dimanche 27 juillet 2014

«L’humanité et l’interculturel me font vibrer»


Sylvie Bonier Le Temps (extraits)

(Pascal Victor/ArtComArt)



Bernard Foccroulle a vécu une édition très tendue par l’intermittence. A l’issue du Festival d’Aix-en-Provence, il est pourtant un directeur heureux. Rencontre avec un artiste engagé

LE TEMPS

Concerné par les problèmes des métiers de la musique, du spectacle et de la création pour en connaître les particularités de l’intérieur, Bernard Foccroulle a accompagné le combat des intermittents tout en assumant pleinement son rôle de responsable d’institution.

L’exemplarité de l’attitude conciliatrice et du respect des travailleurs, comme celui du public et des artistes, a été unanimement saluée. A l’occasion du dernier spectacle du festival (la phénoménale Flûte enchantée qui l’avait inauguré), Bernard Foccroulle se relâche enfin.

 

QUEL BILAN TIREZ-VOUS DE CETTE ANNÉE FESTIVALIÈRE MARQUÉE PAR LE MOUVEMENT DES INTERMITTENTS? 

Bernard Foccroulle: Le bilan me rappelle mes cours d’harmonie, où on apprend que la dissonance fait partie du plaisir de la musique. Il est important, en tout cas en musique tonale, que la dissonance puisse se résoudre sur une consonance. C’est un peu mon sentiment en cette fin de festival, où on aura connu des tensions et beaucoup de discussions. Ce n’est pas forcément une chose négative, du moment qu’on essaie de les vivre de façon dialectique et constructive. Les équipes sont sorties renforcées de ces dissensions, plus cohérentes et mûries. Leur prise de parole aura en tout cas enrichi le débat. (…)

 

AVEZ-VOUS LE SENTIMENT D’ÊTRE ARRIVÉ, APRÈS SEPT ANS À AIX, À UN POINT D’ÉQUILIBRE?  UNE FORME D’IDÉAL?

On est en mouvement. Il n’est pas question de se reposer sur ses lauriers. Mais la dynamique est positive. Quant à l’idéal, il est très difficile à définir, étant par essence virtuel… Sans vouloir 
être arrogant, j’ai le sentiment d’être parvenu à réaliser à Aix. 
un peu de ce dont je rêvais: un espace de confrontations, d’échanges, de création  et de questionnements.

L’ORGUE RESTE VOTRE MOYEN FONDAMENTAL D’EXPRESSION INSTRUMENTALE. POURQUOI 
CET INSTRUMENT-LÀ, PLUTÔT RARE 
DANS LE CHOIX D’UN ENFANT?

A cause de Bach. Ma famille était très musicienne [sa mère pianiste] et nous avions des enregistrements d’Helmut Walcha qui m’ont beaucoup impressionné. Cette collection discographique sur orgues historiques m’a profondément marqué. Dès l’âge de 5 ans, l’instrument s’est imposé à moi comme une évidence. Il ne s’agit donc pas d’un choix… Et la variété en est si vaste! Je suis beaucoup moins attiré par les grands orgues symphoniques. Je trouve le déploiement sonore magistral trop superficiel, contrairement à la sensibilité et au foisonnement de couleurs des orgues anciens.

Votre militantisme, politique et artistique, vous vient-il aussi de votre histoire familiale?

J’ai grandi dans une famille unie, généreuse et catholique. Mes explorations se sont construites indépendamment. La curiosité et la passion m’ont dirigé.

QU’EST-CE QUI VOUS FAIT TOUJOURS VIBRER?

Indiscutablement, la notion d’humanité. Avec, en point d’orgue, tout ce qui se situe dans le domaine de l’interculturel. Il est fascinant de faire se rencontrer des cultures différentes autour d’une nouvelle forme d’expression commune. Comme métaphore de ce que pourrait faire l’homme. L’art peut réaliser ce miracle. Il ne s’agit pas d’une posture. Je suis allergique à la mode de la world music, de la fusion. Contrairement à l’affadissement de ce genre de mélange, le métissage créateur, comme renforcement mutuel, a, lui, du sens.

Que vous a laissé  Gerard Mortier?

Le travail sur le sens. C’est ce dont l’opéra a le plus besoin. Dans son rapport au public, à la réalité du monde et dans son lien organique avec l’imaginaire.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RÊVER UN IMPOSSIBLE RÊVE


Rêver un impossible rêve 
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête, 

Tel est la quête de Jacques Brel chantant Don Quichotte ou l’inverse…

« Qu’est-ce qui vous fait toujours vibrer?

INDISCUTABLEMENT, LA NOTION D’HUMANITÉ. AVEC, EN POINT D’ORGUE, TOUT CE QUI SE SITUE DANS LE DOMAINE DE L’INTERCULTUREL. IL EST FASCINANT DE FAIRE SE RENCONTRER DES CULTURES DIFFÉRENTES AUTOUR D’UNE NOUVELLE FORME D’EXPRESSION COMMUNE. COMME MÉTAPHORE DE CE QUE POURRAIT FAIRE L’HOMME. L’ART PEUT RÉALISER CE MIRACLE. IL NE S’AGIT PAS D’UNE POSTURE. JE SUIS ALLERGIQUE À LA MODE DE LA WORLD MUSIC, DE LA FUSION. CONTRAIREMENT À L’AFFADISSEMENT DE CE GENRE DE MÉLANGE, LE MÉTISSAGE CRÉATEUR, COMME RENFORCEMENT MUTUEL, A, LUI, DU SENS. »

 

Oui, l’interculturel fait sens et il nous fait rêver à travers la quête des grands artistes et des intellectuels cosmopolites contrairement au spectacle cauchemardesque des peuples qui se déchirent au Moyen Orient, en Ukraine et en Afriqueet aux pantalonnades des politiciens belges dépités menaçant leur adversaire d’un recours à la rue, insultant les partis de la nouvelle majorité qui tentent l’impossible : une alliance historique en vue de sortir la Belgique de l’ornière après des décennies de laxisme et de dérapages budgétaires, comme en France, du reste.

L’interculturel donne du sens à la vie, pas les manifs haineuses, prétextes à déclencher la pagaille et à susciter la haine et un climat préinsurrectionnel. « La cause palestinienne serait-elle devenue le sixième pilier de l'islam ? Sommes-nous libres de fermer les yeux sur les massacres de Syrie et d'Irak, mais contraints d'afficher urbi et orbi notre solidarité avec le peuple palestinien, sous peine d'être jetés en pâture à la foule ? »

C’est la question que pose  Kamel Daoud  (1970), écrivain et journaliste algérien engagé, d'expression française auteur de  Meursault, contre-enquête, qui s'inspire de celui d'Albert Camus : L’étranger.

C’est une vraie question qui attend une vraie réponse.

« Ces derniers jours, tous les esprits sont chauffés à blanc par Al-Jazira. Cette chaîne vit du commerce des cadavres. Elle a une passion pour les morgues, ses caméras ne sortent jamais des ambulances et des tombes. Elle vend la mort à des foules arabes dont le futur se résume au « châtiment de la tombe »… Mohamed Kacimi.

 

 

Ce que cherche le Hamas en arrosant Israel de missiles bricolés, c’est une riposte sanglante et meurtrière, induisant une sorte de suicide martyr où la vie de mille hommes, femmes  et enfants est sacrifiée comme sont sacrifiés les djihaddistes martyrs de l’islamisme salafiste :la fin, pensent-ils justifie les moyens.

On peut être solidaire des victimes sans épouser la cause des boureaux et sans succomber à la propagande en boucle d’Al-Jazira qui pénètre dans presque tous les foyers musulmans d’Orient et d’Occident, « qui vous vend la fin du monde et pas le début d'un monde, qui voit la solution dans l'extermination et pas dans l'humanité, qui vous parle de religion, pas de dignité, et de royaume céleste, pas de terre vivante ensemencée. »


MAIS OU DONC EST PASSE L’ESPRIT DE EL ANDALUS ? 


Pardon de ressortir encore une fois mon vieux disque rayé mais, rappelons quand même qu’au XXIIe, XIIIe siècle il régnait en Andalousie du vivant de Averoes un esprit de tolérance qui permettait de vivre en bonne intelligence à l’ombre des mosquées et des églises et des synagogues. À l’évidence, ceci n’est plus possible en Irak sous le règne du nouveau calife auto proclamé Abu Bakr Al Bagdadi qui pratique, impunément, une épuration religieuse à grande échelle au nom du plus fort et le plus cruel. Quelle formidable régression et quel camouflet par rapport à la légendaire tolérance islamique qui semble n’être plus qu’un mythe du passé.

MG


LE TRAGIQUE EXODE DES CHRÉTIENS DU MONDE ARABE

LE MONDE  



Edito du « Monde ». Pour la première fois depuis près de 2 000 ans, il n’y a quasiment plus de chrétiens dans l’antique cité de Mossoul, dans le nord de l’Irak, l’un des premiers lieux d’implantation du christianisme. Ce n’est qu’un pas de plus dans une tragédie que rien, depuis trente ans, ne semble devoir arrêter : l’extinction des chrétiens dans ce Proche et Moyen-Orient qui vit naître le deuxième grand monothéisme.

Cette disparition se fait dans l’indifférence, dans l’impuissance, notamment de l’Union européenne. Une part d’histoire est gommée, emportée dans la tourmente de ce siècle, dans un Proche-Orient en proie à une crise de régression politico-religieuse aiguë.

Les nouvelles de Mossoul, qui abritait une communauté de 5 000 à 25 000 chrétiens, sont plus qu’attristantes. La ville, tout comme les vieux villages assyro-chaldéens des environs, est aux mains de l’« Etat islamique » – ce « califat »décrété par les djihadistes qui se sont emparés d’une partie de l’Irak et de la Syrie.

 

« ETRE SOLIDAIRES DES PALESTINIENS SANS CÉDER AU RÉFLEXE TRIBAL »



« Collabo, harki, sioniste, sale juif, kafir, mécréant, apostat, vendu, youpin, traître, salaud, r'khis, lâche, sale rabbin, merdeux, valet de BHL, suppôt d'Israël… » Voilà les qualificatifs dont on affuble Kamel Daoud, chroniqueur et romancier algérien, sur les forums. Quel crime a commis l'auteur pour être ainsi traîné dans la boue ? Les premiers jours de l'attaque de Gaza, il a écrit une chronique où il annonce qu'il n'est pas solidaire de la Palestine : « Non, donc, le chroniqueur n'est pas solidaire de cette “solidarité” qui vous vend la fin du monde et pas le début d'un monde, qui voit la solution dans l'extermination et pas dans l'humanité, qui vous parle de religion, pas de dignité, et de royaume céleste, pas de terre vivante ensemencée. »

N'est-ce pas le droit de chacun de se sentir concerné ou pas par une cause ? N'est-on pas libre d'être indignés ou pas, concernés ou pas ? La cause palestinienne serait-elle devenue le sixième pilier de l'islam ? Sommes-nous libres de fermer les yeux sur les massacres de Syrie et d'Irak, mais contraints d'afficher urbi et orbi notre solidarité avec le peuple palestinien, sous peine d'être jetés en pâture à la foule ?

Ces derniers jours, tous les esprits sont chauffés à blanc par Al-Jazira. Cette chaîne vit du commerce des cadavres. Elle a une passion pour les morgues, ses caméras ne sortent jamais des ambulances et des tombes. Elle vend la mort à des foules arabes dont le futur se résume au « châtiment de la tombe »… MohamedKacimi .

(Suite réservée aux abonnés du Monde).


MOHAMED KACIMI



Mohamed Kacimi-El-Hassani est né en 1955, en AlgérieÉlevé dans une famille de théologiens, il fréquente très tôt l'école coranique. Il passe son enfance à Bou Saâda avant de parcourir l'Algérie avec son père, inspecteur de l’Éducation nationale dont les mutations étaient fréquentes. Après des études en littérature française à l’École Normale Supérieure de Kouba il effectue son service militaire à l'Académie Inter-armes de Cherchell entre 1980 et 1982.

En 1982, il quitte l'Algérie pour s'installer à Paris. Il publie ses premiers textes dans la revue Iztok revue libertaire consacrée aux dissidents des pays de l'Est. Il rencontre alors Adonis qui  publie notamment des traductions du poète irakien Chawki Abdelamir. En 1987, il sort son premier roman, Le MouchoirL'auteur est salué par le quotidien Le Monde comme « le fils de Kafka et de Courteline »

En 1990, et en collaboration avec Chantal Dagron, il publie aux Editions Balland, Arabes ? vous avez dit Arabes, une anthologie des regards et opinions des auteurs européens sur le monde arabe et l'Islam, depuis Eschyle jusqu'au général de Gaulle. Deux années plus tard, il écrit, avec Chantal Dagron, Naissance du désert, éditions Balland. C'est un essai consacré à la genèse du désert à travers les imaginaires de la Grèce antique, du Judaïsme en 1994. Par ailleurs, il signe un certain nombre d'articles.

