samedi 23 août 2014

Delbaere (Voka): «Les flamands ne sont pas nationalistes, ils sont libéraux»


Béatrice Delvaux et Bernard Demonty

Michel Delbaere, le patron des patrons flamands, a accordé au « Soir » un entretien où il revient notamment sur la coalition sudéoise.



Michel Delbaere, patron des patrons flamands nous reçoit, dans un bel hôtel de maître de la rue Royale, à Bruxelles. Tout d’abord il revient sur les liens qui l’unissent à Bart de Wever. « Oui nous avons vu De Wever, comme nous avons vu Kris Peeters, Paul Magnette, Charles Michel et plein de gens, pour leur expliquer comment nous voyions l’évolution de l’économie et qu’il y avait des mesures à prendre. »

Interrogé sur la peur d’une forte opposition dans la rue et au Parlement, il répond. « La lutte contre la pauvreté est une priorité, sinon on n’a pas l’assentiment de la société. Mais il y a une différence entre la pauvreté subie et entretenue : il y a des gens qui pourraient travailler et ne le font pas, contrairement à d’autres qui sont pauvres car handicapés par exemple. Cette dernière catégorie, il faut l’aider ».

Puis, il revient sur le lien entre Flandre et nationalisme. « Le Flamand n’est pas nationaliste, il est libéral. Pas au sens du parti mais au sens de «on prend son sort entre ses mains», avec le besoin d’un Etat mais comme suppléant. »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CHRONIQUE D’UN DIVORCE ANNONCÉ


« lls veulent tout tenter, pour faire de cette coalition « sans socialistes » un momentum et en profiter pour faire advenir cette nouvelle Belgique économique dont ils rêvent depuis tant d’années. »

En langage clair, les Flamands sont libéraux et « pas nationalistes » (sic), les Wallons sont socialistes mais pas si belgicains qu’on l’imaginait. Et les Bruxellois, ils sont quoi ? Entre les deux ?

Conclusion ? On vit dans deux Etats antagonistes. Donc, sauf accident on se rapproche de plus en plus de l’inévitable divorce ou, à tout le moins, d’une formule de caractère confédéral.

Tout cela devient lumineux.

Reste à savoir si les libéraux francophones sauront trouver leur place dans cet embrouillamini. C’est une vraie question, seul le temps nous le dira mais nous vivons un vrai tournant, un vrai défi pour le vivre ensemble.

MG

 

LE BIG BANG: FINANÇABLE, ACCEPTABLE, JOUABLE?

Béatrice Delvaux Éditorialiste (Le Soir)


La suédoise aurait-elle les yeux plus grands que le ventre ? C’est la question qu’on peut se poser à la lecture des mesures proposées par les formateurs, Charles Michel et Kris Peeters. Car point ne sert de tout promettre et de tout vouloir réformer, encore faudra-t-il le financer, le faire accepter et le réaliser. On a beaucoup jasé sur la minutie dans l’élaboration du programme du gouvernement précédent, mais celle-ci a, au bout du compte, permis aux membres de cet équipage d’embarquer dans l’aventure sans en sortir précipitamment et en ayant, in fine, accompli ce qui avait été promis.

Attention, évidemment, à ne pas juger trop vite.

Un, les négociations en sont encore à leur début et l’amoncellement de réformes suggérées tient à ce stade toujours du catalogue des envies et des suggestions, dont seulement une partie verra le jour. Et pour cause, certaines d’entre elles en excluront d’autres, pour cause d’incompatibilité.

Deux, il faut acter que ce qui est sur la table correspond sur le volet socioéconomique (pas politique) à ce qu’on a entendu durant la campagne dans la bouche tant du MR que du CD&V ou de l’Open VLD. La N-VA, elle, est plus en phase avec ses promesses électorales, sur la philosophie générale que sur les mesures précises, qui étaient plus radicales.

Trois, les partis dans cette coalition et certains « groupes » qui gravitent solidement autour d’eux ne veulent pas d’un programme de notaire pour une Belgique en mutation douce. Non, ils veulent tout tenter, pour faire de cette coalition « sans socialistes » un momentum et en profiter pour faire advenir cette nouvelle Belgique économique dont ils rêvent depuis tant d’années. Ils réfutent l’option « réformettes » et cherchent des big bangs qui fassent se déplacer le centre de gravité de la logique de fonctionnement des finances publiques, de la fiscalité, de la compétitivité et de tout ce qui, à leurs yeux, pervertit l’efficacité du pays/des régions. La lecture de l’interview du président du patronat flamand (Voka), dans ce journal, est à cet égard très éclairante, car cet homme et son organisation sont aujourd’hui les grands compagnons de route – inspirateurs, soutiens – des négociateurs et de la suédoise.

Le big bang est-il jouable ? Trop de réformes pourraient être impossibles à mettre en œuvre, sous réserve des approfondissements techniques pour juger de leur réalisme. Acceptable ? Une grande partie de ce qui est sur la table est autant de cadeaux pour les uns que de bombes sociales pour les autres. Finançable ? Ce couperet-là pourrait ramener la barre des « ambitions » très bas. Car il ne sera bientôt plus question de promettre ou de fantasmer, mais d’assumer et de mener à bien. Avec une énorme interrogation : jusqu’où le consensus social pourra-t-ilêtre testé sans être mis en danger et devenir explosif ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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