dimanche 15 juin 2014

Le viol est une gangrène de toute la société

Colette Braeckman  Le Soir



 

Qui oserait dire que les violences sexuelles n’ont jamais existé ? Elles ont toujours accompagné les guerres, les pillages, été le corollaire d’une volonté de conquête et de pouvoir. Mais l’ambitieuse conférence de Londres, le plus vaste sommet jamais organisé sur ce thème, a brisé un tabou : non seulement la parole s’est libérée, mais cet avilissement de la femme est apparu comme insupportable. Longtemps occultée sous couvert de coutumes et de tabous, la plaie a soudain été débridée. Au fil des témoignages, elle est enfin apparue dans toute son horreur, dénoncée depuis longtemps par Denis Mukwege, le médecin chef de Panzi, désormais épaulé par son collègue et ami le chirurgien belge Guy Bernard Cadière : le viol, c’est la destruction du corps de la femme, l’annihilation des capacités de résistance d’une société, la négation de cette part d’humanité que tous et toutes portons en nous.

On a beaucoup parlé à Londres des conflits, des enjeux, de l’impunité, des réparations dues aux victimes et le viol a enfin été reconnu comme un crime majeur… Mais il faudra aller plus loin : même lorsque les conflits s’achèvent, les métastases demeurent, la société tout entière demeure gangrenée. Comment expliquer autrement le viol, dans l’est du Congo, de gamines de moins de cinq ans, sinon par un effondrement de toutes les barrières morales, par la plongée dans une sorte d’anomie de la société où tout devient possible parce que tout, trop longtemps, a été sinon permis, du moins exempté de sanction ?

Aller plus loin, c’est aider les victimes à se reconstruire, les indemniser, mais c’est aussi guérir la société tout entière en rétablissant le droit, les valeurs morales et, pourquoi pas ?, l’autorité d’un Etat impartial qui sanctionne les coupables et protège victimes et témoins. Aller plus loin, c’est aussi s’interroger sur le sort réservé à la femme dans le monde : les guerres représentent une circonstance aggravante, mais le mépris, la dévalorisation des femmes sont le terreau dans lequel la brutalité peut prendre racine. Colombie, Afghanistan, Congo ont offert des exemples terrifiants, mais il y a tant d’autres exemples de violence domestique, d’appropriation du corps des femmes, de discriminations. Pour y mettre fin, la parole et les promesses des hommes ne suffiront pas : les femmes doivent accéder au pouvoir, apprendre à se défendre et à se battre.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« EFFONDREMENT DE TOUTES LES BARRIÈRES MORALES »

Oui ce monde se démonde : « Comment expliquer autrement le viol, dans l’est du Congo, de gamines de moins de cinq ans, sinon par un effondrement de toutes les barrières morales, par la plongée dans une sorte d’anomie de la société où tout devient possible parce que tout, trop longtemps, a été sinon permis, du moins exempté de sanction ? » Il arrive même que  le Coran soit instrumentalisépour transformer de toutes jeunes femmes en objet de pure consommation, hallal de surcroit, Question de traditions, donc de culture, l’excision, la lapidation, le voile, le jihad sexuel ?  Le mot « culture » ici perd ses lettres de noblesse, frise l’extrême bassesse.

« Né du combat pour l’émancipation des peuples, le relativisme culturel  débouche sur l’éloge de la servitude(…) toutes les traditions culturelles sont également légitimes et tout est culturel, affirment à l’unisson les enfants gâtés de la société d’abondance » (Alain Finkielkraut, la défaite de la pensée.)

« Défaite de la pensée », le mot sonne juste : « la banalité du mal » (H. Arendt)c’est quand  son  auteur est devenu incapable de penser, comme ces violeursafricains ou indiens ou….

Un atome de bien n’est jamais l’équivalent d’un atome de mal,  la clarté n’est pas l’ équivalent des ténèbres ; l’aveugle-ou l’aveuglé- ne saurait être clairvoyant. Partout la barbarie gagne des parts de marché sur la civilisation e la civilisation elle même se pollue et se dégrade. Il serait temps de s’en inquiéter. Certes l’Occident, l’Europe en particulier, serait malvenue de s’ériger en donneuse de leçons après Auschwitz et les camps d’extermination. Nous ne cessons de le répéter : il est grand temps de sonner l’alarme et d’emboucher la vieille trompette de l’éthique. Seul un retour, un recours à l’éthique est de nature à sauver l’humanité qui affronte une nouvelle mais terrifiante montée des périls.Mais où sont les donneurs d’alarme ?

MG

 

 

 

L’AVOCATE YASMINE ATTIA POURRAIT PERDRE LE PRIX RÉCOMPENSANT SA PLAIDOIRIE CONTRE LE “JIHAD SEXUEL” 

Sur un appel du Nouvel Observateur, Yasmine Attia, jeune avocate tunisienne et dernière lauréate du concours des plaidoiries du Mémorial de Caen pourrait se voir retirer son titre par le jury. Lors de son allocution, elle avait défendu la cause de femmes tunisiennes envoyées mener le "jihad sexuel" en Syrie.

Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

Selon l'hebdomadaire français, Yasmine Attia n'aurait pas travaillé sur un cas réel. Pourtant la jeune tunisienne a construit la plus grande partie de son argumentaire sur le cas d’Ines, tombée dans le piège du jihad sexuel, à partir d’articles publiés dans la presse tunisienne et d’une enquête de trois semaines, parue dans Jeune Afrique début Octobre 2013. « J’ai bien rencontré la jeune femme dénommée Ines par le biais d’un médecin qui a eu à la traiter, tout comme j’ai rencontré deux filles de Foussana qui en savaient long sur la question au niveau local » atteste Frida Dahmani la journaliste de Jeune Afrique qui assure que la cabale contre Yasmine Attia est totalement injustifiée.

Les accusations du Nouvel Observateur se basent sur une contre enquête, effectuée par Sarah Daniel, par ailleurs auteur de plagiats (voir les liens existants sur internet à ce sujet). Mais ce que le Nouvel Observateur ne dit pas, c’est que leur journaliste de passage à Tunis, courant octobre 2013, a rencontrée FridaDahmani en même temps que Badis Koubaji, avocat et chercheur qui prépare une thèse sur ce thème et que ni l’un ni l’autre n’ont voulu lui donner leur source bien que maître Koubaji lui ait tout de même montré des documents sans vouloir les lui confier. C’est sur cette approche que Sarah Daniel a tenté de démontrer que le jihad sexuel n’existait pas et qu’aucune tunisienne n’y était impliquée. Entre temps, les témoignages de familles, même en France ont prouvé le contraire. Voila comment Yasmine Attia devient une victime collatérale d’un mouvement plus vaste, instrumentalisé durant l’été 2013, par les partisans d’une intervention en Syrie. Reste à savoir comment va trancher le jury puisqu’il s’agit de remettre en cause le travail de deux journalistes. 

Voir la plaidoirie de Yasmine Attia sur DiverCity

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS OÙ SONT LES DONNEURS D’ALARME ?

Un internaute commente :« Je ne peux qu’exprimer mon admiration pour la plaidoirie de Yasmine Attiaainsi que pour son courage, le monde Arabe a besoin de beaucoup de femmes pareilles, musulmanes ou chrétiennes, athées qui osent confronter ces nouvelles vagues d’abus au noms des religions, pourêtre logique avec soi nous avons besoin aussi d’hommes du calibre de Yasmine Attia qui sont en manque dans notre monde Arabe,
Bon courage Yassmine Attia »

On ne saurait mieux dire les choses.

 

 

 

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