vendredi 4 juillet 2014

Le vrai test pour le nouveau Roi

Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef (Le Soir)

C’était il y a un an. Le roi Albert II annonçait sa volonté d’abdiquer et de passer la main à son fils Philippe le 21 juillet. A la surprise générale ? Pas pour les lecteurs du Soir  : notre journaliste Martine Dubuisson avait annoncé l’intention du roi un an avant que celui-ci n’en fasse part au gouvernement et à la population. Nombre d’observateurs avaient espéré qu’Albert II reste en poste, craignant de devoir gérer la nouvelle donne électorale sans le roi qui avait si parfaitement accompagné ces 541 jours d’enlisement politique et de déchirement national. Mais Albert II, personnellement fatigué mais aussi usé par ces longs jours d’une crise qu’il ne voulait plus retraverser, a maintenu son souhait de se retirer.

Un an plus tard, on ne peut que constater la pertinence de cette abdication. Pourquoi forcer la main à un roi qui était arrivé au bout de sa mission, à un âge et après un « mandat » lourd ? Le timing, de plus, était parfait : son fils Philippe a pu, durant un an, se familiariser avec les rouages de son nouveau rôle, faire connaissance avec tous les acteurs clés dans un moment non critique. La passation de pouvoir fut parfaite, et on peut en dire autant du début de règne. Le nouveau couple royal a fait un parcours sans faute – Mathilde a juste anticipé le but de Lukaku… – et mis tout le monde (assez) à l’aise pour aborder l’élection de tous les dangers. Les seuls couacs sont venus de là où on ne les attendait pas, avec les incartades du couple de parents royaux retraités. Mais les errements du père ont en fait plutôt servi l’image du fils.

On l’a cent fois répété : le vrai test royal se déroule sous nos yeux. Et c’est peu dire qu’Albert II doit se réjouir d’avoir décroché : il n’avait pas aimé 2011, il aurait détesté 2014. Philippe, lui, ne peut pas copier la partition du père, car le scénario en cours s’écrit tous les jours à la surprise générale. L’embûche est ainsi venue de là où Philippe et son entourage ne l’attendaient pas : c’est le PS et non la N-VA qui vient de compliquer – certains disent torpiller – la missionroyale. Le PS serait en train de provoquer la séparation de la Belgique, disent les uns. Le Palais est de mèche avec le CD&V pour favoriser le gouvernement de centre-droit, rétorquent les autres. Il est trop tôt pour tirer des conclusions et écrire le bulletin « royal », mais une certitude déjà : cette accession au trône était un cadeau empoisonné. De cela cependant, il y a un an, personne n’en doutait.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LUCIDITÉ : « LE SCÉNARIO EN COURS S’ÉCRIT TOUS LES JOURS À LA SURPRISE GÉNÉRALE »


Il y a le scénario fiction : La Belgique écrase la Russie de Poutine et l’Amérique de Obama dans l’euphorie générale. Elle nous aide à oublier terrible réalité : la Belgique est en guerre contre elle-même et tous les coups sont permis pour couler le cuirassé Belgica, y compris une opération Kamikaze, les exocets  patronaux et les orgues de Staline syndicales.

On a l’impression que ce scénario catastrophe, c’est le duo Di Rupo Magnette qui l’écrit dans le seul dessein d’en tirer un happy end à leur seul avantage. Les commentateurs les plus subtils du Nord comme du Sud n’arrivent pas à cerner lacomplexité qui sous-tend ce second tour des élections, celui des présidents de parti : ils y perdent leur latin mais certainement pas leur lucidité. Comme en août 14, comment on mai 40, un soleil radieux nous fait oublier la dimension dramatique de la situation qui est grave sans être désespérée.

Et si c’était l’inverse ?

MG

 

THIERRY BODSON: «LA COALITION KAMIKAZE NIERAIT LA RÉALITÉ POLITIQUE WALLONNE!»

David Coppi

Le syndicaliste sermonne les patrons et recale la majorité ancrée à droite



Thierry Bodson. Belga


Les différentes organisations patronales du pays plaident pour un gouvernement fédéral ancré à droite. Cette prise de position, en pleine période de négociations,« inquiète » le secrétaire général de la FGTB wallonne Thierry Bodson : « Cela me fait penser à la façon dont FMI, Banque mondiale et Commission européenne fonctionnent : des organismes qui n’ont pas de légitimité démocratique et qui dictent les politiques budgétaires, économiques… »

Le secrétaire général de la FGTB wallonne cible le patronat, qui « exerce une pression incroyable » sur les négociateurs politiques. Il démonte la note De Wever, base de travail « tout indiquée » pour une coalition kamikaze. Laquelle nierait, lance-t-il, la réalité wallonne… «  On se fiche de la classe moyenne que l’on prétend servir ! Non, cette réforme de la fiscalité ne concerne que les revenus du travail, rien d’autre. La même note De Wever prévoit des « exonérations supplémentaires » pour la taxation des revenus du capital. Il y a aussi les dangers pour la Sécu » », la norme de croissance des soins de santé. On a fait le tour. C’est assez.  »

 

 

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