mercredi 4 juin 2014

Nemmouche, une bévue de la police antiterroriste française?


Pascal Martin


Selon un hebdomadaire français, les services de renseignement auraient pu surveiller par erreur un autre membre de sa famille.



Selon le Nouvel Observateur, la police antiterroriste française aurait commis une gaffe énorme, gaffe qui aurait abouti à laisser en liberté Mehdi Nemmouche en dépit d’un profil identifié comme étant à haut risque terroriste par les douanes allemandes.

«  Cela ressemble à une lourde erreur des services antiterroristes, écrit le Nouvel Obs. Elle s’enclenche soixante-sept jours avant le massacre, à l’aéroport de Francfort en Allemagne. Ce 18 mars, Mehdi Nemmouche, 29 ans, rentre en Europe après plus d’un an passé en Syrie où il semble avoir combattu dans une organisation classée terroriste. Nemmouche arrive au terme d’un périple visiblement destiné à brouiller les pistes, qui l’a conduit d’Istanbul (Turquie) à Kuala-Lumpur (Malaisie), Singapour et Bangkok (Thaïlande) et donc Francfort. »

L’hebdomadaire français poursuit : «  Les douaniers allemands ne se laissent pourtant pas berner. Le jeune Français a tout du djihadiste en puissance. Ils préviennent alors la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), la police antiterroriste française. Décision est prise de rédiger une fiche de surveillance, dite « S », pour « susceptible d’attenter à la sécurité nationale  ». Cette note, diffusée dans le fichier des personnes disparues (FPR) auquel tous les policiers ont accès, leur prescrit de rendre compte des faits et gestes de l’individu qui croiseraitleur route. C’est là que l’erreur se produit, sans laquelle quatre vies humaines auraient peut-être pu être épargnées. Celles d’un couple de touristes israéliens, d’une bénévole française et d’un jeune Belge préposé à l’accueil, tous mitraillés le 24 mai dernier dans le musée juif de Bruxelles.

LE MAUVAIS PRÉNOM

Selon les informations collectées par Le Nouvel Observateur, une fiche « S » a bien été rédigée… mais au nom d’un autre Nemmouche, prénommé celui-là Ammar et non Mehdi.

Né en 1966 à Tourcoing, Ammar Nemmouche est l’un des deux oncles du jeune djihadiste français. Après des études coraniques en Arabie Saoudite où il s’est installé avec femme et enfants, Ammar est devenu un imam adepte d’un islam radical qu’il professe parfois dans des cours de salafisme, lors de ses voyages en France et en Belgique. Ammar a d’ailleurs été un temps membre du conseil de la mosquée du quartier de la Bourgogne à Tourcoing, le berceau de la famille Nemmouche.

Cette erreur a-t-elle abouti à laisser Mehdi Mennouche en liberté ? Ou sans surveillance ?

Selon le Nouvel Obs, «  l’oncle islamiste du jeune djihadiste suspecté de la tuerie de Bruxelles figurait de longue date dans le fichier Christina, la base de données antiterroriste de la DGSI, couverte par le secret-défense. Mais il n’était pas recherché jusqu’ici. La confusion est possiblement venue de là  ».



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN BIEN SINGULIER  TONTON PRÉDICATEUR


Question à deux dinars : qui est le plus coupable ? La DGSI pour sa bévue inexcusable ou le tonton prédicateur adepte d’un islam radical qui a fanatisé son neveu ? L’imam radical ou la République qui permet à des prédicateurs radicaux formés à l’étranger de prêcher un islamisme sectaire et vengeur ?

Certes le vrai coupable est celui qui a vidé ses chargeurs de pistolet et de kalachnikov sur d’innocentes victimes, mais son bras fut armé par un conditionnement sectaire.  Quand nous déciderons-nous à former les imams, les aumôniers et les profs de religion islamique dans nos universités ?

MG

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