lundi 19 mai 2014

Le très étrange électrochoc de Marie Arena


Luc Delfosse - Journaliste, éditorialiste AU vIF et auteur de « Et ta mère » (ed. ONlit.net)


On ne sait si l’opportune arrestation d’un suspect des tueries du Brabant ou, plus encore bien sûr, l’alignement stratégique du CD&V derrière le cercueil de Jean-Luc Dehaene à l’avant-veille des élections, seront de nature à changer à la marge l’issue du phénoménal scrutin de dimanche prochain. Mais on se perd en conjectures sur le sens et la nature exacte des retombées la déclaration de MarieArena, la tête de liste du PS aux européennes, interrogées ce samedi lors du « Grand Electoral La Première Le Soir ».



Marie Arena, le 1er mai 2014 © Belga

QUESTION : PEUT-ON NÉGOCIER AVEC BART DE WEVER ? 
Réponse : "On peut négocier avec De Wever si on est fort ! 
Surprise : désormais, on peut ! Même « ce PS-là » pour rependre la petite phrase de BDW ! Mais qui parle au juste ? Imagine-t-on que l’ancienne ministre s’exprime à titre personnel, sans avoir reçu l’aval de ses patrons, Elio Di Rupo et/ou Paul Magnette ? Pas un seul instant, bien sûr, dans le climat paroxystique de cette fin de campagne où chaque mot, chaque geste, chaque engagement compte triple.

Cette très étonnante annonce fait en tout cas penser à celle d’un autre baron francophone de deuxième ligne, le MR Jean-Luc Crucke qui, il y a quelques mois avait rompu une lance en faveur d’un éventuel gouvernement « socio-économique » avec la NVA. Là aussi, il était impensable que le député libéral ait parlé sans l’aval des plus hautes autorités de son parti. Ou à tout le moins de son ami Didier Reynders qui, depuis, semble avoir changé radicalement d’avis sur le sujet.

« On peut négocier avec la NVA si l’on est fort »… Au PS, on dira évidemment que c’est la deuxième partie de la petite phrase d’Arena qui est, si l’on ose dire, capitale. Elle sonne comme un cri aux électeurs de gauche de ne pas « gaspiller » leurs forces. De faire front derrière le grand vieux parti qui serait le seul à pouvoir endiguer le raz de marée annoncé des populistes flamands. Mais alors ces quelques mots en disent long, très long sur l’état d’inquiétude qui règne au Boulevard de l’Empereur. 

Y considèrerait-on que la cause est déjà entendue ? Que les élections sont d’ores et déjà perdues pour le PS dont la frange la plus radicale des électeurs, lassée des « compromissions », s’en ira la fleur au fusil vers les formations de l’ultra gauche dont les sondages nous disent qu’elles ont le vent terriblement en poupe ? 

La déclaration de Marie Arena laissent en tout cas penser que la parti d’Elio Di Rupo craint de ne pas réussir à « sauver les meubles » comme il avait pu le faire lors des régionales de 2009 quand tout le monde, déjà, lui prédisait une Bérézina . L’humiliation avait été évitée grâce à une mobilisation sans précédents de tous les cadres de l’Action commune (parti, syndicat, mutuelle). Mais cette fois, quelle étrange partie de football panique ! Quelques heures après que PaulMagnette ait envoyé Bart De Wever aux pelotes –et réciproquement…- le parti aurait donc mandaté sa tête de liste européennes pour tenter le premier électrochoc politique d’une série qui devrait secouer la dernière semaine de campagne. Hélas, il y a gros à parier que, dimanche prochain, la question ne sera pas : « peut-on » négocier avec De Wever mais que… doit-on négocier avec le leader de la NVA. C’est donc une bien brouillonne stratégie et un fameux message de désespoir que Marie Arena nous livre aujourd’hui. Comme si le PS venait d’avouer que, sauf miracle, ce pourrait être sans lui. Partant l’apocalypse de la Belgique. 

On verra dans une semaine si, prenant conscience de l’enjeu, les électeurs fuyants – et l’énorme réserve d’indécis- vireront de bord au dernier instant pour « voter utile », version socialiste. Pour l’heure, on retiendra de la déclaration de l’ex-dame de Binche qu’en politique, il n’y a évidemment ni morale, ni parole, ni tabou. Seul compte le rapport de forces qui, lorsqu’il est favorable, permet tous les scénarios. Même les mariages contre nature.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TOUT ET SON CONTRAIRE

Si les sondages sont fiables, le Roi désignera BDW comme Informateur. Celui-ci ne pourra que mettre ses dictats sur papier et on verra quels partis accepteront de discuter de la scission de la Secu. En politique comme en affaires c'est le rapport de force qui compte. C'est particulièrement vrai en Belgique avec son scrutin proportionnel.

