samedi 24 mai 2014

Les partis francophones unis face à la N-VA

BELGA La Libre



Les partis francophones n'entameront de discussions avec la N-VA pour former le prochain gouvernement que si le résultat des urnes, les y contraint, est-il ressorti du débat entre présidents de partis francophones - hormis les FDF, qui, comme les petits partis n'avaient pas été invités - organisé vendredi soir par la Une (RTBF).

Les échanges ont permis à Paul Magnette, (PS), Charles Michel (MR), Benoît Lutgen (cdH) et EmilyHoyos (Ecolo), de défendre une dernière fois les positions de leurs formations notamment en matière d'emploi, d'enseignement, de gestion des finances publiques, de pensions, d'égalité hommes-femmes.

A moins de deux jours du scrutin, aucun d'entre eux n'a affiché de préférence nette pour une coalition, hormis le président du PS Paul Magnette qui privilégie d'abord une alliance à gauche de l'échiquier si le résultat électoral le permet.

Le président du MR Charles Michel a rappelé à ce propos que la possibilité que des formations de droite et de gauche gouvernent ensemble au départ de programmes fort différents était dictée par le système électoral proportionnel. "Nous aimerions aller vers un système plus majoritaire", a-t-il ajouté.

Benoît Lutgen a dit n'avoir aucune exclusive, en tant que président d'une formation centriste et "rassembleuse".

"Ce qui compte en politique, c'est le contrat de mariage, pas le marié", a commenté Emily Hoyos.

Aucun des quatre présidents n'a été convaincu de la sincérité du récent appel du pied du président de la N-VA Bart De Wever en direction des francophones.

"Je ne crois pas qu'il veuille sauver la sécurité sociale. Il a essayé toutes les stratégies pour étrangler l'Etat fédéral", a dit Charles Michel.

Attribuant la sortie du patron de la formation nationaliste à une campagne qui "devient trop longue pour lui", Paul Magnette a estimé que le programme "très anti-social de la N-VA" faisait peur en Flandre également.

"Nous serons encore au rendez-vous pour lui dire non demain", a dit Benoît Lutgen.

Emily Hoyos a souligné que si les électeurs imposent aux Verts d'aller autour de la table avec la N-VA, ils iront dans le but avoué de "faire échouer son programme".



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEBAT A FLEURETS MOUCHETÉS


Beaucoup de courtoisie et de sourires dans ce débat décontracté où on a senti Louis Michel assez seul face à ses contradicteurs qui donnaient l’impression de s’entendre comme larrons en foire.

Décidément c’est le temps des olives sinon des cerises.

MG



LE PROGRAMME SOCIAL DE LA N-VA FUSILLÉ

Dirk Vanoverbeke Le Soir

Les présidents ou les figures de proue des partis flamands se sont affrontés sur le plateau de la VRT.



Les présidents de partis flamands étaient invités sur la VRT, tous sont venus sauf ceux du CD&V et de l’Open VLD, remplacés par les figures de proue de leur parti.

Maggie De Block a été d’emblée mise en difficulté lors d’une question posée par une personne invalide bénéficiant d’une allocation qu’elle qualifie d’indécente : « C’est scandaleux. Vous avez trouvé de l’argent en quelques jours pour sauver les banques. Mais depuis 40 ans, ma situation n’a pas évolué. » Bart De Wever en a profité pour s’opposer à la star libérale, affirmant qu’avec la N-VA, « ces allocations les plus basses seraient augmentées. Au même titre que les plus petites pensions. »

Le président de la N-VA a pris l’avantage en demandant à Maggie De Block où les libéraux comptaient débusquer l’argent pour augmenter les allocations les plus basses, après avoir voté une sixième réforme de l’Etat qui allait coûter très cher au prochain gouvernement flamand. Il s’est en revanche énervé face à la question : « La N-VA veut-elle scinder le pays ? » « Ce n’est pas notre but. Nous souhaitons plus d’autonomie. »Pressé de répondre par oui ou non, il hausse le ton : « Vous voulez effrayer les gens avec vos questions ! » « Alors pourquoi ne pas retirer de votre charte le premier point de votre programme qui revendique l’autonomie de la Flandre ? », rétorque la journaliste. « La scission, cela fait penser à la catastrophe, à la guerre. Vous savez, la charte du PS parle bien de la lutte des classes, un concept du XIXe siècle. La N-VA veut vivre au XXIe  siècle. L’Europe recevra des Etats-membres au fil des années de plus en plus de nouvelles compétences, comme la Défense ou le Budget. La N-VA est pour le modèle de l’évaporation. »

Le chef de file de la N-VA s’est ensuite opposé à son homologue socialiste, Bruno Tobback. La question émanait d’un chef d’entreprise critiquant l’indexation automatique des salaires, responsable, selon lui, de notre perte de compétitivité. Bart De Wever a plaidé la fin de l’indexation, mettant en évidence le modèle danois où les travailleurs employés dans le privé étaient beaucoup plus nombreux et mieux payés que chez nous.

