dimanche 6 juillet 2014

Depuis l'Irak, le "calife" jihadiste appelle les musulmans à lui obéir

AFP La Libre



Le chef d'un groupe jihadiste ultra-radical a appelé tous les musulmans à lui "obéir" lors d'un prêche dans la ville irakienne de Mossoul conquise par ses combattants, sa première apparition dans une vidéo mise en ligne samedi.

Ce développement est survenu alors que l'Irak, cible d'une offensive militairejihadiste, s'enfonce dans la crise à trois jours d'une nouvelle séance de son Parlement, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, très contesté, insistant pour rester en poste.

Ce sont les hommes d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique (EI), aidés de tribus et d'anciens officiers de l'ex-président sunnite Saddam Hussein, qui se sont emparés de larges pans de territoires en Irak depuis le lancement de leur offensive le 9 juin.

Selon la vidéo diffusée sur des sites jihadistes et qui n'a pu être authentifiée,Baghdadi, né en 1971 en Irak, s'est exprimé lors d'un prêche vendredi dans la grande mosquée de Mossoul (nord), deuxième ville du pays conquise aux premières heures de l'assaut.

Il s'agit d'un changement de tactique significatif, cet homme, classé "terroriste" par les Etats-Unis, ayant pendant des années opéré dans l'ombre, très peu de détails ayant filtré sur sa personnalité, son physique ou sur l'endroit où il se trouve.

Le 29 juin, son groupe a proclamé l'établissement d'un califat sur les territoires qu'il a conquis en Irak et en Syrie voisine, avant de désigner Baghdadi "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.

"Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger (...) Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous", a dit dans son prêche Abou Bakr Al-Baghdadi, qui portait une longue barbe, une abaya et un turban noirs.

Le califat est un régime politique hérité du temps du prophète Mahomet, qui a disparu avec le démantèlement de l'Empire ottoman dans les années 1920. Le calife est littéralement le successeur du prophète pour faire appliquer la loi en terre d'islam.

L'influent prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans, a néanmoins affirmé que l'établissement d'un califat par "un groupe connu par ses atrocités et ses vues radicales ne sert pas le projet islamique".

Selon lui, le titre du calife doit être "accordé par la nation musulmane entière" et ne peut être usurpé par un groupe.

Dans la région de Mossoul, les jihadistes ont démoli au nom de la lutte contre "les idoles" des sanctuaires sunnites, soufis et chiites et occupaient deux cathédrales orthodoxes, selon des habitants et des photos diffusées par l'EI.

En outre, le patriarche de l'Eglise chaldéenne en Irak, Louis Sako, a réclamé la libération de deux religieuses et de trois orphelins enlevés, selon lui, par des insurgés dans la ville.

Outre Mossoul, l'EI, à la faveur de son offensive en Irak, s'est emparé d'une grande partie de sa province Ninive, ainsi que de régions dans les provinces de Diyala (est), Salaheddine (nord) et Kirkouk (ouest). Il contrôlait depuis janvier des secteurs d'Al-Anbar (ouest).

Les forces irakiennes peinent à reprendre du terrain, piétinant en particulier dans leur contre-offensive sur Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein (nord).

Selon un porte-parole de M. Maliki, le commandant des forces terrestres AliGhaidan, qui avait fui Mossoul au début de l'offensive, a été "mis à la retraite", de même que le chef de la police fédérale Mohsen al-Kaabi, les deux plus hauts gradés à être limogés depuis le début de l'offensive jihadiste.

Alors que le voisin chiite iranien, un allié du pouvoir en Irak, affirme ne pas vouloir envoyer de troupes aider l'armée irakienne, l'agence iranienne Irna a annoncé la mort d'un pilote iranien en "défendant" des lieux saints chiites à Samarra.

Bagdad a reçu dix avions Sukhoi, annoncés comme venant de Russie mais dont certains pourraient venir d'Iran selon des experts.

Sur le plan politique, le pays est dans l'attente d'un nouveau président et gouvernement appelé à rassembler toutes les forces politiques pour faire face à l'offensive jihadiste.

