vendredi 29 août 2014

La terreur islamiste ne fait que commencer



Jean-Marcel Bouguereau

 JOURNALISTE AU NOUVEL OBS


Un spectre hante le monde : le djihadisme. Avec l’avancée spectaculaire en Irak et en Syrie des troupes d’Al-Baghdadi, ses hommes  fanatisés, ses armes sophistiquées, son trésor de guerre en millions de dollars et l’argent des puits de pétrole, tout cela inquiète à juste titre. Si Obama a estimé que l’État islamique était un « cancer » c’est que cette menace va « bien au-delà » de toute autre menace terroriste connue jusqu’à maintenant. Le nouveau « califat » a conquis en quelques semaines un territoire aussi grand que la Jordanie. Le « calife » a, du même coup, envoyé dans les poubelles de l’histoire islamique la figure de Ben Laden et en a pris le relai, en pire puissance mille. D’abord dans l’horreur : crucifixions d’infidèles, décapitation d'otage, massacres des Yezidis, fosses communes d’exécutés à la chaine, interdictions et obligations les plus variées, sous menace de mort. Ensuite,  dans sa visée mégalomaniaque, puisqu’il s’agit de reconstituer la « communauté des musulmans », en Orient d’abord puis jusque dans les frontières de l’ancien empire ottoman, et pourquoi pas jusqu’à Cordoue ! Mais cette ambition demande que l’ensemble des musulmans lui prête allégeance. Or, al-Baghdadi est sunnite et considère les Chiites comme des hérétiques qui ont occupé le pouvoir à Bagdad en écartant les Sunnites. Cette bataille croise à la fois une guerre de religion Chiites-Sunnites et des changements de rapports de force dans tout le Moyen-Orient, avec la montée en puissance de l’Iran. A la faveur des négociations sur le nucléaire, l’Iran pourrait se voir réintégrer dans ce jeu régional d’où les Américains et l’Europe sont en train de disparaître. Il s’agit, comme le définit Gilles Kepel, d’une « tectonique générale des plaques », manière de décrire les mouvements sous-jacents non plus de l’écorce terrestre mais des ensembles religieux au Proche-Orient et, du même coup, des frontières. Ce n’est pas un hasard si ces frontières totalement artificielles, définies en 1916 par deux diplomates français et anglais et français, Picot et Sykes, les hommes d’Al Baghdadi s’y sont attaqués en perçant symboliquement le mur de sable entre la Syrie et l’Irak, déclarant qu’avec ce symbole « l’héritage impérialiste touche à sa fin ». L’inquiétude que soulève ce « califat » porte aussi sur les centaines de djihadistes issus de nos banlieues et qui, un jour, viendront porter le fer jusque chez nous, d’autant que l’Etat islamique est, selon les Américains, « plus sophistiqué et mieux financé que tout autre groupe » connu. Si nous considérons que nos propres guerres de religions ont duré deux siècles, nous sommes partis pour longtemps : la terreur islamiste ne fait que commencer.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TOTALITARISME ISLAMISTE


L’article est concis et musclé mais peut induire une autre lecture. En effet le jihadisme succède au nazisme et au stalinisme : n’est-il pas le troisième totalitarisme? Les deux premiers ont été vaincus par la force. Pourquoi pas le troisième?
Koert Debeuf
 écrit dans Knack : "Nous devons parler la seule langue que comprend l'État islamique: celle des armes"

En somme c’est l’exact contraire de la riposte adéquate à l’agression russe en Ukraine qui exigerait : intelligence, tolérance et créativité, autrement dit l’inverse du recours à la force.

 


Un djihadiste de l'État islamique à Mossoul en Irak © Reuters

« Les images qui nous parviennent quotidiennement depuis l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie répugnent tout le monde. Les différences d'origine, de conviction ou de croyance disparaissent devant la barbarie déployée par l'EI. Ces extrémistes sont fort comparables à l'invasion mongole au Moyen-Orient au treizième siècle et à la tentative de destruction totale de la civilisation. À l'instar de Gengis Khan, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi installe un régime de terreur qui n'épargne rien ni personne. »

Surtout, il faut bien voir que les débordements de violence barbare des djihadistes du nouveau Califat autoproclamé de l'État islamique nous concernent indirectement, voire directement« Les djihadistes extrémistes ont menacé plusieurs fois de semer la violence en Occident. L'attentat au musée juif à Bruxelles a prouvé que c'était possible. »

De fait "nos gamins" en décrochage scolaire et social sont de plus en plus nombreux à rejoindre les combattants de l'EI.

« En outre, l'État islamique se rapproche dangereusement des frontières de la Turquie, un allié de l'OTAN. Mais indépendamment de la menace directe à l'égard de l'Europe et des États-Unis, nous ne pouvons laisser un territoire de la taille de la Belgique se faire terroriser par une cruauté barbare ».

« Pas moyen de discuter avec ces combattants fanatiques. Les condamnations venues de l'islam ou de la chrétienté ne servent à rien. Les partisans de l'EI sont convaincus d'être les seuls à avoir raison : les autres sont des infidèles dont il faut se débarrasser. Il ne reste donc malheureusement plus qu'une possibilité. Nous devenons parler la seule langue qu'ils comprennent et qui hélas, est celle des armes. »

 MG


LES ACTIONS DE L'ETAT ISLAMIQUE VIOLENT LA CHARIA

AFP 


L'Union mondiale des oulémas musulmans, dirigée par l'influent prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, a jugé mercredi que les actions de l'Etat islamique, un groupe jihadiste très violent implanté en Syrie et en Irak, violaient la charia. "L'assassinat d'innocents, musulmans ou non musulmans, par certains groupes comme l'Etat islamique (EI) et sous le couvert de considérations confessionnelles répugnantes est un acte criminel et viole la charia", indique ce groupe dans un communiqué.

