vendredi 23 mai 2014

SONDAGE : LA N-VA PASSE SOUS LA BARRE DES 30%


RÉDACTION EN LIGNE, BELGA 


 

La N-VA apparaît à 29,8% dans un dernier sondage Ipsos-Le Soir-RTL-TVI-VTM publié jeudi soir et qui pointe le taux persistant d'électeurs indécis (de 20 à 25% selon les Régions) à trois jours des élections qui ont lieu dimanche. 

Respectivement en tête en Wallonie et à Bruxelles, PS et MR se situent bien en-deçà de leurs scores de 2010. Alors qu'elle vise les 30% pour se rendre incontournable, la N-VA ne franchit pas cette barre symbolique. Les nationalistes devancent toutefois le CD&V (17,1%), le sp.a (15%), l'Open Vld(14,2%), le VB (8,8%) et Groen (8,4%) pour les élections à la Chambre. 

En Wallonie, le PS atteint 28,8% des intentions de vote, devant le MR (21%). Viennent ensuite le cdH(13,3%), Ecolo (9,1%). Suivent les petits partis : le PTB-GO (8,3%) et le PP qui, avec 5,7%, est tout juste au dessus du seuil d'éligibilité. 

A Bruxelles, le MR (20,8%) est le premier parti, devant le PS (18,2%), le FDF (11,3%), Ecolo (10,5%) et le cdH (9,7%). Les autres formations n'atteignent pas le seuil de 5%.Didier Reynders est le favori des Bruxellois pour la place de Ministre Président. Joëlle Milquet en revanche paye cash le planWathelet du survol de Bruxelles, avec 13 points (elle perd 6 points).

Le sondage a été réalisé par internet du 12 au 18 mai auprès de 2.663 répondants, 1.028 en Wallonie, 1.004 en Flandre et 631 à Bruxelles. La marge d'erreur maximale est de 3% maximum.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DI RUPO II AU FEDERAL ET DEUX OLIVIERS EN WALLONIE ET A BRUXELLES 


C’est notre pronostic, pas forcément notre souhait.




Bruxelles: Quatre raisons pour les francophones de voter néerlandophone

UNE OPINION DE PHILIPPE VAN PARIJS 


C’est en découvrant par hasard sur le site du FDF un article de La Libre qu’un déclic s’est fait dans ma tête d’électeur. Non, on ne peut pas exclure, au vu des scores annoncés, que la N-VA soit incontournable dans la formation du gouvernement de Bruxelles-Capitale. C’était à l’époque où la N-VA venait de présenter ses propositions radicales sur Bruxelles : comme les Bruxellois ne forment pas un vrai peuple, chacun d’entre eux est prié de se déclarer membre du peuple flamand ou du peuple wallon, les deux peuples qui pourront conjointement faire de Bruxelles leur colonie.

Une opinion de Philippe Van Parijs.

Que faire, me suis-je demandé, si on craint vraiment qu’un parti qui se permet des propositions aussi ridicules soit incontournable à Bruxelles et si on veut à tout prix l’éviter ? C’est l’évidence même : certainement pas voter pour le FDF ni pour un autre parti francophone, mais voter pour un des autres partis qui se présentent dans le collège néerlandophone : 17 des 89 sièges du Parlement bruxellois y sont nécessairement attribués et au moins deux des cinq ministres du gouvernement régional en émanent.

A la réflexion, cependant, cette raison ne constituait que la plus évidente — et la plus faible — d’un ensemble de quatre raisons que peuvent avoir les francophones bruxellois de voter pour une liste néerlandophone aux élections régionales — et seulement à celles-là : aucune des raisons que je vais mentionner ne vaut pour les élections fédérales ou européennes. Ces quatre raisons, je les ai formulées dans un tweet qui n’est pas longtemps resté sans écho. Le voici :

« 4 raisons de voter NL aux régionales BXL: risque de blocage par N-VA, moins de voix par siège NL, 2e voix pour VL, absurdité des 2 collèges »

Plus explicitement:

1. RISQUE DE BLOCAGE PAR N-VA. Si la N-VA et le Vlaams Belang venaient à obtenir ensemble une majorité absolue dans le collège néerlandophone, cela pourrait entraîner un blocage des institutions bruxelloises par les partis nationalistes flamands. Pour l'empêcher, la répartition des voix dans le collège francophone est sans importance, mais il est crucial que les votes recueillis par les partis non-nationalistes dans le collège néerlandophone suffise à leur assurer la majorité des sièges et donc le contrôle de la partie néerlandophone du gouvernement régional.

