mardi 26 août 2014

"FAITES ATTENTION À VOS SACS !"


JONAS LEGGE  La Libre




En tant que nouveau résidant schaerbeekois, je profitais du temps clément de ce dimanche pour participer à une visite des bâtiments contemporains de la "cité des Ânes". Après nous avoir décrit la logique de conception et les recherches architecturales de quatre bâtisses, notre guide nous emmena vers la bruyante et bien triste place Liedts. Ce lieu où voitures, trams et piétons se croisent dans une agitation aussi désagréable que désordonnée. Ce lieu qui régulièrement alimente les rubriques "faits divers". Mais aussi ce lieu où l'agitation conduit à une constante animation.

Positionnés devant des snacks, où familles et personnes de tous âges, quasi exclusivement issues de l'immigration, profitaient de plats traditionnels turcs et maghrébins, nous suivions les explications de notre guide sur l'élaboration du nouveau commissariat de police, à la construction contemporaine. Soudain, un véhicule aux gyrophares bleus s'arrêta à notre hauteur. L'agent qui se trouvait à l'avant ne prit pas la peine d'ouvrir sa fenêtre et opta pour le haut-parleur. Regardant dans la direction de notre groupe d'une dizaine de "blancs", situé au milieu de cette foule métissée, il crachota une injonction inintelligible. Voyant que nous ne saisissions pas son charabia, il réitéra, d'une voix autoritaire, s'attirant le silence et les regards : "Faites attention à vos sacs !"

Peut-on faire pire pour fustiger, sur la place publique, toute une communauté d'origine étrangère ? Personnellement, je fus pris par la gêne et empli par le sentiment que cette population, dans son ensemble, était condamnée sans même avoir esquissé le moindre geste, sans même avoir envisagé la moindre velléité.

Ce policier partait certainement d'une bonne intention, son expérience de patrouille en ces lieux lui intimant que ce conseil était le bienvenu. Mais aurait-il fait preuve de la même attention à l'égard d'un groupe de visiteurs "non blancs", d'origine maghrébine, d'Afrique noire ou du Proche-Orient ? J'en doute... Et pourquoi n'a-t-il pas pris la peine de venir nous glisser discrètement sa recommandation ?

Certes, la police sert notamment à prévenir des larcins. Mais elle a aussi un rôle d'exemple à donner. Dans ce cas-ci, en évitant tout clivage au sein de la population.

Certes, en certains endroits de Bruxelles, la vigilance doit être de mise. Mais la suspicion, la méfiance engendrent le repli voire, pire, le rejet.

Certes, la cohabitation entre communautés n'est pas toujours idéale à Bruxelles. Mais chacun peut contribuer, par petites touches, à la recherche du bien-être commun.

Éberlués, nous avons poursuivi notre visite, sans souci ni ennui.

 

@Jonas Legge

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DE LA DIFFICULTÉ DU VIVRE ENSEMBLE

 


Les policiers de la zone Schaerbeek-Saint-Josse-Evere en voient des vertes et des pas mûres.

Ce sont pour la plupart de très jeunes agents, généralement issus « tussen Meise en Dendermonde, tussen Hoeileart en Leuven »…ils ont été recrutés après avoir réussi l’examen linguistique en français, un français qu’ils maîtrisent plutôt mal du reste. Ils votent N-VA, voire VB pour la plupart et ils détestent Bruxelles où ils restent rarement en service plus de cinq ans avant de demander leur transfert en Brabant flamand waar de Vlaming thuis is. D’autres, plus jeunes alors les remplacent. C’est dire que leur relation à Bruxelles est difficile. Dire qu’ils ont du mal avec les allochtones est un euphémisme. Dire qu’ils ne sont pas très concernés par le vivre ensemble en est un autre. Du temps du très regretté commissaire divisionnaire David Yansenne, ceci ne serait certainement pas produit.

La solution ? Engager plus de policiers issus de l’immigration ? Organiser des formations à l’interculturel ?Accueillir des volontaires ?

MG



IL Y A 1 AN DISPARAISSAIT LE COMMISSAIRE-DIVISIONNAIRE DAVID YANSENNE

Écrit par Jean-Pierre le 15 août 2014. Publié dans Actualités schaerbeekoisesConseil de police


Il y a un an, le commissaire-divisionnaire David Yansenne nous quittait. Il avait été victime quelques jours auparavant ‘un accident alors qu’il naviguait en France. Ancien de l’école de gendarmerie, il avait veillé à la mise en place de la zone de police Schaerbeek-Evere-Saint Josse après la réforme des polices et l’avait dirigée depuis 2002. La mort inopinée de ce chef de corps tant apprécié par ses collègues et par le monde associatif qu’il rencontrait régulièrement, a laissé un grand vide autour de lui. Un an plus tard, ils sont encore très nombreux à se souvenir de sa manière de travailler, de son sens visionnaire mais aussi de son caractère chaleureux, disponible et humain. On dit souvent que nul n’est irremplaçable, ce n’est pas toujours vrai…

 

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