samedi 28 juin 2014

Une adolescente de 14 ans partie en Syrie


Edité par B.L.


Carte de localisation d'Argenteuil / Crédits : Idé

Dans une lettre retrouvée par ses parents, une adolescente d'Argenteuil partie du domicile mercredi explique aller en Syrie pour se rapprocher de Dieu, selon France Bleu.

 

Une jeune fille de 14 ans, originaire d'Argenteuil, dans le Val d'Oise, a quitté son domicile mercredi en début de journée sans un mot. Inquiets que celle-ci ne rentre pas le soir tombé, ses parents ont trouvé une lettre dans laquelle Sarah dit avoir pris la direction de la Syrie pour se rapprocher de Dieu, selon une information France Bleu.

Mercredi soir, son téléphone portable n'était plus localisable sur les réseaux français, laissant penser qu'elle avait déjà quitté le territoire. Selon les parents, l'adolescente aurait adopté un comportement différent depuis quelque temps et abordait plus fréquemment la question religieuse.

La police judiciaire de Pontoise a été saisie de l'affaire et la jeune fille reste activement recherchée.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LEBEN WIE GOTT IN FRANKREICH


Vivre en France était regardé autrefois par les Allemands comme le fin du fin, le nec plus ultra du raffinement. Mais voilà que pour quelques-uns des nouveaux Français que sont les jeunes Algériens nés en France, Dieu aurait déménagé vers la Syrie, un pays qui ne fut pas complètement étranger aux pérégrinationdu Dieu nazaréen. C’est là en effet que cette gamine de 14 ans entend retrouver son Dieu. Elle risque de n’y rencontrer que l’ « instigateur sournois », le « maître d’illusion », ce sont les noms par lesquels l’essai de traduction de Jacques Berque désigne Iblis, le grand Shatan.  

Les départs en Syrie et les « les manifestations de liesse nationaliste » en faveur de la patrie algérienne  sont-elles vraiment « un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation ; ces manifestations de patriotisme algérien sont-elles le signe de l'échec de la politique d'assimilation? »

D’abord, il faut s’entendre sur les mots, il est question ici d’assimilation. On parle d’assimilation pour désigner un Breton, un Occitan, un Alsacien, un Flamand qui aurait renoncé à sa langue pour adopter le français, un juif qui se serait coulé dans la culture et la langue française jusqu’à être devenu plus français que les Français comme Romain Gary ou Stéphane Berl ou Françoise Giroux ou Jean Daniel qui s’est auto-proclamé pourtant citoyen algérien par pure provocation cosmopolite.

« Il n’y a pas d’histoire de France, il y a une histoire de l’Europe mais la seule histoire véritable est l’histoire universelle (Marc Bloch)

 

« Il n’y a pas de France une mais des Frances.(…) La France se nomme diversité. (…) Et plus que les routes, plus même que le chemin de fer, c’est l’école qui, en multipliant ses services, assurera l’avance du français. Pourtant la « francisation » des campagnes ne se fit pas en un jour(Fernand Braudel.)

 

En Belgique on a parlé de l’échec de l’intégration. Quant à nous, nous parlons de la difficulté-pas de l’échec ; pas encore de l’échec-du dialogue interculturel, interethnique, interreligieux, intercivilisationnel pour favoriser le vivre ensemble. Ce sont trois approches, trois degrés d’un cheminement vers l’idéal cosmopolite qui fut réalisé dans l’empire romain, dans El Andalus, dans l’empire turc et plus près de nous dans le génial empire austro-hongrois à des degrés divers. Le cosmopolitisme fut « inventé » par Alexanndre le Grand et Alexandrie en fut la première capitale bien avant Le Caire, Constantinople, Thessalonique ou Vienne, New York et Bruxelles. C’est un phénomène essentiellement urbain, or ces gamins agitant leur drapeau algérien sont des descendants de ruraux.

 

« Nous assistons aujourd'hui à un phénomène de communautarisation de la société française, à sa fragmentation, à son éclatement. Toute une jeune génération se comporte comme si elle voulait prendre sa revanche sur la France colonisatrice. Leurs parents ayant refusé l'Algérie française, ils veulent la France algérienne. Leurs drapeaux brandis dans les rues expriment un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation. »


Assurément ce n’est pas faux. Mais faut-il continuer à exalter les valeurs nationalistes en Europe quand on sait qu’elles sont responsables de deux guerres européennes suicidaires. « Le nationalisme c’est la guerre » disait très justement François Mitterrand et la coupe du monde c’est la guerre des peuples par d’autres moyen pour Clausewitz. C’est la guerre de tous contre tous. (Thomas Hobbes)

« La France doit-elle accepter de se faire ainsi cocufier? »

« Le vrai responsable, ce serait-il  la faiblesse de l'Etat français?

Oui, c'est d'abord la faiblesse de la République qui entraine de telles dérives. L'Etat a été incapable d'enclencher un processus d'identification. Par une succession d'abandons, d'auto-flagellations, de démissions, d'indulgences, il a perdu toute attractivité et toute autorité. » Assurément, il faut parler ici de l’échec de l’incubateur d’assimilation que fut, depuis Jules Ferry et que ne demeure pas, l’enseignement français qui, comme le nôtre, est en pleine débâcle.

J’ai vu dans les rues de Bruxelles au soir du match Belgique-Russie, un petit Maghrébin à lunettes et coiffure en pétard emballé dans un drapeau belgo-jupillaire faire des grands bonds de joie et hurler « vive la Belgique ». Figurez-vous que je l’ai trouvé pathétique aussi pathétique que ces milliers de péquenots  à perruques et maquillages belgo-belges, armés de bouteilles ou de canettes de bière. Spectacle de beuverie et de décadence collective. Affligeant.

Mais de manière plus globale, il serait temps que toutes ces velléités de fierté nationalistes dérisoires soient dissoutes dans un esprit franchement européen, voire à l’extrême limite dans un patriotisme européen. Or nous assistons exactement à l’inverse.

Que les anglais aillent cuver leur ivresse nationaliste chez eux et nous laissent construire une république européenne qui soit à l’image de l’empire austro-hongrois , un nouvel Andalus, une mosaïque de nations culturelles coiffées par un exécutif commun, polyglotte, bon enfant mais ferme sur les valeurs essentielles et soucieux de sa prospérité.

On en est très loin, cependant, avec la nomination de Juncker à la tête de la commission, on s’en rapprochera de quelques coudées, comme autrefois avec Jacques Delors.

Mais ce qu’il faut impérativement pour accélérer ce mouvement c’est un enseignement paneuropéen commun, dont la majorité des cours soit dispenséen anglais, première langue internationale comme le fut autrefois le français.

Autrefois l’empire cosmopolite romain englobait le Maghreb et la Syrie et Constantinople fut une seconde Rome

MG

 

 

 

LE PATRIOTISME ALGÉRIEN EN FRANCE RÉVÈLE L'ÉCHEC DE L'ASSIMILATION

Ivan Rioufol Le Figaro

 


FIGAROVOX/ENTRETIEN - La victoire de l'Algérie face à la Russie a provoqué des scènes de liesse, émaillées d' «incidents», partout en France. Pour Ivan Rioufol, cette manifestation d'appartenance est le signe d'un echec de la République.

LORS DES DEUX VICTOIRES DE L'ALGÉRIE À LA COUPE DU MONDE, DES GRANDES MANIFESTATIONS «DE LIESSE» ONT EU LIEU PARTOUT EN FRANCE SUIVI DE DÉBORDEMENTS, QUALIFIÉS «D'INCIDENTS» PAR CERTAINS MÉDIAS.Y-A T-IL UNE INDULGENCE TROP GRANDE VIS-À-VIS DE CES DÉBORDEMENTS?

Ivan Rioufol: On ne peut pas se contenter de s'attendrir devant ces «scènes de liesse», ainsi décrites complaisamment par les médias. Ce qui se passe est choquant. Un étranger regardant la France hier soir pouvait se demander légitimement: dans quel pays suis-je tombé? Sommes-nous encore en France?

Ce que nous avons sous nos yeux sont des manifestations d'appartenance et de fierté patriotique, singulièrement à travers l'exhibition des drapeaux algériens. Dans certaines mairies, le drapeau français a été décroché et remplacé par le drapeau algérien. Ce n'est pas «faire le jeu du Front National» de le dire, comme on l'entend. C'est la réalité. Il n'y a pas eu de telles manifestations lorsque la France s'est qualifiée en huitième de finale.

A cette volonté d'appartenance, s'ajoute une recherche de visibilité. Ces jeunes veulent montrer et faire comprendre qu'ils sont Algériens avant d'être Français.

Il y a également une recherche d'appropriation des lieux publics, parfois violente: 74 interpellations ont eu lieu jeudi soir, des forces de l'ordre ont étécaillassées, des voitures ont été brulées un peu partout. Ces casseurs-là, minoritaires, veulent clairement en découdre avec la République.

LEURS PARENTS AYANT REFUSÉ L'ALGÉRIE FRANÇAISE, ILS VEULENT LA FRANCE ALGÉRIENNE. LEURS DRAPEAUX BRANDIS DANS LES RUES EXPRIMENT UN REFUS DU VIVRE-ENSEMBLE, VOIRE UNE VOLONTÉ DE CONTRE-COLONISATION.

CES MANIFESTATIONS DE PATRIOTISME ALGÉRIEN SONT-ELLES LE SIGNE DE L'ÉCHEC DE LA POLITIQUE D'ASSIMILATION?

Bien sûr, c'est un échec flagrant qui nous est donné de voir. Si l'assimilation fonctionnait, ces jeunes seraient descendus dans les rues pour fêter la victoire de la France! Nous assistons aujourd'hui à un phénomène de communautarisation de la société française, à sa fragmentation, à son éclatement. Toute une jeune génération se comporte comme si elle voulait prendre sa revanche sur la France colonisatrice. Leurs parents ayant refusé l'Algérie française, ils veulent la France algérienne. Leurs drapeaux brandis dans les rues expriment un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation. La question qu'il faut se poser est: la France doit-elle accepter de se faire ainsi cocufier?

Les mêmes scènes de liesse ont eu lieu à Alger, mais sans les violences contre les forces de l'ordre: là-bas, on respecte l'Etat.

LE VRAI RESPONSABLE, CE SERAIT-DONC LA FAIBLESSE DE L'ETAT FRANÇAIS?

Oui, c'est d'abord la faiblesse de la République qui entraine de telles dérives. L'Etat a été incapable d'enclencher un processus d'identification. Par une succession d'abandons, d'auto-flagellations, de démissions, d'indulgences, il a perdu toute attractivité et toute autorité.

 

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