jeudi 8 mai 2014

Vervoort: «Je voudrais un gouvernement sans les libéraux»


Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) privilégie la reconduction de l’Olivier à Bruxelles, mais voit aussi des convergences avec le FDF.




Le ministre-président Rudi Vervoort privilégie la reconduction de l’Olivier à Bruxelles, si l’électeur le permet. La tête de liste socialiste à la Région pointe également des convergences avec les FDF sur le plan socio-économique. En revanche, le MR n’a pas les faveurs de Rudi Vervoort.

Le ministre-président fait connaître son ambition pour Bruxelles à l’occasion de la Fête de l’Iris. Il était l’invité de Bel-RTL jeudi.

« Bien sûr », le PS n’invitera pas le MR à la table des négociations s’il a la main et qu’une autre coalition est mathématiquement possible, indique Rudi Vervoortdans l’interview qu’il a accordé à notre quotidien. «  C’est une question de programme. On termine une législature qui s’est bien déroulée à Bruxelles où nous avons pu examiner la majorité du programme qui avait été conclu entre les partenaires ».

« Evidemment », l’Olivier doit être la coalition privilégiée « mais je ne vais pas exclure le FDF, s’il fait un bon score », précise-t-il.

Certains évoquent la possibilité d’une coalition PS-CDH-FDF à Bruxelles. RudiVervoort ne commente pas cette hypothèse. « J’ai cité l’Olivier mais il y aussi le FDF avec lequel il y a des convergences sur le plan socio-économique  », souligne-t-il sur Bel-RTL.« On ne doit certainement pas oublier le FDF dans les futurs noms de partenaires possibles », confirme-t-il dans l’Echo.

– > Lire l’interview de Rudi Vervoot dans Le Soir


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

HARO SUR LES LIBERAUX


A quoi bon décortiquer les programmes, peser et soupeser les intentions des hommes et des femmes politiques quand tout, au fond, revient à des jeux de pouvoir dont la règle absolue est de se maintenir à n’importe quel prix dans les postes de décision.

Le PS est tenaillé par la peur de se voir repoussé dans l’opposition. Il est prêt à tout pour se maintenir partout au pouvoir, au fédéral comme dans les régions au prix d’une interminable négociation au fédéral qui pourrait tourner à la crise de régime. Il risque d’y parvenir tout en perdant beaucoup d’électeurs, mais la fin justifie les moyens. Objectif n°1 : faire barrage à la NVA au fédéral pour prolonger l’agonisante Belgique de cinq ans ; objectif n°2 : faire barrage au MR à la région wallonne et bruxelloise pour l’affaiblir définitivement en le mettant hors-jeu pour cinq ans et prolonger le règne de l’Etat PS.  

« Faire des mamours » aux FDF bruxellois comme le fait Vervoort(« Evidemment », l’Olivier doit être la coalition privilégiée « mais je ne vais pas exclure le FDF, s’il fait un bon score »,)  c’est machiavelique, c’est dire en effet à l’électeur qui hésite entre MR et FDF (il y en a beaucoup) que toute voix FDF est une voix pour le pouvoir tandis que toute voix MR est une voix pour l’opposition.  Est-ce anti démocratique ? Sûrement pas.

C’est la règle du jeu. Alors changer les règles ?  Le scrutin qui vient risque de clicher pour très longtemps le clivage entre une Flandre « thatchérienne » et une Wallonie -Bruxelles  « hollandistes ».

Charles Michel risque de payer cash la fronde qu’il a ourdie pour s’emparer de la présidence du MR en assassinant Reynders et en entrainant le départ du FDF. Quant à Didier Reynders, « l’homme qui reste l’un des atouts majeurs de son parti, est aussi devenu sa fragilité. Reynders risque-t-il de rendre le MR infréquentable ? Personne, hier, n’a cherché à l’excuser, au contraire. Tous – PS, Ecolo, CD&V – ont tenté de lui mettre la tête sous l’eau, visiblement pas pour le punir de ses propos du jour, mais pour régler des comptes accumulés. » Béatrice Delvaux.

Déstabilisé psychologiquement par sa propre faute, Didier Reynders va jouer son avenir politique dans les trois semaines qui viennent et celui du MR par la même occasion.

Cela cassera ou cela passera. Les paris sont ouverts.

MG

 




 

REYNDERS, L’ATOUT ET LA FRAGILITÉ DU MR

Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef 


dérapage reynders

Il n’y avait, pour Didier Reynders, qu’une seule façon d’éteindre le feu qu’il avait allumé et qui risquait d’incendier la maison MR : des excuses plates, totales, sans ironie ni second degré. C’est ce qu’il a fait hier, en fin d’après-midi avec une grande sobriété et une humilité d’autant plus remarquable qu’elle ne lui est pas coutumière. Ces excuses auraient été plus efficaces si elles avaient été plus rapides, mais le ministre a dû revenir de l’étranger pour les prononcer.

L’histoire immédiate retiendra une prise de conscience lente de la gravité de l’amalgame prononcé, l’histoire plus longue dira si ces excuses étaient spontanées ou imposées par un parti qui avait, lui, réalisé très vite l’ampleur des dégâts. Quelques heures et hésitations de plus auraient fameusement nui à la carrière de cette figure de proue de la politique belge.

Mais les excuses de Didier Reynders le grandissent, et l’on veut croire à la maladresse dans les propos tenus, plus qu’à l’intention vile insinuée par certains. Permettent-elles de tourner la page ? Dans le futur très immédiat, sans doute. Mais l’épisode va hanter les libéraux francophones. Depuis le début de la campagne, le MR ne cesse de courir derrière les conflits suscités par son ministre : son opposition avec la tête de liste régionale Vincent De Wolf, son ambiguïté sur la N-VA, son dézingage du ministre Geens alors que son parti roucoulait avec le CD&V, sa sortie dénigrante pour la Flandre sur les mesures fiscales du gouvernement Di Rupo, alors que le VLD était venu soutenir ses « frères » libéraux le 1er Mai à Jodoigne. Et, aujourd’hui, cette association entre la présence du PS au gouvernement et les enlèvements d’enfants.

Quelle sera la prochaine sortie (in)contrôlée du ténor libéral ? Ce qui est devenu le « problème Reynders » ne pourra être réglé que par… Reynders. Lui seul peut reconstruire sa légitimité en prouvant que ses talents sont au service du parti, pas seulement de lui-même. Le monde politique devrait, lui, retenir deux choses : les excuses grandissent celui qui les prononce ; les petites phrases finissent par le tuer.


 

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