mardi 29 juillet 2014

Les conflits religieux sont à l'origine d'un des plus grands déplacements de populations


Le Vif

Source: Belga 

Les conflits qui ont secoué la planète en 2013 ont provoqué les plus grands déplacements de populations pour des raisons religieuses dans l'histoire récente, se sont alarmés lundi les Etats-Unis.


La Jordanie accueille désormais près de 230.000 réfugiés syriens. © Reuters

"Quasiment aux quatre coins du monde, des millions de chrétiens, musulmans, hindous et fidèles d'autres religions ont été forcés de quitter leurs lieux de résidence en raison de leurs croyances religieuses", a fustigé le département d'Etat dans son rapport annuel sur les libertés religieuses dans le monde.

Dans ce panorama international, Washington s'en prend particulièrement dans sa dernière livraison aux conflits en Syrie, en République centrafricaine (RCA) et aux troubles religieux en Birmanie. En Syrie, après plus de trois ans de guerre, "la présence chrétienne n'est plus que l'ombre d'elle-même", pointe ledépartement d'Etat, soulignant que "dans la ville de Homs le nombre de chrétiens s'est effondré d'environ 160.000 avant le conflit à un millier" aujourd'hui.

Le département d'Etat insiste aussi sur les violences confessionnelles en RCA entre chrétiens et musulmans qui ont provoqué la mort d'au moins 700 personnes en décembre dernier à Bangui et le déplacement de plus d'un million de personnes à travers le pays en 2013. En Birmanie, les violences contre des musulmans à Meikhtila ont conduit à la mort de 100 personnes et contraint 12.000 autres à quitter la région au début de l'année dernière. "Partout dans le monde des individus sont victimes de discriminations, violences et agressions (...) pour simplement exercer leur foi", s'insurge la diplomatie américaine, égrenant des cas au Pakistan, en Egypte, en Arabie saoudite, Iran, Chine ou encore au Bangladesh. 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA FOI NE DEPLACE PAS QUE LES MONTAGNES

La foi, dit-on, déplace des montagnes. Il semble cependant qu’à notre époque elle déplace surtout les populations. Les religions du Livre viennent d’Orient (ex oriente lux) et l’Orient au fil des millénaires s’est déplacé vers l’Occident par migrations successives. Et voici que la laïcité, singulièrement la laïcité à la française, est de plus en plus contestée, singulièrement par des jeunes croyants et convertis de confession musulmane. C’est ce qui ressort d’une très belle lettre à un jeune musulman de Natacha Polony, agrégée en philosophie et coprésentatrice vedette de l’émission « On n’est pas couché ». 

La laïcité à la française est un modèle pour l’Europe en formation. Elle relègue tout ce qui touche à la religion dans la sphère privée, en vertu de la règle de la double incompétence : incompétence du religieux dans le politique, incompétence du politique dans la sphère religieuse. Autrement dit, séparation stricte de l’église et de l’État, du culte et de la politique. Natacha Polony fait une différence nette entre l’islam qu’elle admire et l’islamisme, son instrumentalisation à des fins politiques délétères.

MG


NATACHA POLONY : LETTRE À UN JEUNE COMPATRIOTE MUSULMAN



FIGAROVOX/TRIBUNE - Sur fond de tensions liées au conflit israélo-palestinien, Natacha Polony s'adresse à ses compatriotes musulmans et rappelle qu'elle ne critique pas l'islam en tant que religion, mais son instrumentalisation à des fins politiques.

 Natacha Polony est chroniqueuse au Figaro. Son dernier livre, Ce pays qu'on abat, vient de paraître.

 Cher compatriote, cette lettre est celle d'une Française à un Français. Car tu es ce que les médias appellent un «Français musulman», et moi, je suis française athée, ou agnostique penchant vers l'athéisme… Enfin, bref, ces choses-là sont complexes, mais elles relèvent de l'intimité puisque, dans l'espace public, nous sommes seulement deux citoyens français. Alors pourquoi cette lettre? Parce que lorsque j'écris un texte pour défendre la laïcité, certains me disent à travers les réseaux sociaux: «Vous avez un problème avec l'Islam.» Lorsque je publie une tribune pour m'inquiéter d'un antisémitisme de plus en plus violent, je reçois le même commentaire: «Vous avez un problème avec l'islam.» Lorsque j'évoque les djihadistes partis en Syrie, la sentence tombe à nouveau: «Vous avez un problème avec l'islam.»

