mardi 3 juin 2014

Le fédéral? Tout, sauf une partie de plaisir


Béatrice Delvaux, Editorialiste en chef  Le Soir



© D.R.

Retour à la dure réalité. Ce n’est pas tout de faire des coalitions, il faudra, quelles que soient les formules, que les « heureux élus » fassent des économies et de profondes réformes structurelles. L’Europe siffle la fin de la « récréation électorale » où il fut beaucoup question de dépenses – créations d’emplois, cadeaux fiscaux –, mais guère d’économies budgétaires à opérer – à part à la N-VA, il faut le reconnaître. Or, des économies, il en faudra à nouveau, et vite. C’est ce que rappellent les recommandations budgétaires de l’Europe à la Belgique, recommandations qui, rappelons-le, ne sont pas le fait du Prince mais résultent d’une demande explicite de suivi budgétaire des Etats membres à la Commission pour éviter les dérapages récents.

Si la Commission récompense d’abord la Belgique pour l’acquis, c’est pour mieux la remettre en garde contre de nouveaux excès en cours. A corriger dès 2014, où il est question à ce stade déjà de trouver près de 2 milliards d’économies budgétaires. C’est une évidence : si aujourd’hui tous les partis se pressent au portillon pour gouverner, cela risque – singulièrement à l’échelon fédéral – d’être tout sauf une partie de plaisir. Car il n’est toujours pas question, après une série d’efforts budgétaires reconnus par l’Europe, de faire des cadeaux ou de desserrer la vis. A la lecture des mesures correctrices nombreuses à prendre, on se demande d’ailleurs où on trouvera la possibilité de financer cette réforme fiscale ambitieuse que tous les partis ont promise à l’électeur.

La liste des « to do » prescrits à la Belgique est lourde et va demander – mais qui est surpris ? – la capacité d’opérer des réformes structurelles clés, effleurées par le gouvernement sortant :coût du vieillissement, amélioration de la compétitivité, baisse des charges ainsi que révolution fiscale sur le travail.

L’Europe, contrairement au patronat flamand, ne choisit pas de camp, mais il est évident que ce programme budgétaire et réformiste lourd demandera plus de courage face à ses électeurs, à une coalition de centre-gauche. Pas impossible, mais moins naturel.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’EFFET HOLLANDE


Elio Di Rupo n’a vraiment pas intérêt à se retrouver à nouveau dans la posture de premier ministre. Il risque, en effet, de subir le même sort d’impopularité que son alter ego François Hollande. Les socialistes wallons auraient tout avantage à éviter le fédéral qui sera forcé de faire des coupes encore bien plus sombres que celles qu’à consenties le gouvernement papillon. Leur défi cornélien c’est de vouloir à tout prix préserver l’unité belge pour continuer à bénéficier des transferts sans lesquels la sécurité sociale wallonne gourmande ne saurait être financée.  Il leur faut donc impérativement être présent dans l’exécutif fédéral et de préférence en le présidant.

MG

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