jeudi 31 juillet 2014

Dans Le Soir en 1914


Fred Sempels (d’après archives)

Le 30 juillet, la tension monte. Alors que François-Joseph s’adresse à « ses » peuples pour fustiger l’ingratitude serbe, Le Soir intime à ses lecteurs de garder la tête froide.


L'Empereur François-Joseph. © D.R.

Par une note autographe adressée à son ministre-président, l’Empereur François-Joseph annonce au peuple le « commencement de l’état de guerre ». Côté diplomatique, la proposition de Sir Edward Grey semble définitivement enterrée, mais des pourparlers se poursuivent encore à Saint-Pétersbourg.

Enfin, militairement parlant, c’est en mer que les choses bougent, tandis qu’en Belgique, trois classes sont rappelées afin de constituer un « effectif de paix ».


Le Soir, quant à lui, exhorte ses lecteurs à garder leur sang-froid et à se méfier des notes alarmistes et des fausses nouvelles.

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE DERNIER EMPIRE COSMOPOLITE

Ce texte envoyé sous forme manuscrite et rédigé de la main du vieil empereur est bouleversant. Il est l’ultime expression d’un appel à la cohésion des peuples, au « vivre ensemble » de François-Joseph, que le vieil empereur zélé adresse à« ses peuples », -il ne dit pas « son peuple »- pour qui , dit-il ,il a, tout au long de son interminable règne voulu préserver un climat de paix et de concorde en leur épargnant les lourdes charges de la guerre et de graves sacrifices. Peine perdue, le bel empire cosmopolite qui fit rêver Schnitzler, Musil, Roth, Zweigva voler en éclat et être démembré par le traité de Versailles. En sombrant, le grand empire austro-hongrois multi-ethnique et multireligieux rejoint dans les oubliettes de l’histoire l’empire ottoman, le califat El Andalus, l’empire romain et celui d’Alexandre le Grand qui furent d’immenses rassemblements de peuples à vocation plus ou moins cosmopolite. Ce bref message du vieil empereur viennois mérite d’être relu et médité en silence comme les discours de Jean Jaures du reste. Il montre que le premier fonctionnaire zélé de ce bel empire qui venait de perdre son fils aîné et successeur désigné était sincèrement animé d’un idéal de paix et de concorde. Il montre aussi que sa bonne volonté se heurta à l’obstination exacerbée du nationalisme serbe.



En un mot, l’empire Austro-Hongrois était une confédération cosmopolite d’Etats disposant d’une assez large autonomie culturelle sous la couronne bienveillante des derniers Habsbourg.

Et si c’était ça le destin de l’Europe qui se cherche une voie en tâtonnant : devenir non pas un empire mais cette République cosmopolitique dont rêvait le grand Kant dans « vers la paix perpétuelle ?

MG



 

L’Europe serait la principale manne financière d’Al Qaïda


Didier Zacharie Le Soir

Selon le New York Times, les rançons payées pour libérer les otages constituent un business très lucratif pour l’organisation terroriste.



Dans une enquête publiée le 29 juillet, le New York Times affirme que les pays européens sont les principaux bailleurs de fonds d’Al Qaïda, à force de payer des rançons pour libérer des otages. Depuis 2008, l’organisation aurait récolté de cette manière près de 125 millions de dollars (93 millions d’euros).

Pour seule année 2013, Al Qaïda aurait extorqué 68 millions de dollars (49 millions d’euros) aux gouvernements des pays européens. En première ligne de ces pays, on trouve la France, principale contributrice avec 58 millions de dollars (43 millions d’euros) depuis 2008.



« BUTIN FACILE »

« L’enlèvement d’otages est un butin facile », a ainsi écrit Nasser al-Wuhayshi, le chef d’Al Qaïda dans la péninsule Arabique, « que je pourrais décrire comme un commerce rentable et un précieux trésor ». Or, l’organisation était à l’origine principalement financée par de riches donateurs.

Le New York Times pointe ces Etats européens comme « peu précautionneux ». A l’inverse, des pays comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont toujours refusé de payer. Ce qui signifie un autre destin pour leurs ressortissants… Le journal relate ainsi l’histoire de deux Suisses, un Allemand et un Britannique enlevés en 2009 dans le Mahgreb islamique. Les Suisses et l’Allemand ont été libérés – après le versement d’une rançon de 8 millions d’euros selon le Times. Le Britannique a quant à lui été exécuté.

AMÉRICAINS ET BRITANNIQUES REFUSENT DE PAYER

Ce destin tragique a néanmoins une autre conséquence. Peu d’Américains et de Britanniques sont enlevés par l’organisation terroriste, car elle sait qu’elle n’en tirera aucun bénéfice, comparé aux Français, Allemands et autres Européens.

Les gouvernements concernés nient publiquement tout versement de rançon. Ceux-ci sont dissimulés par des intermédiaires. Mais le Times assure que ces pratiques ont bien lieu et que le business du rapt est aujourd’hui des plus lucratifs. Ainsi, conclut l’enquête, en 2003, les ravisseurs recevaient 200 000 dollars par otage, contre 10 millions aujourd’hui.

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA VIE HUMAINE NA PAS DE PRIX


La vie humaine n’a pas de prix, que ce soit celle d’un enfant palestinien, celle d’un otage américain, celle d’un soldat israélien mobilisé malgré lui, celle d’un gardien bruxellois du musée juif, celle d’un passager de la Malaysian Air Lines,celle d’un ado salafiste, celle d’une juive nonagénaire, celle d’un archiduc de la famille des Habsbourg ou celle du grand Jaurès, on continue…

En temps de paix on ferait n’importe quoi pour sauver une vie humaine, en temps de guerre, la vie ne vaut plus rien et pourtant rien ne vaut la vie.

C’est pour cela que je prends le parti de Jaurès pacifiste antinationaliste lâchement assassiné il y a cent ans ce 31 juillet par un nationaliste belliciste déséquilibré (pléonasme) nommé Vilain, au café du Croissant. Ce soir-là, un simple rideau le protégeait de la rue. Un fragile pan de toile pour arrêter la haine… Le 31 juillet 1914, insouciante au cœur de l’été, l’Europe roulait vers l’abîme. Déclenchée par un lointain attentat dans les Balkans, la mécanique infernale des alliances conduisait inexorablement à la déflagration. Anxieux, ardent, infatigable, Jean Jaurès méditait un article solennel, fougueux, incendiaire une sorte de «J’accuse» qui aurait dénoncé les fauteurs de guerre à l’opinion. Par ses écrits, par son verbe, par sa philosophie, par son message à la gauche, Jaurès est toujours parmi nous.

Jaurès lutta contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie.[Je] n'ai jamais hésité à assurer sur ma tête la haine de nos chauvins par ma volonté obstinée, et qui ne faiblira jamais, de rapprochement franco -allemand."

Il était très préoccupé par les menaces de conflit et inquiet face à la montée des nationalismes et aux rivalités entre les grandes puissances. Jaurès est un cas singulier : pacifiste, mais passionné par la défense, par la stratégie militaire.  Il préconise la constitution d’une armée défensive, de milice entraînée dans le monde civil, liée à la nation, le contraire de l'« armée de caserne ».

Il tentera désespérément d'infléchir, dans un sens favorable à la paix, la politique gouvernementale française en rappelant notamment le mot d'ordre de grève générale décidé par l’internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Le pacifisme de Jaurès le fait haïr des nationalistes. Pendant la journée du vendredi 31 juillet 1914, -il rentre du congrès pacifiste de Bruxelles où il tend la main à Rosa Luxemburg et aux socialistes allemands - il tente, d'abord à la Chambre des Députés, puis au ministère des Affaires étrangères, de stopper le déclenchement des hostilités. En fin d'après-midi, il se rend à son journal l'Humanité pour rédiger un article, qu'il conçoit comme un nouveau « J’accuse ». Avant la nuit de travail qui s'annonce, il descend avec ses collaborateurs pour dîner au Café du Croissant, rue Montmartre

Ces quelques coups de revolver tirés par des étudiants nationalistes  bellicistes-Princip le Serbe et Vilain, le Parisien- qualifiés tous les deux de « déséquilibrés » ont effectivement déséquilibré la planète. Certes oui, « le nationalisme c’est la guerre ». Jamais on ne le répétera assez et le dialogue interculturel c’est la paix, « la paix perpétuelle » (Kant)Pardon, cher lecteur, de taper inlassablement sur le même clou.

MG

 


Jean Jaurès, vers 1904, par Nadar.  | DR

 


Discours de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais, le 25 mai 1913. (©© Maurice-Louis Branger /

Si [dreyfus] est innocent [...], il n'est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l'excès même du malheur, de tout caractère de classe ; il n'est plus que l'humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qui se puisse imaginer" Jaurès

"Le courage, c'est d'être tout ensemble [...] un praticien et un philosophe.[...] Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. [...] Le courage [...] c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel", disait-il, le 30 juillet 1903, lors de son discours à la jeunesse, prononcé au lycée d'Albi. Cette vertu ne lui a jamais manqué. Ecoutons-le, lors d'un ultime meeting pour la paix, à Bruxelles aux côtés de Rosa Luxemburg, le 29 juillet 1914 :

[Je] n'ai jamais hésité à assurer sur ma tête la haine de nos chauvins par ma volonté obstinée, et qui ne faiblira jamais, de rapprochement franco -allemand."

Deux jours plus tard, la haine le tuait, la paix mourait avec lui.


 

UN MÉDECIN REFUSE DE SOIGNER UNE NONAGÉNAIRE JUIVE: "ENVOYEZ-LA DONC À GAZA"



Alors qu'il est de garde mercredi soir, un médecin flamand reçoit un coup de fil. Un homme explique que sa mère Bertha Klein, nonante ans, souffre d'une fracture des côtes et a besoin d'aide médicale. Le nom de famille de la vieille dame, son adresse à Anvers : tout indique que la patiente est juive.

 

"Je ne viens pas" répond fermement le médecin, avant de couper court à la conversation en raccrochant sans autre forme de procès, raconte le site Joods Actueel. Préoccupé par l'état de sa mère, le fils rappelle le médecin de garde, qui répond: "Envoyez-la donc quelques heures dans la bande de Gaza, elle ne sentira plus la douleur."

 

Sous le choc, la famille appelle alors Samuel Markowitz, conseiller communal Open VLD à Anvers et ambulancier de profession. Celui-ci affirme que le médecin ne peut légalement pas refuser un patient, et l'appelle lui-même pour le confronter à ses dires. Le médecin a reconnu les faits, expliquant avoir réagi sous le coup de l'émotion. Ce qui n'a pas empêché le petit-fils de Bertha de porter plainte auprès de la police pour racisme et xénophobie.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AH LE SALE CON!

Ne dit-on pas que le racisme ne saurait être vaincu que par l’instruction? : six ans de médecine, six ans d’enseignement secondaire et six ans d’école primaire pour en arriver là…

 

 

Le pique-nique interculturel sera de retour à Saint-Georges


Par Samantha Thibaudeau, Journaliste



Photo: Suzie Gilbert

 

L’activité se déroulera sur l’heure du diner à la terrasse couverte du parc des Sept-Chutes, à proximité de la cantine. « Le pique-nique annuel du comité ABNA est une tradition qui répond parfaitement à l´un des objectifs du projet en immigration, soit celui de sensibiliser la population locale à la réalité de l´immigration en favorisant les rencontres interculturelles », mentionne Jeanne Bizier, directrice générale du CJE de Beauce-Sud.Le dimanche 24 août prochain aura lieu le pique-nique interculturel annuel du comité d’Accueil en Beauce des nouveaux arrivants (ABNA). C’est avec l’implication du Carrefour jeunesse-emploi de Beauce-Sud (CJEBS) que l’organisation de l’évènement est possible via le programme d’accueil et d’intégration des immigrants en Beauce-Sartigan.

Lors de la journée, une prestation musicale du duo composé de Joannie Demers et Olivier Turcotte sera offerte. De plus, la thématique de cette année est  « à la bonne franquette », pour une ambiance décontractée et particulièrement conviviale.

L’activité est gratuite, mais les participants doivent apporter un plat à partager comme le veut la tradition. La population locale ainsi que les nouveaux arrivants sont attendus en grand nombre.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PIQUE-NIQUE INTERCULTUREL AU PARC JOSAPHAT ?



 On me dira que ce n’est pas grand-chose et que ça ne vaut pas la peine d’être publié ici. Erreur ! L’interculturel ne peut progresser qu’à petits pas et ceci en est un. Je lance une idée, une bouteille à la mer. Je l’adresse tout particulièrement à l’échevin de la culture de Schaerbeek. Pourquoi ne pas organiser un pique-nique interculturel de ce style sur la belle esplanade du parc Josaphat. Quelqu’un m’a dit qu’on y organisait désormais d’agréables apéritifs urbains, grand rendez-vous des jeunes bobos de la capitale le vendredi. Alors, Monsieur l’échevin de la culture, Monsieur le bourgmestre, qu’attendez-vous pour faire de ce parc le magnifique, cet espace public privilégié, un lieu de dialogue et le transformer ainsi en un incubateur interculturel aussi puissant que peut l’être le parvis de Saint-Gilles? Vous me direz que nous ne sommes pas en année électorale et qu’il faudra cinq ans avant que le peuple ne soit appelé aux urnes. Raison de plus pour le faire maintenant, cet été, tout de suite. Qu’on se le dise dans cette commune où règne un bon climat de tolérance et ou se respire le bon air cosmopolite. Et surtout ne pas oublier que l’interculturel ne va pas de soi mais résulte d’un volontarisme émanant de quelques pionniers de bonne volonté. Roger Nols, de sinistre mémoire, a osé le « parc fou » avec Jo Dekmine alors pourquoi pas le parc interculturel? « L’activité est gratuite, mais les participants doivent apporter un plat à partager comme le veut la tradition. » Qu’en pense Jo Dekmine ?

MG



 


mercredi 30 juillet 2014

Waarom Bart De Wever (nog) geen premier wordt

 

Jan De Meulemeester

Politiek journalist bij VTM

KNACK

Bart De Wever lijkt op zijn favoriete figuur uit de Klassieke Oudheid: Lucius Cincinnatus, veldheer die Rome redde en koning mocht worden, maar terugkeerde naar zijn boerderij. De Wever won de verkiezingen, haalde de meeste voorkeurstemmen, richtte een Vlaamse regering op en lanceerde een federale, om dan terug te keren naar Antwerpen. En het is Kris Peeters die dat laatste mogelijk maakt.



Bart De Wever (N-VA) © BELGA

N-VA-voorzitter Bart De Wever lijkt een beetje op Lucius Cincinnatus, de Romeinse veldheer die Rome redde van een militaire ondergang en koning mocht worden, maar liever terugkeerde naar zijn bescheiden boerderij, ver weg van de hoofdstad. De Wever won met zijn N-VA de verkiezingen, haalde de meeste voorkeurstemmen van het land, richtte een Vlaamse regering op en lanceerde een federale coalitie, om nu terug te keren naar zijn vertrouwde Schoon Verdiep in Antwerpen, om er gewoon burgemeester te zijn. 'Het is de rol van Cincinnatus die ik heb opgenomen' zegt De Wever over zijn politiek handelen. En het is Kris Peeters (CD&V) die dat mogelijk maakt.

In de Oudheid was Lucius Quinctius Cincinnatus een van de mythische helden in de Romeinse overlevering. De adel gebruikte hem als ideaalbeeld die de deugden van het oude Rome belichaamde, in contrast met de decadente latere republiek. Cincinnatus, een verarmde patriciër die nog slechts een uiterst bescheiden lapje landbouwgrond bezat, werd in 485 voor Christus van zijn ploeg op het erf weggeroepen om in een militaire noodsituatie - als dictator - devijand te verslaan en de republiek te redden. Volgens de mythe keerde Cicinnatus na twee weken zegevierend terug uit de oorlog, om meteen weer zijn veld verder te ploegen.

Voorheen bedankte hij al voor een ambtstermijn als consul. En toen hij na de redding van Rome opnieuw ging boeren, weigerde hij trouwens ook de gebruikelijke oorlogsschatten. Hij werd weer de sobere, anonieme handwerksman, levend in armoede, een eindje buiten de stad.

KINGMAKER EN BOER

Cincinnatus is een van De Wever's favoriete historische personages, vertelt hij me: 'Ik ben een grote fan van de klassieke Oudheid. Aan mensen die dat ook zijn, vraag ik altijd wie hun lievelingsfiguur uit de Oudheid is. Daaruit leer je heel veel over die mens. Eén van mijn favoriete figuren is inderdaad Cincinnatus: het is een beetje voor zijn rol dat ik heb gekozen.'

De Wever bedoelt dat hij het ministerpresidentschap overlaat aan de stichter van de N-VA, Geert Bourgeois, en dat het Kris Peeters is die - ondanks minder electorale bagage - het premierschap mag ambiëren. De Wever is hun beider kingmaker, die zichzelf echter beperkt tot een lokaal mandaat.

Vindt de N-VA-voorzitter dat hij als dusdanig wat op Cincinnatus lijkt?'Ja, Cincinnatus keerde terugging om verder te werken op zijn veld. Ik heb ook nog een veld dat moet beploegd worden, Antwerpen, en ik zal daar met enthousiasme verder aan werken.'


Quintius Cincinatus wordt tot dictator aangeduid. © .

Dat leert iets over hoe De Wever naar zichzelf kijkt, en hoe hij een oud, mythisch verhaal een stukje op zichzelf projecteert. Zijn ideaalbeeld van de even machtige als onthechte winnaar illustreert waarom de N-VA-voorzitter geen minister-president of premier hoeft te worden.

'Mensen begaan steeds weer dezelfde stommiteiten in hun streven naar macht. Het relaas van de Romeinse republiek en de ondergang ervan kan ons daarover zowat alles leren' schreef de N-VA-voorzitter enkele jaren geleden in een recensie over de prachtige klassieker 'The Rise of Rome' van de Britse auteur Anthony Everitt. De Wever licht er de mythische Cincinnatus uit: 'De boer die van zijn ploeg werd weggeroepen om in een militaire noodsituatie de absolute macht van dictator op zich te nemen om de vijand te verslaan. Eenmaal hij zich meedogenloos van zijn plicht had gekweten, legde hij prompt al zijn macht weer neer om naar de boerderij terug te keren. Nietsontziend, ook zichzelf niet, zo zagen de Romeinen zichzelf heel graag. Terwijl ze stap voor stap hun macht uitbreidden.'

DE 16 IS VOOR U

Terwijl ze stap voor stap hun macht uitbreiden: net zoals de N-VA. Uniek toch hoe de voorzitter geen enkel Vlaams of federaal mandaat opneemt. Vooral dat laatste, de meest complexe taak. De Wever volgt de democratische geplogenheden niet. De grootste partij van het land, de grootste overwinnaar van de kiesslag, de meeste voorkeurstemmen, de grootste in co-formatie: ondanks die superlatieven toch geen premier worden?


Bart De Wever (N-VA) en Kris Peeters (CD&V) © BELGA

Één heel groot cadeau maakt deze Cincinnatus-houding mogelijk: de ambitie van de populaire Peeters om eerste minister te worden. Zonder Peeters zouden de Vlamingen roepen om een N-VA-leider als premier. Anders dan bestuurder-manager Peeters, voelt De Wever zich kennelijk beter aan de zijlijn, als een onbewogen beweger, observator, soms criticaster - de consulHet is bovendien voor de partij N-VA ook beter om haar voorzitter niet op te branden, zodat ze hem nog in de mouw kan houden voor een andere keer.

ALLES KAN

Maar dat betekent nog niet dat De Wever daarom geen premier zal worden. In zijn latere leven werd Cincinnatus opnieuw gevraagd door de Senaat, deze keer om de populist Spurius Maelius te bestrijden. Hij aarzelde even, maar deed het toch, omdat hij de res publica ermee diende, de publieke zaak.

Als die res publica vandaag alsnog De Wever nodig heeft als premier, wordt hij het dan? 'Op dit moment ga ik ervan uit dat Kris Peeters deze dans gaat leiden en wellicht ook premier zal worden.' Maar een formatie kan heel verrassende wendingen nemen: 'Ik heb ook altijd gezegd: ik sluit niks uit. Ik wil doen wat nodig is om de zaken gedaan te krijgen. Ik ben geen kandidaat-premier, maar we zullen zien wat de onderhandelingen opleveren, als men mij iets vraagt dan ga ik de verantwoordelijkheid niet uit de weg - als het kan helpen.'

En Antwerpen dan, waarvan hij burgemeester beloofde te blijven? Geen enkel probleem, en misschien zelfs integendeel. De Wever kan makkelijk opwerpen dat hij inderdaad louter burgervader van de Antwerpenaars wenst te zijn, maar dat diezelfde Antwerpenaars hem op het plebisciet van 25 mei massaal hebben gemandateerd om nu de zaken in Brussel aan te pakken.

314.650 burgers van binnen en buiten de stad gaven immers het signaal:na Antwerpen, sturen we U nu naar Brussel. Wil U onze premier worden?En wat zou de echte Cincinnatus daarop antwoorden?


 

COMENTAIRE DE DIVERCITY

L’OMBRE DE CHARLES DE GAULLE ?

On se souviendra du célèbre mot de Napoléon Bonaparte : « j’ai commencé à perdre lorsque j'ai cessé de surprendre ». Bart de Wever à l’art de nous surprendre à tous les tournants. Il a promis de rester coûte que coûte à la tête de la ville d’Anvers et voici quil résiste à une double tentation : celle de diriger le gouvernement flamand, un honneur qu’il laisse volontiers à Geert Bourgeois, fondateur de la N-VA arrivé en fin de carrière et qui servira, le cas échéant, de paratonnerre voir de disjoncteur.

Surtout, il est prêt à renoncer au poste de premier ministre qui lui revient de droit mais qu’il cède volontiers à Kris Peeters qui, le cas échéant, assumera toute l’impopularité qui résultera de la ponction de 15 milliards du budget fédéral. « Il va falloir trouver au moins 15 milliards d’euros pour atteindre les normes européennes. C’est gigantesque. Di Rupo n’a quasi rien fait »

 Surtout, en se référant à Cincinatus, il se met, comme Charles De Gaulle, en réserve de larépublique« Ma carrière personnelle est secondaire par rapport aux logiques de former des coalitions rationnelles. Si je peux être d’une quelconque utilité, tant mieux, sinon, tant pis ».

Vous avez dit République ? Comme c’est étrange. De toute évidence, celui qui brigue, nonobstant les règlements du parti, un quatrième mandat de président de la N-VA, entend bien diriger ces deux gouvernements de la coulisseAurait-il pris des leçons de machiavélisme chez son ennemi préféré,m le socialiste Elio Di Rupo ? 

Ce qui est clair, c’est que la coalition suédoise dite la kamikaze n’est pas bouclé«Il sera très difficile de former un gouvernement de centre-droit»(De Wever)Rudy Demotte (président de Wallobrux) et Paul Magnette (minitre président de la région wallonne) ont annulé le rendez-vous avec les deux formateurs pour cause de départ en vacances. Le citoyen électeur appréciera la pertinence du motif. Et tandis qu’on s’affaire pour désigner qui sera notre prochain commissaire européen, on cite le nom de Didier Reynders : une manière élégante mais classique d’écarter l’homme fort du MR d’une éventuelle coalition de centre droit.

Attention, le formateur francophone aura déjà beaucoup de mal à trouver sept ministériables  bilingues au MR : les deux Michel (mais alors il faudra un nouveau président), Dewolf, De Decker, Pivin(?), qui d’autre… Non, on ne saurait se priver de Reynders au fédéral…

MG



Statue de Cincinnatus - Cincinnati, Ohio (USA)

 

Conférence de presse du général de Gaulle du 19 mai 1958 (extraits)

Q. - Vous avez dit que vous seriez prêt à assumer les pouvoirs de la République. Qu'entendez-vous par là ?

R. - Les pouvoirs de la République, quand on les assume, ce ne peut être que ceux qu'elle-même aura délégués. Voilà pour les termes, qui me paraissent parfaitement clairs. Et puis alors maintenant, il y a l'homme qui les a prononcés. La République ! Il fut un temps où elle était reniée, trahie, par les partis eux-mêmes. Et moi, j'ai redressé ses armes, ses lois, son nom. J'ai fait la guerre pour obtenir la victoire de la France et je me suis arrangé de telle sorte que ce soit aussi la victoire de la République. Je l'ai fait avec tous ceux, sans aucune exception, qui ont voulu se joindre à moi. A leur tête, j'ai rétabli la République chez elle [...] Quand tout cela a été fait, j'ai passé la parole au peuple, comme je l'avais promis. Il a élu ses représentants. Je leur ai remis sans aucune réserve, sans aucune condition, les pouvoirs dont je portais la charge.

Et puis, quand j'ai vu que les partis avaient reparu, comme les émigrés d'autrefois qui n'avaient rien oublié ni rien appris, et que, par conséquent, il m'était devenu impossible de gouverner comme il faut, eh bien ! je me suis retiré, sans aucunement chercher à leur forcer la main. Par la suite, ils ont fait une Constitution mauvaise, malgré moi et contre moi. Je n'ai, pas un instant, cherché à la violer. Pour tâcher de mettre un terme à la confusion et de créer un État juste et fort, j'ai institué le Rassemblement du Peuple Français, en y appelant tout le monde, sans souci des origines, des idées, des sentiments, ni même des étiquettes des uns et des autres. Il s'est trouvé que le régime a réussi à absorber, peu à peu, les élus du Rassemblement, de telle sorte que je n'avais plus de moyen d'action à l'intérieur de la légalité. Alors, je suis rentré chez moi.

Voilà comment j'ai servi et, paraît-il, menacé la République. Aussi quand j'entends - voilà dix-huit ans que cela dure ! - les sauveurs professionnels de la République - lesquels, d'ailleurs, auraient été bien en peine de la rétablir tout seuls -, les sauveurs professionnels qui m'imputent de vouloir attenter aux libertés publiques, détruire les droits syndicaux, démolir l'institution républicaine, je laisse tomber et je passe outre. Ce qui ne m'empêche pas, avec beaucoup d'autres d'ailleurs, de demander à ces sauveurs ce qu'ils ont fait, eux, de la France libérée et de la République restaurée ? [...]

Q. - Certains craignent que, si vous reveniez au pouvoir, vous attentiez aux libertés publiques.

R. - Est-ce que j'ai jamais attenté aux libertés publiques fondamentales ? Je les ai rétablies. Et y ai-je une seconde attenté jamais ? Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?  J'ai cru utile au pays de dire ce que j'ai dit, maintenant je vais rentrer dans mon village et je m'y tiendrai à la disposition du pays.

 

 

mardi 29 juillet 2014

Les conflits religieux sont à l'origine d'un des plus grands déplacements de populations


Le Vif

Source: Belga 

Les conflits qui ont secoué la planète en 2013 ont provoqué les plus grands déplacements de populations pour des raisons religieuses dans l'histoire récente, se sont alarmés lundi les Etats-Unis.


La Jordanie accueille désormais près de 230.000 réfugiés syriens. © Reuters

"Quasiment aux quatre coins du monde, des millions de chrétiens, musulmans, hindous et fidèles d'autres religions ont été forcés de quitter leurs lieux de résidence en raison de leurs croyances religieuses", a fustigé le département d'Etat dans son rapport annuel sur les libertés religieuses dans le monde.

Dans ce panorama international, Washington s'en prend particulièrement dans sa dernière livraison aux conflits en Syrie, en République centrafricaine (RCA) et aux troubles religieux en Birmanie. En Syrie, après plus de trois ans de guerre, "la présence chrétienne n'est plus que l'ombre d'elle-même", pointe ledépartement d'Etat, soulignant que "dans la ville de Homs le nombre de chrétiens s'est effondré d'environ 160.000 avant le conflit à un millier" aujourd'hui.

Le département d'Etat insiste aussi sur les violences confessionnelles en RCA entre chrétiens et musulmans qui ont provoqué la mort d'au moins 700 personnes en décembre dernier à Bangui et le déplacement de plus d'un million de personnes à travers le pays en 2013. En Birmanie, les violences contre des musulmans à Meikhtila ont conduit à la mort de 100 personnes et contraint 12.000 autres à quitter la région au début de l'année dernière. "Partout dans le monde des individus sont victimes de discriminations, violences et agressions (...) pour simplement exercer leur foi", s'insurge la diplomatie américaine, égrenant des cas au Pakistan, en Egypte, en Arabie saoudite, Iran, Chine ou encore au Bangladesh. 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA FOI NE DEPLACE PAS QUE LES MONTAGNES

La foi, dit-on, déplace des montagnes. Il semble cependant qu’à notre époque elle déplace surtout les populations. Les religions du Livre viennent d’Orient (ex oriente lux) et l’Orient au fil des millénaires s’est déplacé vers l’Occident par migrations successives. Et voici que la laïcité, singulièrement la laïcité à la française, est de plus en plus contestée, singulièrement par des jeunes croyants et convertis de confession musulmane. C’est ce qui ressort d’une très belle lettre à un jeune musulman de Natacha Polony, agrégée en philosophie et coprésentatrice vedette de l’émission « On n’est pas couché ». 

La laïcité à la française est un modèle pour l’Europe en formation. Elle relègue tout ce qui touche à la religion dans la sphère privée, en vertu de la règle de la double incompétence : incompétence du religieux dans le politique, incompétence du politique dans la sphère religieuse. Autrement dit, séparation stricte de l’église et de l’État, du culte et de la politique. Natacha Polony fait une différence nette entre l’islam qu’elle admire et l’islamisme, son instrumentalisation à des fins politiques délétères.

MG


NATACHA POLONY : LETTRE À UN JEUNE COMPATRIOTE MUSULMAN



FIGAROVOX/TRIBUNE - Sur fond de tensions liées au conflit israélo-palestinien, Natacha Polony s'adresse à ses compatriotes musulmans et rappelle qu'elle ne critique pas l'islam en tant que religion, mais son instrumentalisation à des fins politiques.

 Natacha Polony est chroniqueuse au Figaro. Son dernier livre, Ce pays qu'on abat, vient de paraître.

 Cher compatriote, cette lettre est celle d'une Française à un Français. Car tu es ce que les médias appellent un «Français musulman», et moi, je suis française athée, ou agnostique penchant vers l'athéisme… Enfin, bref, ces choses-là sont complexes, mais elles relèvent de l'intimité puisque, dans l'espace public, nous sommes seulement deux citoyens français. Alors pourquoi cette lettre? Parce que lorsque j'écris un texte pour défendre la laïcité, certains me disent à travers les réseaux sociaux: «Vous avez un problème avec l'Islam.» Lorsque je publie une tribune pour m'inquiéter d'un antisémitisme de plus en plus violent, je reçois le même commentaire: «Vous avez un problème avec l'islam.» Lorsque j'évoque les djihadistes partis en Syrie, la sentence tombe à nouveau: «Vous avez un problème avec l'islam.»

Cher compatriote, sache-le, je n'ai, comme la plupart des Français je pense, aucun «problème» avec l'islam. Bien au contraire, ce mot éveille en moi le souvenir de l'immense civilisation arabo-musulmane qui fut au XIIIe siècle le phare du monde. Une civilisation faite de liberté, d'intelligence et de sensualité. Une civilisation qui permit de transmettre les textes grecs parce qu'elle respectait le passé qui l'avait précédé et les bibliothèques qui en préservaient la trace. Sans elle, la pensée contemporaine ne serait pas ce qu'elle est. Ce mot évoque Grenade, terre d'arts, de sciences et de poésie quand l'Occident médiéval incarnait encore la barbarie. Ce mot me raconte les vers d'Ibn Arabi et la spiritualité tolérante du soufisme.



Non, je n'ai aucun «problème» avec l'Islam, mais j'en ai un avec tous ceux qui s'en réclament pour imposer leur intolérance.

Non, je n'ai aucun «problème» avec l'Islam, mais j'en ai un avec tous ceux qui s'en réclament pour imposer leur intolérance et poursuivre un objectif politique, celui notamment de modifier l'équilibre des droits et des devoirs dans ce vieux pays qui avait à peu près réglé la question des religions. Ils ne sont pas majoritaires, bien sûr. Mais on les entend très fort, et j'aimerais entendre tous les autres. Et l'on entend beaucoup aussi les pyromanes qui expliquent qu'il faut modifier la règle commune sous prétexte que les musulmans «sont arrivés après». Il existait, avant 1989 et la première affaire de voile, une pratique qui était que l'on n'arborait pas de signe religieux dans les écoles. Cette pratique était adossée à une circulaire de 1936 publiée par le ministre Jean Zay. Il suffisait de le rappeler pour éviter un psychodrame récupéré par ceux qui veulent faire croire que seuls sont ciblés les musulmans.