Le président de la N-VA a été ensuite la cible des autres partis qui, à l’exception du Belang et de Maggie De Block, très discrète dans le débat, l’ont fusillé sur le front du chapitre social des nationalistes. Le président deGroen s’est dit choqué par les déclarations de certains mandataires N-VA contre les chômeurs et a rappelé que le programme nationaliste proposait de confisquer 9 milliards au Budget de la Sécurité sociale : « Cela signifie moins d’allocations pour les pensionnés ». « Vous mentez ou vous ne savez pas lire un programme » s’est énervé De Wever, mitraillé ensuite par le chef de file S.PA. « Un de vos mandataires demande aux allocataires sociaux de vendre leur maison avant de bénéficier de l’aide de l’Etat. C’est comme si un assureur privé vous demandait de vivre dans votre jardin, après l’incendie de sa maison » Vous mentez, vous voulez faire peur aux personnes âgées qui nous appellent tous les jours effrayées par les contre-vérités que vous lancez » a rétorqué De Wever. A la veille de la campagne, les nerfs nationalistes sont à vif.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ANNEMANS TOUT EN NUANCE


Il est temps que la campagne s’arrête pour Bart De Wever. Il est à bout de nerf et cela se remarque. En revanche Gerolf Annemans du Vlaams Belang, élégant, coquet, courtois fait patte de velours pour ramener à lui les électeurs fluctuants qui se comportent en électron libre et vont du VB à la N-VA et inversement. Quant au CD&V, il semble dopé par l’esprit Dehaene qui plane soudain sur le parti démocrate-chrétien.

Selon nous, Bart n’engrangera pas ses 30% et il enrage déjà.

MG

 


FIN DE L'ENSEIGNEMENT LIBRE? "UN SÉRIEUX PROBLÈME" POUR LUTGEN

O.EGGERMONT ET RÉDACTION EN LIGNE 



Lors du grand débat télévisé du service public, le chef de file du cdH a, à nouveau, attaqué la patronne d'Ecolo sur ses positions concernant les réseaux d'enseignement. 

La réaction de Benoit Lutgen a fusé: "Les déclarations d'Emily Hoyos posent un ''sérieux problème''. Vouloir retirer un droit aussi fondamental que la liberté d'enseigner et celle de choix pour les parents est inacceptable."

Du coup, Emily Hoyos patine et revient sur sa déclaration matinale sur La Première. "Je ne veux pas supprimer l'enseignement libre", -t-elle lâché à François de Brigode et Johanne Montay. C'est ce qu'on peut appeler une belle contradiction et du même coup un couac de campagne...

Pendant ce temps-là, sur la toile ça gazouille à coup de tweets bien scandés de la part des deux partis sur le thème de l'enseignement....

 

FEU VERT POUR LA 1RE ÉCOLE SECONDAIRE MUSULMANE

STÉPHANIE BOCART La Libre

 


BELGIQUE

C’est une première en Fédération Wallonie-Bruxelles : une école libre secondaire de confession musulmane, La Vertu, pourrait, techniquement, ouvrir ses portes lors de la rentrée scolaire 2015-2016.

Le Conseil général de concertation pour l’enseignement secondaire, qui s’est réuni hier, a, en effet, rendu un avis favorable sur le dossier porté par l’ASBL ECIB (Enseignement confessionnel islamique de Belgique), déjà pouvoir organisateur (PO) des écoles fondamentales confessionnelles islamiques Al Ghazali à Etterbeek et La Plume à Molenbeek, et de la section primaire La Vertu à Schaerbeek.

"C’est un projet qu’on tire déjà depuis deux ans, indique une source proche du dossier. Tout ce qui pouvait bloquer le dossier a été épuisé."

C’est en 2012 que l’ASBL ECIB introduit pour la première fois un dossier visant à créer un institut La Vertu, chaussée de Haecht à Schaerbeek. Parvenu "très tardivement" au Conseil général, l’examen du dossier est alors reporté. Il revient sur la table du Conseil en avril 2013. Là, il reçoit un avis réservé. En cause ? Le projet est conforme, mais l’implantation qui lui a été choisie ne s’inscrit pas dans un quartier "déficitaire", c’est-à-dire où il manque des places d’école. A cette époque, le cabinet de la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet (CDH) avait déclaré : "La balle est à présent dans le camp des auteurs du projet." Ils devaient amener des compléments d’information à leur dossier avant que le Conseil général ne puisse à nouveau se prononcer sur le fond et rendre un nouvel avis.