Il devient également producteur à France Culture pour les émissions Les Chemins de la connaissance et L'Usage du Monde.

En 1995, il publie aux Éditions Stock, Le Jour dernier, un roman autour de l'exil et de la violence religieuse. Il participe  au Théâtre du Soleil, à la relance de l'AIDA, association internationale de défense des artistes, par Ariane Mnouchkine, aux côtés de Jacques DerridaHélène Cixous et de Patrice Chéreau. L'AIDA se proposait de venir en aide aux artistes algériens persécutés par les islamistes. En 1995, il écrit son premier spectacle Le Vin, le Vent, la Vie qui sera mis en espace au lycée Saint Joseph par Ariane Mnouchkine dans le cadre du Festival d'Avignon.

En 2000, il effectue un long séjour à Jérusalem, Hébron et dans le Sinaï pour écrire La confession d'Abraham. Le texte publié chez Gallimard, est créé au festival d'Avignon  par Pierre Forest.

En 2001, il élabore L’Encyclopédie du monde arabe. En 2003, il conçoit pour la Comédie Française, le spectacle Présences de Kateb, texte qui relate le parcours de l'écrivain algérien Kateb Yacine. Devenu président de l'association Écritures Vagabondes, association organisant des résidences d’écritures internationales8, il parcourt le monde pour mettre en place des chantiers d'écriture. Il travaille à Toronto, Montréal, Anvers, Damas et Alep aux côtés d'Olivier Py ainsi qu'à Beyrouth.

Il publie chez Actes Sud, L'Orient après l'amour, un récit qui reprend ses périples à travers les villes du Maghreb et de l'Orient. Il poursuit l'action d’Écritures vagabondes, devenue Écritures du monde,  en organisant des chantiers d'écriture à Prague, Budapest, Rabat, Londres, GenèveRamallah et Gaza.



 

MANIFESTATION PROPALESTINIENNE À BRUXELLES: CORTÈGE BLOQUÉ, DRAPEAUX BRÛLÉS ET JETS DE PIERRE

RÉDACTION EN LIGNE, VALÉRIE GILLIOZ (DH) ET BELGA 

La manifestation propalestienne, qui a quitté la gare du Nord à Bruxelles, était bloquée, dimanche vers 15h15 à hauteur du Passage 44. Des jeunes en tête de cortège ont brûlé un drapeau israélien et s'en sont pris à des voitures. Des pierres ont aussi été lancées. La police est intervenue et a bloqué le cortège. Près de 1.500 personnes étaient déjà rassemblées, dimanche à 14 heures, devant la gare du Nord à Bruxelles au départ de la manifestation organisée par la plate-forme Urgence Gaza qui regroupe diverses associations, ONG et syndicats. Le décompte définitif devrait atteindre plusieurs milliers de personnes.

Jacques Varrasse, coordinateur de l'association belgopalestinienne pour la Wallonie picarde, défend que: "Toutes les tentatives de colonisation en Cisjordanie, d'avancée du mur, d'occupation militaire et d'encerclement de Gaza sont autant d'éléments qui font qu'aucune solution ne devient possible. Cela amène des radicalisations tant dans le milieu israélien que dans une certaine frange palestinienne, notamment au sein du Hamas. Un Etat palestinien doit être reconnu internationalement. Le conflit n'est pas d'origine confessionnelle, mais politique. La solution ne sera pas trouvée en lançant des missiles sur la population de Gaza qui est complètement encerclée en permanence dans une prison à ciel ouvert."

Entre la place Rogier et le Botanique, un groupe de jeunes a pris la tête du cortège. De jeunes radicalisés se sont exilés du cortège pour s'en prendre aux forces de l'ordre. Un jeune homme a même sauté sur le camion satellite de la VRT et en est tombé lorsque le chauffeur du véhicule a accéléré. 

Qui plus est, on a pu apercevoir quelques drapeaux de l'EIIL dressés par certains manifestants.

Les jeunes radicalisés se dirigent désormais vers l’ambassade américaine. On compterait, quelques 5000 participants selon Christian De Coninck, le porte-parole de la police de Bruxelles. Les casseurs, environ une centaine selon nos estimations, sont hués par la foule qu'ils devancent de quelques mètres.

Une fois arrivés sur la place Jean Rey, terme prévu de la manifestation, les jeunes perturbateurs n'avaient visiblement pas l'intention de s'arrêter là. La sécurité interne, totalement dépassée par les événements, a beaucoup de mal à empêcher leur progression. Les drapeaux de l'EIIL sont présents en nombre à l'avant de la foule.

 

MANIFESTATION DE SOUTIEN DEVANT L'AMBASSADE D'ISRAËL À BRUXELLES

Environ 500 personnes se trouvaient devant l'ambassade d'Israël ce dimanche matin, selon l'estimation de la police. De nombreuses familles, adolescents et seniors, étaient venues apporter leur soutien à Israël affublés du drapeau de l'Etat hébreux et de fanions belges. Aucun incident n'a été signalé. La police avait déployé plusieurs barrages pour vérifier les identités. Moins d'une dizaine de contre-manifestants ont été arrêtés à un de ces points de contrôle.

Apres une minute de silence, Jacques Revah, l'ambassadeur d'Israël en Belgique, a pris la parole. "La population gazaoui n'est pas notre ennemie, a-t-il précisé au milieu d'un discours où il a déploré les victimes de part et d'autre. "Vous ici parvenez à comprendre qui est réellement responsable de ce conflit",a-t-il ajouté.

Des bougies ont été allumées en hommage aux 43 soldats israéliens tués. La première a été allumée par l'oncle de ce premier soldat tué, qui a témoigné au micro. "Malgré la douleur je n'ai entendu aucune parole de haine, a-t-il salué.

"J'aimerais bien aller manifester avec les pro-Palestiniens aujourd'hui, mais je ne peux pas défiler aux côtés de personnes qui sont là par haine. Je voudrais bien que ce conflit à Gaza ne se produise pas, mais je ne peux pas faire autrement que soutenir Israël quand je vois que mes enfants sont en danger ici en Belgique parce qu'ils sont juifs, a raconté un homme venu avec son fils. "Je ne soutiens pas la politique de Netanyahou mais je ne soutiens pas non plus l'antisémitisme".

Plus loin, une mère de deux adolescents a abondé dans le même sens: "Mon avis sur le conflit est très partagé. Je suis ici pour dénoncer l'antisémitisme dont ma famille est victime ici en Belgique. Nous sommes Belges, pas Israéliens!" a-t-elle rappelé.

Aux yeux de Joël Rubinfeld, président de la Ligue Belge contre l'Antisémitisme (LBCA), "depuis deux semaines, on voit à l'étranger des manifestations pro-palestiniennes où on brûle des drapeaux israéliens, où on crie "mort aux Juifs", où on exhibe des drapeaux du Hamas ou du Hezbollah... Israël est une démocratie assiégée qui fait face à l'organisation terroriste du Hamas, qui cible les populations civiles israéliennes et qui d'autre part utilise sa propre population à Gaza pour servir de bouclier humain. A 4.000 km d'ici se joue uncombat entre la démocratie et la barbarie, qui définira probablement aussi l'avenir de l'Europe.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« IL SE JOUE À 4.000 KM D’ICI  UN COMBAT ENTRE LA DÉMOCRATIE ET LA BARBARIE, QUI DÉFINIRA PROBABLEMENT AUSSI L'AVENIR DE L'EUROPE" 


Vous avez dit « probablement » ? La phrase est terrible mais elle n’annonce cependant pas une fatalité. L’avenir n’est pas écrit, il est à faire et il sera en l’occurrence ce que nous voulons qu’il soit.

Il est grand temps que l’Europe se ressaisisse, qu’elle parle d’une seule voix et qu’elle intervienne en tant que médiatrice pour mettre fin aux cruels affrontements entre le Hamas  et les ultras du gouvernement Nétanyahou mais aussi entre l’Ukraine et la Russie. Puisque les États-Unis s’en montrent incapables, que la diplomatie européenne prenne le relais en vue de faciliter la création d’un État palestinien à côté d’Israël. Toute autre solution est vouée à l’échec et à une poursuite effrénée des hostilités, une escalade de violence. Il est encore temps d’opposer un rempart à la résistible ascension de la barbarie. Ceci suppose que l’Europe se dote d’une force d’intervention puissante et rapide qui ne soit pas à la botte de l’OTAN.

C’est qu’il se joue ici et là-bas une lutte sans merci contre les forces de l’irrationnel, de l’hystérie et d’autre part le courant démocratique, pluraliste qui obéit à la raison et au prescrit de la charte des Droits Humains.

MG

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