M. Maliki, au pouvoir depuis 2006, a assuré vendredi qu'il ne renoncerait "jamais" à présenter sa candidature pour un 3e mandat. Si son bloc est arrivé en tête des législatives du 30 avril, son autoritarisme et son choix de marginaliser les minorités sunnites et kurdes limitent ses capacités de rassemblement.

Il garde néanmoins le soutien de nombreux Irakiens, essentiellement chiites, d'autant qu'aucune figure susceptible de rassembler ne se détache dans la classe politique.

Après une séance inaugurale catastrophique marquée par des insultes le 1er juillet, le nouveau Parlement doit se réunir mardi pour se choisir un président, puis élire un président de la République chargé de désigner le prochain Premier ministre.

Le pays reste menacé d'implosion avec la décision du président du Kurdistan irakien Massoud Barzani d'organiser un référendum en vue de l'indépendance.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CALIFE A LA PLACE DU PREMIER MINISTRE


"Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger (...) Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous"

Adolph Hitler, Führer du III Reich ne demandait pas autre chose.

On attendait avec impatience un Islam des Lumières, éclairé, européen inspiré par une éthique du Bel Agir et de la Voie de Rectitude et que nous offre l’histoire : un pape musulman agressif et autoritaire à la dégaine des seigneurs de guerre d’un autre temps" s’auto proclamant « chef des musulmans partout »dans le monde.

. « Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger, mais je ne suis pas meilleur que vous ; si vous pensez que j'ai raison, aidez-moi et si vous pensez que j'ai tort conseillez-moi et mettez-moi sur le droit chemin », a dit Abou BakrAl-Baghdadi, qui portait un turban noir et une longue robe traditionnelle. Impressionnant.

Reste à savoir comment les musulmans de là-bas et d’ici plongés dans le ramadan réagiront à ce candidat dictateur des croyants. Seront-ils enclins à se soumettre à son diktat ou auront-ils un sursaut ?

A l’évidence, les milliers de jeunes musulmans et de convertis en rupture qui ont rejoint les légions du nouveau Ben Laden n’ont pas hésité se soumettre à lui corps et âme.

Jusqu’ici, on n'enregistre aucune réaction du côté d’un Islam qui se dit et se veut modéré. Ce n’est pas vraiment rassurant.

Suspense…

MG

 

 

 

 

LE CHEF DE L'ETAT ISLAMIQUE ORDONNE AUX MUSULMANS DE LUI « OBÉIR »

Le Monde.

Le chef de l'Etat islamique (EI), Abou Bakr Al-Baghdadi, désigné par son groupe« calife », est apparu samedi pour la première fois dans une vidéo postée sur des sites jihadistes, appelant tous les musulmans à lui « obéir ».

ABOU BAKR AL-BAGHDADI, LE NOUVEAU BEN LADEN

Ce chef jihadiste sunnite, qui agissait jusque-là dans l'ombre, a lancé cet appel lors d'un prêche vendredi à Mossoul, deuxième ville d'Irak (nord) conquise lors de l'offensive lancée par ses combattants le 9 juin en Irak, où ils occupent de larges pans de territoires.

« Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger, mais je ne suis pas meilleur que vous ; si vous pensez que j'ai raison, aidez-moi et si vous pensez que j'ai tort conseillez-moi et mettez-moi sur le droit chemin », a dit Abou Bakr Al-Baghdadi, qui portait un turban noir et une longue robe traditionnelle.

« Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous »a-t-il ajouté. Il n'était pas possible d'authentifier la vidéo dans l'immédiat.

UN CALIFAT ENTRE L'IRAK ET LA SYRIE

Dimanche dernier, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont proclamé l'établissement d'un califat sur les territoires qu'ils ont conquis en Irak et en Syrie voisine, avant d'annoncer qu'ils changeaient le nom de leur groupe en« Etat islamique », tout court sans référence géographique.

Ils ont aussi proclamé Abou Bakr Al-Baghdadi comme « calife » et donc « chef des musulmans partout » dans le monde, appelant tous les musulmans à faireallégeance au « calife Ibrahim ».

Le calife désigne depuis la mort du prophète Mahomet son successeur comme« émir des croyants » dans le monde musulman. Le califat est un régime politique islamique disparu il y a près d'un siècle.

IRAK. LE CHEF DE L'ETAT ISLAMIQUE APPELLE TOUS LES MUSULMANS À LUI "OBÉIR"

Nouvel Observateur

"Je suis le Wali désigné pour vous diriger, mais je ne suis pas meilleur que vous; si vous pensez que j'ai raison, aidez-moi", a dit dans son prêche Abou Bakr Al-Baghdadi, nouvel "émir".

Le chef d'un groupe djihadiste ultra-radical a appelé tous les musulmans à lui "obéir" lors d'un prêche dans la ville irakienne de Mossoul. (AFP PHOTO / HO / AL-FURQAN MEDIA)

 

Ce développement est survenu alors que l'Irak, cible d'une offensive militaire djihadiste, s'enfonce dans la crise à trois jours d'une nouvelle séance de son Parlement, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, très contesté, insistant pour rester en poste.

 

Ce sont les hommes d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique (EI),aidés de tribus et d'anciens officiers de l'ex-président sunnite Saddam Hussein, qui se sont emparés de larges pans de territoires en Irak depuis le lancement de leur offensive le 9 juin.

VIOLATION DE LA CHARIA

Le califat est un régime politique hérité du temps du prophète Mahomet, mais il a disparu avec le démantèlement de l'Empire ottoman dans les années 1920. Le calife est littéralement le successeur du prophète pour faire appliquer la loi en terre d'islam.

Samedi, l'influent prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans, a affirmé que l'établissement d'un califat par "un groupe connu par ses atrocités et ses vues radicales ne sert pas le projet islamique".

Selon lui, le titre du calife doit être "accordé par la nation musulmane entière" et ne peut être usurpé par un groupe.

Dans la région de Mossoul, à plus de 350 km au nord de Bagdad, les djihadistes ont démoli au nom de la lutte contre "les idoles" des sanctuaires sunnites, soufis et chiites et occupaient deux cathédrales orthodoxes, selon des habitants et des photos diffusées par l'EI.

L'EI a été rejeté par les autres groupes rebelles syriens en raison de ses exactions, notamment des exécutions sommaires de civils, et de sa volonté d'hégémonie.

Outre Mossoul, l'EI, à la faveur de son offensive en Irak, s'est emparé aussi d'une grande partie de sa province Ninive, ainsi que de régions dans les provinces de Diyala (est), Salaheddine (nord) et Kirkouk (ouest). Il contrôlait déjà depuis janvier des régions de la province d'Al-Anbar (ouest).

Les forces irakiennes peinent à reprendre du terrain, piétinant en particulier dans leur contre-offensive sur Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein (nord).

IMPASSE SUR LE PLAN POLITIQUE

Bagdad a reçu dix avions Sukhoi, annoncés comme venant de Russie mais dont certains pourraient en fait venir d'Iran selon des experts.

Sur le plan politique, la situation semblait dans l'impasse alors que le pays est dans l'attente d'un nouveau président et gouvernement.

M. Maliki, au pouvoir depuis 2006, a assuré vendredi qu'il ne renoncerait "jamais" à présenter sa candidature pour être reconduit dans son poste.

Si son bloc est arrivé en tête des législatives du 30 avril, son autoritarisme et son choix de marginaliser pendant des années les minorités sunnites et kurdes limitent ses capacités de rassemblement.

Il garde néanmoins le soutien de nombreux Irakiens, essentiellement chiites, d'autant qu'aucune figure susceptible de rassembler ne se détache dans la classe politique.

Après une séance inaugurale catastrophique marquée par des insultes le 1er juillet, le nouveau Parlement doit se réunir mardi pour se choisir un président, puis élire un président de la République chargé de désigner le prochain Premier ministre.

Le pays est menacé d'implosion avec la décision du président du Kurdistan irakien Massoud Barzani d'organiser un référendum en vue de l'indépendance.

 

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