"L'Union mondiale interdit catégoriquement ce genre d'actions commises par des groupes déviants", ajoute le texte publié à Doha, où réside Youssef Al-Qaradaoui, un prédicateur controversé d'origine égyptienne considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans.

L'ONU a accusé lundi de "nettoyage ethnique et religieux" l'Etat islamique connu pour ses atrocités et ses vues radicales, et exhorté la communauté internationale à ne pas laisser ces crimes impunis. Cheikh Qaradaoui avait estimé en juillet que l'établissement par l'Etat islamique d'un "califat" à cheval sur l'Irak et la Syrie n'était pas conforme à la charia.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VOUS AVEZ DIT OULEMA?

Wikipedia précise : « En arabe le mot ʿālim (عالِم) signifie savant. Son pluriel est عُلَماء qui se lit ʿulamāʾ. Le ʿâlim est celui qui détient la science (ʿilm), mot de la racine verbale علم [ʿalama], savoir. L'alem est un savant effectuant ses recherches dans le domaine du Coran et de la tradition prophétique (la sunna), mais son savoir peut aller bien au-delà de la connaissance théologique. Généralement indépendant du pouvoir séculier, il est le gardien de la tradition musulmane et un homme de référence. » 

Autrement dit les l’Union de théologiens musulmans s’insurge contre de djihadisme barbare. Bravo !

Et les imams ordinaires qui prêchent dans les quartiers défavorisés de de nos capitales, ils en disent quoi ?

MG

 

 

LES DJIHADISTES BELGES EN SYRIE SONT SURTOUT FLAMANDS ET BRUXELLOIS

Marie-Cecile Royen Le Vif/L'Express

Plus de 80 % des 300 djihadistes partis en Syrie proviennent de Bruxelles et de Flandre. Pourquoi ces deux Régions sont-elles devenues des foyers d'endoctrinement, alors que la Wallonie est relativement épargnée ? Les chiffres exclusifs du Vif/L'Express.


Djihadistes dans une ville de Syrie. © Belga

Au 1er juin 2014, le compteur des Belges en Syrie affichait le chiffre record de298. Certains sont sans doute passés en Irak avec l'Etat islamique. Pieter VanOstaeyen, un chercheur indépendant de Malines, islamologue, qui scrute blogs, Facebook et Twitter, a repéré au moins 50 Belges ou résidents belges dans les rangs de l'Etat islamique, sur un total de 385 individus - ces chiffres sont supérieurs à ceux qui circulaient, au début du mois de juin, dans les milieux de l'anti-terrorisme. Ils sont mêlés à un environnement barbare. Ce qui accroît la crainte d'un retour de flamme à la Mehdi Nemmouche. Avant de tuer aveuglément quatre personnes au musée juif de Bruxelles, le 24 mai dernier, ce dernier avait séjourné en Syrie, dans les rangs de l'Etat islamique.

Deux mois auparavant, une note interne émanant de la police fédérale avait alerté les autorités sur l'augmentation des risques d'un acte terroriste. Interrogé par Le Vif/L'Express, Alain Grignard, islamologue (ULg), confirme le caractère "problématique" de la situation actuelle. "Les djihadistes partis en Syrie sont susceptibles de revenir avec un potentiel de violence surmultiplié. La répartition géographique de ces djihadistes sur le territoire belge montre que toutes les Régions sont concernées. Mais pas au même degré : 83 % d'entre eux au moins sont originaires de Bruxelles et de Flandre. Ces 298 Belges ou résidents belges partis pour la Syrie viennent de Bruxelles (141) en premier lieu, ensuite d'Anvers (69), Vilvorde (30), de la province de Limbourg (12), de la province de Liège (17) et le restant (29) d'un peu partout dans le pays. Aujourd'hui, 70 returnees sont dans notre pays. Mineurs, ils ont été placés en IPPJ.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE RETOUR

On peut éventuellement comprendre que ces desperados partent et quittent la Belgique mais il est beaucoup plus difficile de concevoir pourquoi ils reviennent. Sont-ils simplement déçus par ce qu’ils ont vécu là-bas ? Ou alors reviennent-ils ici avec une mission bien précise, celle d’organiser le chaos, d’instaurer ici la même violence, la même barbarie que là-bas ? Tout le laisse supposer. C’est dire que notre société démocratique doit sinon s’insurger contre leur retour et l’empêcher, du moins les encadrer psychologiquement dans le dessein de démonter patiemment les conditionnements qu’ils ont subis là-bas. Mais comme il s’agit le plus souvent d’anciens délinquants, de dealers non repentis et d’ex-détenus, la mission est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible. L’État de droit a le devoir de protéger ses populations contre les agissements potentiels de ces djihadistes jusqu’auboutistes.

Pas de pitié pour ces voyous « susceptibles de revenir avec un potentiel de violence surmultiplié. » 83 % d'entre eux au moins sont originaires de Bruxelles et de Flandre. Ces 298 Belges ou résidents belges partis pour la Syrie viennent de Bruxelles (141) en premier lieu, ensuite d'Anvers (69), Vilvorde (30), de la province de Limbourg (12), de la province de Liège (17) et le restant (29) d'un peu partout dans le pays. Aujourd'hui, 70 returnees sont dans notre pays. Mineurs, ils ont été placés en IPPJ. »

Voilà qui compromet terriblement les progrès du vivre ensemble et contribue à nourrir la vague d’islamophobie qui se répand dans le grand public partout en Europe. Seule une distanciation claire et massive des autorités musulmanes officielles est de nature à enrayer le processus.  

MG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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