mardi 17 juin 2014

Les “bobos” empêchent l’arrestation d’un vandale

La DH

STÉPHANIE OVART 



Une soirée trop arrosée et la police se fait encercler par la foule lors d’une intervention au niveau du Parvis de Saint-Gilles.

Il est environ une heure samedi-soir (les faits se sont déroulés la semaine dernière) quand une patrouille de police de la zone Midi (Anderlecht, Forest et Saint-Gilles) se stationne au niveau du Parvis de Saint-Gilles. Les terrasses des cafés sont bondées et les policiers veulent s’assurer que tout se déroule dans le calme et la bonne humeur. Une conversation débute même entre des fêtards et les deux policiers. C’est alors qu’un petit plaisantin commence à taguer le véhicule de service dans lequel se trouvent encore les 2 inspecteurs.

Remarquant l’artiste en plein travail, les policiers sortent de leur véhicule et tente de l’intercepter. L’auteur des faits prend la fuite en fendant la foule avec un policier à ses trousses. Le collègue resté seul à côté du véhicule est alors encerclé, insulté et bousculé par les “bobos” de la place.

L’appel aux renforts est lancé et pas moins de 5 véhicules arriveront sans tarder. Les esprits s’échauffent. Profitant de cette tension, le vandale arrive à prendre la fuite. Il pourrait également être l’auteur de plusieurs dégradations constatées sur des véhicules stationnés dans le quartier. La foule, comme un seul homme, se retourne contre les policiers sur place. La vidéo qui circule déjà sur internet ne montre que la fin de l’intervention, lorsque les policiers ont été obligés de faire usage du pepper spray pour faire reculer les gens et quitter les lieux sans encombre. C’est sous les insultes et les huées que les policiers vont regagner leurs véhicules.

Pendant de nombreuses minutes, c’est plus d’une dizaine d’inspecteurs et un officier qui seront bloqués sur place à cause d’une foule anti-police qui a pris fait et cause pour un vandale. Une enquête est en cours et les enregistrements des caméras de surveillance ont été saisis.

Le résultat de cette soirée est clair. Le tagueur a pu prendre la fuite mais trois individus ont été privés de leur liberté et ils devront répondre d’obstruction à la justice, rébellion et incitation à l’émeute.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

POURQUOI  LE BOBO PRODUIT-IL TANT DE HAINE CHEZ LES GARDIENS DE L’ORDRE ANCIEN ?


Cet article m’a laissé pantois. D’abord le titre avec cette mise en accusation brutale  et sans nuance des « bobos »D’emblée le journaliste de la DH prend position contre les bourgeois bohèmes saint-gillois, comme s’il voyait en eux les complices du tagueur vandale prenant la fuite, poursuivi par des policiers en colère. Aussitôt les commentateurs du forum de la DH prennent le relais et lapident les bobos à feu nourri. Voyez plutôt :« Haine à cette faune de dégénérés pour qui l'autorité est une entrave et une provocation. La société perd ses repères et la fronde ne se cache plus. Quelques coups de matraques bien senti feraient le plus grand bien à ces bobos anarchistes et surtout connard.

Bref tout se passe comme si entre d’une part, les « vilains » bobos et d’autre part, l’affreux vandale il y avait une troisième catégorie : les bons citoyens conservateurs et loyaux justiciers du forum de la DH.

Conséquence : haro sur les bobos.  « Un coup de taser et ça sera vite réglé cette histoire ;-) » et bien non malgré le smiley ceci ne fait vraiment rire personne.

Et voilà que les bons citoyens trouvent soudain un excellent prétexte pour tenter de supprimer le plus bel espace public de convivialité qu’est le Parvis de Saint Gilles, sans doute le meilleur incubateur interculturel de la Région bruxelloise :« Non, il y a plus simple: une mesure de police administrative qui ordonne la fermeture immédiate de tous les débits de boissons du quartier pour la soirée (justifiée par les troubles à l'ordre publics qu'on a vu). Cela aurait bien gâché la soirée de ces idiots sans qu'on puisse reprocher quoi que ce soit à la police. »

 

C’est à la fois révoltant et stupide. En effet, cette population jeune, qualifiée avec mépris de bobos, c’est précisément le type de jeunesse dynamique créative qu’il convient d’attirer dans la capitale de l’Europe. Saint-Gilles y parvient sans effort. Tout se passe donc comme si la population dite de souche, mais domiciliée dans les communes cossues, ne comprenait pas que ces jeunes adultes représentent précisément l’avenir de la région bruxelloise. Saint-Gilles est sans le moindre doute la capitale de l’interculturel en Belgique et peut-être en Europe. Un forumeur semble le comprendre : « Le Parvis est un lieu rare à Bruxelles, grâce à tous ces cons qui n'ont rien compris à l'esprit festif du lieu et qui se croient malins parce qu'ils sont anti-police, des mesures seront surement prises pour limiter les soirées sur le Parvis... crétins! »

« Aller taguer le véhicule de police en fonction ou se trouvent 2 inspecteurs, si ça, c’est pas de la provocation...?? Allez allez à d 'autres! » Face à de telles racailles, La police devrait être autorisée à tirer ! Voilà où mène la haine prônée par des fascistes comme Dieudonné et Louis, on ne respect plus l'autorité, et on trouve même normal de dégrader les biens d'autrui ! Face à ces extrémistes, il est plus que temps de réagir.

Mais qu’appelle-t-on des bobos ?

MG

 


MARCELA IACUB. L’AVENIR SERA BOBO

Libération

 


Nous constituons une société dans la société.
Nous sommes de plus en plus nombreux à appartenir à cette minorité silencieuse aussi bien en France que dans les autres sociétés démocratiques. Et même si vous n’y avez jamais réfléchi vraiment, vous êtes comme persuadés que l’avenir sera bobo. Or, vous ignorez presque tout de ce groupe auquel vous appartenez.

(…)Personnellement, j’ai découvert qu’être bobo signifie être de gauche tout en étant décrié et méprisé par les partis dits de gauche. Ces derniers sont trop autoritaires, nationalistes et ringards pour représenter la population bobo qui, elle, n’aime ni la violence de l’Etat, ni la xénophobie, ni les théories des révolutions violentes. Bref, cette gauche désuète est trop proche des valeurs de la droite et de l’extrême droite aux yeux des bobos qui, eux, ont définitivement tourné le dos à la France des années 30.

Et cette coupure, cette révolte, les bobos ne l’expriment pas sous forme de manifestes, de théories politiques alternatives, de déclarations des droits, de manifestations ou de grèves mais dans leur manière de vivre. Cela concerne aussi bien leurs façons de s’habiller, de consommer, de choisir un quartier, de décorer un appartement, de manger, de partir en vacances, de cohabiter, d’être homme et d’être femme, de communiquer avec les autres, de percevoir le proche et le lointain, l’humain et l’animal, de concevoir le sens même de l’existence.

C’est ainsi que le bobo fait sa révolution tranquille, sa révolution sans le savoir. De fait, les goûts, les pratiques, les croyances du bobo deviennent de plus en plus hégémoniques. (…) Le bobo produit tant de haine chez les gardiens de l’ordre ancien. Ces derniers voient bien que le bobo est très fort. Et ils savent aussi que c’est par ce pouvoir de produire des valeurs culturelles hégémoniques qu’il finira par mettre en échec la gauche officielle mais aussi la droite, obligeant l’une et l’autre à repenser la politique. Dans quelques années, il n’y aura que l’extrême droite qui restera imperméable aux valeurs bobos avant d’être définitivement vaincue par elles.

Si le bobo est persécuté, c’est parce qu’il est le premier homme d’un nouveau stade de la démocratie permettant de s’approcher un peu plus de l’idéal inatteignable de liberté et d’égalité.

Le bobo prendra ainsi la place du citoyen universel, accaparée auparavant par le bourgeois au début du XIXe siècle à une époque où les démocraties étaient inégalitaires, autoritaires et violentes. Un jour peut-être, il y aura fusion entre la notion d’humain et de bobo, les deux mots devenant synonymes. Et la France sera encore une fois pionnière. On dira qu’ici on ne peut pas faire ceci ou cela parce qu’on n’est pas n’importe où, mais dans le pays des droits des bobos. »

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES CREATIFS CULTURELS




Tout commence dans les années 60 sur les campus universitaires agités par la grande vague de contestation contre la guerre du Vietnam. C’est alors que se réunirent autour du livre de Marylin Ferguson « l’ère du Verseau » (The Aquarian Conspiracy »quelques milliers de jeunes hommes et jeunes femmes qui rêvaient de vivre autrement.



Il se trouve qu’au fil des années leur nombre n’a cessé de croître. Aujourd’hui,selon une enquête qui a réuni à peu près 100.000 personnes il semblerait bien qu’aux États-Unis ils représentent entre 25 et 30 % de la population active. Il s’agit donc bien d’une frange désormais incontournable de la population américaine avec laquelle il conviendra de compter. Le phénomène s’observe également en Europe où des enquêtes ont montré que le nombre de créatifs culturels était à peu près équivalent. On y trouve une majorité de femmes. Leursquatre valeurs phares sont : la solidarité écologie, l’être-le savoir être- et la spiritualité ainsi que les valeurs dites féminines, comme si les valeurs masculines avaient fait leur temps.

Ce qui anime ces créatifs culturels c’est une volonté de vivre autrement c’est-à-dire de penser autrement, de manger autrement, d’enseigner autrement, bref c’est le désir d’une tout autre manière d’être. Il faut bien considérer que cette masse importante de citoyens contestataires n’est pas ou très peu organisépolitiquement. Il existe peu de liens entre ces personnes qui relèvent les uns de la sphère écologique, les autres de la sphère politique, d’autres encore de la sphère plus spécifiquement individualiste.

On ne s’étonnera pas que certains songent à les réunir sous une  bannière commune. Il est vraisemblable que dans les années qui viennent et ils formeront un groupe politique important ou à tout le moins un groupe de pression de consommateurs et de citoyens actifs soucieux de vivre autrement.

Les créatifs culturels sont extrêmement préoccupés par le destin de la planète et résolus à lutter par un comportement de vie différent contre le réchauffement climatique et ses conséquences.

Nous avons évoqué ici plus d’une fois les théories de la classe créative de Richard Florida, (géographe américain né en en 1957)



Florida a créé une société de conseil, « The Creative Class Group », qui aide les villes et les collectivités territoriales d'Amérique du Nord à renforcer leur attractivité. Il a inventé la notion de classe créative (creative class, en anglais), qui rassemblerait environ 40 millions de personnes aux États-Unis, soit 30 % de la population active environ, mais 50 % des salaires et 70 % du pouvoir d'achatdisponible. Il a orienté ses recherches vers la compréhension sociologique de l'attractivité des villes. La « classe créative », désigne une population urbaine, mobile, qualifiée et connectée. ( The Rise of the Creative Class (2002). Cette classe se définit principalement par le triple « T » de Talent,  Technologie etTolérance.  Cela nous fait évidemment penser à nos bobos saint-gillois.

La classe créative est attirée par les certains lieux de vie dont elle renforce encore l'attractivité. Ainsi se crée un cercle vertueux, le talent attirant le talent, mais aussi les entreprises, le capital et les services.

 


Florida conseille aux villes d'Amérique du Nord de chercher  à retenir les talentscréatifs, plutôt que de construire des infrastructures coûteuses et des centres commerciaux. La présence de la classe créative est le meilleur atout dont puisse disposer une ville, car c'est elle qui la rend attractive.

Le développement d'un "Gay Index" ou d'un "Bohemian Index", qui est censé mesurer l'attractivité d'un quartier ou d'une ville à partir du nombre d'artistes et d'homosexuels que l'on y trouve, suscite la polémique.

On peut comprendre que cette faune contestatrice et bon enfant puisse irriter les trente % de « braves bourgeois honnêtes » (Brassens)  soucieux de maintenir les choses dans l’état où elles sont. Il s’agit de l’électorat qui vote Le Pen en France et De Wever en Belgique.

MG

 

QUELQUES CITATIONS

"Today's driving force is the rise of human creativity as the key factor in our economy and society. Both at work and in other spheres of our lives, we value creativity more highly than ever, and cultivate it more intensely." (The Rise of the Creative Class, p.4, chap. 1 "The Transformation of Everyday Life", "The Force Behind the Shift")

“Culture, according to the <traditional> view, motivates economic growth by focusing human energy and effort on work, and away from the pull of distractions such as leisure, play, sexuality, and other forms of non-work-related enjoyment. (…) The creativity thesis argues that the role of culture is much more expansive, that human beings have limitless potential, and that they key to economic growth is to enable and unleash that potential.”

 

THE CULTURAL CREATIVES: HOW 50 MILLION PEOPLE ARE CHANGING THE WORLD

 is a nonfiction social sciences and sociology book by sociologist Paul H. Ray and psychologist Sherry Ruth Anderson,[1] first published in 2000.[2]The authors introduced the term "Cultural Creatives" to describe a large segment in Western society that has recently developed beyond thestandard paradigm of modernists or progressives versus traditionalists orconservatives. Ray and Anderson claim to have found that 50 million adult Americans (slightly over one quarter of the adult population) can now be identified as belonging to this group. They estimated that there were an additional 80–90 million "Cultural Creatives" in Europe as of 2000.

 

 

 


 

L'émergence des créatifs culturels
Enquête sur les acteurs d'un changement de sociét

 

THE CULTURAL CREATIVES:


 

How 50 Million People Are Changing the World is a nonfiction social sciences and sociology book by sociologist Paul H. Ray and psychologist Sherry Ruth Anderson,[1] first published in 2000.[2]The authors introduced the term "Cultural Creatives" to describe a large segment in Western society that has recently developed beyond the standard paradigm of modernists or progressives versus traditionalists orconservatives. Ray and Anderson claim to have found that 50 million adult Americans (slightly over one quarter of the adult population) can now be identified as belonging to this group. They estimated that there were an additional 80–90 million "Cultural Creatives" in Europe as of 2000.

 

Ray and Anderson created a questionnaire to identify "Cultural Creatives" in Western society. The below characteristics were identified as qualities of a "Cultural Creative". Agreement with 10 or more indicates status as a "Cultural Creative".

        Love of nature and deep caring about its preservation, and its natural balance

being active themselves
willingness to pay higher taxes or spend more money for goods if that money went to improving the environment
heavy emphasis on the importance of developing and maintaining relationships
heavy emphasis on the importance of helping others and developing their unique gifts
volunteer with one or more good causes
intense interest in spiritual and psychological development
see spirituality as an important aspect of life, but worry about religious fundamentalism
desire equality for women and men in business, life and politics
concern and support of the well being of all women and children
want politicians and government to spend more money on education, community programs and the support of a more ecologically sustainable future
are unhappy with the left and right in politics
optimism towards the future
want to be involved in creating a new and better way of life
are concerned with big business and the means they use to generate profits, including destroying the environment and exploiting poorer countries
unlikely to overspend or be heavily in debt
dislike the emphasis of modern cultures on "making it" and "success", on consuming and making money
like people, places and things that are different or exotic

Values

Ray and Anderson assert that "values are the best single predictor of real behavior". The list below outlines the values that dictate a "Cultural Creative"'sbehavior:

Authenticity, actions must be consistent with words and beliefs
Engaged action and whole process learning; seeing the world as interwoven and connected
Idealism and activism
Globalism and ecology
The importance of women

Core "Cultural Creatives" also value altruism, self-actualization, and spirituality.

 

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