 

2. MOINS DE VOIX PAR SIÈGE NL. Aux dernières élections régionales, le rapport voix/sièges était de 5679 dans le collègue francophones et de 3048 dans le collège néerlandophone. Ceci signifie qu'avec le nombre de voix qu'il faut pour obtenir un siège dans le collège francophone on peut en obtenir presque deux dans le collège néerlandophone. Si les voix des francophones se déplaçaient en masse vers le collège néerlandophone, ceci ne serait plus vrai. Mais n’ayez crainte : cela ne se passera pas.

 

3. 2E VOIX POUR VL. Très peu de francophones le savent : toute personne qui choisit de voter pour une liste du collège néerlandophone reçoit automatiquement le droit de voter également pour la représentation de Bruxelles (6 députés) au parlement flamand.

Lorsque vous aurez voté en français pour un candidat à l’Europe et au fédéral, l’ordinateur vous demandera de choisir entre le collège francophone et le collège néerlandophone. Si vous faites ce dernier choix, vous pourrez (toujours en français) successivement voter pour une liste de candidats au parlement bruxellois et pour une liste de candidats au parlement flamand. Or c'est de ce dernier parlement que dépendent entre autres les écoles néerlandophones de Bruxelles, qui accueillent aujourd'hui plus d'enfants francophones que néerlandophones. Que vous ayez ou non des enfants dans ces écoles, ce que fait la Communauté flamande à Bruxelles vous concerne.

4. ABSURDITÉ DES 2 COLLÈGES. Dans une région où aujourd'hui seulement 34% des habitants sont de purs francophones (au sens où ils n'ont pas d'autre langue que le français comme langue maternelle) et seulement 5% de purs néerlandophones, il est absurde de conserver un système électoral qui suppose que la population bruxelloises est constituée de deux et seulement catégories ethniques mutuellement exclusives: d’une part ses francophones et d’autre part des néerlandophones, qui n'envisagent les uns et les autres que de voter que pour des membres de leur propre catégorie. L’absurdité des deux collèges électoraux distincts est souvent dénoncée par les partis francophones mais aussi implicitement concédée par l'ensemble des partis flamands — y compris la N-VA et le Vlaams Belang —, qui tous mènent aussi campagne en français. Abolir ces collèges distincts n’équivaut pas à supprimer toute représentation garantie. D’autres formules sont possibles, comme les quotas proposés par le groupe Pavia pour la circonscription fédérale.

 

Ces quatre raisons ont chacune un poids non négligeable. Elles ont ensemble un poids suffisant pour mériter l’attention de tout Bruxellois francophone soucieux de remplir au mieux son devoir électoral. Mais elles ne doivent pas pour autant suffire à convaincre chacun d’entre eux. Si vous avez passé les dernières semaines à coller des affiches pour votre héros, si vous avez promis votre voix à quelqu’un qui sinon n’aurait peut-être que la sienne, si votre maman ou votre petite-fille est candidate sur une liste francophone, de grâce ne les laisser pas tomber. En outre, parmi les centaines de candidats dans le collège francophone, il y en a beaucoup pour qui j’ai une grande estime, et beaucoup aussi que je ne connais pas et qui m’ont l’air bien sympathiques. J’espère qu’ils seront élus. Mais ce ne sera pas avec ma voix. Je ferai pour ma part ce que les quatre raisons mentionnées plus haut me recommandent de faire, dans l’intérêt de ma région. Je le ferai avec le regret de ne pas pouvoir soutenir des personnes que j’apprécie mais sans le moindre sentiment de trahir la « communauté » à laquelle je suis supposé appartenir : même si nous étions des dizaines de milliers de francophones àtenir le même raisonnement, la présence des francophones au parlement régional ne s’en verrait pas réduite du moindre siège.

COMMENTAIRES DE FORUMEURS

« Et bien moi je voterais pour le parti flamand qui établit son programme en collaboration avec son homologue francophone... = GROEN »

« Il faut voter pour un parti qui n'est pas séparatiste et qui défend aussi les francophones. Par exemple Groen, est le seul parti flamand qui établit son programme en collaboration avec son homologue francophone. Et je pense même qu'il y a des candidats francophones dans les listes flamandes. »

 

« Voter pour une liste flamande a plus de poids que pour une liste francophone. Je voterai donc NVA pour provoquer le blocage et qu'ils se débrouillent entre eux. Cela leurs fera les pieds ! »

 

Aucun commentaire: