samedi 19 juillet 2014

Syrie : 90 personnes massacrées par les djihadistes de l'État islamique


Le Point

Pour l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'attaque, qui s'est produite dans un champ gazier, est la plus importante jamais menée contre le régime.



Quatre-vingt-dix personnes ont été froidement abattues et mutilées par des djihadistes, dans un champ gazier de Homs. Photo

Par Chloé Durand-Parenti

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a dénoncé vendredi le "massacre" d'au moins 90 personnes la veille par les djihadistes de l'État islamique (EI) lors de la prise d'un champ gazier à Homs dans le centre de la Syrie. "Les exécutions sommaires de combattants ou de civils sont un crime de guerre, quelle que soit la partie qui les commet dans le conflit. Ce sont des prisonniers de guerre et ils ne doivent pas être exécutés", a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "L'État islamique a commis un nombre incalculable de crimes de guerre", a-t-il ajouté, alors que la Syrie est ravagée depuis trois ans par une guerre civile rendue complexe avec l'implication de djihadistes, la plupart venus de l'étranger.

Selon l'OSDH, lors de l'attaque du champ gazier de Chaar, à l'est de Palmyre, "la plus importante menée par l'EI contre le régime, au moins 25 employés civils et 65 gardes dépendant du ministère du Pétrole ainsi que des miliciens pro-régime des Forces de défense nationale ont été tués". Une vidéo, prise par les djihadistes de l'EI sur le champ gazier et distribuée sur YouTube, montre des dizaines de corps, certains semblant avoir reçu une balle dans la tête, d'autres étant mutilés, gisant dans le site désertique. L'un des djihadistes frappe avec sa chaussure la tête d'un cadavre.

Sur une autre vidéo, un djihadiste pose devant des corps. Il parle en allemand en y insérant des insultes en arabe. L'État islamique, qui a proclamé un califat sur les régions qu'il a conquises en Syrie et enIrak voisin, s'est déjà rendu maître de plusieurs champs pétroliers dans la province orientale syrienne de Deir Ezzor.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ATROCE


Les centaines de morts provoquées par les raids de militaires israéliens dans la région de Gaza : insupportable. Les dizaines de milliers de cadavres, victimes de la barbarie des jeunes djihadistes islamistes: atroce. Il s'agit dans les deux cas, qu'on l'accepte ou non, d'une explosion de barbarie dont on croyait l'humanité devenue incapable après les charniers de 14-18 et les camps d'extermination des nazis ou encore, le génocide rwandais. Plus jamais ça ! L'homme est un loup pour l'homme, on ne le rappellera jamais assez. Est-il possible de briser cette escalade de la violence et de la cruauté ? Comme à l'époque des guerres de religion au XVIe siècle en Europe, voici que les musulmans se déchirent entre eux et que les extrémistes du gouvernement israélien soutiennent sans réserve une boucherie qui n'épargne ni femmes ni enfants. Est-ce que l'humanité est en train de perdre l'esprit. Le vieux Hessel voulait que l'on s'indignât. Et bien oui, DiverCity est indigné et franchement écœuré par le spectacle quotidien que lui offre l'actualité médiatique. Il est difficile de détourner la tête et de penser autre chose, la coupe du monde de foot ne nous en donne plus le loisir. Il ne nous reste qu'à chausser des œillères, à suivre la caravane publicitaire du tour de France et à rejoindre les troupeaux sur les routes et les autoroutes du soleil.

MG



GAZA : L'OFFENSIVE TERRESTRE FAIT 33 VICTIMES PALESTINIENNES

Le Point.fr 

Israël cherche une nouvelle fois à démanteler la force de frappe du Hamas. Une opération incertaine qui inquiète la communauté internationale.



Gaza enterrait ses morts le 18 juillet, au lendemain du lancement d'une offensive terrestre contre le territoire palestinien. © Mahmud Hams / AFP


Au deuxième jour d'un assaut terrestre qui a coûté la vie à 33 Palestiniens, les soldats israéliens, appuyés par l'aviation et les chars, ont commencé à détruire vendredi des tunnels à Gaza utilisés par le Hamas pour ses opérations armées. Face à l'escalade de violence, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir une réunion d'urgence à partir de 21 heures (heure de Paris) tandis que le président américain Barack Obama a dit sa crainte de voir "la perte de davantage de vies innocentes".

Au total, depuis le 8 juillet, 274 Palestiniens ont péri et plus de 2 000 ont été blessés. Côté israélien, un soldat et un civil ont été tués. Le nombre de déplacés a presque doublé en 24 heures, pour atteindre 40 000 personnes, selon l'agence de l'ONU dans cette bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes soumises à un blocus israélien depuis des années. Le programme alimentaire mondial espère pouvoir y distribuer de la nourriture à 85 000 personnes dans les prochains jours. Au moins 33 Palestiniens, dont des adolescents, sont morts depuis jeudi soir, notamment dans le sud du territoire - Khan Younès et Rafah - et dans le nord, selon des sources médicales palestiniennes. 70 % des secteurs de Gaza étaient privés d'électricité.

Les principales ONG israéliennes de défense des droits de l'homme ont exigé des "couloirs humanitaires" pour évacuer les blessés et pour que "les personnels médicaux puissent remplir leur mission sans mettre leurs vies en danger". 

LE SUCCÈS "PAS GARANTI À 100 %" (NETANYAHOU)

Sur le terrain, l'infanterie et le génie, assistés de l'artillerie et de l'aviation, sont engagés dans des combats, tuant une vingtaine de "terroristes", frappant au moins "150 cibles" et mettant au jour treize accès au réseau de tunnels du Hamas, qui a prévenu qu'"Israël allait payer un prix élevé" de cet assaut. L'entrée des troupes après dix jours de bombardements à distance a pour objectif stratégique de détruire ces souterrains. "Mes instructions sont de se préparer à la possibilité d'élargir de manière significative l'opération, a dit M. Netanyahou, ce n'est pas possible de régler (le problème) des tunnels depuis les airs uniquement."

Il a néanmoins admis qu'il n'y avait pas de "garantie de succès à 100 %", alors que l'armée en est à sa quatrième opération contre Gaza depuis son retrait unilatéral du territoire en 2005. Israël a assuré ne pas vouloir reprendre le contrôle de ce territoire enclavé entre Israël, l'Égypte et la mer Méditerranée. Malgré l'offensive terrestre, les combattants du Hamas ont réussi à frapper Israël avec une cinquantaine de nouveaux tirs de roquettes, sans faire de victimes, portant le total des impacts depuis le 8 juillet à plus de 1 200.

À Khan Younès, quelque 1 500 personnes se sont réfugiées dans des écoles gérées par l'ONU. "Les gens ont commencé à arriver à 2 heures du matin. Ils étaient très effrayés et épuisés après avoir marché environ dix kilomètres. Les obus pleuvaient autour d'eux et les enfants avaient peur", a dit Fouad Chouhaiber, responsable d'un centre d'accueil. "Ils ont tiré toute la nuit et on n'avait ni eau ni électricité. Les obus provoquaient une fumée blanche qui nous étouffait", a raconté Ghada Najjar, 39 ans, arrivée "dans une ambulance". 

LES ÉTATS-UNIS "PROFONDÉMENT INQUIETS"

L'offensive terrestre est la première menée à Gaza depuis celle de décembre-janvier 2008-2009, qui avait fait 1 400 morts côté palestinien sans pour autant mettre fin aux tirs de roquettes. Benyamin Netanyahou l'a justifiée par le refus du Hamas d'accepter la proposition de trêve égyptienne que le mouvement islamiste palestinien voulait élargir à la levée du blocus et la libération de prisonniers.

À l'étranger, le président américain Barack Obama, principal allié d'Israël, a dit à Netanyahou que "les États-Unis sont profondément inquiets des risques d'une escalade et de la perte de davantage de vies innocentes". L'Union européenne s'est déclarée "très préoccupée", estimant "plus urgente que jamais" la recherche d'un cessez-le-feu. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas au Caire, a dit vouloir "briser la spirale de la violence". Il est attendu samedi en Israël. Selon lui, le leader palestinien a demandé à la France "de joindre les Turcs et les Qataris", car ces pays peuvent "exercer une influence particulière sur le Hamas". Le pape François a quant à lui appelé à l'arrêt des "hostilités", alors que Moscou et Téhéran réclament "un arrêt immédiat du conflit".

La nouvelle spirale de violence a été déclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois juifs ont été inculpés.

 

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