Attention, danger, Car il s’agit là ni plus ni moins d’un préavis de crise annoncée. Une négociation avec une N-VA désireuse de réaliser son programme socio-économique radical et confédéraliste « pourrait générer une crise plus longue que les 541 jours que l’on a connu avant Di Rupo Ier », dixit Paul Magnette. Potentiellement, le pays à nouveau au bord du gouffre.

Soit la N-VA n’est pas incontournable en Flandre et la tripartite classique actuelle poursuit son programme de stabilité au fédéral (Di Rupo II). Mais si le parti de Bart De Wever se révèle incontournable, ou si son score lui permet de former rapidement une coalition avec le CD&V au niveau flamand, le système belge pourrait à nouveau être carrément grippé. Certains parlent même d’une perspective inquiétante où, en raison d’un blocage absolu, on pourrait être contraint de… revoter après des mois d’immobilisme.

Le match de boxe De Wever – Magnette a réveillé de vieux démons qui, au fond, pourraient provoquer l’effet inverse de l’impact électoral escompté. Pour éviter la crise, il serait peut-être sage, alors, de ne voter… ni PS, ni N-VA. 

Les cris et les chuchotements des Magnette, Onkelinx et autres Arena permettent à Elio d’avancer masqué derrière son mufle de premier ministre au maquillage de star. On ne sait jamais, un Di Rupo II n’est pas encore exclu…

MG


LAURETTE ONKELINX: LE MR ET LE PTB «SONT DANS LE CAMP DES BONIMENTEURS»

David Coppi et Belga
Le Soir

Lors du dernier meeting de campagne, le PS attaque ses adversaires pour le scrutin de dimanche prochain.

 


Pour le dernier meeting du PS, ce dimanche en fin d’après-midi à Tour et Taxis, Laurette Onkelinx a appelé à la mobilisation pour les derniers jours de la campagne. Et elle n’a pas épargné le MR, coupable, dit-elle, « d’une tendance pathologique à la division et à l’individualisme ».

La vice-Première, et tête de liste à la chambre à Bruxelles, décrit « un pays qui a besoin d’unité et de solidarité. Et cela, seule la famille socialiste peut lui apporter ». Ensuite, elle met en garde contre le MR, ainsi que contre le PTB, qui, selon elle, sont « dans le camps des bonimenteurs  ».

« Bien sûr ils (les électeurs) préféreraient payer 17 milliards d’impôts en moins comme le promet le MR ou recevoir 17 milliards de dépenses en plus comme le promet le PTB, mais, au fond d’eux-mêmes, ils se rendent compte que toutes ces promesses, c’est du vent  », a lancé la première oratrice, la vice-Première ministre Laurette Onkelinx, devant des candidats et des militants socialistes rassemblés sur le site de Tours et Taxis.

Mais elle s’en est aussi pris, tout comme le président des socialistes francophones, Paul Magnette, à la N-VA.

« La N-VA n’est pas crédible comme gestionnaire ’honnête’ de la Belgique fédérale. Elle n’est pas crédible pour gérer ce pays dans l’intérêt de tous seshabitants  , a dit Mme Onkelinx, en soulignant que dans le programme de la N-VA, « le communautaire est présent en filigrane à chaque ligne ».

« Tout leur programme socio-éconmique est tourné autour de l’idée qu’il faut désosser le (niveau) fédéral », a-t-elle poursuivi.

 


LE MR PRÉVIENT: AVEC LE PS ET LA N-VA C’EST «BLOCAGE GARANTI»

La libre

Les libéraux se présentent comme ceux qui peuvent « trouver des solutions ».



Le MR a adressé dimanche un dernier avertissement aux électeurs, à quelques jours du 25 mai : le PS et la N-VA sont synonymes de blocage, le MR est du côté des solutions. « PS/N-VA blocage garanti », a lancé le président, Charles Michel, devant plusieurs centaines de militants réunis à Bruxelles.

L’enjeu du scrutin est de taille, a-t-il souligné. Les 5 années qui suivront se passeront sans élections : « Veut-on le blocage, l’immobilisme, veut-on un nouveau record du monde des négociations, ou au contraire trouver des solutions ? »

Le MR a rappelé quelques-uns de ses engagements électoraux : suppression du décret inscriptions, baisse des charges qui pèsent sur le travail et les PME, baisse des droits de donation et de succession, service minimum dans les transports en commun ou, encore, le retrait du « plan Wathelet » qui met en oeuvre les accords fédéraux sur la répartition des vols de l’aéroport de Bruxelles-National.

Le bilan des gouvernements « de gauche » dans les Régions a également été la cible des critiques des Réformateurs.

« C’est pour réussir là où la gauche a échoué que, demain, je veux devenir ministre-président », a assuré le candidat tête de liste aux régionales à Bruxelles, Vincent De Wolf.

 

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