samedi 26 juillet 2014

Solidarité avec les civils de gaza, mais l’exprimer aux côtés de qui?


MARC METDEPENNINGEN 
Le Soir




La Ville de Bruxelles, en autorisant « sous conditions » la manifestation de solidarité avec Gaza qui a rassemblé vendredi dans les rues de Bruxelles 2.800 personnes, a apporté une réponse insatisfaisante à une équation impossible : comment concilier la liberté d’expression et de manifestation avec les restrictions d’ordre public qui peuvent parfois la limiter ?

Manifester sa solidarité, son émotion, sa compassion sincères avec la souffrance des civils palestiniens pris sous les bombes israéliennes et utilisés comme boucliers humains par le Hamas ne souffre aucune contestation. Autre chose est de permettre que cette expression de solidarité implique de se ranger sous la bannière de la « Journée mondiale Al-Quds » organisée depuis 1979 par Téhéran à l’instigation de l’ayatollah Khomeiny, dont les successeurs n’ont pas varié dans leur volonté de détruire l’Etat d’Israël, armant et finançant les organisations terroristes, reconnues comme telles par l’Union européenne et les Etats-Unis, que sont le Hamas et le Hezbollah. Les drapeaux vert et jaune (peu nombreux) de ces deux milices ont bravé l’interdiction de la Ville de les exhiber. Des portraits de l’ayatollah Khomeiny côtoyaient, sous le regard satisfait d’un mollah, ceux des enfants victimes des bombardements israéliens. En dehors des événements tragiques de Gaza, jamais la Ville ne se serait abaissée à permettre aux sbires de Téhéran de répandre insidieusement leurs imprécations dans les rues de Bruxelles, de glorifier des mouvements terroristes et de récupérer l’émotion de manifestants sincères. La Ville, en se décidant à la dernière minute, s’est trouvée prise dans un piège : elle a finalement autorisé le loup à se montrer en le priant de dissimuler ses crocs. La manifestation fut donc autorisée « sans drapeaux » du Hamas ou du Hezbollah et sans appels à connotation raciste ou antisémite. Bruxelles, comme d’autres villes européennes, est impliquée dans une série d’initiatives destinées à mettre en échec les radicalismes qui conduisent des jeunes à prendre les chemins du djihad islamique. En permettant à Téhéran d’encadrer les expressions de solidarité de jeunes avec Gaza, la Ville a égratigné ces politiques.

Dimanche, ces hommes politiques ne seront pas aux commandes de la grande Manifestation nationale en faveur de Gaza à laquelle une cinquantaine d’organisations syndicales ou associatives ont appelé à participer. Il faut espérer que le message de solidarité avec les populations civiles de Gaza, victimes des bombes israéliennes et du diktat du Hamas, que ceux-là exprimeront massivement sera reçu par les belligérants non comme un cri de haine unidirectionnel excité par la religion, mais bien comme une exigence politique de voir les deux parties au conflit renoncer aux massacres et parler enfin de paix.

On peut rêver.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ON PEUT RÊVER



Œil pour œil, dent pour dent, c’est la dure loi du Talion qui depuis la fondation du monde règle les différends entre les hommes de mauvaise volonté. Jésus, Tolstoï, Gandhi, Willy Brandt, Mandela, le Dalai Lama et quelques utopistes inspirés et de bonne volonté ont proposé le non recours à la violence. Cette logique n’est pas inscrite dans l’ADN des Israéliens et des Palestiniens qui s’opposent cruellement dans la bande de GazaDifficile de ne pas manifester sa sympathie avec les victimes des bombardements (on songe à Guernica) tout en sachant que c’est l’aboutissement de la stratégie du Hamas : mettre Israël au ban de l’humanité. Certes, « il faut espérer que le message de solidarité avec les populations civiles de Gaza, victimes des bombes israéliennes et du diktat du Hamas, que ceux-là exprimeront massivement sera reçu par les belligérants non comme un cri de haine unidirectionnel excité par la religion, mais bien comme une exigence politique de voir les deux parties au conflit renoncer aux massacres et parler enfin de paix.On peut rêver. » 

Oui, rêver comme Gandhi qui délivra en « rêvant » son pays de la colonisation anglaise, comme Mandela qui vint ainsi à bout de l’apartheid ou comme Willy Brandt qui parvint de la sorte à réunifier l’Allemagne et l’Europe.

La manifestation de dimanche risque de tourner à l’émeute et menacer l’ordre dangereusement, comme celles qui ont semé le trouble dans Paris. . Il faudra la regarder comme un test pour les années qui viennent. 

« Bruxelles, comme d’autres villes européennes, est impliquée dans une série d’initiatives destinées à mettre en échec les radicalismes qui conduisent des jeunes à prendre les chemins du djihad islamique. » On ne saurait mieux dire. Reste à savoir comment procéder. Il faudrait pour bien faire agir sur trois paramètres : les familles (les téléviseurs reliés aux paraboles diffusent de la propagande islamiste jour et nuit, les mamans portent désormais toutes le voile ou presque), l’école (la révolution copernicienne  promise par la coalition PS-CDH n’aura pas lieu et le réseau libre islamique est en formation ; ce n’est pas Milquet qui entravera son développent) les médias (rares sont les familles d’origine immigrée qui regardent la RTB ou RTL).

Le flâneur qui déambule sans les rues de Molenbeek, sur les marchés de Schaerbeek, Anderlecht ou Saint- Josse aura remarqué la multiplication inquiétante des niqabs. 

Il faut être très naïf pour ne pas y voir un symptôme de radicalisation et de singularisation qui élève un mur symbolique mais très visible entre eux et nous. Eux les musulmans, nous les non-musulmans. Voilà qui participe plus de l’apartheid auto-proclamé que du dialogue des cultures visant à faciliter le vivre ensemble et la cohésion sociale. Voilà qui favorise et renforce le communautarisme. Le ramadan se termine, il fut très rude cette année -journées longues, canicules- jamais les mosquées bruxelloises ne furent plus fréquentées par toujours plus de barbus en tenue traditionnelle et de très jeunes gens redoublant de zèle et de soumission au prescrit le plus strict.

C’est dire que la tension ne va cesser de monter dans les années qui viennent, l’anti-sionisme servant de prétexte pour imposer de plus en plus sa différence dans l’espace public. Et qu’on ne me dise pas que tous ces déguisés revendiquent le droit à l’indifférence.

MG

 


 

 

 

 

 

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