mardi 24 juin 2014

Le CD&V dit "oui" à De Wever, le MR devrait suivre


BELGA ET LI.B. 



BELGIQUE

Le CD&V est prêt à s'engager dans des négociations avec la N-VA, le MR et le cdH sur la base de la note de l'informateur royal Bart De Wever, a annoncé le parti chrétien démocrate flamand. "Le CD&V a mené campagne en faisant passer le message que la priorité devait être accordée à la politique socio-économique pendant les 5 prochaines années et a, pour ce faire, élaboré son plan 3D. Le CD&V est satisfait de voir que les différentes composantes de ce plan 3D sont reprises dans la note de l'informateur", a-t-il expliqué dans un communiqué.

"Par conséquent, le CD&V est prêt à s'asseoir autour de la table des négociations avec les 4 partis pour commencer une nouvelle phase dans le processus de formation du gouvernement", a-t-il ajouté.

Si l'on en croit le site internet de l'Echo qui donne quelques précisions sur le contenu de la note de l'informateur, celle-ci évite les sujets sensibles. Il n'y est pas question de dossiers communautaires, de limitation des allocations de chômage à 2 ans (mais d'une activation renforcée après 2 ans) ou de mise à mal de l'indexation des salaires. Sur ce point, M. De Wever évoque le travail du gouvernement sortant: le mécanisme sera examiné de la même manière et selon la même logique, dit-il sans autre précision. Les intérêts notionnels devront quant à eux être réexaminés. La note insiste également sur la nécessité d'une réforme fiscale visant à alléger la pression sur le travail et sur la flexibilité du marché du travail et la lutte contre les pièges à l'emploi.

LE MR DEVRAIT DIRE OUI

Sur la base de la note envoyée par Bart De Wever ce matin, le MR devrait dire oui, a appris La Libre Belgique. Une réunion a eu lieu ce matin au parti à ce sujet. Les libéraux francophones sont donc prêts, dans l'état actuel des propositions extrêmement consensuelles remises par l'informateur, à aller plus loin dans les négociations pour une majorité de centre-droit. "Comment voulez-vous que le MR dise non ?", explique une source proche des négociations. Cela ne veut bien entendu pas dire qu'il y aura, au final, un gouvernement fédéral sans le PS. Le chemin est encore très long avant un accord de majorité. Et de nombreux écueils peuvent encore sortir des contacts avec la N-VA.

Au CDH, pour le moment, c'est le mutisme. Or, tout dépend pourtant de la réaction de ce parti. Si Benoît Lutgen dit non à Bart De Wever, tout est paralysé. Mais, comme pour le MR, vu le côté consensuel de la note de la N-VA, on ne voit pas comment le CDH pourrait dire non. A ce stade en tout cas. On irait plutôt dans le sens d'un feu vert du CDH, quitte à bloquer plus tard en cas de propositions inacceptables de la N-VA.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SURPRENDRE


L’informateur Bart de Weever semble avoir fait sienne la célèbre citation de Napoléon Bonaparte : « j’ai commencé à perdre quand j’ai cessé de surprendre »

Surprendre est le fondement de toute stratégie gagnante. Nous étions pour notre part très loin d’imaginer qu’il oserait prendre autant de risques avec sa base pour réussir sa mission d’information. Mais, fort du soutien inconditionnel des organisations patronales, Bart de Wever est en train d’ouvrir une brèche dans la barricade socialiste. Rien ne dit qu’il réussira à terme. En effet bien des cailloux peuvent se glisser dans les chaussures des négociateurs qui diront oui à sa note mais qui sont très loin d’avoir signé l’accord de majorité. Le suspense pourrait durer plusieurs semaines, voire des mois.



EXCLUSIF: LA NOTE DE BART DE WEVER

Le CD&V a dit oui à la note de Bart De Wever dont "L’Echo" a pu prendre connaissance. L’informateur y liste les socles qui peuvent former la base d’une coalition entre quatre partis: le cdH, le MR, le CD&V et la N-VA.



©BELGA

L'Echo a pu prendre connaissance de la note d'une vingtaine de pages de Bart De Wever. Une vingtaine de pages dans lesquelles la N-VA a  rangé pas mal de ses tabous au placard et propose même de relever le niveau des allocations sociales…

La note commence par une lettre au Roi Philippe. Dans cette lettre, Bart De Wever décrit les différents contacts qu’il a eus avec les présidents de partis, mais aussi avec les ministres durant sa mission.

L’informateur est très clair: aucun point communautaire ne figure dans la  note. Il le bétonne avec cette phrase:

"L’objectif recherché est bien d’avoir une majorité simple, pas de majorité des 2/3. Les réformes institutionnelles ne seront donc pas à l’ordre du jour durant la prochaine législature."

Ensuite, durant dix pages, l’informateur décrit la situation socio-économique du pays. Aucun scoop, De Wever cite les différents rapports de la Banque nationale mais aussi le scoreboard de la Commission européenne – par exemple en terme de pression fiscale exercée au niveau du marché du travail.

Un paragraphe est également consacré à la situation de la dette.

La note comporte ensuite une deuxième partie: "Principes sur lesquels un gouvernement fédéral peut être mis sur pied".

C’est ici que l’informateur apporte du neuf puisqu’il liste les 10 principes sur lesquels une coalition gouvernementale pourrait travailler et qu’il faut à présent approfondir en cas de feu vert. Les voici 

1. Le taux d’emploi. L’informateur propose que le marché du travail devienne plus flexible, améliorer notamment la mobilité entre le secteur public et privé, les pièges à l’emploi devront être combattus, accent mis sur l’aide aux PME. Pas question de limiter les allocations de chômage à deux ans, en revanche l'activation des chômeurs pourra bien être dopée à partir de deux ans.

2. Le pouvoir d’achat. Une réforme fiscale visant à alléger la pression fiscale sur le travail devra avoir lieu, pas question de nouvelles recettes, mais en revanche des transferts (shifts, comme le voulaient le cdH et le CD&V) pourront bien avoir lieu, par exemple en fiscalité environnementale. Aucun montant n’est cité pour la réforme fiscale car il s’agit d’une note d’informateur, pas de formateur.  En matière de TVA, les remarques sont très légères: "Toute modification en matière de TVA ne pourra se faire qu’en prenant en compte la situation dans les pays qui entourent la Belgique et avec l’objectif de modifier des comportements." 

3. La compétitivité. Sur l’index: une phrase clé où il est explicitement fait référence au travail… du gouvernement Di Rupo: "Le futur gouvernement examinera le mécanisme de l’index de la même manière et avec la même logique que l’a fait l’actuel gouvernement ". Pas  question, donc, de supprimer le caractère automatique de l’indexation de salaires. Important également: l’informateur indique également que le mécanisme des intérêts notionnels devra être réexaminé.  (C’est une autre exigence du cdH.) 
Le mécanisme des boni de liquidation pourrait être revu.

4. La politique climatique et énergétique. Il y aura une nouvelle évaluation de la sortie du nucléaire à la lumière de plusieurs éléments comme la sécurité de l’approvisionnement et les prix de l’énergie.

5. La sécurité sociale. En ce qui concerne les pensions, l’informateur propose que le futur gouvernement travaille à partir du récent rapport de la Commission pensions (2020-2040).En matière de soins de santé: maintien de la qualité, accès aux soins desanté, responsabilisation. Le budget doit être en phase avec le besoin  réel et la croissance économique.

6. La lutte contre la pauvreté.L’informateur propose de relever le niveau des allocations sociales au-dessus du seuil européen de la pauvreté. En outre, l’informateur a cette phrase: " Il s’agit de défendre le modèle de protection sociale et de lutter contre le défi de la pauvreté ". 

7. Le cadre budgétaire. L’informateur met trois principes en avant : la maîtrise des dépenses publiques, le respect des engagements européens qui ont été pris par la Belgique et le défi d’allègement de la fiscalité qu’il faudra résoudre – comme demandé par la Commission européenne. Il est clair que pour revenir dans les clous budgétaires, l'informateur prévoit que les efforts à faire (environ 10 milliards d'euros devront l'être fait du côté des réductions des  dépenses. Pas question de nouvelles recettes.

8. La sécurité (police, justice et immigration). L'accent est mis notamment sur la lutte contre le terrorisme. 

9. Vivre ensemble. 

10. L’efficacité de la gouvernance.

L’informateur a donc mis sur la table un document relativement détaillé, une base de travail à approfondir si quatre partis décident de passer au stade de la formation.  Reste qu’après avoir  mis tous ces tabous de côté, on voit mal comment le cdH, le MR ou le CD&V pourraient dire non à l’informateur. A la limite, c’est peut-être du côté de la N-VA qu’on va commencer à trouver cette addition particulièrement salée…

Le oui du CD&V

Le CD&V a d'ailleurs rapidement indiqué qu'il était prêt à "entamer la prochaine phase en vue de la formation d'un gouvernement fédéral".  

"Le CD&V a mené campagne en faisant passer le message que la priorité devait être accordée à la politique socio-économique pendant les 5 prochaines années et a, pour ce faire, élaboré son plan 3D. Le CD&V est satisfait de voir que les différentes composantes de ce plan 3D sont reprises dans la note de l'informateur."

"Par conséquent, le CD&V est prêt à s'asseoir autour de la table des négociations avec les 4 partis pour commencer une nouvelle phase dans le processus de formation du gouvernement", a-t-il ajouté.

 

L'Echo

 

 

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