dimanche 31 août 2014

Le Polonais Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen

Le Monde.

Donald Tusk va quitter une Pologne émancipée et dynamique pour prendre ses quartiers à Bruxelles. Le premier ministre polonais, âgé de 57 ans, a réussi àfaire l'unanimité samedi 30 août parmi les principaux dirigeants de l'UE pour occuper le poste de président du Conseil européen. Il ne parle pas français, très mal anglais, parfaitement allemand. Cela donne une idée assez précise de ses penchants géopolitiques : proximité avec Berlin, plus grand réalisme vis-à-vis des Etats-Unis, et distance polie avec la France.

Un premier ministre usé dans son pays peut-il devenir un président dynamique du Conseil ? Tel est le défi qui se pose à Donald Tusk, à l'heure de prendre la succession d'Herman vanRompuy, dont le manque de charisme et de poids politique a illustré la volonté des capitales de garder la main sur le devenir de l'UE.

Le leader du parti Plateforme civique (PO, centre droit) dirige le gouvernement polonais depuis 2007, après avoir essuyé une défaite à l'élection présidentielle deux ans plus tôt. Pragmatique, opportuniste, rompu à la communication politique, il a résumé son approche des affaires publiques en une expression : son ambition est d'assurer « l'eau chaude dans le robinet ». Pas de quoi soulever l'enthousiasme des nouvelles générations, qui n'ont jamais connu les privations de l'époque communiste, ni celui de la Pologne la plus conservatrice, focalisée sur les questions identitaires.

UN ALLIÉ DU MILIEU DES AFFAIRES

Né à Gdansk, membre du syndicat Solidarité dans les années 1980, Donald Tusk a aussi connu une expérience entrepreneuriale, avec une société de peinture. Il est généralement vu comme un allié du milieu des affaires. M. Tusk croit dans les vertus du libéralisme et de la concurrence, qui ont transformé son pays, sans pour autant se priver des moyens étatiques lorsqu'il s'agit de s'attirerles grâces d'une catégorie particulière.

Il n'a jamais brillé par la sophistication de sa vision européenne, mais c'est sous son autorité que la Varsovie a acquis un poids inédit dans l'UE. Alliant un conservatisme ferme sur le plan religieux et social à un libéralisme décomplexé sur le plan économique, Donald Tuskpeut s'enorgueillir d'avoir conduit la Pologne pendant les années les plus spectaculaires de sa mutation. Son pays est le seul à n'avoir jamais connu de véritable ralentissement ni de récession depuis la crise de 2008.

La désignation de M. Tusk comme président du Conseil européen a un double sens historique. Vingt-cinq ans après les premières élections libres dans son pays, elle est une extraordinaire reconnaissance des nouveaux équilibres au sein de l'UE et de l'avènement de la Pologne comme pivot de l'Europe orientale. Il s'agit d'un « énorme succès » pour le pays, a estimé le président Bronislaw Komorowski.

UNE EXFILTRATION

Cette désignation intervient aussi dans un moment dramatique, alors que les métastases de la guerre se développent dans l'est de l'Ukraine. Depuis six mois, Donald Tusk a été en pointe sur ce dossier, avec ses homologues baltes, sans pour autant basculer dans des positions anti-russes primaires, lui qui a tenté d'initier une réconciliation historiographique entre les deux pays. Alors qu'Angela Merkel et François Hollande n'ont cessé de tergiverser face à Vladimir Poutine, dans l'espoir vain d'une baisse de température au Kremlin, le premier ministre polonais a tout de suite pris la mesure des nouveaux défis posés par l'annexion de la Crimée, puis la guerre dans l'Est.

Avocat d'une véritable politique énergétique européenne, Donald Tusk a aussi critiqué les membres de l'OTAN timorés sur le plan budgétaire, qui attendent trop, par habitude, l'ouverture du parapluie américain pour les protéger.

Mais le paradoxe de cette promotion est qu'elle représente aussi une exfiltration, le sauvant d'une tourmente politique intérieure redoutable, à un an des élections législatives. DonaldTusk s'était lancé le défi de conduire sa formation vers un troisième succès de rang, contre son adversaire de longue date, le leader de Droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, chantre d'un populisme nationaliste à la Viktor Orban.

RAPPROCHEMENT HISTORIQUE AVEC L'ALLEMAGNE

Au fil des ans, le premier ministre a réussi méthodiquement à écarter tout rival sérieux à l'intérieur de son parti. Mais l'usure du pouvoir et les scandales à répétition – tel celui de mystérieuses écoutes, en juin, concernant certains ministres – pèsent lourd dans l'opinion.

Ils expliquent l'écart dans les sondages en faveur du PiS. Faute d'une alternative crédible au sein de la PO, le départ vers Bruxelles de Donald Tusk pourrait avoir des conséquences dramatiques pour son camp, qui se prépare à la défaite. Or, une alternance pourrait porter atteinte à l'image de la Pologne, élève vertueux des réformes. Il serait assez inouï d'imaginer Jaroslaw Kaczynski, foncièrement antiallemand et antieuropéen, devenir premier ministre, tandis que M. Tusk présiderait le Conseil. Les retrouvailles à Bruxelles seraient glaçantes.

Donald Tusk avait pris l'engagement de conduire la Pologne dans la zone euro. Mais la crise a ralenti les ardeurs de son gouvernement, qui a cessé d'avancer un calendrier précis. En revanche, M. Tusk a beaucoup misé sur les fonds structurels européens : dans le dernier budget quinquennal, la Pologne en était le premier bénéficiaire. Ils lui ont permis de conduire de grands travaux et de moderniser ses infrastructures.

Autre réussite de ses mandats : le rapprochement historique avec l'Allemagne. Au-delà de l'estime personnelle qu'il partage avec Angela Merkel, Donald Tusk a réussi à développer des relations apaisées, amicales, constructives avec Berlin. A l'échelle de l'histoire, il s'agit d'une vraie révolution diplomatique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DELORS PARDONNE LEUR, ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT


 

En somme hormis Jacques Delors, l’Europe n’aura jamais été dirigée que par des leaders ternes. Ainsi le veulent les dirigeants nationaux, ce club de confédéralistes -Merkel en tête- qui ne veulent pas au-dessus d’eux d’une autorité qui lepriverait d’une once de souveraineté.

L’Europe fédérale rêvée par ses pères fondateurs ne sera pas. L’Europe fut au départ une idée française portée ensuite par le grand Européen français que fut Jacques Delors avec la complicité de François Mitterrand . François Hollande aurait pu, aurait dû, se profiler comme un grand Européen, il ne l’a pas pu, il a tout perdu : l’Europe, la France, son destin politique.

Notre rêve européen tourne au cauchemar, celui d’une civilisation asservie par Washington, assiégée par Moscou, muselée par Londres, cornaquée par Berlin.

Nos grands-pères ont voulu faire de l’Europe un rempart contre la guerre ; nous perdrons l’Europe et nous aurons la guerre.

MG

 

Donald Tusk désigné futur président du Conseil européen

Nouvel Obs

L'Italienne Federica Mogherini est quant à elle nommée chef de la diplomatie européenne.



Donald Tusk, vendredi 29 août. (KAROL SEREWIS/ENPOL/SIPA)

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a été désigné comme futur président du Conseil européen, et la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, comme chef de la diplomatie de l'UE, a annoncé samedi le président sortant du Conseil, Herman Van Rompuy.

Herman Van Rompuy a fait cette annonce sur son compte Twitter, peu après le début du sommet européen qui doit aussi envisager des sanctions contre la Russie accusée de nouvelle escalade en Ukraine.

Ces nominations ne faisaient plus guère de doute: un consensus s'était formé sur le nom de Federica Mogherini pour remplacer la Britannique Catherine Ashton, et Donald Tusk apparaissait ces derniers jours comme le grand favori.

TUSK, UN HOMME DE DROITE HOSTILE À MOSCOU

Donald Tusk, 57 ans, membre du parti conservateur européen PPE, devrait succéder en décembre à Herman Van Rompuy, qui a été lepremier président permanent du Conseil, un poste stratégique chargé de coordonner le travail des chefs d'Etat et de gouvernement, et de représenter l'UE à l'étranger au côté du président de la Commission.

Cette nomination enverra un message de fermeté à la Russie, alors que la Pologne, un ancien pays du bloc communiste, fait partie des Etats membres de l'UE les plus en pointe dans le soutien à l'Ukraine depuis le début de la crise. La Pologne n'est pas membre de l'euro.

 

MOGHERINI, UNE SOCIALISTE PEU CHEVRONNÉE

Federica Mogherini, 41 ans, est issue du Parti démocrate italien membre de la famille socialiste européenne.

Après la victoire écrasante du Parti démocrate aux élections européennes, qui en a fait le premier parti de gauche en Europe, le Premier ministre Matteo Renzi a poussé sa candidature pour succéder en novembre à la Britannique Catherine Ashton.

Ayant encore relativement peu d'expérience, cette jeune femme blonde à l'apparence stricte a multiplié les voyages à l'étranger, notamment en Ukraine et en Russie. Sa rencontre avec le président Vladimir Poutine lui avait attiré de vives critiques de plusieurs pays d'Europe de l'est, qui l'avaient accusée d'être "pro-russe".


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ILS N’ONT PAS VOULU DE VERHOFSTADT


Journée maussade que ce 31 août 2014.

L’Europe s’est choisi une troïka qui risque bien de tirer à hue et à dia.  Donald Dusk est polonais , comme Jean Paul II, c’est-à-dire très hostile à Moscou et très pro Washington. Malgré son prénom anglo-saxon, il baragouine l’anglais mais il a promis  « to  polish his english »  ce qui peut vouloir dire aussi de le « poloniser ». Surtout, cet anti russe pro américains’est empressé de s’engager à rencontrer les aspirations de David Cameron : il n’envisage pas, dit-il, l’Europe sans les Anglais. C’est vraiment très mal parti. Nous aurons donc un anti Van Rompuy  pour lui succéder et surtout un anti Verhofstadt, l’homme qui a toute les qualités pour diriger l’Europe , donc à éliminer vite faitLes eurosceptiques et les europhobes, les eurofourbes ont toute raison d’avoir le sourire aux lèvres : les fédéralistes baissent pavillon, l’Europe est en berne ce matin. En un mot comme en mille, l’Europe ne veut pas de l’Europe et Vladimir Poutine peut dormir tranquille, ils n’aura devant lui que cacophonie.

Merkel ne sera pas gênée dans son leadership de coulisse et Obama n’a à se faire aucun soucis, l’Europe lui mangera dans la main. Reste à la Belgique à lui envoyer son commissaire, ce sera une femme, Juncker en a décidé ainsi : ce sera peut-être Gewendolyn Rutten ou alors Marianne Thyssen, surtout pas Didier Reynders : beaucoup trop brillant.

MG



 

 

 

Syrie: des dizaines de Yazidies "vendues" à des combattants de l'EI

Le Vif


Des dizaines de femmes yazidies capturées en Irak par l'Etat islamique (EI) ont été forcées à se convertir à l'islam puis "vendues" pour être mariées de force en Syrie à des combattants du groupe jihadiste, rapporte une ONG.



Femme Yazidie, originaire de Sinjar en Irak, août 2014 © REUTERS/Youssef Boudlal

L'EI, qui sème la terreur dans les territoires qu'il contrôle en Irak et en Syrie, a "réparti entre ses combattants 300 filles et femmes de la communauté yazidie qui avaient été enlevées en Irak ces dernières semaines", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Parmi ces 300 femmes, au moins 27 ont été 'vendues et mariées' à des membres de l'EI dans les provinces septentrionales d'Alep et de Raqa et dans celle de Hassaka (nord-est)", selon l'ONG qui dispose d'un large réseau de sources civiles, médicales et militaires en Syrie. "Chaque femme a été vendue contre un montant de 1.000 dollars, après avoir été convertie à l'islam", précise-t-elle.

Les Yazidis sont une communauté kurdophone non-musulmane prise pour cible dans le nord de l'Irak par l'EI qui a lancé début juin une offensive d'envergure en Irak.

L'Observatoire n'était pas en mesure de confirmer si le reste des femmes ont été également vendues et mariées, soulignant qu'elles sont considérées comme des "prisonnières de guerre".


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE SILENCE DES MUSULMANS MODÉRÉS

 


Alexandre le Grand, grand conquérant de l’antiquité obligeait ses généraux à épouser des filles des pays conquis pour promouvoir l’interculturel dans son vaste empire. Il fut le premier inventeur connu du cosmopolitisme.

L’Etat Islamique donne de l’islam l’image la plus négative qui soit et une réputation qui est de nature à nourrir un courant islamophobe fort. C’est désastreux pour le vivre ensemble en Europe.

Seuls les plus modérés peuvent corriger un regard sur l’islam qui dans l’inconscient collectif se brouille. Mais ils se taisent.

MG

samedi 30 août 2014

Obama n'a pas de stratégie contre EI en Syrie

Figaro



"Nous n'avons pas encore de stratégie": Barack Obama a reconnu jeudi sans détours que les Etats-Unis n'étaient pas en position d'attaquer l'Etat islamique (EI) en Syrie, coupant court aux spéculations sur des frappes aériennes imminentes.

Les Etats-Unis travaillent sur un projet à la fois militaire et diplomatique. Mais Barack Obama a exclu des frappes à court terme en territoire syrien à l'issue de plusieurs jours d'intenses spéculations, alimentées par des déclarations de responsables du Pentagone mettant en garde contre un groupe qui dispose d'un "savoir-faire militaire tactique et stratégique sophistiqué" et va "bien au-delà" de toute autre menace terroriste.

"Nous avons besoin d'un projet clair", a souligné M. Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche avant de réunir une nouvelle fois dans la soirée les membres de son Conseil de sécurité nationale.

Soulignant la nécessité de s'appuyer sur des "partenaires régionaux forts", il a annoncé que le secrétaire d'Etat John Kerry se rendrait prochainement dans la région pour bâtir une coalition indispensable pour répondre à cette menace qualifiée de "cancer".

Il a en revanche écarté toute idée de coopération avec le président syrien Bacharal Assad, estimant que ses forces n'ont en tout état de cause pas les moyens d'intervenir dans les zones contrôlées par l'Etat islamique.

PAS D'INTERVENTION EN UKRAINE

"Il est évident aux yeux du monde entier" que des forces russes se trouvent en Ukraine, a par ailleurs affirmé Barack Obama, qui a également annoncé qu'il recevrait son homologue ukrainien Petro Porochenko le mois prochain à la Maison Blanche.

"L'incursion russe qui se déroule à l'heure actuelle en Ukraine ne peut qu'engendrer" des sanctions supplémentaires à l'encontre de la Russie, a ajouté le président. Il a exclut cependant tout recours à la force dans ce pays. Le président américain s'était entretenu un peu plus tôt de la question avec la chancelière allemande Angela Merkel, avec qui il avait convenu que le comportement de la Russie en Ukraine "ne peut rester sans conséquences", a confirmé Berlin.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

OBAMA : UN STRATEGE SANS STRATEGIE


Ceux qui ont attribué « à l’aveugle » le prix Nobel de la paix à Barack Obama ont vraiment agi à la légère. Il ont en effet lobotomisé l’homme le plus puissant de la terre le rendant incapable de prendre les bonnes décisions, notamment sur le terrain des opérations syro-irakiennes où se déroule un massacre aussi barbare et insupportable que celui qui endeuilla le Ruanda.  L’intervention de Bush en Irak était une incongruité doublée d’une aberration ; la non-intervention actuelle, de Obama en est une autre.

On reproche à la future suédoise de décider de l’achat de nouveaux chasseurs de combat. On a raison budgétairement, on a tort politiquement car face au désengagement américain, l’Europe se doit de se doter d’une force de frappe crédible, à défaut de disparaître des écrans radars de la géopolitique.  

Certes les djihaddistes de l'EI ne se vaincront pas seulement avec des F35 et des drones. Mais on n’en viendra pas à bout avec des lance-pierres et des sabres de bois.  Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a prévenu les pays occidentaux qu'ils seraient la prochaine cible de la menace jihadiste, en l'absence d'une réaction "rapide". »

La France s’est engagée, tête en avant, dans des opérations ponctuelles en Lybie et au Mali mais semble réticente à prendre l’initiative d’une intervention en Irak. Où est la cohérence ? La non présence d’otages français ?  Mais c’est tout l’occident et en particulier l’Europe que ces fous de dieu dévoyés entendent bien prendre en otage.  Face à cette menace, l’Europe est en quelque sorte en état de légitime défense.

MG

 

"L'OCCIDENT EST LA PROCHAINE CIBLE DE LA MENACE JIHADISTE"

BELGA 


Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a prévenu les pays occidentaux qu'ils seraient la prochaine cible de la menace jihadiste, en l'absence d'une réaction "rapide". Cité samedi par le quotidien saoudien Asharq al-Awsat et la chaîne de télévision Al-Arabiya à capitaux saoudiens, le souverain saoudien a précisé que "le terrorisme ne connaît pas de frontière et son danger peut toucher plusieurs pays en dehors du Moyen-Orient", où les jihadistes de l'Etat islamique (EI) sévissent avec brutalité sur les territoires conquis en Syrie et en Irak.

Le roi Abdallah, qui s'exprimait vendredi en recevant de nouveaux ambassadeurs accrédités en Arabie saoudite, dont celui des Etats-Unis, un proche allié de Ryad, a ajouté que l'inaction face à ce phénomène "est inadmissible". "Vous voyez comment ils (les jihadistes) procèdent à des décapitations et font que des enfants exhibent des têtes coupées dans la rue", a-t-il encore dit, en s'élevant contre "la cruauté" de tels actes.

"Ce n'est pas un secret pour vous, ce qu'ils ont commis et ce qu'ils vont commettre encore. Si on les néglige, je suis sûr qu'ils parviendront au bout d'un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique", a-t-il prévenu.

Le président américain Barack Obama reste indécis sur des frappes aériennes contre les jihadistes de l'EI en Syrie après celles menées dans le nord de l'Irak.

 

 

Etat Islamique en Irak, le troisième totalitarisme ?


 

 



FIGAROVOX/ENTRETIEN - Les combattants kurdes continuent leur contre-offensive, et reprennent des villes contrôlées par l'Etat Islamique dans le nord de l'Irak. Pour le sénateur Bruno Retailleau, leur combat est cependant perdu d'avance sans une aide internationale immédiate.

 

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Bruno Retailleau est sénateur de la Vendée.

 

LES GUERRIERS DE L'ETAT ISLAMIQUE CONSTRUISENT UNE STRATÉGIE DE TERREUR BARBARE ET EFFICACE : DÉCAPITATIONS, ÉVENTRATIONS DE FEMMES ENCEINTES, CES MÉTHODES ABOMINABLES SONT UTILISÉES POUR TERRIFIER LES SOLDATS ET CIVILS ENNEMIS, QUI FUIENT EN LES VOYANT ARRIVER.

La première urgence est donc d'ordre humanitaire: les camps de réfugiés se sont faits à la va-vite, ne sont pas organisés, et manquent de tout. On parle là de 600 000 déplacés, pour la plupart chrétiens, mais pas seulement: s'y trouvent également des minorités yazidis, par exemple. Là, je n'ai pas vu la communautéinternational agir dans les proportions adéquates, et les réfugiés sont donc abandonnés, traumatisés par ce qu'ils ont vu et vécu. Ils vivent à présent dans des conditions inhumaines.

Le second point est le Califat. L'Etat Islamique contrôle à présent 1/3 de la Syrie, 1/3 de l'Irak, et efface la frontière entre ces deux Etats. Ce Califat est une instance temporelle, qui a prétention non seulement à diriger les musulmans de la région, mais également à unifier sous sa férule la planète entière! Cet Etat se constitue, selon les témoignages, très rapidement, avec une administration, des écoles coraniques, et des circuits financiers propres. Il est financé par certains pays riches de la péninsule arabique, par l'impôt levé sur les chrétiens, mais également par les razzias qu'il lance: à Mossoul les combattants de l'EI ont ainsi récupéré 450 000 000 d'euros dans les banques! Aujourd'hui, le Califat dispose de 50 000 hommes en Syrie, ainsi que 10 000 en Irak, des combattants redoutables, qui ne reculent devant rien, et qui profitent de l'équipement américain, abandonné sur place par l'armée irakienne lorsqu'elle fuit devant les troupes de l'Etat Islamique. Ces guerriers construisent également une stratégie de terreur barbare et efficace: décapitations, éventrations de femmes enceintes, ces méthodes abominables sont utilisées pour terrifier les soldats et civils ennemis, qui fuient en les voyant arriver.

Les Peshmergas ne feront pas le poids face à une telle force. Ces combattants sont plutôt habitués aux escarmouches, rapides, tactiques et précises ; ils ont ainsi réussi à stopper la progression de l'Etat Islamique. Toutefois, ils ne sont pas armés pour résister voire repousser la vague islamique. Les frappes américaines, de même, ont été utiles, mais elles ont de moins en moins d'impact. On peut arrêter un raid ponctuel, grâce à elles, mais pas l'avancée de l'Etat Islamique.

Nous avons en face de nous une épuration ethnique et religieuse qui ne reculera devant rien. Chaque jour, la barbarie avance et la civilisation recule. Nous devons donc agir.

LA HAUTE-COMMISSAIRE AUX DROITS HUMAINS DE L'ONU, NAVI PILLAY, A ACCUSÉ LES DJIHADISTES DE «NETTOYAGE ETHNIQUE ET RELIGIEUX». AVEZ-VOUS VU SUR PLACE DES ÉLÉMENTS CONFIRMANT CETTE ACCUSATION?

Absolument. C'est une évidence. Les premières victimes sont les chrétiens, àQaraqosh, Mossoul et dans la plaine de Ninive, où leur implantation est très ancienne, antérieure, même, à celle des musulmans. D'autres minorités, dont les Turcomans, Shabaks et Shiites, sont également frappées. En somme, l'Etat Islamique ne tolère rien d'autre qu'un fondamentalisme.

QUELLES CONCLUSIONS TIREZ-VOUS DE VOTRE DÉPLACEMENT?

Nous ne pouvons pas accepter la construction de ce Califat en Irak, dans l'arc de crise le plus déstabilisé au monde, Al-Qaïda ne disposait jusqu'ici pas des moyens suffisants pour frapper l'Europe, mais imaginez ce que pourrait faire un Etat organisé comme celui-ci! Nous avons en face de nous une épuration ethnique et religieuse qui ne reculera devant rien. Chaque jour, la barbarie avance et la civilisation recule. Nous devons donc agir, et j'inclus dans ce nous l'ONU en son ensemble, pas seulement l’Europe et les Etats Unis., mais également l'Asie et la Ligue Arabe, par exemple. Pour le moment, l'armée irakienne et les kurdes ont stoppé l'avance, mais sans notre aide, ces combattants ne résisteront pas longtemps à l'avancée des drapeaux noirs islamiques. Nous avons ici affaire au troisième totalitarisme, après l'Allemagne d'Hitler et la Russie stalinienne.

QUAND ON PARLE D'ÉPURATION ETHNIQUE ET RELIGIEUSE, DE TOTALITARISME, IL NE S'AGIT PLUS D'UN PROBLÈME OCCIDENTAL, MAIS DE L'HUMANITÉ TOUTE ENTIÈRE.

De plus, je l'ai dit, l'aide humanitaire n'est absolument pas organisée. Il faut que le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU et que la communauté internationale prennent conscience de la réalité de la situation, et s'occupent de ces persécutés. Laurent Fabius et la France peuvent proposer le droit d'asile aux réfugiés politiques, mais je ne pense pas que ce soit la bonne réponse à cette situation.

Les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU doivent donc absolument s'entendre pour apporter une réponse à cette grave crise. Le monde entier, et pas seulement l'Occident, ne pourra jamais accepter la présence d'un Etat Islamique fanatique, organisé, au cœur de cet arc de crise du Moyen-Orient. La situation n'a jamais été aussi dangereuse, et seule une action globale, qui s'appuiera sur les forces locales, avec la Ligue Arabe, un mandat de l'ONU, l'aide des Chinois, pourra permettre de lutter contre ces terroristes. Quand on parle d'épuration ethnique et religieuse, de totalitarisme, il ne s'agit plus d'un problème occidental, mais de l'humanité toute entière.

QUELLES SOLUTIONS POLITIQUES PEUT-ON APPORTER À CETTE CRISE IRAKIENNE AUJOURD'HUI? QUEL EST LE RÔLE DE LA FRANCE?

Jusqu'ici, les solutions proposées par François Hollande ne sont que partielles. La France doit faire partie d'une solution globale, et participer à un engagement mondial. Tous les pays peuvent se sentir menacés par le Califat: l'Iran, par exemple, ne peut pas non plus tolérer cet Etat Islamique sur le pas de sa porte. On ne peut pas dire, sous prétexte des erreurs des américains en 2003, qu'il nous est interdit d'utiliser la force contre les troupes islamiques. Devant cette menace, il faudra bien entendu y recourir. La violence est alors légitime. Même le Pape François la juge «licite».

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE CALIFAT ISLAMISTE ET TOTALITAIRE, COMBIEN DE DIVISIONS ?


Nous avons été parmi les premiers à dénoncer le caractère totalitaire de cet état islamiste que d’aucuns s’ingénient à qualifier d’islamique. Il serait temps quel’on mette les points sur les « i ».

La question qui se pose au gouvernement fédéral en formation est de savoir comment ils vont gérer le retour des combattants belges partis prêter main-forte à  EIIL dont les autorités musulmanes de Belgique mettent fort peu de zèle et d’énergie à se démarquer clairement, ce qui pose un problème majeur à la dynamique du vivre ensemble.

C’est de toute évidence une question qui risque de sérieusement fâcher et pour longtemps.

MG


vendredi 29 août 2014

LA DICTATURE DE LA CONSOMMATION


Paru dans L'Express | Publié dans Sociologie -

Jacques Attali

La bataille qui se joue depuis au moins deux siècles entre l’économie et la politique, entre le marché et la démocratie, entre le capitalisme et l’Etat, tourne désormais à l’avantage du marché, parce qu’il est global, au détriment de la démocratie, enfermée dans des frontières.

Une économie mondiale sans état de droit s’installe. Elle conduit en apparence à la victoire des consommateurs et des producteurs, acteurs du marché, sur les électeurs, acteurs de la politique. Elle impose, on le voit, délocalisations et dérégulation. Mais la situation est plus complexe. Car tous les électeurs sont des consommateurs ; alors que la moitié d’entre eux seulement sont des travailleurs. Il y a donc une domination de l’électeur-travailleur par l’électeur-consommateur. En chacun de nous et dans la société. Consommateurs et électeurs s’allient en quelque sorte contre les travailleurs. Il s’ensuit que, chaque fois qu’il peut faire un choix, prendre une décision, chaque fois qu’il conserve un embryon d’influence, le politique, quel que soit son parti, favorise le consommateur au détriment du travailleur, afin que le consommateur oriente le vote de l’électeur. Ainsi l’élu choisit-il d’encourager la baisse des prix des produits, qui plaît tant à celui qui consomme, même si cette diminution favorise les importations et nuit aux travailleurs locaux. Ainsi choisit-il d’augmenter les impôts sur le travail et de baisser les taxes sur la consommation : plus d’impôt sur le revenu et moins de TVA. Plutôt mécontenter celui qui revient du bureau ou de l’usine que celui qui revient du supermarché.

Cela explique pourquoi le chômage est moins combattu que l’inflation, pourquoi le progrès technique est orienté vers l’amélioration du sort des consommateurs, bien plus que vers l’amélioration du sort des travailleurs. Cela explique aussi pourquoi il y a beaucoup plus d’accidents du travail que d’empoisonnements à la maison, pourquoi la formation professionnelle est bien moins considérée que l’industrie de la distraction. Si cette situation perdure, les travailleurs seront de moins en moins payés, pour fabriquer des produits vendus de moins en moins chers, à des consommateurs de plus en plus exigeants.

Le rôle de l’Etat a été, jusqu’à présent, de contrebalancer cette spirale déflationniste par une consommation publique. Mais, avec la globalisation, l’Etat n’est plus crédible dans ce rôle. Aussi, les consommateurs prendront peu à peu le pouvoir sur leurs alliés, les électeurs. Ils transformeront les citoyens en consommateurs de politique qui se contenteraient de choisir ou de délaisser les politiciens, comme s’ils étaient des produits jetables, les critiquant pour leurs actes sans penser à agir par eux-mêmes ou à les remplacer.

Ainsi verra-t-on se développer une vision irénique du monde, où tout est facile, abondant et drôle, très différente de la réalité du travail, où tout est difficile, rare et sérieux…

Un monde si éloigné du réel que ce dernier en sera intolérable ; les consommateurs-électeurs haïront alors les fabricants de produits et de politique, forçant les uns et les autres à plus de promesses et à plus de dettes pour les satisfaire. Ils haïront aussi le travail et ne le supporteront que dans la mesure où on en réduira au maximum la durée, ou à défaut, en consommant des drogues diverses. Ils iront vers des partis extrêmes, aux programmes les moins vraisemblables. Pour escamoter la réalité, pour refuser la rareté, comme le leur enjoint la dictature de la consommation.

Oublier le réel n’est jamais un bon présage. Il se rappelle toujours à notre souvenir. Il est donc urgent de reprendre contact avec lui. C’est même ce qu’on doit apprendre en premier aux enfants : ne plus faire de la consommation marchande le but ultime de nos sociétés, et faire de tout travail une forme de création. On en est loin.

j@attali.com

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE CITOYEN SE MEURT, VIVE LE CONSOMMATEUR ROI.


Dans une interview donnée au Vif, Dominique Schapper, fille de Raymond Aron embouche la même trompette et observe avec beaucoup de pertinence:

« Les dangers auxquels nous nous exposons dans la phase actuelle de lévolution démocratique concernent un risque de corruption de régime pour reprendre le vocabulaire de Montesquieu. Il faut éveiller les consciences et rester vigilant face aux dérives possibles. »

En cela elle ne fait que confirmer l’analyse fine de Jacques Attali sur les risques qu’encourt en ce moment notre démocratie et qui sont beaucoup plus pernicieux qu’on ne pourrait l’imaginer.

Elle précise avec beaucoup de lucidité :

« La civilisation du confort immédiat individuel, présente des dangers potentiels. Une société doit rester unie par un minimum de valeurs communes, faute de quoi elle se délite. »

Sans doute est-ce là exactement ce que nous vivons actuellement, le déclin des valeurs communes qui nous unissent, avec un début de dépérissement de la démocratie au profit d’un hédonisme immédiat, celui de consommateurs invétérés et addictifs de plus en plus gourmands et exigeants.

« Il existe le danger que les démocraties seffritent dès lors qu’elles ne nous nourrissent plus un projet assez fort pour dépasser les intérêts immédiats de chaque individu. »

Ce projet fort, c’est exactement ce qui nous manque actuellement dans une Europe qui ne fait plus rêver et s’enfonce dans une dépression collective et une spirale négative sur laquelle les mouvements nationalistes, populistes à tendance autoritaire et totalitaire surfent avec un certain succès. C’est aussi ce qui explique la séduction des totalitarismes  islamistes auprès des jeunes exclus en décrochage scolaire et social qui pensent qu’ils n’ont plus rien à perdre et son prêt à sacrifier leur précieuse vie pour des leurres idéologiques et spirituels.

En conséquence : « Il est impératif que les individus restent des citoyens et qu’ils ne soient pas exclusivement mus par la recherche de bien-être personnel. »

« Le grand risque cest que lindividu et ses aspirations personnelles prennent la place du citoyen. » Après la mort de l’homme, nous assistons, impuissants à la mort lente du citoyen au profit de l’individu-consommateur qui est un peu un remake du sujet privé de droits d’ancien régime ou des régimes totalitaires, leur avatar sécularisé.

« L’individu démocratique tend à refuser toutes les limites naturelles ou sociales. Il se veut créateur de lui-même et détaché de tout engagement. » L’engagement est le propre du citoyen critique qui participe à la société civile, la consommation est le propre des sujets conditionnés par la dictature des marchés, du marketing et de la publicité.

« Or la vie sociale suppose le respect des normes collectives et des règles de droit qui permettent de vivre ensemble de façon humaine. Voulant être farouchement indépendant, lindividu démocratique risque de ne plus admettre la légitimité des règles qui organisent et protègent sa liberté. À la différence du citoyen, qui est lié aux autres par un contrat social, lindividu risque de ne plus suivre que son caprice, hors de tout engagement, tous les slogans faciles dune certaine époque, « jouir sans entrave » ou « élections pièges à cons »

Privé des privilèges, des droits et des devoirs du citoyen actif et autonome, l’individu n’est plus qu’un sujet passif soumis à tous les caprices du marché totalitaire qui le façonne à l’aide de la formidable puissance des moyens déployés par le marketing publicitaire. Il faut s’efforcer d’écouter lucidement ces messages abêtissants pour mesurer à quel point le consumérisme nous asservit au quotidien.

On nous fait bouffer de la merde et acheter de la camelote avec notre pauvre pouvoir d’achat.

« Les démocrates sont tentés de penser que tous ont le droit de juger, que toutes les opinions se valent ou plutôt que les opinions valent la connaissance. La véritable tolérance reconnaît laltérité de lautre. » Nier cette altérité c’est permettre à l’autre de nous nier à son tour, ce que sont tentés de faire ceux qui pensent radicalement autrement : notamment tous ceux qui se donnent à un mouvement salafiste en reniant les paradigmes démocratiques pour adopter la sharia anti-démocratique par définition puisque théocratique.

« Les médias, comme internet, sont des instruments essentiels de la démocratie. Mais il existe le risque que lopinion du journaliste, qui sadresse à des millions de personnes, soit considérée comme plus importante que celle du savant, dont les conclusions ne touchent quun petit noyau de gens compétents. Les vedettes des médias ne sont pas nécessairement des personnes qui sont les plus utiles ou les plus respectables. » En cela, les médias sont bien évidemment le quatrième pouvoir qui est enclin à oblitérer les trois autres et à occuper tout l’espace public.

Le consumérisme et les religions identitaires sont les nouvelles drogues dures du peuple. Danger.

MG

 

Naïef gesproken is het jammer dat er niet meer Wouter Van Besiens in de Wetstraat kunnen overleven


Yves Desmet − De Morgen

Het is jammer dat er niet meer Wouter Van Besiens in de Wetstraatbiotoop kunnen overleven

Op zijn minst valt het een contrast te noemenook al behoren ze allebei tot delinkerzijde. De ene voorzitter haalt, met een verkiezingsagenda vol thema's die hem en zijn partij op het lijf geschreven zijn, die meer dan ooit in de afgelopendecennia eens niet communautaire maar sociaal-economische tegenstellingencentraal zetten, de slechtste naoorlogse verkiezingsuitslag van zijn partijHijblijft desondanks vastgelijmd op zijn stoel zittennegeert iedere persoonlijkeverantwoordelijkheid en ontkent wat een blinde kan ziendat hij openlijk en forsgecontesteerd wordt binnen zijn eigen partij.

Een andere voorzitter, die drie verkiezingen na elkaar rustig zijn partij procentjena procentje vooruithelpthaar imago verbreedt van een geitenwollensokken-bakfietspartij naar een brede progressieve stedelijke partij, en die door niemandgecontesteerd wordtverlaat vrijwillig de hoofdscène en wil zich na vijf jaarverder op meer dossiergerichte thema's gaan gooien.

Het persoonlijke is politiek, was een bekende feministische slogan uit de jaren'70, maar omgekeerd is politiek ook persoonlijk.

De burger gedraagt zich steeds meer als consument op de politieke markten alshet ene product hem niet bevalt kiest hij snel voor een anderHij voelt zich veelminder 'citoyen', laat staan dat hij nog gelooft in ideologieën. In zo'n omgevingzijn personen vaak belangrijker dan programma's of grote ideeënWie daaraantwijfelt moet eens nakijken wie de afgelopen vijftien jaar in dit land als Icarusnaar de hemel is gevlogen en vervolgens is neergestort.

Het zorgt ervoor dat politieke leiders een tijdje heiligen zijnen vervolgensuitgespuwd worden. Je moet veel ambitie en een rug van beton hebben om langin die arena te overlevenWouter Van Besien heeft dat niet. In tegenstelling tot de overgrote meerderheid van zijn collega's is hij geen alfamannetje dat genietvan de controverse en het politiek gevecht, de spelletjes om de machtwie hetverste kan pissen in de sneeuw.

Cynisch geformuleerd maakte hem dat ongeschikt voor de zero-sum game die de politiek in essentie blijftNaïef gesproken is het jammer dat er niet meerWouter Van Besiens in de Wetstraat-biotoop kunnen overlevenMensen voorwie meningsverschillen niet moeten uitgevochten worden als bokspartijen, dienaast het eigen partijbelang ook oog hebben voor politiek als hetgecompliceerde en georganiseerde meningsverschil dat een samenleving zoumoeten vormen. Die iets voor het algemeen belang kunnen toegevenook albrengt hen dat niet meteen een stem op.

Er zitten er te weinig van dat soort in de Wetstraat.




 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE CITOYEN ET LE CONSOMMATEUR


Cet excellent papier de Yves Desmet, un des meilleurs analystes de Flandre,confirme la nouvelle théorie de Jacques Attali qui évoque l’effacement progressif du citoyen électeur devant le travailleur consommateur qui fait son petit marché politique au gré de ses humeurs de consommateur.

Prétexte à cette affirmation : le président de Groen, le très brillant et très sérieux Wouter Van Besiens quitte la présidence de son plein gré après cinq ans de bons et loyaux services tandis que le président de plus en plus contesté du SPa s’accroche à son siège comme le naufragé à son radeau. Yves de Smet commente :

De burger gedraagt zich steeds meer als consument op de politieke marktenals het ene product hem niet bevalt kiest hij snel voor een anderHij voelt zichveel minder 'citoyen', laat staan dat hij nog gelooft in ideologieën. In zo'nomgeving zijn personen vaak belangrijker dan programma's of grote ideeënWiedaaraan twijfelt moet eens nakijken wie de afgelopen vijftien jaar in dit land alsIcarus naar de hemel is gevlogen en vervolgens is neergestort.

Les électeurs se comportent de moins en moins en citoyens et de plus en plus en consommateurs du marché politique. Si un produit leur déplaît, ils optent pour celui de la concurrence. Ce comportement n’a plus rien de citoyen. Désormais les personnalités sont devenues plus importantes que les idées ou les programmes politiques. Et que ceux qui n’en sont pas persuadés fassent la liste des stars de la politique qui en Flandre ont été portées au pinacle avant de s’écraser comme Icare dans les flots : Guy Verhofstadt, Steve Stevaert, Yves Leterme, Chris Peeters…Who is next ? Bart De Wever ?

MG