J'ai un «problème» aussi quand je vois trois jeunes étudiants, dans un cours sur les grands textes littéraires, philosophiques et religieux ayant modelé la civilisation du pourtour méditerranéen, me déclarer qu'ils n'iront pas lire les mythes de la Genèse parce que «leur religion leur interdit d'ouvrir ce livre» et que «dans un établissement laïque, on n'a pas à lire ça». Qu'il me faille, à moi, expliquer à des jeunes de 20 ans intelligents et parfaitement éduqués que la laïcité n'est pas l'inculture, que lorsque j'ai annoncé que nous allions par la suite nous intéresser au Coran et à son histoire, ça n'avait pas eu l'air de les choquer et qu'enfin ces mythes sont le fondement de leur propre religion, cela me consterne.



J'ai un «problème» quand j'évoque dans un débat les nombreux Français «de culture musulmane» et que Tariq Ramadan me répond: «Cela n'existe pas. Il y a des musulmans et des non-musulmans.» Car une telle conception des religions (qu'on parle de l'islam, du christianisme ou du judaïsme) est le début de l'intégrisme. Elle nie la possibilité des individus de vivre dans le souvenir des rites qui les ont construits tout en s'émancipant de la religion elle-même.

Pour ma part, cher compatriote, je crois que toute religion est compatible avec la République, et je suis confirmée dans cette idée par les musulmans laïques qui vivent leur foi dans l'intimité. Mais je connais la sensibilité de la France, qui a évacué les religions vers la sphère privée, face à des pratiques ritualistes rendant le croyant visible dans l'espace public. Et je sais que la plus grande marque derespect est de traiter chacun selon la règle commune, justement parce que nous sommes tous citoyens à part entière.

Quand un fou ou un frustré endoctriné tue en se réclamant de l'islam, j'espère entendre ta voix, cher compatriote, me dire que tu récuses cette façon abjecte d'enrôler ta religion.

Mais quand un fou ou un frustré endoctriné tue en se réclamant de l'islam, j'espère entendre ta voix, cher compatriote, me dire que tu récuses cette façon abjecte d'enrôler ta religion. Et ce n'est pas te demander de te justifier mais affirmer un fait. Comme moi j'affirme que la France, dans son histoire, a parfois renié ses valeurs, et qu'il y a eu des Oradour-sur-Glane en Algérie, et que l'Indochine est un gâchis affreux. Et ce n'est pas de la repentance car les Français d'aujourd'hui ne sont pas comptables des fautes de leurs pères. Mais il y a des choses qui vont mieux en les disant.

 


Car tous les morts se valent, et je veux pleurer avec toi les enfants massacrés de Gaza autant que les enfants chrétiens martyrisés de Mossoul.

Vivre en bonne entente, cher compatriote, c'est avoir confiance en l'autre, qui est un semblable. Et nous avons un destin commun dans ce pays, la France, qui a développé un compromis social et politique que nous devons préserver toi et moi.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE INFIME MINORITE

Ils sont plus de 700.000 Belges de confession musulmane à avoir fêté lundi l’Aid qui marque la fin du ramadan, un temps fort s’il en est dans l’année musulmane. D’aucuns estiment à 20 à 30 % le nombre des intégristes ce qui nous fait entre 150.000 et 200.000 individus parmi lesquels se recrutent les radicaux jusqu’au-boutistes qui sont prêts à tout pour affirmer leur identité musulmane, on parlera de quelques centaines voire de quelques milliers dont une poignée sont partis le coran au fusil. On les regardera comme une infime minorité et on n’aura pas tort. Cette minorité extrême était au premier rang de la manifestation pro palestinienne de dimanche et c’est aussi parmi elle que se recrutent les Jihadistes qui font le coup de feu en Syrie et en Irak. D’aucuns feront valoir que les nazis n’ont remporté que 30 % des voix aux élections de 1933, que seulement une infime minorité d’entre ces « supporters » ont rejoint la SA ou la SS et cependant c’est cette minorité active et radicale qui a fait basculer l’Allemagne, nation de haute civilisation, dans l’horreur et la barbarie, avec la complicité passive de la grande masse des indifférents. Même schéma pour la révolution russe qui au départ a été fomentée par une poignée de bolcheviques à la houlette de Lénine, une toute petite minorité.

L’islamisme n’est pas seulement une instrumentalisation politique de l’islam, il est aussi son bras armé. Cela, nous le disons depuis des années et il semble que petit à petit beaucoup en prennent conscience malgré le silence embarrassé des imams sur le sujet. Le texte de Natacha Poliny met les points sur les I. Il ne s’attaque pas à l’islam mais aux islamistes dont il dénonce à raison les excès.

On aimerait qu’un jeune  musulman éclairé réponde à cette lettre avec le même luxe argumentaire.

 MG

 

LE VRAI DJIHAD SELON L'ISLAM

Marie Gathon Le Vif


Rachid Birbach, Imam conférencier, a publié une vidéo sur sa page Facebook il y a quelques jours dans laquelle il explique ce qu’est vraiment le djihad pour les musulmans. Il appelle à la raison les jeunes qui seraient tentés de partir en Syrie. « Le vrai djihad c’est s’instruire, c’est apprendre, c’est comprendre, c’est vivre en paix avec soi-même et les autres », affirme-t-il.



