mardi 24 juin 2014

Ce que dit la note de Bart De Wever

Véronique Lamquin 

La note a fuité dans les médias.


Belga

L’informateur Bart De Wever a fait parvenir mardi matin sa note «par porteur» aux présidents du CD&V, du MR et du cdH, partenaires potentiels avec lesquels il envisage une coalition fédérale de centre-droit.

La document de 20 pages, que nos confrères de l’Echo ont pu consulter, fait la part belle au socio-économique.

Il y est question d’abord d’emploi. Bart De Wever proposerait notamment d’augmenter la flexibilité du marché du travail, de renforcer l’aide aux PME, de lutter contre les pièges à l’emploi.

Au niveau de la fiscalité, le président de la N-VA proposerait une réforme fiscale, afin de soulager la pression sur le travail; il serait question de shifts fiscaux, notamment via la fiscalité environnementale.

Le système des intérêts notionnels devrait également être revu.

Au niveau compétitivité, toujours selon nos confrères, on évoquerait une adaptation du mécanisme de l’index, mais pas de suppression de l’indexation automatique des salaires.

L’informateur proposerait par ailleurs de relever le niveau des allocations sociales. Et soulignerait la nécessité de défendre le modèle de protection sociale.

L’informateur attend la réponse des présidents de parti dans le courant de la journée avant d’aller faire rapport au Roi ce mercredi.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SOUS RÉSERVE DE « VICES CACHÉS »


La formule est jolie et marque une velléité de réserve face à une note qui surprend par la témérité des propositions de l’informateur.

Qui aurait cru, il y a quelques semaines encore qu’il serait capable de telles concessions et d’un tel renoncement par rapport aux grandes lignes de sa plate-forme électorale. Cette note paraît inspirée par la détermination à empêcher, à tout prix, le PS de négocier demain une tripartite sur le modèle de celle qui préside à la formation du gouvernement papillon. C’est bien là ce qu’on appelle un compromis des Belges dont personne n’imaginait qu’il en serait capable. Reste à voir comment le CDH et le MR vont réagir à cette surprenante et très audacieuse proposition.  Benoît Lutgen et Charles Michel jouent demain leur avenir politique personnel et ce 24 juin 2014 sera marqué d’une pierre blanche dans l’histoire du royaume de Belgique.

Mais où donc est notre roi, où se cache notre ministre des affaires étrangères et peut-être futur premier ministre ? Qui sait ils sont peut-être dans le même avion qui les ramène du Brésil…

 

MR

 

 

LE CD&V DIT «OUI» À LA NOTE DE BART DE WEVER

Véronique Lamquin 

L’INFORMATEUR ATTEND LES RÉPONSES DU MR ET DU CDH.

Bart De Wever a fait parvenir, ce matin, par porteur, une note écrite au CDH, au MR et au CD&V, les trois partis pressentis pour former une coalition de centre-droit. Sur la base de ce document, les trois formations sont invitées à dire si, oui ou non, elles acceptent de s’asseoir à la table de négociations. Ce que le chrétiens-démocrates flamands ont fait en début d’après-midi en approuvant en premier le document de travail de l’informateur. Dans un communiqué, le CD&V s’est dit prêt «  à commencer la phase suivante de la formation d’un gouvernement fédéral  ». «  Par conséquent, le CD&V est prêt  » à se mettre autour de la table sur base de cette note, conclut le communiqué en souhaitant «  tout le succès  » à Bart De Wever.

« Une fois que j’aurai les réponses de chaque parti, je saurai ce que je peux dire au Roi », a commenté Bart De Wever, au micro de la VRT.

EXIT LE COMMUNAUTAIRE

La note comporte une petite vingtaine de pages. Selon nos confrères de l’Echo, qui ont pris connaissance du document, la note s’apparenterait à une véritable opération de séduction, à l’égard du CD&V, du MR et du CDH. Ainsi, aucun point communautaire n’y figurerait. Bart De Wever serait d’ailleurs très clair, précisant « qu’aucune réforme institutionnelle ne sera à l’ordre du jour de la prochaine législature ». Pas question, donc, de dégager une majorité des deux tiers : une majorité simple suffira, par exemple la coalition de centre-droit.

Dans la foulée, Bart De Wever esquisse le contexte socio-économique des cinq prochaines années. Et définit ensuite, et c’est bien sûr le coeur du texte, dix principes qui pourraient, selon lui, servir de base de travail à une future coalition gouvernementale. Et c’est là que réside tout l’intérêt du document. En voici quelques éléments.

PLACE À L’EMPLOI

Il y est question d’abord d’emploi. Bart De Wever, selon l’Echo, proposerait notamment d’augmenter la flexibilité du marché du travail, de renforcer l’aide aux PME, de lutter contre les pièges à l’emploi. Au niveau de la fiscalité, le président de la N-VA proposerait une réforme fiscale, afin de soulager la pression sur le travail ; il serait question de shifts fiscaux, notamment via la fiscalité environnementale. Le système des intérêts notionnels devrait également être revu. Au niveau compétitivité, toujours selon nos confrères, on évoquerait une adaptation du mécanisme de l’index, mais pas de suppression de l’indexation automatique des salaires. L’informateur proposerait par ailleurs de relever le niveau des allocations sociales. Et soulignerait la nécessité de défendre le modèle de protection sociale.

UNE NOTE « LIGHT »

Bref, sous réserve de « vices cachés », la note de l’informateur serait light. Elle fixerait un cadre de négociation. Rien d’illogique là-dedans : Bart De Wever n’est encore qu’informateur, et non pas formateur. La note permettrait toutefois de répondre aux exigences formulées par les trois partis, singulièrement le CDH et le MR. Les deux formations francophones avaient en effet clairement signifié à l’informateur qu’ils ne voulaient pas de nouveau round institutionnel. Mais aussi qu’ils refusaient tout net que l’on touche à la Sécu, qu’on gèle de manière linéaire les dépenses publiques, qu’on supprime le mécanisme d’indexation automatique des salaires et qu’on limite dans le temps les allocations de chômage. Or, selon l’Echo, rien de tout ça ne figurerait dans ce document.

LE CDH SOUS PRESSION

Rien d’étonnant là-dedans : l’informateur n’entendait clairement pas donner à l’un des trois partis (singulièrement le CDH) un argument en or pour recaler sa note. Bart De Wever abat là sa dernière carte pour la formation d’une coalition de centre-droit. En proposant une note « light », l’informateur rend beaucoup plus difficile, pour le CDH, de dire non. Dans certaines formations, la fuite n’a pas manqué de provoquer une certaine irritation.

 

 

Aucun commentaire: