jeudi 17 juillet 2014

De verkiezing van Juncker is een historische gebeurtenis die de David Camerons van deze wereld even doet slikken


DM STANDPUNT

Voor het eerst is een EU-voorzitter verkozen door een democratische meerderheid van een verkozen parlement. En hij wil dan nog investeren ook

 

Jean-Claude Juncker is verkozen tot voorzitter van de Europese Commissie, endat mag met reden een historische gebeurtenis genoemd worden. Je moet zuinigzijn met dat woord, maar toch.

Historisch niet zozeer vanwege de beminnelijkheid van de Luxemburgsepolitieke veteraan, maar wel omdat het de eerste keer is in de geschiedenis van de Europese instellingen dat de voorzitter niet door de eerste ministers van delidstaten wordt aangeduid, maar verkozen is door een democratischemeerderheid van een verkozen parlement.

Dat houdt meer dan een symbolische shift in de machtsevenwichten binnen deEuropese instellingen in, het is een definitieve en onomkeerbare verschuivingvan de macht van de natiestaten naar die van de Europa. Vandaar ook datsommige eerste ministers tot het laatste moment bleven spartelen tegen dezenieuwe procedure.

Want ook Juncker kon niet rekenen op de unanieme steun van alle lidstaten. Maar in tegenstelling tot het verledenwaarin bijvoorbeeld een Brits veto dekandidaturen van Jean-Luc Dehaene of Guy Verhofstadt kelderdevolstaat nueen gewone meerderheid om deze absolute toppost toe te kennen, en kan eenveto van een grote lidstaat daar niets meer aan veranderenOok dat is eenhistorische verschuiving, die de David Camerons van deze wereld even zullendoen slikken.

In Europa woeden zonder twijfel scherpe Eurokritische en -sceptischestromingen, die de evolutie naar meer Europa graag een halt willen toeroepen, maar deze verkiezing bewijst dat er ook een tegenstroom bestaat die eringeslaagd is de Europese politieke ruimte weer wat meer politiek gewicht tegeven.

Dat is overigens allesbehalve een ver-van-mijn-bed-show. Zo pleitte Junckeronmiddellijk voor de creatie van een publiek-privaat investeringsprogrammavan 300 miljard euro, dat de Europese economie nieuw leven moet inblazenDatstaat zowat diametraal tegen de filosofie van aftredend commissaris Olli Rehnen zijn ideologische medestanders, die ervan overtuigd zijn dat alleenbesparingen en budgettaire gestrengheid de weg uit de eurocrisis betekenden. InZuid-Europa hebben die maatregelen echter voornamelijk een generatie jongewerklozen en veel meer armoede opgeleverd.

Daartegenover staan die politici die denken dat een overheid naast haarbegrotingsdiscipline ook contracyclisch moet optreden, en het dus in crisistijdennet moet aandurven publieke investeringen te doeneen weg die Junckerblijkbaar wil bewandelen.

Yves Desmet

Welke democratische legitimiteit heeft deze politieke dinosaurus-beroepspoliticus waarop weliswaar een meerderheid Europese politburo-ledenhebben gestemd maar geen enkele burger? Het enige positieve aan dezealcoholieker als voorzitter is dat de alternatieven Verhofstadt en Schultz nog eenstuk afschrikwekkender waren en dat hopelijk de UK binnenkort uit deze kluchtstapt en dat het zaakje in elkaar klapt als er daarna nog een paar volgen.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MODÈLE SOCIAL EUROPÉEN ?


Que ce soit la Belgique, l’Allemagne, la France, l’Europe, les nations postmodernes se gouvernent au centre et François Hollande en fait les frais. En principe, les Allemands détestent les grandes coalitions. Et pourtant celle qui actuellement tient le haut du pavé en république fédérale est le résultat d’un compromis, d’un consensus qu’on a envie de qualifier de « à la belge. » Il est bien certain que chez nous, en Belgique, la solution du compromis exigerait que les socialistes wallons et les nationalistes flamands se partagent le pouvoir fédéral, le cas échéant avec un ou plusieurs satellite(Cd&VCdH, VLD et MR)autour d’un programme de compromis comme celui qu’à choisi JunckerIl n’est pas impossible que la VIème République française en pleine déglingue se porterait mieux si Hollande avait le cran de dissoudre l’assemblée et proclamerde nouvelles élections au risque de devoir partager le pouvoir avec une cohabitation de droite (une droite sonnée par les affaires) qui blufferait tout le monde et rabaisserait le caquet du Front National. En poussant la barre à gauche, le conservateur Juncker prend le risque de réussir à instaurer ce que plus personne n’attendait plus : une Europe sociale boostée par la planche à billets debanque centrale européenne. C’est audacieux, habile et tout à fait inattendu. Surprendre, toujours surprendre pour éviter de perdre. La politique d’austérité à outrance conduit à l’impasse alors pourquoi ne pas essayer un New Deal de 300 milliards façon Roosevelt ? Keynes aurait aimé. Les Britanniques vont détester et ils risquent de quitter le navire. Bye, bye, bon vent ! L’ennui c’est qu’ilspourraient entraîner d’autres pays dans leur sillage. Le compromis de Juncker ne saurait être que le résultat d’un dialogue serré entre les progressistes et les conservateurs : une sorte de dialogue interculturel aboutissant à un consensus à la belge. Vous trouvez que je pousse le bouchon trop loin ? Mais dites-moi, quelle autre solution proposez-vous.  Ce qui est sûr c’est que le nouveau Président, il l’a dit très clairement, ne mettra pas le cap sur la création des États-Unis d’Europe. Dommage ! Reste à savoir qui succédera à Herman van Rompuyet Lady Ashton. Il ne semble pas que Guy Verhofstadt ait la moindre chance d’hériter de ce poste. En dépit de tous les efforts qu’il a consentis pour convaincre et occuper le terrain, son nom ne circule même pas. C’est dire que l’Europe est une drôle de machine qui, comme Kronos dévore ses plus brillants enfants. En ce moment elle ressemblerait plutôt à un marché persan où chacun cherche à placer ses produits locaux.

