jeudi 12 juin 2014




Ceci n’est sans doute pas le meilleur dessin de Kroll sur le plan graphique, pourtant je ne saurais dire pourquoi, il me bouleverse ce dessin. Il dit en quelques traits tout le désarroi du personnel de chez Delhaize, touché par un véritable bain de sang social.

J’ignore jusqu’où ira le désastre mais, si par malheur cette chaîne devait disparaître, nous en serions réduits à nous fournir chez ses concurrents bas de gamme à moins d’avoir les moyens de nous fournir chez Rob, réservé aux happy few. Ce dessin pousse au paroxysme la dérision. Il montre jusqu’où va le matraquage publicitaire qui nous incite à consommer n’importe quoi, n’importe comment, pourvu que l’on dépense. La rage des publicitaires à utiliser à tort et à travers la coupe mondiale de football est tout simplement écœurante. Une chaîne comme Delhaize n’aurait au fond pas besoin de publicité. Sa meilleure  réclame c’est l’extraordinaire diversité sociale de sa clientèle. On retrouve en effet dans les longues files derrière les caisses des représentants de toutes les classes sociales et de toutes les ethnies. Delhaize est un incubateur interculturel qui s’ignore. Il se trouve que je connais unconseiller vin fabuleux qui travaille depuis plusieurs décennies dans les rayons vins de cette firme. C’est un professionnel hors pair qui, au fil des années, a fait découvrir à une poignée d’amis des merveilleux millésimes sortis des caves Delhaize. Certes, cet expert incomparable est un véritable sommelier mais ce génial professionnel a une grande gueule. Aussi a-t-ilété laminé par plusieurs jeunes gérants aussi  arrogants qu’incompétents qui, plutôt que de suivre ses judicieux conseils, lui ont pourri la vie. C’est dire le peu de cas que fait le management des ressources humaines de l’extraordinairecapital humain de cette firme à qui l’on reproche d’être trop coûteux parce que trop vieux. Mais en revanche, il semble bien qu’on ait offert des parachutes dorés à quantité de hauts dirigeants. Il est tragique de constater que des fautes de management mettent en péril une entreprise familiale belge qu’apprécient les consommateurs belges de toutes les communautés, francophones, flamandes et immigrées. 2500 emplois sont menacés d’un licenciement sec. C’est une véritable tragédie. Plusieurs magasins vont être supprimés notamment, dit-on, à la Louvière et à Schaerbeek. Comme par hasard il s’agit des implantations situées dans les quartiers les plus populaires et les plus défavorisés que vont investir, vite fait, les chaines allemandes et hollandaises bas de gamme. On imagine qu’après cette nouvelle, les cours boursiers vont exploser. Mais elle est où l’éthique des affaires qui firent les belles heures du capitalisme ?

MG

 

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