Rachid Birbach. © Capture d'écran Facebook

Dans la littérature arabe, le djihad signifie un changement, du mauvais vers le bien. Il s’agit de « quelqu’un qui travaille sur lui-même, qui s’instruit, qui aime, qui est intègre, qui travaille, qui développe des valeurs », explique l’imam Rachid Birbach dans sa vidéo. « Travailler sur soi-même, c’est le vrai djihad », résume-t-il. Au contraire, « assassiner et tuer au nom d’un dieu qui n’a rien demandé », ce n’est pas un djihad.

À propos de la guerre en Syrie et de l’enrôlement des jeunes européens par les moudjahidin, l’imam s’insurge : « Ce qui se passe en Syrie, ce n’est pas un djihad, c’est une folie », dit-il.

Il appelle ensuite les musulmans à se lever contre cette guerre et à changer le regard des Européens sur les musulmans. « S’il vous plait, sortez de votre silence, dénoncez ces gens-là parce qu’ils sont non seulement en train de salir l’image de l’islam, mais également notre image. Votre image. »

 

COLMMENTAIRE DE DIVERCITY

« ASSASSINER ET TUER AU NOM D’UN DIEU QUI N’A RIEN DEMANDÉ, CE N’EST PAS UN DJIHAD. »

« LE VRAI DJIHAD C’EST S’INSTRUIRE, C’EST APPRENDRE, C’EST COMPRENDRE, C’EST VIVRE EN PAIX AVEC SOI-MÊME ET LES AUTRES »

Pas trop tôt. Enfin une mise au point de la part d'un représentant de l’islam « modéré ». « Le vrai djihad c’est s’instruire, c’est apprendre, c’est comprendre, c’est vivre en paix avec soi-même et les autres »,

Ce qu’il dit est évidemment irréfutable. Reste une question essentielle : en quoi cet imam conférencier, (qu’est-ce qu’un imam conférencier, un prêcheur errant ?), est-il représentatif de la communauté musulmane de Belgique ?

On reste pantois, devant le silence des représentants officiels de l’islam belge face aux débordements des jeunes Jihadistes partis d’Europe et de Belgique pour faire le coup de feu ensemble en Syrie et en Irak. Ce silence oppressant finit par prendre des allures de complicité tacite. Il serait temps que les imams de Belgique dénoncent les crimes et les exactions qui sont commis au nom de leur religion.

Quelques jours avant ramadan en achetant mes côtes de mouton chez mon boucher préféré, je lui demande à brûle pourpoint : « vous qui êtes un homme de bon sens comment réagissez-vous à cette explosion d’ islamisme qui semble tourner la tête de jeunes gens d’ici et de là-bas? ». Sa réponse embarrassée :« vous savez, c’est très mauvais pour l’islam. »

-Vous voulez dire qu’il y a deux islams.

-Non pas du tout. Ce que prônent ces gens-là c’est le meurtre et la violence, ils nous font du tort, ils détruisent notre image.

-Mais comment expliquez-vous qu’il y ait si peu de réaction de la part des imams locaux ?

-Je vais vous le dire, c’est très simple, cela s’appelle tout simplement la peur des représailles.

-Diriez-vous que l’islamisme est à l’islam ce que le nazisme est au socialisme ?

-Oui, en somme, c’est un peu ça. »

J’ai repensé à cette conversation  en savourant mes côtes d’agneau et mon rosbif du dimanche, en songeant à mon excellent boucher qui, à l’heure qu’il est, est sûrement déjà en train de pêcher dans son pays  dans les eaux froides de l’Atlantique, comme il le fait chaque année.

MG


L'EX-IMAM DE LA MOSQUÉE D'EVERE LIBÉRÉ!

La DH



La chambre des mises en accusation de Bruxelles a ordonné vendredi la remise en liberté de l'imam Cheikh Mohamed Ben Ajiba, précédemment lié à la mosquée d'Evere. L’imam était incarcéré à la prison de Forest depuis la fin du mois passé. Son mandat d arrêt avait été prolongé le 9 juillet pour la durée d'un mois. Ben Ajiba, que défend l'avocate Nathalie Gallant, avait interjeté appel.

La mosquée d'Evere (Crédit: Bauweraerts)

L'homme, dont l'audience est grande, a séjourné et étudié en Syrie, en Egypte et au Maroc. Son arrivée a la mosquée d'Evere après un passage aux Pays-Basavait coïncidé avec l'époque où celle-ci était suspectée de prendre un virage marqué vers un islam très radical. 

Considérant la faiblesse des charges retenues à son encontre, la juge d'instruction Isabelle Panou, spécialisée dans les dossiers de terrorisme, avait décidé, en février, de sa remise en liberté sous conditions. Etant apparu que l'imam ne respectait pas les conditions de sa remise en liberté, la juge l'avait placé sous mandat d'arrêt le mois passé. 

Libéré, Cheikh Mohamed Ben Ajiba reste inculpé de participation dans lecontexte syrien aux activités d’un groupe terroriste par le recrutement et la récolte d’argent. L'ex-imam est libéré sans caution. Me Gallant le confirme.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN IMAM PAS TRES CATHOLIQUE

Une fois de plus il nous faut dénoncer la manière dont sont formés et désignés les imams en Belgique. Il serait temps, grand temps qu’ils (qu’elles ?) soient formés et certifiés par nos universités belges. Sauf erreur de ma part, rien de tel dans la déclaration gouvernementale de la fédération Wallonie Bruxelles. Cette omission, cette négligence est franchement coupable. Elle s’inscrit dans les velléités communautaristes des deux partis qui se partagent le pouvoir en région wallonne et dans la fédération Wallonie Bruxelles.

On s’étonnera que l’opposition n’interpelle pas le gouvernement sur cette question.

MG