entreprise réputée pour son expertise dans le domaine des imprimantes 3D. Kris Peeters égratigne au passage, sans la nommer, la N-VA de Bart De Wever et s’en démarque une fois de plus, à moins d’une semaine des élections.

 

DE L’UNION À LA COLLABORATION

« La Wallonie est la première Région où nous (la Flandre, NDLR) exportons et notre meilleur voisin. Nous sommes complémentaires et nous devons nous renforcer mutuellement. Bruxelles et la Wallonie ne sont pas des adversaires mais des alliés », estime-t-il. C’est le sens de ce « 1+1=3 » : la plus-value de la Belgique des Régions selon Peeters, se décline désormais sous le slogan « La collaboration fait la force ».

Après Liège, Kris Peeters a pris la route de Mons, où il doit visiter le TechnoCampus, centre de formation aux technologies qui s’adresse tant aux demandeurs d’emploi qu’aux entreprises.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA COLLABORATION FAIT LA FORCE



L’effet Dehaene, c’est comme la Pentecôte, l’esprit du divin plombier est tombé sur le crâne de Chris- oui il s’appelle comme ça- de Elio et de Didier sous forme de languettes de feu qui leur permettent de parler une autre langue, celle de l’unité et de la collaboration : « la collaboration fait la force ». La diversité aussi.

Bart absent se contentera du rôle de Judas.

MG


DRÔLE DE FAUX DUEL

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef 
Le Soir

On annonçait le duel de la mort qui tue, on a eu droit à un objet politique non identifié. Lundi soir, à la RTBF, Didier Reynders (MR) et Elio Di Rupo (PS) sont apparus comme anesthésiés. Sur la forme : pas d’escarmouches ou de paroles qui tuent. Cela avait pourtant démarré fort, avec Di Rupo dégainant les extraits « pro-N-VA » du livre de Reynders, et Reynders, la photo d’Elio avec Bart. Mais rien, aucun coup de sang. Le sommet de cette drôle de paix des braves sera atteint sur le vol des avions, où c’est le vice-Premier libéral qui désamorcera sa propre mise en cause du Premier ministre socialiste. Sur le fond ? François De Brigode sera le seul à acter une différence de modèles de société qu’on cherchera vainement dans le discours d’hommes qui refusent tous deux de scinder le pays, la sécu et de toucher à l’indexation, qui veulent surtout créer de l’emploi et aiment les PME. L’un trouve bien la réforme fiscale du MR impayable, l’autre trouve la taxation des loyers du PS stupide, mais on les a connus plus impitoyables.

POURQUOI SI PEU DE HARGNE ?

1) La campagne a été longue, avec un nombre de débats hallucinant, tout le monde est fatigué. 2) L’ombre du « dérapage » du duel précédent planait sur un Reynders, tendu mais souriant, très éloigné du cynisme qu’il affectionne. 3) L’élection est proche et tous savent que les indécis n’iront pas voter après avoir vu les hommes politiques s’étriper. 4) Ils sont pieds et poings liés par leur bilan commun : difficile pour deux ténors qui ont gouverné ensemble, de critiquer l’acquis. 5) Ces deux-là savent, – perturbant car très inhabituel –, qu’ils ne sont cette fois pas leurs pires ennemis. Ceux-ci sont ailleurs et ils n’en ont pas la maîtrise. C’est le PTB, pour le PS. Et c’est devenu pour le MR, la N-VA, seul parti à vraiment oser le contraire de ce que les socialistes (et tous les autres francophones) proposent.

Il y a deux autres explications encore. Version haute : les deux grands partis francophones mesurent la gravité du scrutin et espèrent que le sort de la Belgique ne sera pas placé sous le diktat de la N-VA. Le duel le montre : PS et MR divergent à la marge, face au fossé commun qui les sépare de ce que la N-VA propose pour le pays. Le moment ne serait donc pas à se déchirer mais à préserver la petite chance qu’ils entrevoient que le parti nationaliste perde des points. On s’apprêterait donc à re-gouverner ensemble. Version basse : à six jours du scrutin, ils n’ont plus droit à l’erreur et ont joué la sécurité.

 

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