lundi 12 mai 2014

Modèle CD&V versus modèle N-VA


Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef 
Le Soir



C’est la péripétie de ce week-end pour le nord du pays, mais aussi pour… Bart De Wever. Alors que la N-VA a orchestré toute sa communication pour convaincre les électeurs flamands que le seul ennemi à son programme libéral, réformateur, simplificateur, anti-profiteurs, etc. était le PS, ceux-ci ont dû constater ce dimanche, au terme de deux duels télévisés très attendus, que, dans l’immédiat, l’opposant numéro un de la N-VA se trouvait dans le camp flamand : le CD&V. C’était la première fois hier que Kris Peeters et Bart De Wever se rencontraient. Et c’était déjà une (petite) victoire pour Peeters, qui, en invitant expressément De Wever à débattre – et en refusant la « locale » Liesbeth Homans –, avait forcé le président nationaliste à sortir du bois.

Le premier duel, hier midi sur la VRT, révélait le fossé dans le positionnement social des deux partis. Le point clé de ce « schisme » gauche-droite est venu des allocations de chômage. Un second différend très clair est apparu sur l’institutionnel, avec le niet absolu de Peeters à la méthode de formation des gouvernements proposée samedi par De Wever (et dont tout le monde pensait jusque-là qu’elle consistait à ce que ce soient les gouvernements régionaux, formés les premiers, qui négocient le fédéral). Il y a donc un modèle N-VA, jugé asocial par le modèle CD&V ; et il y a un « Kris », très populaire au nord du pays, qui se mouille et fait savoir (pour l’instant du moins) qu’il ne dansera pas comme Bart siffle. Il suffisait de suivre le même duel à 19 h, sur VTM, pour constater l’agacement de De Wever. Il renonce en effet très vite sur le plateau à attaquer Peeters, pour quasiment l’implorer : «  Mais enfin, Kris, qu’est-ce qu’on fait ici à se disputer ! C’est une fausse opposition. Notre grand opposant est ailleurs  ! » Il ira même jusqu’à suggérer que tout est négociable pour la ministre-présidence de la région – comme s’il « achetait » en direct le ralliement du CD&V –, et il modifiera sa suggestion sur la formation du gouvernement fédéral à partir des régions (un point sur lequel plus personne ne comprend ce qu’il veut). Et comme si le PS ne suffisait désormais plus pour faire peur au téléspectateur, De Wever brandit - c’est nouveau - le péril communiste au sud du pays. Quelle pub pour le PTB...

Trois leçons à tirer. 1) Le dérapage de Jan Jambon sur les allocations de chômage n’était qu’un amuse-bouche avant la prestation de De Wever dans ces duels. 2) Trouver des alliés après le 25 mai n’est pas gagné pour la N-VA, et elle se doit de constater que ce ne sera pas à ses conditions. Il se pourrait que celui qui lui fera des difficultés ne porte pas nécessairement un nœud papillon. 3) Avant de négocier des gouvernements et de distribuer des postes, il faut laisser l’électeur voter. Cela aussi, Kris Peeters, hier, l’a sèchement rappelé.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SHADOWBOXING


Un internaute commente : « A force de vouloir défendre l'indéfendable, les anti-N-VA ne font que renforcer le parti de Bart De Wever. Qui peut croire que le CD&V ne va pas s'allier avec la N-VA au lendemain du scrutin? Les francophones devraient se montrer plus lucides, plutôt que de remuer l'épouvantail de la N-VA. Ce parti sera incontournable, alors que faire? Précipiter la fin de la Belgique, faire ami-ami MR/N-VA ou jouer le bras de fer PS/N-VA? 3 possibilités à examiner au lieu de croire que l'on va se débarrasser de Bart. »

Incontournable, la N-VA ? Pas sûr du tout ! En effet, si on suit le raisonnement de Carl Devos les chances de voir la NVA au gouvernement flamand sont fortes, en revanche celles de la voir s’assoir à la table du fédéral sont assez réduites. Voilà un raisonnement intéressant qui annoncerait la constitution d’un Di RupoIIavec une majorité en terre francophone et une minorité en Flandre. C’est le cauchemar de la N-VA qui rêve d’un front flamand anti Di Rupo. « N-VAappelleert aan een soort frontgevoel: de Vlamingen maken schouder aanschouder als Vlaamse regeringspartijen een gezamenlijke vuist tegen wienoodzakelijke hervormingen weigert. »

Mais attention, comme l’a finement remarqué Béatrice : « Trouver des alliés après le 25 mai n’est pas gagné pour la N-VA, et elle se doit de constater que ce ne sera pas à ses conditions. »

Tout cela est bien compliqué ! Allez donc expliquer tout cela à une amie belge exilée en Suisse depuis quarante ans…

MG





DE WOORDEN VAN JAMBON ZULLEN OOK NA DE EXCUSES BLIJVEN PLAKKEN

DM COLUMN De politieke actualiteit volgens politicoloog Carl Devos.


Voor N-VA is het erop of eronderZo speelt ze ook het spel. Dat moet, want hetgaat nu hard tegen hard. Een collectieve verantwoordelijkheid. De vrijinhoudelijke campagne krijgt een venijnige ondertoon, de antipolitiek loert omde hoek.

(…)

In 2010 wou De Wever samen met CD&V en Open VLD als een VlaamseAlliantie onderhandelen met de Franstaligen. Maar zijn partners hadden toengeen zin in deze setting, die al snel met de weinig flatterende omschrijving'driewieler' door het leven mochtVoor CD&V en Open VLD voelde dezebeklemmende greep aan als een doorzichtige poging om hen mee te slepen in het radicalisme van N-VA, en N-VA tegelijk onvermijdelijk te maken wegensvastgekoppeld aan twee anderen. De afkeer bij CD&V en Open VLD tegen deze'confederaleformatiemodus is sindsdien nooit veranderd. N-VA raakt nooit als'Vlaamse regeringaan de federale onderhandelingstafel.

Nog voor de Franstaligen dat eventueel weigerenzal N-VA daarvoor geenVlaamse partners hebbenook niet bij de zogenaamde hervormingspartijen. Detalrijke tegenargumenten dienen zich bovendien met gemak aan. Maar voor N-VA zit er een voordeel aan het beeld dat ze met deze strategie oproeptZedwingt anderen minstens te suggereren dat ze federaal zonder grote winnaar N-VA willen besturendus eventueel weer met een tripartite zonder Vlaamsemeerderheid. In de redenering van N-VA leidt dat tot veel toegevingen en weinigveranderingN-VA appelleert aan een soort frontgevoel: de Vlamingen makenschouder aan schouder als Vlaamse regeringspartijen een gezamenlijke vuisttegen wie noodzakelijke hervormingen weigertVoor sommige Vlamingen magdat dringend gebeuren.

Misschien kan N-VA daar heel wat kiezers mee overtuigen, al had ze nietmeteen haar beste weekend. De woorden van Jambon zullen ook na de excusesblijven plakkenHet beeld van een bikkelharde N-VA, die om de haverklapmoet bijsturen en toelichten, is al stevig in opgang. En de chaosgedachte kannog anderen wegduwenN-VA heeft bovendien niet alleen heel veel kiezersnodig. Ze heeft vanaf 25 mei vooral bondgenoten nodig. Het helpt daarbij nietdat de persoonlijke relaties tussen De Wever en enkele andere protagonisten in de Wetstraat al sinds 2010 niet goed zijnWat ben je met die golfslagals straksenkel wat schuim blijft liggen?

 

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