Cher compatriote, sache-le, je n'ai, comme la plupart des Français je pense, aucun «problème» avec l'islam. Bien au contraire, ce mot éveille en moi le souvenir de l'immense civilisation arabo-musulmane qui fut au XIIIe siècle le phare du monde. Une civilisation faite de liberté, d'intelligence et de sensualité. Une civilisation qui permit de transmettre les textes grecs parce qu'elle respectait le passé qui l'avait précédé et les bibliothèques qui en préservaient la trace. Sans elle, la pensée contemporaine ne serait pas ce qu'elle est. Ce mot évoque Grenade, terre d'arts, de sciences et de poésie quand l'Occident médiéval incarnait encore la barbarie. Ce mot me raconte les vers d'Ibn Arabi et la spiritualité tolérante du soufisme.



Non, je n'ai aucun «problème» avec l'Islam, mais j'en ai un avec tous ceux qui s'en réclament pour imposer leur intolérance.

Non, je n'ai aucun «problème» avec l'Islam, mais j'en ai un avec tous ceux qui s'en réclament pour imposer leur intolérance et poursuivre un objectif politique, celui notamment de modifier l'équilibre des droits et des devoirs dans ce vieux pays qui avait à peu près réglé la question des religions. Ils ne sont pas majoritaires, bien sûr. Mais on les entend très fort, et j'aimerais entendre tous les autres. Et l'on entend beaucoup aussi les pyromanes qui expliquent qu'il faut modifier la règle commune sous prétexte que les musulmans «sont arrivés après». Il existait, avant 1989 et la première affaire de voile, une pratique qui était que l'on n'arborait pas de signe religieux dans les écoles. Cette pratique était adossée à une circulaire de 1936 publiée par le ministre Jean Zay. Il suffisait de le rappeler pour éviter un psychodrame récupéré par ceux qui veulent faire croire que seuls sont ciblés les musulmans.

J'ai un «problème» aussi quand je vois trois jeunes étudiants, dans un cours sur les grands textes littéraires, philosophiques et religieux ayant modelé la civilisation du pourtour méditerranéen, me déclarer qu'ils n'iront pas lire les mythes de la Genèse parce que «leur religion leur interdit d'ouvrir ce livre» et que «dans un établissement laïque, on n'a pas à lire ça». Qu'il me faille, à moi, expliquer à des jeunes de 20 ans intelligents et parfaitement éduqués que la laïcité n'est pas l'inculture, que lorsque j'ai annoncé que nous allions par la suite nous intéresser au Coran et à son histoire, ça n'avait pas eu l'air de les choquer et qu'enfin ces mythes sont le fondement de leur propre religion, cela me consterne.



J'ai un «problème» quand j'évoque dans un débat les nombreux Français «de culture musulmane» et que Tariq Ramadan me répond: «Cela n'existe pas. Il y a des musulmans et des non-musulmans.» Car une telle conception des religions (qu'on parle de l'islam, du christianisme ou du judaïsme) est le début de l'intégrisme. Elle nie la possibilité des individus de vivre dans le souvenir des rites qui les ont construits tout en s'émancipant de la religion elle-même.

Pour ma part, cher compatriote, je crois que toute religion est compatible avec la République, et je suis confirmée dans cette idée par les musulmans laïques qui vivent leur foi dans l'intimité. Mais je connais la sensibilité de la France, qui a évacué les religions vers la sphère privée, face à des pratiques ritualistes rendant le croyant visible dans l'espace public. Et je sais que la plus grande marque derespect est de traiter chacun selon la règle commune, justement parce que nous sommes tous citoyens à part entière.

Quand un fou ou un frustré endoctriné tue en se réclamant de l'islam, j'espère entendre ta voix, cher compatriote, me dire que tu récuses cette façon abjecte d'enrôler ta religion.

Mais quand un fou ou un frustré endoctriné tue en se réclamant de l'islam, j'espère entendre ta voix, cher compatriote, me dire que tu récuses cette façon abjecte d'enrôler ta religion. Et ce n'est pas te demander de te justifier mais affirmer un fait. Comme moi j'affirme que la France, dans son histoire, a parfois renié ses valeurs, et qu'il y a eu des Oradour-sur-Glane en Algérie, et que l'Indochine est un gâchis affreux. Et ce n'est pas de la repentance car les Français d'aujourd'hui ne sont pas comptables des fautes de leurs pères. Mais il y a des choses qui vont mieux en les disant.

 


Car tous les morts se valent, et je veux pleurer avec toi les enfants massacrés de Gaza autant que les enfants chrétiens martyrisés de Mossoul.

Vivre en bonne entente, cher compatriote, c'est avoir confiance en l'autre, qui est un semblable. Et nous avons un destin commun dans ce pays, la France, qui a développé un compromis social et politique que nous devons préserver toi et moi.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE INFIME MINORITE

Ils sont plus de 700.000 Belges de confession musulmane à avoir fêté lundi l’Aid qui marque la fin du ramadan, un temps fort s’il en est dans l’année musulmane. D’aucuns estiment à 20 à 30 % le nombre des intégristes ce qui nous fait entre 150.000 et 200.000 individus parmi lesquels se recrutent les radicaux jusqu’au-boutistes qui sont prêts à tout pour affirmer leur identité musulmane, on parlera de quelques centaines voire de quelques milliers dont une poignée sont partis le coran au fusil. On les regardera comme une infime minorité et on n’aura pas tort. Cette minorité extrême était au premier rang de la manifestation pro palestinienne de dimanche et c’est aussi parmi elle que se recrutent les Jihadistes qui font le coup de feu en Syrie et en Irak. D’aucuns feront valoir que les nazis n’ont remporté que 30 % des voix aux élections de 1933, que seulement une infime minorité d’entre ces « supporters » ont rejoint la SA ou la SS et cependant c’est cette minorité active et radicale qui a fait basculer l’Allemagne, nation de haute civilisation, dans l’horreur et la barbarie, avec la complicité passive de la grande masse des indifférents. Même schéma pour la révolution russe qui au départ a été fomentée par une poignée de bolcheviques à la houlette de Lénine, une toute petite minorité.

L’islamisme n’est pas seulement une instrumentalisation politique de l’islam, il est aussi son bras armé. Cela, nous le disons depuis des années et il semble que petit à petit beaucoup en prennent conscience malgré le silence embarrassé des imams sur le sujet. Le texte de Natacha Poliny met les points sur les I. Il ne s’attaque pas à l’islam mais aux islamistes dont il dénonce à raison les excès.

On aimerait qu’un jeune  musulman éclairé réponde à cette lettre avec le même luxe argumentaire.

 MG

 

LE VRAI DJIHAD SELON L'ISLAM

Marie Gathon Le Vif


Rachid Birbach, Imam conférencier, a publié une vidéo sur sa page Facebook il y a quelques jours dans laquelle il explique ce qu’est vraiment le djihad pour les musulmans. Il appelle à la raison les jeunes qui seraient tentés de partir en Syrie. « Le vrai djihad c’est s’instruire, c’est apprendre, c’est comprendre, c’est vivre en paix avec soi-même et les autres », affirme-t-il.



Rachid Birbach. © Capture d'écran Facebook

Dans la littérature arabe, le djihad signifie un changement, du mauvais vers le bien. Il s’agit de « quelqu’un qui travaille sur lui-même, qui s’instruit, qui aime, qui est intègre, qui travaille, qui développe des valeurs », explique l’imam Rachid Birbach dans sa vidéo. « Travailler sur soi-même, c’est le vrai djihad », résume-t-il. Au contraire, « assassiner et tuer au nom d’un dieu qui n’a rien demandé », ce n’est pas un djihad.

À propos de la guerre en Syrie et de l’enrôlement des jeunes européens par les moudjahidin, l’imam s’insurge : « Ce qui se passe en Syrie, ce n’est pas un djihad, c’est une folie », dit-il.

Il appelle ensuite les musulmans à se lever contre cette guerre et à changer le regard des Européens sur les musulmans. « S’il vous plait, sortez de votre silence, dénoncez ces gens-là parce qu’ils sont non seulement en train de salir l’image de l’islam, mais également notre image. Votre image. »

 

COLMMENTAIRE DE DIVERCITY

« ASSASSINER ET TUER AU NOM D’UN DIEU QUI N’A RIEN DEMANDÉ, CE N’EST PAS UN DJIHAD. »

« LE VRAI DJIHAD C’EST S’INSTRUIRE, C’EST APPRENDRE, C’EST COMPRENDRE, C’EST VIVRE EN PAIX AVEC SOI-MÊME ET LES AUTRES »

Pas trop tôt. Enfin une mise au point de la part d'un représentant de l’islam « modéré ». « Le vrai djihad c’est s’instruire, c’est apprendre, c’est comprendre, c’est vivre en paix avec soi-même et les autres »,

Ce qu’il dit est évidemment irréfutable. Reste une question essentielle : en quoi cet imam conférencier, (qu’est-ce qu’un imam conférencier, un prêcheur errant ?), est-il représentatif de la communauté musulmane de Belgique ?

On reste pantois, devant le silence des représentants officiels de l’islam belge face aux débordements des jeunes Jihadistes partis d’Europe et de Belgique pour faire le coup de feu ensemble en Syrie et en Irak. Ce silence oppressant finit par prendre des allures de complicité tacite. Il serait temps que les imams de Belgique dénoncent les crimes et les exactions qui sont commis au nom de leur religion.

Quelques jours avant ramadan en achetant mes côtes de mouton chez mon boucher préféré, je lui demande à brûle pourpoint : « vous qui êtes un homme de bon sens comment réagissez-vous à cette explosion d’ islamisme qui semble tourner la tête de jeunes gens d’ici et de là-bas? ». Sa réponse embarrassée :« vous savez, c’est très mauvais pour l’islam. »

-Vous voulez dire qu’il y a deux islams.

-Non pas du tout. Ce que prônent ces gens-là c’est le meurtre et la violence, ils nous font du tort, ils détruisent notre image.

-Mais comment expliquez-vous qu’il y ait si peu de réaction de la part des imams locaux ?

-Je vais vous le dire, c’est très simple, cela s’appelle tout simplement la peur des représailles.

-Diriez-vous que l’islamisme est à l’islam ce que le nazisme est au socialisme ?

-Oui, en somme, c’est un peu ça. »

J’ai repensé à cette conversation  en savourant mes côtes d’agneau et mon rosbif du dimanche, en songeant à mon excellent boucher qui, à l’heure qu’il est, est sûrement déjà en train de pêcher dans son pays  dans les eaux froides de l’Atlantique, comme il le fait chaque année.

MG


L'EX-IMAM DE LA MOSQUÉE D'EVERE LIBÉRÉ!

La DH



La chambre des mises en accusation de Bruxelles a ordonné vendredi la remise en liberté de l'imam Cheikh Mohamed Ben Ajiba, précédemment lié à la mosquée d'Evere. L’imam était incarcéré à la prison de Forest depuis la fin du mois passé. Son mandat d arrêt avait été prolongé le 9 juillet pour la durée d'un mois. Ben Ajiba, que défend l'avocate Nathalie Gallant, avait interjeté appel.

La mosquée d'Evere (Crédit: Bauweraerts)

L'homme, dont l'audience est grande, a séjourné et étudié en Syrie, en Egypte et au Maroc. Son arrivée a la mosquée d'Evere après un passage aux Pays-Basavait coïncidé avec l'époque où celle-ci était suspectée de prendre un virage marqué vers un islam très radical. 

Considérant la faiblesse des charges retenues à son encontre, la juge d'instruction Isabelle Panou, spécialisée dans les dossiers de terrorisme, avait décidé, en février, de sa remise en liberté sous conditions. Etant apparu que l'imam ne respectait pas les conditions de sa remise en liberté, la juge l'avait placé sous mandat d'arrêt le mois passé. 

Libéré, Cheikh Mohamed Ben Ajiba reste inculpé de participation dans lecontexte syrien aux activités d’un groupe terroriste par le recrutement et la récolte d’argent. L'ex-imam est libéré sans caution. Me Gallant le confirme.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN IMAM PAS TRES CATHOLIQUE

Une fois de plus il nous faut dénoncer la manière dont sont formés et désignés les imams en Belgique. Il serait temps, grand temps qu’ils (qu’elles ?) soient formés et certifiés par nos universités belges. Sauf erreur de ma part, rien de tel dans la déclaration gouvernementale de la fédération Wallonie Bruxelles. Cette omission, cette négligence est franchement coupable. Elle s’inscrit dans les velléités communautaristes des deux partis qui se partagent le pouvoir en région wallonne et dans la fédération Wallonie Bruxelles.

On s’étonnera que l’opposition n’interpelle pas le gouvernement sur cette question.

MG

 

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