jeudi 14 août 2014

Des patrons chrétiens à l’assaut de Benoît Lutgen

Martine Dubuisson 


Des économistes et des patrons proches du CDH expriment leur préoccupation face aux choix du parti humaniste.




Des chefs d’entreprise, proches des idées CDH, ont voulu s’adresser au président humaniste.


Le refus du CDH d’entamer les négociations fédérales avec le CD&V, le MR et la N-VA suscite un malaise certain au sein de l’aile droite du parti. En coulisses, plusieurs mandataires expriment leur crainte de perdre une partie de leur électorat. A relire : « Le CDH, entre approbation et malaise » .

Ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Une dizaine d’économistes se sont concertés, début juillet, pour questionner les choix du CDH et manifester leur préoccupation à Benoît Lutgen. Ils se disent « préoccupés » par son refus de négocier une coalition de centre-droit.

Des chefs d’entreprise, proches des idées CDH, ont également voulu s’adresser au président humaniste. Comme les économistes, ils plaident pour des réformes socio-économiques. Le CDH – qui reçoit aussi des mails de patrons et d’associations qui le félicitent de ses choix stratégiques – n’a pas répondu à ces courriers critiques.

Ci-desssous, l’intégralité de la lettre de Luc Willame, qui fut patron de Glaverbel, administrateur de l’Union Wallonne des Entreprises, et président de la SRDB (Société régionale de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale) : « Votre non est une catastrophe pour le pays et pour le CDH ».

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE TROISIEME TOUR


Que n’a-t-on dit que le scrutin du 25 mai entraînerait un bouleversement du paysage politique belge. Que n’a-t-on pas évoqué un second tour des élections, celui des présidents de parti qui dans notre particratie ont pleins pouvoirs pour mettre en place telle ou telle coalition selon l’arithmétique décidée par les électeurs. Mais voici que nous assistons à un troisième tour, celui des interlocuteurs sociaux et plus particulièrement des chefs d’entreprise. La lettre de Luc Willame au président du CDH Benoît Lutgen se lit comme un désaveu cinglant de la ligne politique de celui-ci. Cette missive en forme de missile pourrait annoncer un schisme, voire un éclatement du parti qui se dit humaniste. On s’étonnera des silences de Joëlle Milquet devenue la très puissante patronne de l’enseignement de la fédération Wallonie Bruxelles. Il n’est pas impossible que l’aile droite du CDH fasse dissidence et rejoigne le MR, il ne resterait alors à l’aile gauche d’autre choix que de rejoindre le PS. Ce ne serait pas la première fois qu'un groupe important du CDH rejoigne la formation libérale. On se souviendra du départ spectaculaire de Gérard Deprez qui fut longtemps président du parti social-chrétien. Il y a comme du rififi dans le bénitier.

MG

 

 


      



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