mercredi 27 août 2014

Le "sort du monde et de l'Europe" se décide aux pourparlers de Minsk


AFP 

 

Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont serrés la main mardi avant une réunion cruciale avec l'Union européenne à Minsk sur fond d'escalade dans l'Est séparatiste de l'Ukraine où Kiev a pour la première fois capturé des soldats russes.

"C'est le sort de l'Europe et du monde qui se décide au cours de cette rencontre", a déclaré le président ukrainien au début de ce sommet inédit qui réunit les pays de l'Union douanière (Russie,Bélarus, Kazakhstan) menée par Moscou et des dirigeants de l'Union européenne.

Sur le terrain, des combats faisaient rage mardi sur un "nouveau front" près de la frontière russe dans la ville côtière de Novoazovsk (sud-est) où les autorités ukrainiennes ont déjà affirmé la veille avoir stoppé une colonne de blindés venue de Russie.

Des journalistes de l'AFP réfugiés dans la cave de la mairie de cette ville, située à 100 km au sud du bastion prorusse de Donetsk, ont pu entendre des bombardements tous azimuts en début d'après-midi.

Le président Porochenko a néanmoins déclaré que l'Ukraine "cherchait la paix dans le Donbass" région minière de l'Est où les combats ont fait plus de 2.200 morts en quatre mois.

Au cours d'un entretien avec le chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, M. Porochenko a déclaré que l'Ukraine payait "un prix trop élevé pour son indépendance".

Après avoir convoqué lundi soir des législatives anticipées le 26 octobre, M. Porochenko l'a assurée que l'Assemblée sortante ratifierait en septembre l'accord d'association signé avec l'Union européenne.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE SORT DE L’EUROPE



Le "sort du monde et de l'Europe" se décide aux pourparlers de Minsk »

Voilà un titre prometteur suivi par un article qui nous parle d’autre chose. Et pourtant c’est bien vrai que le sort de l’Europe se joue actuellement en Ukraine. La Crimée est définitivement retournée à la Russie et il y a de bonnes raisons de penser que l'Est ukrainien suivra la même voie. L’Europe a eu grand tort de mettre le doigt dans l’engrenage ukrainien. L’Ukraine est un pays extrêmement instable ou s’affrontent des protagonistes très peu fiables. Washington et l’OTAN, son bras armé,poussent l’Europe à s’investir en Ukraine où elle n’a rien à chercher nonobstant les liens historiques qu’elle entretient avec cette nation fragile. L’Europe serait mieux inspirée de rechercher un modus vivendi avec la Russie dans le prolongement de la politique d’ouverture à l’Est qui a permis à l’Allemagne de nouer des relations de coopération intense avec la Russie sur la base de traités fondés sur le principe du renoncement à la force pour régler les tensions et d’éventuels conflits. « La guerre est toujours la conséquence d’un manque de dialogue, de tolérance, d’intelligence et decréativité » Elio Di Rupo. 


 


L’Europe a tort de ne pas « dialoguer » avec Poutine, tort de ne pas reconnaître « en toute tolérance »le point de vue d’une Russie qui ressent les ingérences de l’OTAN dans les anciens territoires soviétiques comme un manque de respect, voire de mépris. Cela participe d’un manque total« d’intelligence » de la part de nos dirigeants et singulièrement de l’administration américaine. Il serait temps que l’on fasse enfin preuve de « créativité » dans la résolution de cette partie de bras de fer avec une Russie qui se sent offensée et n’hésitera pas à recourir à la force pour laver l’affront dont elle se sent l’objet. L’Europe s’est créée, au départ, dans la crainte d’une invasion soviétique. Elle s’enlise aujourd’hui car un grand dessein lui fait défaut. Ce grand dessein pourrait bien être un New Deal et un projet de coopération paneuropéen avec la Russie et non pas contre elle. L’Allemagne est prête à s’affranchir de sa vassalité à l’égard de Washington et à se tourner résolument vers l’Est c’est-à-dire vers la Russie. Charles De Gaulle n’avait-il pas rêvé d’une Europe qui s’étendrait de l’Atlantique à l’Oural? Qu’on se souvienne qu’il y a un siècle la France, l'Angleterre et la Russie formaient ce qu’on appelait la triple entente.

MG

Aucun commentaire: