jeudi 12 juin 2014

"Tous les djihadistes revenus de Syrie sont des terroristes en puissance"

Gérald Papy Le Vif



L’auteur de la tuerie de Bruxelles a croisé Sharia4Belgium lors de son « parcours initiatique » de djihadiste, affirme Samuel Laurent. L’auteur de Al-Qaïda en France l’assure : le groupe islamiste envoie des « agents dormants » prêts à frapper le moment venu.



© DR

Samuel Laurent dérange. Dans son interview sur l’auteur présumé de l’attentat contre le Musée juif de Bruxelles, ce consultant international transformé en écrivain-reporter fustige l’impuissance des services de renseignement français, incapables de localiser Mehdi Nemmouche, malgré l’alerte donnée par leurs collègues allemands. Dans la foulée, il révèle que le tueur de Bruxelles a eu à sa sortie de prison en 2012 et à son retour de Syrie des contacts avec Sharia4Belgium ou ses héritiers. 

Dans le livre Al-Qaïda en France (Le Seuil) qu’il vient de publier, Samuel Laurent dévoile un projet d’une autre ampleur encore. Lui qui a l’oreille de dirigeants islamistes en Syrie, en Somalie et en... France pour « avoir facilité certaines de leurs affaires, en Irak notamment » assure que le réseau islamiste sélectionne des djihadistes français engagés en Syrie, leur dispense une formation spécifique au Puntland, Etat autoproclamé du nord de la Somalie, avant de les réintroduire comme agents dormants en France via le Maghreb. Le moment venu, ceux-ci seraient « activés » pour commettre des attaques autrement plus meurtrières encore que celle de Bruxelles. Comme preuve concrète du projet de cette « armée secrète », l’auteur avance une cache d’armes, avec du matériel très sophistiqué, qu’un « émir » lui a fait découvrir au terme d’un jeu de piste dans l’Hexagone. Affabulation, ont réagi officieusement des membres du renseignement français. Au vu de la sophistication des attentats du 11-Septembre, peut-on balayer l’hypothèse d’un revers de la main ?

LE VIF/L’EXPRESS : QUE VOUS INSPIRE COMME RÉFLEXION LE PROFIL DU PRINCIPAL SUSPECT DE L’ATTENTAT CONTRE LE MUSÉE JUIF DE BRUXELLES ? 

Samuel Laurent : C’est le profil classique d’un jeune Français qui se radicalise dans un univers profondément hostile à l’Occident à mesure qu’il se marginalise. Il démontre que la France est le vivier européen du djihadisme

LA THÈSE DU « LOUP SOLITAIRE » AVANCÉE PAR LES AUTORITÉS VOUS CONVAINC-T-ELLE ? 

C’est tout sauf un « loup solitaire ». Ses séjours au Royaume-Uni et au Liban à sa sortie de prison en 2012 n’ont pas été effectués pour brouiller les pistes, comme il a pu être dit. Il s’agit d’un voyage initiatique. Mes sources m’ont rapporté que Mehdi Nemmouche a rencontré à Londres AnjemChoudary et à Tripoli, au Liban, le cheikh Omar al-Bakri (NDLR : les cofondateurs du mouvement islamiste Al-Muhajiroun en Grande-Bretagne). Il a aussi eu des contacts avec les organisations Sharia4Belgium et Sharia4Holland à sa sortie de prison et à son retour de Syrie. C’est ainsi qu’il a complété son éducation au salafisme amorcée pendant ses années de détention. 

QUE RÉVÈLE CE PARCOURS SUR L’ACTION DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT ? 

Il prouve la nullité des services de renseignement français. Il est obscène que François Hollande se soit félicité de leur efficacité. Après son séjour en Syrie, Medhi Nemmouche se fait remarquer par les services allemands. Ils alertent leurs collègues français. Nemmouche est déjà fiché en France. Et que se passe-t-il ? Les Français n’arrivent pas à mettre la main dessus sous prétexte qu’il est soi-disant SDF et qu’il ne dispose plus d’adresse fixe en France. C’est une preuve lamentable de l’inefficacité de ces services. Nous avions déjà observé la même chose dans le dossier de Mohamed Merah (NDLR : le tueur de Toulouse en 2012). Les autorités espagnoles avaient averti la France... 

VOYEZ-VOUS DES DIFFÉRENCES ENTRE MOHAMED MERAH ET LE TUEUR AU MUSÉE JUIF DE BRUXELLES ? 

L’aptitude opérationnelle. Quand vous passez un an au sein de l’Etat islamique en Irak et au Levant, vous devenez un professionnel de la violence. Comparativement, Mohamed Merah, qui n’avait fréquenté « que » des camps d’entraînement entre Afghanistan et Pakistan, était un tocard. Le djihad en Syrie produit des hommes formatés à l’extrême à la vision salafiste binaire qui partage le monde en deux camps : les musulmans et les infidèles. 

LE PROFIL DE MEHDI NEMMOUCHE NE DIFFÈRE-T-IL PAS TOTALEMENT DE CELUI QUE VOUS DÉCRIVEZ DANS VOTRE LIVRE, DES AGENTS « DORMANTS » ENVOYÉS EN EUROPE PAR AL-QAEDA ET CAPABLES D’AGIR À UN MOMENT DONNÉ ? 

Ce sont deux profils très différents. Il y a celui des cellules dormantes et celui de ces milliers de djihadistes aguerris à la violence et endoctrinés au salafisme en Syrie. Il faut simplement se rendre compte que l’Europe est face à une hydre à mille têtes. Tous les djihadistes qui rentrent de Syrie sont des terroristes en puissance. C’est la menace que personne ne voit aujourd’hui. Nous ne sommes pas confrontés à quelques dizaines d’anciens d’Afghanistan mais à des milliers de jeunes Européens qui ont vécu une école de la guerre mille fois plus « efficace » que celle d’Afghanistan. Quand on a vécu cette guerre monstrueuse, il n’y a plus de barrière morale ou psychologique... 

DANS VOTRE LIVRE, UN DE VOS INTERLOCUTEURS AFFIRME QUE L’ACTIVATION DES AGENTS DORMANTS EST SUSPENDUE À LA POLITIQUE DE LA FRANCE. SI AL-QAEDA OBSERVE UNE NOUVELLE OFFENSIVE SUPPOSÉE CONTRE LES MUSULMANS, ILS N’HÉSITERONT PAS À FRAPPER. EST-CE CRÉDIBLE ? 

La question est : sont-ils prêts ? A l’époque de l’intervention française au Mali, ils ne l’étaient pas. Le processus (NDLR : la réinstallation en France de djihadistes de Syrie en agents dormants) est-il arrivé à maturité ? Que fera Al-Qaeda si la France déclare la guerre à la secte Boko Haram au Nigeria, la pire connerie qui soit ? 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE SCENARIO DU PIRE

S’il est vrai que si l’islamisme n’est pas l’islam, en revanche il en est une instrumentalisation de caractère politique pour instaurer le califat et la loi islamique (la sharia) partout où c’est possible, y compris en Europe.  Le silence des imams de Belgique -je ne dis pas des imams belges, ils sont largement minoritaires- devant le quadruple crime du musée juif est troublant et laisse planer en Occident l’impression que sans être complices des djihadistes ils ne se désolidarisent pas pour autant clairement de leur cause. Est-ce à dire qu’ils sont sous la menace, sous la coupe des minorités radicales ? Rien ne permet ni de le prouver ni de le démentir.

Seule la témérité de l’imam de Drancy est de nature à nous rassurer. Un imam isolé n’annonce pas un printemps islamique. Toute la question est de savoir qui, de l’imam de Drancy ou des djihadistes  est aux yeux de l’opinion le plus représentatif de l’islam en Europe.

On lira avec intérêt  la réflexion de Ali Daddy (auteur du « Coran contre l’intégrisme ») qui s’insurge contre une lecture négative du texte fondateur de l’islam par des interprètes comme Zemmour ou Wilders.

MG  


LE CORAN DE JACQUES BERQUE CONTRE CELUI D’ERIC ZEMMOUR

 

Dans l’émission Ça se dispute diffusée sur I-télé le 6 juin 2014, Eric Zemmour déclare sans ciller : « Vous ouvrez le Coran à n’importe quelle page et il y a écrit qu’il faut tuer les Juifs et qu’il faut tuer les chrétiens. Dieu les maudit. Il faut tuer les infidèles etc. ». Si on n’en est plus avec Zemmour à une provocation ou à une connerie près, ce tout petit Monsieur n’est en rien habilité à parler d’un texte qu’il n’a jamais lu.

 Ceci étant, je suis très attaché à la liberté d’expression et mon but n’est surtout pas de polémiquer  avec ce petit plaisantin de mauvais goût. J’aimerais tout simplement apporter un autre éclairage que le sien sur un texte que je fréquente au quotidien et qui fait couler beaucoup d’encre, le plus souvent en vain.

 

PETITES MISES AU POINT

Tout le monde aujourd’hui parle du Coran. Le problème c’est que très peu de ceux qui en parlent, le lisent. Deuxième problème : on ne peut faire l’économie des 14 siècles de son histoire pour le comprendre. Troisième problème : sa nature propre exige une lecture particulière – structuraliste – notamment recommandée par Jacques Berque. Quatrième problème : on ne peut citer le Coran dans une langue autre que l'arabe sans soulever des problèmes importants de traduction. Enfin, cinquième problème, celui de l’animosité séculaire en Occident à l’égard du Coran.

 CORAN ET OCCIDENT

Selon André Chouraqui[1], c’est Pierre le Vénérable, abbé de Cluny de 1122 à sa mort (1156), qui serait à l’origine de la première traduction du Coran en Europe. Il chargea un Anglais, archiprêtre de Pampelune, Robert de Kenton, de traduire le Coran en latin.

 

Cette version verra le jour en 1143. Elle est en latin, et le manuscrit autographe du traducteur se trouve à la bibliothèque de l’Arsenal, à Paris. Document polémique s’il en fut : jamais l’axiome «traduire c’est trahir» ne fut plus exact. Le but est de se servir de ce texte en tant qu’arme de guerre,celle qui dressait la chrétienté contre l’islam, afin de démontrer que Muhammad était un imposteur et l’islam une imposture. Cette traduction servit pendant des siècles de matrice à toutes les autres interprétations en langues européennes.

 

PEUT-ON TRADUIRE LE CORAN ?

Bien sûr que oui ! Mais la tâche est immense. Le docteur Maurice Bucaille est à nos yeux le premier à avoir mis en évidence de manière significative les multiples problèmes posés par les traductions duCoran[2].

 

EXEMPLE CONCRET 

Le seul exemple de la traduction du qualificatif coranique de Muhammad comme ummi, généralement rendu par Prophète illettré (cf. VII, 157-158) suffira à illustrer l’ampleur de ces difficultés de traduction.

 

En 1976, dans la traduction de Denise Masson, l'éditeur Gallimard[3], rend ce terme (ummi) par Prophète des Infidèles alors que dans l'édition Folio de 1980 – du même éditeur – ce n'est plus ce sens, mais un autre encore, car l'expression avait dû sans doute choquer : cela devient Prophète des Gentils !

 

L’immense professeur Jacques Berque a lui-même hésité quant à la traduction de ce simple terme. Il optait dans un premier temps pour la subtile traduction de Prophète maternel :

 

Ummi : l'exégèse et l'orientalisme s'en sont donné à cœur joie pour interpréter ce terme, qui n'a pas forcément dans le Coran une acception unique. Appliqué au Prophète, est-il à mettre en rapport, selon l'étymologie, avec l'authenticité maternelle, ou la communauté (umma), la direction et le but (umm), etc. ? Le Dictionnaire coranique de l'Académie du Caire opte, comme le Lisân[4] et d'innombrables commentateurs, sans oublier le hadîth lui-même (Bukhâri, n° 968), pour la paraphrase : “qui ne sait ni lire ni écrire”. Certains modernes, dont Régis Blachère, pensent à un “Prophète des gentils”. Jacques Berque estime plutôt que la nuance s'apparente à ce qu'évoquent un bon nombre de notions coraniques, à savoir une spontanéité que n'a pas déformée l'altération. D'où la traduction de Prophète maternel qu’il a osée et dont le moindre titre n'est pas d'insister sur l'apport féminin. Muhammad avait été orphelin de père, et le Coran insiste sur cette qualité, (cf. XCIII, 6).  

 

Finalement, notre distingué linguiste va se raviser et proposer la traduction de Prophète natif[5], (cf., VII, 158) en citant à ce propos Michel Chodkiewiez qui pense à un état d’enfance propre à recevoir l’illumination. D’où la traduction de Prophète natif, ingénu. Mais la notion peut s’entendre aussi péjorativement comme inculte, et c’est ainsi que Jacques Berque l’a rendue dans plusieurs passages du Coran.

 

Nous voyons bien que la tâche, si elle n’est pas impossible, est loin d’être aisée !

 

TRADUCTION DE REFERENCE

Si le Coran mérite bien le raffinement de la langue française, il a été admirablement servi en la matière par Jacques Berque qui pousse même ce raffinement jusqu'à proposer des néologismes (bel-agir, dénégateurs…), lesquels se sont imposés tant ils étaient adéquats ! En plus du courage de compulser l’œuvre monumentale de l'exégèse traditionnelle, l'auteur fait preuve d'une grande rigueur dans ses commentaires et ses choix grammaticaux. L'ouvrage se termine par une double étude exégétique : classique tout d'abord puis teintée de modernité dans une deuxième partie où l'auteur donne libre cours à son talent afin de servir une parole coranique «qui postule des approches à la fois plus hardies et mieux argumentées». Un véritable ouvrage de référence à mettre entre toutes les mains et à consommer sans modération, n’en déplaise à tous les Zemmour et à leurs laudateurs intolérants et ignares!

 

JIHAD CONTRE «GUERRE SAINTE »

Tout d’abord, la notion de jihâd, popularisée en Occident sous le nom de guerre sainte est une notion avant tout d’ordre spirituel. Il s’agit de faire effort de ses biens et de sa personne sur le chemin deDieu (XLIX, 15). Al-jihâd-al-akbar, ou le grand jihâd, est la «lutte intérieure contre tout désir détournant l’homme de son centre, et le petit jihâd, c’est l’action pour l’unité et l’harmonie de la communauté musulmane contre toutes les formes d’idolâtrie de pouvoirs, de richesses, de faux savoirs, qui l’écarteraient du chemin de Dieu[6]». Le Coran qui est guidance et lumière ne saurait sanctifier une guerre quelle qu’elle soit, car la guerre est toujours synonyme de larmes, de sang, de souffrances et d’exactions de toutes sortes !

 

Selon Zamarcharî, le premier verset autorisant la lutte défensive vint après 70 autres proscrivant la violence en général.

 

« Permission est donnée à ceux qui combattent  pour avoir subi l’iniquité…

— Dieu de les secourir est Capable.

— … à ceux qui furent évincés de leurs demeures à contre-droit, et seulement parce qu’ils disaient : “Notre Seigneur est Dieu”… » (XXII, 39-40)

 

LE TROISIEME TOME

Le Coran ne contient ni haine ni appel au meurtre de qui que ce soit mais il se présente volontiers comme la continuité des révélations divines qui l’on précédées : une sorte de tome définitif de la révélation monothéiste, le troisième Tome après la Thora et l’Evangile.

 

« A L M

Voilà l’Écrit que nul doute n’entache, en guidance à ceux qui veulent se prémunir

ils croient à la descente sur toi opérée, à celle avant toi opérée ; ils ont certitude de la vie dernière. » (II, 1-2, 4)

 

LA NOTION DE CRIME CONTRE L’HUMANITE

Plus encore, appeler au meurtre d'un être humain est contraire aussi bien à l'esprit qu'à la lettre du Coran, et l'on peut dire qu'il se dégage du verset 32 de la sourate V, une véritable notion de crime contre l'humanité avant la lettre. Notion que le Coran emprunte explicitement à la Bible : le troisième Tome dans les faits !

 

« C'est pourquoi Nous édictâmes à l'intention des Fils d'Israël, que tuer une âme non coupable du meurtre d'une autre âme ou de dégâts sur la terre, c'est comme d'avoir tué l'humanité entière, et que faire vivre une âme c'est comme de faire vivre l'humanité entière. » 

 

Même lorsque l'on subit une agression, le Coran recommande de faire preuve de retenue dans sa réaction.

 

« S'il vous faut punir, que la peine infligée n'excède pas celle subie, ou si plutôt vous patientez, meilleur sera-ce pour qui aura patienté. » (XVI, 126)

 

Prenons aussi, ne serait-ce qu'un instant, le temps de méditer cet appel à l'ouverture à l'autre et à la reconnaissance mutuelle prôné par le Coran, surtout à notre époque de grande frilosité où le rejet et l'exclusion de l'autre sont monnaie courante, où l'on commet au nom de Dieu les actes les plus fous, où des femmes et des hommes qui se connaissent et vivent ensemble depuis des générations refusent, au nom d'une idéologie qui les aliène totalement, de se reconnaître et s'entre-déchirent aux quatre coins de la planète.

 

« Humains, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre connaissance mutuelle. Le plus digne au regard de Dieu, c'est celui qui se prémunit davantage. » (XLIX, 13)   

 

Nous voilà donc bien loin de toute idée de négation de l'autre et d'appel à le supprimer. A des années lumières des élucubrations d’Eric Zemmour !

 

S’il fallait encore un exemple implacable, le voici :

« — Vous qui croyez, assumez Dieu, témoignez de l’équité. Que la rancune contre un peuple ne vous vaille pas de donner dans l’injustice. Soyez justes : c’est être au plus près de se prémunir. Prémunissez-vous envers Dieu » (V, 8)

 

LE CHOIX DU DIALOGUE

La polémique qui sert de point de départ à notre réflexion illustre en réalité la lutte qui fait de plus en plus rage entre, d’un côté, les Zemmour et autres intégristes de tous bords qui aspirent au conflit des civilisations et, d’autre part, les partisans de l’ouverture, du pluralisme, de la diversité culturelle, ceux qui aspirent à une éthique politique et qui plaident pour le dialogue des cultures, des religions, des civilisations. Oui, nous plaidons – contre tous les Zemmour de France et autres Wilders de Hollande et d’ailleurs – pour une lecture critique du Coran et pour un dialogue entre les humains dans leur totale et belle diversité.

 

«  Dis : « Mon refuge soit le Seigneur des hommes

le Roi des hommes

le Dieu des hommes

contre le ravage de l’instigateur sournois

qui chuchote dans la poitrine des hommes

(l’instigateur) de parmi les djinns et les hommes » (CXIV)

 

 

Ali Daddy

 

 

 

1 commentaire:

Marc a dit…

Je pense que cette affirmation n'est pas toujours vraie. Je n'ai aucune données pour justifier cela mais je pense que tous les syriens ne sont pas si mauvais que ça.