Et c’est ce que l’ASBL ECIB a fait. Pour examiner le dossier amendé de La Vertu, un groupe de travail, composé de représentants de l’Administration, des trois réseaux et des syndicats, a été constitué et a procédé à une "analyse très technique".

POUR LE PROCHAIN GOUVERNEMENT

L’ASBL devait apporter des informations complémentaires concernant deux questions. Primo, par rapport à la conformité du bâtiment qui devra abriter la future école. "L’ASBL ECIB a racheté uneancienne école néerlandophone", affirme notre interlocuteur. Secundo, par rapport à l’implantation de l’école, dans un quartier où il n’y a pas de tension démographique et, donc, pas de manque de places d’école. "Mais La Vertu va recruter ses élèves dans les écoles primaires musulmanes qui existent déjà, avance-t-on. Le recrutement des élèves sera donc plus large" que dans l’environnement proche de La Vertu.

Au vu de ces réponses, le groupe technique a décidé de proposer au Conseil général de remettre un avis favorable. Ce qu’il a fait hier. L’avis doit à présent être remis à la ministre Schyns (CDH).

Pour l’heure, rien n’est encore acquis, puisque le gouvernement est libre de suivre ou non l’avis du Conseil général. De plus, vu l’échéance électorale toute proche, ce dossier atterrira sur la table du prochain gouvernement car "un dossier neuf doit être traité en affaires courantes", précise-t-on au cabinet Schyns. Dès lors, "techniquement, le projet ne semble pas réalisable au 1er septembre 2014, confie notre source, ce qui est dommage, car le dossier est mûr et les représentants de l’ASBL sont en attente d’une ouverture". Si le prochain exécutif suit l’avis du Conseil général, "La Vertu devrait donc pouvoir ouvrir ses portes en septembre 2015" .

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE PAYSAGE SCOLAIRE BOULEVERSÉ ?

 

Ils n’en ont pas parlé!  Pourtant l’ouverture de la première école secondaire musulmane est à l’ordre du jour. Faut-il s’en réjouir ou s’en alarmer ?

 

Rappelons que l’ouverture d’écoles musulmanes est garantie par la Constitution belge. De fait, Il existe déjà des établissements catholiques ou juifs au sein du réseau libre.

Mais qu’est ce exactement qu’un enseignement « musulman ». On constate, par exemple au Royaume-Unique la plupart des établissementde ce type gravitent dans l’orbite de mosquées pas forcément toujours très « orthodoxes ».

La question, qui forcément se pose, touche les mesures qu’on adoptera afin de s’assurer que l’ensemble des valeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles soient garanties à l’intérieur de cet établissement.  

La Fédération a ici l’occasion de promouvoir un islam de Belgique éclairé, tolérant et intégrant les valeurs fondamentales de notre pays. Il s’agit de ne pas la manquer.

Il est donc essentiel que la Ministre précise les mesures que prendront ses services afin de s’assurer de la promotion des valeurs démocratiques à l’intérieur de l’école « La Vertu » notamment pour tout ce qui touche à l’égalité hommes/femmes, tout ce qui concerne les cours de biologie – notamment la théorie de l’évolution, etc.). Les peurs de voir l’école engager des professeurs de nationalité étrangère qui pourraient promouvoir une vision rétrograde de la religion musulmane devront également être apaisées.

En tout état de cause, on a entendu prononcer les mots « guerre scolaire » dans le débat des présidents. Les chefs de file du MR et du PS n’ont pas relevé le propos de peur de perdre le moindre électeur dont les enfants fréquentent le libre. Magnette a esquivé en faisant l’éloge des bassins scolaires réunissant dans sa bonne ville de Charleroi les deux réseaux dans une logique de rationalisation et c’en est resté là, provisoirement.

Mais tôt ou tard, le dossier du réseau unique (comme en Finlande) s’imposera en Communauté française menacée de cessation de paiement. Pour l’heure, rien n’est encore acquis, puisque le gouvernement est libre de suivre ou non l’avis du Conseil général. Si le prochain exécutif se conforme à l’avis du Conseil général, "La Vertu » devrait donc pouvoir ouvrir ses portes en septembre 2015".  Reste à savoir si nous aurons déjà un gouvernement à ce moment là.

MG

 

 

 

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