Mais ne gâchons pas notre plaisir de voir remplacer l’insipide Barroso  par Juncker qui entend d’emblée  devenir « l’animateur de la réinvention du modèle social européen, un défi colossal. Mais rien ne permet de dire qu’il est impossible. Au contraire : il n’y a pas d’alternative. Sauf à envisager le déclin définitif de l’Europe »

Enfin une bonne nouvelle et une bouffée d’espoir en cette année du centenaire du déclenchement de la grand guerre civile européenne (1914-1989).

MG



LE DÉFI DE JUNCKER: RÉINVENTER LE MODÈLE EUROPÉEN

Jurek Kuczkiewicz

Le processus, laborieux, est arrivé à son terme. Jean-Claude Juncker sera donc le prochain président de la Commission européenne : il a été élu – indirectement – lors des élections européennes, désigné par les chefs de gouvernement puis confirmé ce mardi au Parlement européen. On peut désormais laisser derrière nous les polémiques : sur le processus de désignation, sur « Juncker, l’homme du passé », « Juncker, le défenseur du paradis fiscal », « Juncker, le chef de l’Eurogroupe et protagoniste des plans d’austérité draconiens imposés aux pays du Sud… »

Maintenant, parlons d’avenir. Juncker s’annonce comme « président de Commission social », avec un programme dont des passages entiers semblent écrits par un socialiste. C’est le résultat d’une hyper-coalition conservatrice-socialiste-libérale. Dans beaucoup de pays, on considère les grandes coalitions comme des aberrations, car elles allient des contraires, en général par pure nécessité arithmétique. Et souvent – la Belgique en est un exemple – les coalitions gauche-droite débouchent plutôt sur une dilution d’idées et une neutralisation des programmes, que sur quelque chose de cohérent.

Pourtant, si on regarde les choses autrement, la recherche de synthèse est loin d’être une aberration. Il y a en Europe deux courants majeurs : l’un partisan de la rigueur budgétaire et du commerce ; l’autre partisan de la défense des intérêts sociaux et des plus faibles. Mais on ne souligne jamais assez que tous ceux qui votent conservateur ne sont pas pour l’austérité bête et méchante, et contre le social. Et tous ceux qui votent à gauche ne sont pas favorables à l’endettement irresponsable, et opposés à l’économie de marché. En fait en Europe, il y a une écrasante majorité qui veut les deux : et la performance économique, et le social. On peut même ajouter qu’un nombre croissant veut tout cela dans le respect de notre environnement…

Jean-Claude Juncker est porté, dans une période charnière pour l’Europe, à faire de cette synthèse une réalité. Il y est porté par une aspiration profondément européenne, par les résultats électoraux, les rapports de force qui en résultent, mais aussi par son profil de conservateur social. Etre l’animateur de la réinvention du modèle social européen : c’est le défi auquel va s’attaquer Jean-Claude Juncker. Le défi est colossal. Mais rien ne permet de dire qu’il est impossible. Au contraire : il n’y a pas d’alternative. Sauf à envisager le déclin définitif de l’Europe.


LA PARTIE DE RUBIK'S CUBE POUR LES "TOP JOBS" EUROPÉENS VIRE À L'ÉCHEC

LA LIBRE BELGIQUESOLENN PAULIC ET A. C. (ET AFP)



Les dirigeants européens n’aiment visiblement pas rester trop longtemps sans se voir.

Après trois sommets consacrés aux futures têtes de l’Union européenne, les 27 mai, 27 juin et 16 juillet, les Vingt-huit s’acheminaient mercredi soir à Bruxelles vers un échec sur la succession de Catherine Ashton au poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères et sur celle d’Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen. Ils devaient convenir, à l’heure du bouclage de cette édition, d’un nouveau rendez-vous pour évoquer ces nominations; plusieurs dates circulaient, notamment le 13 et le 29 août.

La pression de Renzi

Les chefs d’Etat et de gouvernement étaient arrivés à Bruxelles avec une liste exhaustive de desiderata, entre revendications de postes clefs et portefeuilles dans la future Commission Juncker. Ils étaient aussi venus avec leurs lignes rouges.

En dépit de la pression mise par l’Italien Matteo Renzi sur ses homologues pour pousser la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, à la succession de Mme Ashton, les Vingt-huit n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un tableau équilibré respectant à la fois les exigences politiques et géographiques qu’implique la répartition des hauts postes européens.

Il avait été décidé, en début de soirée, que les Vingt-huit s’accorderaient sur tous les “top jobs” restants, et éventuellement aussi sur la présidence de l’Eurogroupe, considérée comme acquise au ministre espagnol Luis de Guindos. Ou bien sur rien du tout, si les équilibres en question ne devaient pas être pleinement respectés.

Or, très tôt, les choses se sont compliquées, aucun consensus n’ayant émergé des différentes réunions bilatérales organisées en amont du sommet par Herman Van Rompuy. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Belge avait décidé de repousser de deux heures l’entame de la réunion.

Cet échec, s’il se confirmait, aurait en tout cas deux premières conséquences : une défaite importante pour Matteo Renzi, pour qui “c’était ce soir (mercredi, NdlRou jamais” , selon une source européenne. “Il lui sera plus difficile d’imposer Mme Mogherini lors du prochain sommet.”

Autre dommage collatéral : la formation de la nouvelle Commission, présidée par Jean-Claude Juncker, sera peut-être pénalisée par l’absence de consensus sur le nom du prochain Haut représentant, dans la mesure où celui-ci occupera également le poste de vice-président de l’Exécutif. Cela dit, M. Juncker “pourrait commencer à faire sa liste de commissaires indépendamment du Conseil” , nuançait une source européenne. C’est d’ailleurs ce qu’a laissé entendre Martin Selmayr, futur chef de cabinet de M. Juncker, expliquant sur son compte Twitter que cet échec des Vingt-huit pourrait renforcer le Luxembourgeois dans la formation de son collège, qui se fera “sans interférence”.

Les raisons précises de l’échec des Vingt-huit n’étaient pas encore connues à minuit hier soir. L’Italienne Federica Mogherini, soutenue par la famille sociale-démocrate européenne, disposait sur le papier, au début du sommet, d’une majorité de pays en sa faveur, bien que son profil n’enthousiasme pas Jean-Claude Juncker. Le Luxembourgeois lui préfère l’autre candidate, la commissaire en charge de l’Aide humanitaire, la Bulgare Kristalina Georgieva.

MARCHANDAGES ET ÉQUILIBRES

Mais la nomination de l’Italienne posait des difficultés plus larges : elle rendait difficile la désignation d’une autre personnalité sociale-démocrate à la présidence du Conseil européen, la Danoise HelleThorning-Schmidt dont le nom revenait toujours dans les pronostics. Selon plusieurs sources, il aurait été question d’offrir plutôt à Rome ce poste de président du Conseil européen, en l’occurrence à Enrico Letta, mais sans succès.

Le Parti populaire européen (PPE), dont est membre la chancelière allemande Angela Merkel, n’a pas non plus renoncé de son côté à la succession de M. Van Rompuy, ne voyant pas pour quelle raison les sociaux-démocrates devraient hériter des deux beaux postes. Dans cette famille conservatrice et démocrate-chrétienne, c’est le Premier ministre polonais Donald Tusk qui émergeait en début de soirée comme un candidat possible, de même que l’Irlandais Enda Kenny. Mais les Libéraux escomptaient aussi récupérer une part du gâteau et pousser éventuellement le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ou l’eurodéputé estonien Andrus Ansip.

Face à un tel casse-tête chinois, désigner le fédéraliste Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, le 27 juin dernier, aura finalement presque été un jeu d’enfants pour les Vingt-huit.

 

LES PETITS PAPIERS D'ELIO DI RUPO

Quel Belge pour succéder à Karel De Gucht (Open VLD) à la Commission européenne ? Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) avait demandé aux partis de la majorité (PS, SP.A, MR, Open VLD, CDH, CD&V) de lui donner leur candidat. Ont circulé avec plus ou moins d’insistance, les noms de Marianne Thyssen (CD&V), Karel De Gucht – prolongé –, Didier Reynders (MR), Joëlle Milquet (CDH), Johan Vande Lanotte (SP.A) et même d’Elio Di Rupo, mais ce dernier a dit ne pas être preneur. Il n’a retenu que deux ou trois noms sur une liste. Laquelle, dit-on chez un ministre, “n’a été vue et validée par personne” .

Selon cette source, seul un candidat dont le parti est sûr d’être dans le prochain exécutif belge émergera. Dans un tel cas, Mme Thyssen, assez proche de Jean-Claude Juncker, a toutes ses chances. D’autant que le Luxembourgeois cherche des femmes pour composer son équipe. M. DeGucht peut, lui, faire valoir sa stature pour obtenir un (très) gros portefeuille. En tout cas, ces deux noms étaient les plus crédibles mercredi soir.

 

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