lundi 21 juillet 2014

Discours du Roi: "La coopération et la confiance sont indispensables"




Le Roi Philippe a prononcé ce 20 juillet son premier discours de Fête nationale.

"Mesdames et Messieurs,

Notre monde est déconcertant. Il est passionnant par son interconnectivité. Il peut aussi être angoissant par sa complexité et l’accélération des changements. Au cours de ma première année de règne, j’ai pu constater à nouveau combien ce monde offre des opportunités valorisantes, mais aussi combien il plonge trop de nos concitoyens dans le désarroi.

Les restructurations d’entreprises, dont certaines encore annoncées récemment, nous rappellent que notre prospérité est vulnérable. La pauvreté infantile et le chômage des jeunes continuent à nous interpeller. Des foyers de violence et d’instabilité apparaissent ou perdurent aux portes de l’Europe. Ils nous montrent que la paix n’est pas une évidence et à quel point il est nécessaire de continuer à lutter contre la propagation de la haine.

Face à tout cela, nous ne devons pas perdre confiance. Au contraire, plus que jamais, elle doit nous guider. Pas seulement une confiance calculée, mais une confiance généreuse qui tire parti de nos capacités d’être et d’agir sans ignorer pour autant nos fragilités. Cette confiance-là est véritablement créatrice. Un bel exemple est la foi des jeunes en l’avenir. Comme l’a montré une étude récente, trois quarts des jeunes adultes en Belgique estiment que leurs perspectives d’avenir sont meilleures que celles de leurs parents, malgré le contexte actuel difficile. Travaillons à ce que leurs attentes se réalisent pleinement.

Ce qui m’a frappé dans le beau parcours des Diables Rouges au Brésil, c’est précisément l’importance de la confiance : confiance en soi de chacun des joueurs, construite patiemment, à force de discipline et d’exercice ; confiance de chacun des joueurs dans ses coéquipiers et dans les choix de l’entraîneur ; confiance enfin des supporters dans l’équipe nationale. Tout cela a suscité un vrai bonheur partagé et un dynamisme collectif porteur de réussite.

Il en va de même dans notre pays : nous avons besoin de pouvoir compter sur nous-même, sur les autres, et sur nos institutions. Celles-ci sont l’expression de notre capacité à dialoguer, à trouver des solutions qui rassemblent, à prendre en compte les points de vue minoritaires, à assumer collectivement nos responsabilités. En d’autres mots : nos institutions constituent la clef de voûte d’une société qui invite à se mettre à la place de l’autre.

C’est dans cet esprit que nous avons, au cours de notre histoire, construit une société dont nous pouvons être fiers. Notre système économique et social, basé sur le respect, le dialogue et la solidarité, a fait la preuve de son efficacité. Il a permis à notre pays de résister mieux que d’autres à la crise que nous vivons depuis 2008. Nos services publics et nos entreprises sont à la pointe dans de nombreux domaines et se montrent capables de saisir de nouvelles opportunités. Continuons à les soutenir et à les renforcer.

Le 25 mai dernier, vous avez élu des hommes et des femmes appelés à vous représenter pendant les cinq prochaines années. Avec vous, je forme le vœu que les gouvernements de l’État fédéral et des entités fédérées soient tous à pied d’œuvre sans tarder. Ces gouvernements seront appelés à coopérer dans un esprit de loyauté et de reconnaissance mutuelle. Cela sera nécessaire pour la mise en œuvre de la réforme de l’État qui vient d’entrer en vigueur, mais aussi pour continuer à relever les défis économiques et sociaux.

Mesdames et Messieurs,

Pour créer de la valeur – économique, sociale, et avant tout humaine – la coopération et la confiance sont indispensables. Poursuivons ensemble nos efforts pour construire une société dans laquelle l’une et l’autre se renforcent mutuellement.

Avec l’intime conviction que nous y parviendrons, la Reine et moi vous souhaitons une bonne Fête Nationale."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE ROI FEDERAL EST MORT VIVE LE ROI CONFEDERAL


Discours de circonstance ? Pas du tout, c’est un très bon texte dans la tradition de l’excellence cosignée par le premier ministre. Est-ce du Philippe, du Van Damme, (le chef de cabinet du roi) ou du Di Rupo ? Et pourquoi pas la synthèse des trois ? Il est évident que DiverCity apprécie tout particulièrement ceci :

« Notre système économique et social, basé sur le respect, le dialogue et la solidarité, a fait la preuve de son efficacité. Il a permis à notre pays de résister mieux que d’autres à la crise que nous vivons depuis 2008 » 

On nous pardonnera d’y voir un éloge du dialogue interculturel de communauté à communauté, d’Etat régional à État régional. En signant cela avec le contreseing du premier ministre, le roi Philippe montre qu’il a parfaitement compris que la Belgique fédérale est entrée dans un processus quiannonce une prochaine confédération.

« Notre monde est déconcertant. Il est passionnant par son interconnectivité. Il peut aussi être angoissant par sa complexité et l’accélération des changements. Au cours de ma première année de règne, j’ai pu constater à nouveau combien ce monde offre des opportunités valorisantes, mais aussi combien il plonge trop de nos concitoyens dans le désarroi. » Ceci, c’est carrément du Edgar Morin. Tous les esprits chagrins, il y a un encore quelque uns, qui nous prédisaient un roi sans envergure se sont trompés. Et pourtant, nous étions prévenus, les Saxe Cobourg Gotha sont de bonnes souche mais de maturation lente et capable de bien faire, surtout quand ils sont parfaitement encadrés comme c’est visiblement le cas de Philippe le téméraire (« ik ben een taaie » : je suis coriace). Téméraire mais prudent : faut-il y voir l’influence apaisante et rassurante de son épouse Mathilde que certains constitutionnalistes bien en vue refusent de regarder comme notre reine ? L’indice de popularité de Philippe est excellent et son indice de confiance a de quoi faire pâlir d’envie Barack Obama ou François Hollande. Les tribulations médiatiques du ci-devant roi Albert II n’ont pas fait vaciller le jeune roi sur son trône. Un gros regret malgré tout : DiverCity déplore que dans son discours, le roi ait omis d’évoquer la problématique des dysfonctionnements de notre enseignement. C’est précisément cela qui nous donne l’impression que c’est surtout Elio Di Rupo qui a guidé la plume du souverain pour rédiger cet excellent texte. Il n’aurait pas osé…

MG


LE DISCOURS DU ROI COMMENTÉ

J’ai découvert ce matin au petit déj dans le Vif divers commentaires désabusés du discours royal du 21 juillet. Tout en ayant trouvé ce discours excellent et parfaitement torché dans la tradition d’un exercice répété chaque année avec talent par un souverain appliqué. Cette année la marionnette royale a changé et point le ventriloque à savoir le premier ministre. En Angleterre ou en Hollande on y met plus de transparence puisque la souveraine (désormais le souverain pour les Hollandais) lit le discours rédigé par un premier ministre qui fait son bilan.Décidément la fièvre belgicaine inoculée par les diables rouges est carrément tombée.

 

MG

 

Claire Danaux | 21 juillet 2014

@Elène Delacroix | 20 juillet 2014 -- Bien dit! Il parle de solidarité entre citoyens, de confiance, d'unité devant les difficultés, mais tout ce qui se fait dans ce pays l'est dans l'unique but de diviser, de morceler l'Etat, le pays et ses habitants. Par pur intérêt politique. Qu'avons-nous, en effet, besoin de 7 parlements et ministères pour administrer ce petit, tout petit bout de territoire? Qu'avons-nous besoin de tous ces fonctionnaires en surnombre pour un résultat aussi lamentable? Non, ce pays n'a pas mieux résisté à la crise que d'autres par la grâce des satrapes qui confisquent le pouvoir depuis des lustres. C'est un mensonge éhonté, sorti tout droit des cuisines nauséabondes du PS et de ses partis-croupions, une fable ridicule pour cacher une insurmontable incurie, une propension à dilapider un argent public qui nous fait de plus en plus défaut pour satisfaire des politiques ruineuses et improductives. La réalité est bien autre! Depuis trois ans, on a eu droit à des sagas invraisemblables, dues, certes à un contexte difficile, mais considérablement aggravées par l'impéritie et la courte vue de ceux qui s'autoproclament nos dirigeants. Des délocalisations, des restructurations comme s'il en pleuvait, que l'on tente, de plus en plus en vain, d'expliquer par "la recherche effrénée du profit", alors que ceux qui se retrouvent à devoir prendre de telles décision sont, dans la plupart des cas, des entrepreneurs qui ont, depuis des années, le couteau sur la gorge avec d'un côté une meute de gloutons du fisc, et de l'autre, l'incendie toujours prêt à reprendre d'un syndicalisme revendicateur et incapable de comprendre que, pour payer les gens, il faut faire tourner les usines. Non pas comme sous Staline, pour la plus grande gloire du Parti, mais tout simplement pour générer des profits permettant de payer ce qui doit l'être! Ce discours n'est, une fois encore, en dépit du changement d'orateur, qu'un message stéréotypé et lénifiant, commis par l'équipe Di Rupo, et destiné à remettre une giclée d'anesthésiant sur les préoccupations des gens. Faire dire au Roi les mêmes contre-vérités que cet ectoplasme nous serine à longueur d'années pour justifier un bilan lamentable n'est qu'une tentative dérisoire de plus pour tromper le peuple. Avec les méthodes éculées de la comparaison systématique, non pas avec ceux qui sont plus performants, mais de manière récurrente avec le fond de la classe! Peut-être n'ont-ils pas, en effet, d'autre choix que de se dire qu'ils ne sont pas les pires cancres de l'Europe. Maigre consolation, mais surtout, quelle ambition ravageuse! Plus rien ne nous étonnera de ces ploucs au petit pied!

Christine Ergo | 20 juillet 2014

Sauf que la confiance Sire, cela se mérite et nos politiciens ne la méritent pas.

Christian Depreter | 20 juillet 2014

Nous avons choisi nos représentants le 25 mai 2014 !!!!???Ce n'est qu'une chaise musicale de toutes les anciennes marionnettes avides de postes et petits boulots excessivement payés trop chers. Nous n'y pouvons rien faire du tout et Philippe le sait très bien.

taton francis | 20 juillet 2014

Je n'éprouve plus aucun sentiment d'appartenance à ce pays qui est, selon mes critères de droit administratif, devenu une bulle compliquée qui enfle de manière inexorable. Vous connaissez le principe de la bulle qui enfle... à la fin elle explose! Vu sa taille, le pays est gouverné par de trop nombreuses autorités administratives et, j'attends que l'on m'explique à quoi tous ces gouvernements servent, si ce n'est, selon moi, à trouver des emplois plus nombreux pour les hommes politiques! La perfection n'est pas française, je puis vous le concéder, mais pourquoi ici en Belgique, l'existence de Décrets, d' Ordonnances, de Lois, des AR ... et tutti quanti, je vous en passe et des meilleures! Pourquoi une même chose est-elle réglementée de manière différente en Flandre et en Wallonie, jene vous citerai que la réglementation sur l'environnement ... ? Trouvez-vous cela normal ? Moi pas... Mais, comme je dis bien souvent cela ne reste que mon opinion !

 



Aucun commentaire: